Faites des gosses!

Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 07:00

vomi.jpgAprès la décrue de la grippe A, voici la déferlante de la gastro.

Elle s’insinue sournoisement dans nos foyers, se déclare bien souvent aux heures de fermeture de l’administration parentale provoquant ainsi un conflit social au sein de cette organisation si bien huilée :

- Je change les draps, toi tu ramasses.

- Non, toi !

- Taratata, je l’ai fait la dernière fois.

- Facile ! J’étais en déplacement !

- Pas de bol…

- Je me lève tôt demain…

- Re-pas d’bol…

 

La mère aimante que l’on est, sacrifiant son bien-être à celui du gremlin se transforme soudain en une Précieuse Ridicule à la moue dégoûtée devant le flot nauséabond qui jaillit des entrailles de cet être qu’elle serrait tendrement dans ses bras quelques heures plus tôt et qui, l’œil larmoyant et les bras tendus, quête, en vain, le réconfort maternel.

 

On ne se refait pas. Il y a des choses contre lesquelles l’abnégation ne peut rien. Je ne recule jamais devant la détresse gremlinesque mais le vomi me fait fuir aussi loin que la décence parentale me le permet.

 

Néanmoins, il est des situations bien plus cauchemardesques que le vomi nocturne : Le vomi routier !

Alors que défile devant nous la droite ligne de l’autoroute, bercées par une douce mélodie radiophonique, une petite voix faiblarde nous sort de cette béatitude :

- J’me sens pas bien…


Pas d’affolement. Celle-là, on y a droit à tous les coups. On se retourne nonchalamment afin de rassurer le Malade Imaginaire quand son teint verdâtre déclenche aussitôt le niveau 5 de l’alerte vomitive.

Maîtrisant difficilement la panique qui nous envahit, on plonge en avant en hurlant au conducteur :

- Arrête-toi !! Tout de suite !!!

Lequel se venge de son dernier nettoyage par un calme :

- Désolé, je ne peux pas.

- Mais gare-toi sur la bande d’arrêt d’urgence !

- Impossible, ce n’est pas une urgence, mais un problème domestique.

 

On roule des yeux terrorisés, osons un œil vers l’objet de notre hystérie qui, les joues gonflées, est à deux doigts de lâcher un tir explosif. C’est à ce moment-là que l’on perd le contrôle :

- Avale ! Mais avale j’te dis ! C’est bien passé la première fois, tu peux le refaire ! En plus, c’est déjà mâché, alors…

 

Comprenant que sa mère ne lui sera d’aucun secours, le gremlin se tourne vers sa sœur qui vocifère :

- Maman ! Fais quelque chose, il va me dégobiller dessus!

« Tant que ce n’est pas sur moi… » pense-t-on sans une once de remord.

 

Pas d’échappatoire possible, le gueux asperge sa sœur qui deviendra à compter de ce jour sa pire ennemie, et elle déverse à son tour le contenu de son repas sur petite gremlin…

 

Le cœur (et l’entrecôte aussi) au bord des lèvres, nous entrons en apnée tout en lançant au conducteur un regard menaçant : « Si tu ne t’arrêtes pas immédiatement, je t’arrose ! ».

Menace prise au pied de la lettre car si son manque d’odorat lui permet de parfaitement bien gérer la situation, la perspective de ruiner sa belle veste toute neuve par des restes de viande hachée à peine digérée le fait piler net sur la bande d’arrêt d’urgence.

Et chacun de s’extraire comme il peut de cet enfer méphitique, à l’exception de petite gremlin qui compare scientifiquement le contenu des estomacs fraternels.

A ce stade, toute pudeur étant superflue, les vêtements souillés sont jetés sur le bas côté, au risque de voir la police débarquer et coffrer toute la petite famille pour  exhibitionnisme, sauf le père qui a sauvegardé sa veste et la mère qui a sauvé sa peau !

 

S’ensuit une volcanique engueulade sur ces gremlins qui ne savent pas régurgiter proprement, un tirage au sort sur celui qui nettoiera les souillures, un refus catégorique de remonter dans une auge puante, tout cela dans les hurlements de grande gremlin qui supplie qu’on lui coupe les cheveux alors que sa sœur vient de lui faire justement remarquer :

- T’as vu ? T’as un bout de saucisse mâché dans ta queue de cheval !

 
Etre parent, c'est formidable...

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : tribulations de filles
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 07:00

pivot.jpgLes entreprises de production de stylos, de dictionnaires et de Bled seraient-elles en crise ?

A l’heure des ordinateurs, de la culture SMS, du parler chat (pas le miaou, prononcer « tchate »), pourquoi se fatiguer le poignet alors qu’en tapant avec deux doigts, on ne risque même plus la bosse de l’écrivain ! Quand je regarde la mienne - eh oui, elle est encore là – je me demande si je ne vais pas la photographier et l’exposer au musée des temps passés !

Ah ! Le plaisir d’écrire avec une belle plume qui glisse de façon quasi sensuelle sur le papier… Mais je m’égare…


Que ce soit à la force du poignet ou de l’index, l’écriture n’a pas encore disparu de notre univers. En revanche, il y en a une qui a tendance à se faire la malle sans espoir de retour, j’ai nommé : L’orthographe !


Non pas que je sois une experte infaillible en la matière (je ne m’appelle pas Muriel Gilbert avec son blog garanti sans faute d’orthographe, mais qui a la gentillesse de corriger les miennes dès la publication d’un nouveau billet) mais je m’enorgueillis d’avoir fait de notables progrès depuis que les gremlins étudient la grammaire à l’école. Aussi, est-il rare aujourd’hui que je me plantasse (notez la formule !) dans les temps tels que le présent, le futur ou l’imparfait. Nous abordons en ce moment le passé simple, encore deux ans et je serai au point. Quant au conditionnel, Muriel le sait bien, nous sommes un peu fâchés…

 

J’oublie bien quelques « s » de-ci de-là, quelques erreurs d’inattention échappent à ma vigilance, mais jamais, au grand jamais, oserais-je vous infliger une telle production :

« Et ta écri koi 2 simpa sur ton blog ? 1 sujé sur les fote d’ortograf ? Ta raison, c hiper unportan sa, les fôte ! Et en plus, ta ossi les fôte de frape ! Ti a pense o fote 2 frape ?»

Tiens, si je montre cette phrase aux gremlins, même pas sûr qu’ils y voient quelque chose à redire…

 

Toutefois, cette nouvelle façon de s’exprimer à l’écrit est un moyen infaillible pour notre descendance de s’assurer que leur correspondance MSN ou SMS reste aussi opaque pour nous qu’une nuit sans lune, perdus dans une forêt aux arbres touffus, affublés de lunettes noires de surcroît…

Je me souviens d’un SMS envoyé par ma nièce à son père, lequel, fort embarrassé par ce message, nous demanda notre assistance. Vingt minutes plus tard, la jeune analphabète fit son apparition, vertement tancée par son paternel :

- Tu es en retard ! La moindre des choses, c’est de prévenir !

- Mais je t’ai envoyé un SMS pour te le dire ! Tu ne l’as pas eu ?

- Non ! répondit le dinosaure en toute mauvaise foi.

Solidarité oblige, nous nous tûmes… Ce message resta un mystère, jamais nous ne pûmes trouver le moindre hiéroglyphe s’apparentant au mot « retard »…

 

Aussi, me direz-vous, quelle idée d’avoir inventé une langue dont la grammaire et l’orthographe sont truffées de tant d’exceptions qu’on en vient à en oublier la règle de base ? Comment faire comprendre à un gremlin matheux qui ne fonctionne qu’à la logique qu’il y a des choses que l’on apprend par cœur sans chercher à savoir pourquoi ? Cela ne s’explique pas mais se termine invariablement par une envolée spatiale du cahier de français contre le mur et des hurlements de colère aussi bien que de frustration :

- C’est nul ! Je déteste le français ! Je déteste l’école ! Je TE déteste !

 

La grammaire et l’orthographe peuvent ainsi être la source de nombreux conflits familiaux au risque de dégénérer bien tristement :

Sophie L dans 10 ans, face à son psy : Mon fils et moi ne nous voyons plus depuis longtemps… Tout a commencé le jour où, apprenant le futur du verbe courir, il m’a dit : « Quand je serai grand, je « courirai » très loin de tes règles ! »

 

Mais, la grande rêveuse que je suis me dit qu’au contraire j’élève peut-être, dans un genre nouveau, la relève de Bernard Pivot !


PS: Si jamais cet article comporte des fautes d'orthographe, filez tout droit vous plaindre chez Muriel!

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : au secours, ils grandissent!
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 07:00

gremlins.jpgLe gremlin est un être diabolique, conséquence de la transformation d’un gentil mogwaï, suite à un gavage nocturne et qui se multiplie aussi vite que son ombre au contact de l’eau, c’est dire si on a peu de chances d’y échapper…

Toute personne qui se risque à en héberger un (voire plusieurs) est inconsciente.

Le gremlin n’a de cesse de courir, se disputer, hurler en pleine nuit, inventer les pires âneries (en dire aussi), il n’empêche que, parfois, il laisse place à l’adorable mogwaï qu’il fut et que son hôtesse s’en trouve aussitôt retournée comme une crêpe.

 

L’hébergeuse de gremlin aime à se plaindre de la difficulté d’éduquer un tel énergumène dans le seul but d’être admirée, porté aux nues par une foule de bonnes âmes compatissantes.

Mais gare à celui qui se permet de sortir de son rôle d’admirateur pour endosser l’habit d’accusateur !

 Nul ne peut s’octroyer le droit de critiquer le gremlin hormis son hébergeuse !

 

Ainsi, lorsqu’un irresponsable professeur des écoles de gremlins aborde la tutrice d’une de ces créatures, voici ce qu’il se produit :

 

- Bonjour Madame la tutrice de gremlin.

- Bonjour Monsieur de professeur des écoles de gremlins.

- Pourrais-je vous entretenir de votre pupille ?

 

A ces mots, l’œil de la tutrice s’allume d’une flamme meurtrière, car elle sait que cela n’augure rien de bon…

 

- Je vous écoute, rétorque-t-elle menaçante.

- Pourrions-nous en parler à l’intérieur ?

 

La tutrice se transforme alors en protectrice inconditionnelle du gremlin et traverse la cour la tête haute sous les regards entendus du corps professoral.

Elle prend place, sans y être invitée, au pupitre de son protégé et toise l’instituteur sans mot dire, froide et distante.

 

- Euh… Rien de grave, rassurez-vous, balbutie le bonhomme quelque peu impressionné par l’attitude peu amène de son interlocutrice.

- Mmmmh… se contente-t-elle de grogner, dans une moue dédaigneuse.

- Bien, euh, voilà, hum, hum… J’ai cru noter que, depuis quelque temps, votre protégé avait quelques difficultés grammaticales…

 

L’attaque est lancée, la riposte est immédiate :

- Sans doute n’y êtes-vous pas étranger… Les délégués des tuteurs m’ont récemment fait la remarque que les gremlins n’y entendent goutte à vos explications.

 

Il va sans dire que la tutrice ment comme une arracheuse de dents, elle le sait mais n’en éprouve aucune honte : On ne touche pas à son gremlin, elle seule a le pouvoir absolu de ne pas le trouver étonnamment parfait…

 

- Euh… Voyez-plutôt ses cahiers, insiste le malheureux en poussant l’œuvre coupable sous le nez de la gardienne hautaine.

Elle y jette un œil distrait, le repousse nonchalamment, se lève et salue le professeur d’un :

- La prochaine fois, ne vous dérangez pas pour si peu…

- C’est que je n’ai pas fini ! Son attitude en classe frise parfois l’insolence et…

Elle sort, outrée qu’un humain fadasse ait osé s’attaquer à son monstre, et se promet d’obtenir la révocation définitive de l’impertinent.

 

De retour chez elle, elle attrape le gremlin par les oreilles, le ligote sur une chaise, sort papier, crayon et d’un ton sans appel lui intime l’ordre de conjuguer la phrase : « Je dois me concentrer sur la conjugaison même si je trouve ça trop nul et ne pas répondre à mon instituteur parce que c’est comme ça et puis c’est tout ! » au présent, futur et passé et aussi au conditionnel, histoire qu’il prenne de l’avance.

Puis, elle se rue sur le téléphone et s’épanche sur l’épaule compréhensive d’une tutrice amie :

- Tu te rends compte, il écrit comme un cochon, se fout royalement de la grammaire et en plus, il paraît qu’il répond à son prof !

- Ne sois pas si dure avec lui, il est tellement intelligent par ailleurs, si exceptionnel en mathématiques… Tu sais, cela ne m’étonnerait pas que tu aies la garde d’un futur chef de clan, répond l’amie, se demandant néanmoins si elle n’en fait pas un peu trop…

Aussi se hâte-t-elle d’ajouter :

- La vérité si je mens !

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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 07:00

Une de mes lectrices les plus fidèles, première inscrite à ma newsletter (elle !), m’a expressément demandé d’écrire un billet sur l’autre sujet qui hante la conscience parentale après la vaccination contre la grippe A, à savoir, la fessée.

Loin de moi l’idée de concurrencer l’excellent dossier de La Mère Joie  que je vous conseille de lire si ce n’est déjà fait.

 



Pour vous en parler, je suis allée consulter un psy afin qu’il m’aide à remonter dans les tréfonds de mon enfance et faire jaillir à la lumière des projecteurs le traumatisme « fessial » qui fait que je suis l’adulte d’aujourd’hui.

Nous fîmes chou blanc : Point de souvenir ! Pas la moindre trace de doigts sur mon derrière !

En revanche, un soufflet baffe magistral administré par mon papa à l’âge ingrat de l’adolescence. Pas besoin de psy pour cela, c’est encore très brûlant sur ma joue…

(Papa, si tu me lis, sache que je n’en t’en tiens aucune rigueur, c’était de ma faute, je n’avais  pas à t’insulter à voix haute, il est vrai, qu’en ce temps-là, ton ouïe était infaillible…).

 

J’étais bien embêtée, qu’allai-je pouvoir écrire ?

 

C’était sans compter sur ma bande de gremlins (oh, comme je les aime, parfois) lesquels lancèrent le sujet très naturellement :

- Maman, tu nous as déjà donné une fessée ?

- Une petite tape de temps en temps, oui.

Dans leur éducation, j’estime qu’il est essentiel de leur dire la vérité… Ce qui ne m’empêcha pas d’attraper le téléphone au cas où il leur prendrait la très mauvaise idée d’alerter les autorités.

- Et qui tu as le plus tapé ?

- D’abord, que les choses soient claires, je ne vous ai pas « tapé », vu ? Seulement, euh…, seulement… Bon, bref, gremlin 3 a reçu le plus de tapes sur les fesses.

- Combien ?

- Ah mais, je n’en sais rien moi !

Le visage de la petite gremlin se fendit d’un large sourire :

- C’est moi qui ai gagné, e ! C’est moi la plus forte, e ! chantonna-t-elle au comble du contentement.

Je savais que je ne comprenais pas grand-chose à la psychologie enfantine, mais à ce point…

 

Bien sûr, il m’est arrivé d’avoir une furieuse envie, pulsion tout juste contrôlable de les déculotter, les coucher sur mes genoux et de les fesser jusqu’à imprimer la marque de mes doigts sur leurs postérieurs rebondis, mais je n’ai jamais franchi la limite et ce, pour une raison évidente :

J’ai la paume des mains délicate.

 

Mon truc à moi, c’est de les punir dans leur chambre de la façon la plus pédagogique qu’il soit :

- Va te calmer dans ton espace afin de réfléchir aux méfaits de cette crise qui a pour conséquence d’envenimer nos relations. Dans ta chambre au pas de course, sinon, je ne réponds plus de rien !

Au terme de la réflexion (quand les cris cessent) je renoue le dialogue :

- As-tu réfléchi ?

- Oui.

- Tu sais pourquoi tu as été puni(e) ?

- Non.

 

Les voies du gremlin sont impénétrables.

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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 07:00

Oh, je sais bien ce que vous allez dire : Sujet archi connu, maintes fois abordé et exploité.

Certes.

Mais jamais résolu ! Jusqu’à ce jour…

 

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé !

J’ai parlé, expliqué, montré, démontré, râlé, hurlé, cajolé, psychanalysé, aidé, amadoué, rien n’y a fait. Je me retrouve systématiquement, serpillère ou éponge à la main, en train d’essuyer la goutte (quand ce ne sont pas les chutes d’Iguaçu) sur laquelle je m’assois ou pose mon pied.


Il y a bien longtemps que je ne me bats plus contre la lunette toujours levée, jamais baissée (à quoi bon, c’est un geste que le cerveau masculin ne conçoit pas) mais je refuse d’abdiquer devant le liquide jaunâtre et malodorant qui agresse ma vue et mon odorat sitôt la porte des toilettes passée !

 

J’ai immédiatement mis hors de cause les gremlins femelles, je suis bien placée pour savoir que l’on ne déborde jamais. Il me restait donc deux coupables possibles : Le gremlins mâle et son géniteur.

Après une enquête détaillée qui me permit de situer l’heure du crime entre 16h30 et 18h00, le doute ne me fut plus possible, j’assis le coupable face au jury d’accusation, ne lui octroyant pas le luxe de la présence d’un avocat et le sommai de s’expliquer sur les faits qui lui étaient reprochés :

- Accusé, lève-toi !

- Mais maman…

- Mais « Madame le juge » je te prie ! Ta mère n’existe plus ! Ta présence aujourd’hui devant nous est requise pour justifier des accusations qui sont portées contre toi. Que plaides-tu ?

- Mais…

- Bien ! Si nous en jugeons par ton manque de réaction, la cour décide que tu plaides coupable !

- Mais maman…

- Silence ! Tu parleras quand nous le jugerons nécessaire.

Accusé, reconnais-tu être aller te soulager dans le lieu-dit « Toilettes » entre 16h30 et 18h00, en ce jour du Lundi 09 Novembre de l’année 2009 ? La cour te somme de répondre !

- Maman, j’comprends rien…

- Si j’entends bien, tu récuses les faits ?

- JE COMPRENDS RIEN, JE TE DIS !

- Parfait ! La cour reformule la question : Est-ce que tu as fait pipi par terre dans les toilettes quand tu es rentré de l’école ?

- C’est pas moi ! J’suis pas allé aux toilettes !

- Mesdemoiselles les jurés, je vous prends à témoin. Ce gremlins qui vous fait face ose soutenir qu’il n’est pas coupable de la flaque de liquide corporel jonchant le sol du lieu-dit « Toilettes ». Bien que le bénéfice du doute ne lui soit pas permis, nous, la cour, ordonnons une reconstitution des faits ! Néanmoins, compte-tenu du caractère spécial de la scène, seule la cour est autorisée à en être le témoin.

Accusé, montre-nous comment tu fais pipi !

- J’ai pas envie

- Fais semblant ! Hmmm, es-tu sûr que tu positionnes l’objet du délit comme ceci ?

- Oui, on vise au milieu, comme papa m’a appris.

- Ah ah ! Tu as donc un complice ! La cour s’en doutait…. Ensuite ?

- Quand j’ai fini, je me rhabille…

- Trop facile ! Mesdemoiselles les jurés, notez que nous avons affaire à un fieffé coquin, mais tu n’en tireras pas à si bon compte mon lascar, nous apprenons à l’instant que ton compère a été appréhendé et qu’il sera là dans un instant !

- Maman… C’est moi…

- Ah !!! Enfin les aveux !!! La cour, après délibération, t’octroiera peut-être les circonstances atténuantes… Mais, qui a dit-ça ?

- C’est moi, maman.

- Comment ?? Le, pardon, la coupable se trouve dans le jury ! Ah non, mademoiselle, inutile de t’accuser pour sauver ton frère, la cour sait que ce n’est pas toi, techniquement, c’est impossible !

- J’avais très envie, je ne me suis pas bien assise et ça a coulé par terre.

- La cour, une fois de plus, se félicite de la manière dont ce procès s’est déroulé et qui lui a permis, grâce à son impartialité, de démasquer la coupable !

Accusée, nous vous condamnons à passer la serpillère ! Quant à toi, jeune homme, tu lui fourniras l’eau chaude, pour toutes les autres fois où des gouttes de liquide nauséabond ont atterri sur le couvercle du lieu-dit « Toilettes ».

L’audience est levée !

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