La vie bouillonnante d'une femme

Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 07:00

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-         Et toi, demande l’homme à sa femme, t’as fait quoi aujourd’hui ?

-         Voyons, voyons, qu’ai-je fait ? réfléchit-elle, boulot, métro, pas dodo… Ah si, tiens, je suis allée voir mon gynéco !

-         Ah…fait-il, la mine dégoûtée à peine cachée, je me demande comment tu fais…

 

 

Ma foi, songe-t-elle, il n’est pas le seul à se le demander n’est-ce pas ? Comment fait-elle pour aller une fois l’an (dans le meilleur des cas) ôter, sans complexe apparent, jusqu’à sa petite culotte pour s’exhiber nue comme au jour de sa naissance et se laisser ausculter jusqu’au tréfonds de son être le plus calmement du monde en bavardant de tout et de rien comme s’il s’agissait d’une conversation amicale avec sa copine Marion – mais sans le café, fort malheureusement !

Pourtant, on lui a bien appris de ne pas se dévoiler comme ça devant le premier venu, et voilà que sitôt passée la porte du cabinet, à peine attend-elle de se trouver derrière le paravent qu’elle fait valdinguer bas et lingerie pour prendre place sans plus d’invite sur la table-divan dans une posture des plus anti-conventionnelles !!  

Si au moins son interlocuteur était dans son plus simple appareil, seraient-ils sur le même pied d’égalité… A cette seule pensée, la voici qui rougit ! Oh non, vraiment, elle le préfère encore engoncé dans sa cravate bleue…

Son compagnon, qui la voit soudain virer tomate cerise, se confond en excuses :

-         Désolé hein, je ne savais pas que cela te mettait aussi mal à l’aise…

 

A voir sa mine contrite, elle se demande qui est le plus gêné des deux… C’est vrai qu’en y repensant, elle ne lui a jamais fait part des détails croustillants d’une visite chez ce drôle de spécialiste. Quand elle le mentionne, il a soudain le regard qui se dérobe et s’empresse de trouver un sujet bien moins dangereux :

      -    Je prendrais bien un p’tit apéro, pas toi ?

 

Seulement, allez savoir pourquoi, aujourd’hui, elle a comme un besoin irrésistible de lui faire partager un petit bout de sa vie de femme, ne se sont-ils pas également mariés pour le pire ?

-         Si tu savais… Je n’ai jamais passé de visite aussi pénible, il faut que je te raconte !

-         Pas la peine, pas la peine, je te crois sur parole ! s’empresse-t-il de répondre, sentant le vent tourner, plaqué, dos au mur, par cette violente bourrasque sans le moindre petit espoir d’accalmie.

-         D’abord, se délecte-t-elle, je ne sais pas pourquoi, j’étais hyper tendue, je ne te dis pas la galère pour passer…

Gris.

 

-         Ensuite, comme c’était ma visite annuelle, j’ai eu droit à la totale avec écarteur et tout et tout.

Blanc cassé.

 

-         Et pour le frottis, la galèèèèèère !!! Rien que d’en parler, j’en ai des contractions !

Livide.

 

-         Heureusement que quand il m’a tâté la poitrine, ça allait tout de suite mieux… Il a même dit que j’avais des seins de jeune fille !

Rose pâle.

 

-         Quand il m’a pesé, il a même ajouté que peu de femmes de mon âge avait un corps si bien entretenu.

Orange.

 

-         Même que je n’ai a-bso-lu-ment rien à envier aux minettes de 20 ans !

Cramoisi.

 

-         Et puis tu sais, mon gynéco…

-         TON gynéco, comme tous les gynécos, est un pervers aux fantasmes non assouvis ! Parce que pour faire ce métier, hein, tu m’excuseras…

 

Que la virilité masculine est donc susceptible, se dit-elle, attendrie par cette montée de testostérone...

Elle est curieuse de savoir quel taux atteindront ces folles hormones lorsqu’elle lui dévoilera qui vient dîner ce soir…

 

Le mois officiel de le lutte contre le cancer du sein est  le mois d'Octobre, cependant, ce n'est pas parce que nous sommes en Novembre qu'on n'a pas le droit d'en parler!

 

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 07:00

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Il n’y a pas si longtemps, le petit Gremlin Mâle demandait à sa mère :

  • -         Maman, t’aimes bien être une fille ?

Celle-ci ne répondit pas immédiatement, jugeant avec raison que cette toute petite question méritait bien plus qu’un simple « oui » ou « non ».

Elle interrompit donc ses tâches en cours, prit son Gremlin par la main, le mena doucement au le salon, le fit assoir sur ses genoux et poussa un long soupir inspiré…

  • -         Voyons… Est-ce que j’aime être une femme ?...
  • -         Pas une femme, l’interrompit le Gremlin, inquiet de la tournure des évènements, une fille !
  • -         Si tu veux…, répondit-elle attendrie.

 

Le garçonnet, mû par son intuition masculine, flairant à plein nez qu’il s’était fourré dans un drôle de guêpier, risqua une retraite stratégique :

  • -         T’es pas obligée de répondre tout de suite…, avança-t-il en essayant de se soustraire à la prise maternelle.
  • -         Mais non, mais non, fit-elle en le maintenant fermement serré contre son sein, ta question soulève de nombreuses interrogations sur la condition même de la femme, son ressenti, tant physique qu’intellectuel, car, vois-tu, au travers des siècles, même si elle a évolué, la condition féminine reste un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et de salive… Et je trouve très encourageant qu’à ton âge, tu montres un si grand intérêt pour la question.

Le Gremlin jeta un coup d’œil à sa montre : La déception envahit sa pauvre frimousse lorsqu’il réalisa que sa mère avait au moins une bonne demi-heure devant elle avant la préparation du dîner. Il souhaita ardemment que le téléphone sonnât pour qu’elle se lance dans une discussion sans fin avec une de ses amies. Il se promit même de ne pas l’interrompre.

Hélas, mille fois hélas, il était fait comme un rat !

  • -         En y réfléchissant, commença-t-elle, je m’aperçois que je ne me suis jamais réellement interrogée sur ma satisfaction ou insatisfaction à être une femme… En même temps, puis-je vraiment me prononcer puisque je n’ai aucun autre point de comparaison ? Ah mon fils, je reconnais bien là ta quête du savoir…

Ledit fils se tortillait comme un diable pour échapper aux propos dénués de sens de celle dont il se prenait à douter qu’elle fût vraiment sa mère, mais surtout car il sentait poindre depuis un moment déjà, une forte envie d’aller se soulager ailleurs…

  • -         Tiens-toi tranquille ! se fit-il réprimander, pour une fois que nous avons une vraie discussion toi et moi, tu ne vas pas t’enfuir !

Plus que s’enfuir, il appréhendait par-dessus tout quelque fuite indésirable dont la première goutte menaçait de faire exploser le bouchon qu’il ne pourrait retenir encore bien longtemps. Au moment où il allait se jeter à l’eau pour faire part à sa mère de son urgence, son petit tuyau s’ouvrit sous la pression, laissant échapper le liquide impatient de se répandre.

  • -         C’est de ta faute ! vociféra-t-il avant même que sa mère ne puisse dire un mot, moi, je voulais juste savoir si t’aimais bien être une fille parce que les filles, ça ne peut pas faire pipi debout et que je trouve ça nul !

La jeune femme regarda son fils déguerpir la queue entre les jambes, fière qu’il ait, si jeune, relevé une des nombreuses injustices de la condition féminine…

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : au secours, ils grandissent!
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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 07:00

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Ma copine Marion m’attrape par le bras dès que les gremlins ont rejoint leur maîtresse bien-aimée. Autoritaire et sans appel, elle me lance :

  • - Café. Chez moi. Tout de suite !

Pas le temps de répondre, elle m’entraîne, à mon corps défendant alors que j’ai tant de choses à faire…

Arrivées à destination, elle m’assoit d’office dans la cuisine, respire un bon coup puis s‘effondre :

  • - Il va m’arriver un grand malheur…

Intriguée, je répète :

  • - Un grand malheur ? Ah bon ? Quel genre?
  • - Je ne sais pas, soupire-t-elle. Mais tous les signes sont là…

Elle se tait, m’observe, attendant que je la questionne, mettant ma patience à vif.

  • - Tu te décides, oui ?

Tout doucement, jetant des œillades soupçonneuses aux alentours (à part le chien, je ne vois pas qui pourrait nous écouter), elle murmure :

  • - Hier, nous étions invités à dîner…
  • - Oui ?
  • - A table… Nous étions…
  • - Oui ?
  • - 13 !!!!
  • - Oui ?
  • - Quoi oui ?
  • - J’attends la suite…
  • - Quoi la suite ! Nous étions 13, ça ne te suffit pas ?!
  • - C'est-à-dire, euh, c’était qui les 13 ?

Visiblement, j’ai dû rater l’information cruciale car elle s’emporte :

  • - Mais tu le fais exprès ? On était 13 ! A table ! 13 ! Tu piges ?

 

Et la voilà partie à faire le tour de sa cuisine, levant les bras au ciel pour finir par se saisir de la salière et d’en verser minutieusement au dessus de chaque épaule. C’est surprenant cette manie qu’elle a de se saler à tout bout de champ, je ne suis pas certaine que cela soit très bon pour son parquet…

 

Devant son air désespéré, j’abandonne avec tristesse l’idée de connaître le nom des convives, cherche vainement comment l’apaiser lorsque mon regard est attiré par un mouvement dans le jardin :

  • -         Tiens, dis-je, soulagée de pouvoir changer de sujet, depuis quand as-tu un chat ?
  • -         Un chat ? Où ça un chat ?
  • -         Là, dans le jardin, il est mignon, il est tout noir…

Malédiction ! Qu’avais-je dit là…

 

Décomposée, Marion s’approche à pas de loup de la porte-fenêtre, fixe l’animal qui se déplace de la gauche vers la droite avec toute sa grâce féline. Sans crier gare, elle ouvre violemment la porte, invective la pauvre bête qui s’enfuit, tremblante d’effroi.

  • -         Dis-donc Marion, fais-je agacée, c’est ton dîner d’hier soir qui te met dans un état second de vieille folle disjonctée ?
  • -         Ne me dis pas que tu n’as pas vu ? m’agresse-t-elle.
  • -         Vu quoi ?
  • -         Le chat… noir…, halète-t-elle, il traversait devant moi… de gauche à droite…. Aaaahh… Je suis maudite, maudite, maudite…

Et, dans un râle digne de Sarah Bernhardt, elle s’effondre dans le fauteuil.

 

Je la fixe un moment ne sachant comment réagir quand j’ai la très mauvaise idée de partir dans un grand éclat de rire – nerveux – devant un tel exemple de son esprit irrationnel. Loin de partager avec moi ce grand moment de gaité incontrôlable, elle reprend sa salière pour s’en jeter quelques grains.

  • -         Et moi qui te croyais mon amie, murmure-t-elle dans un soupir.
  • -         Mais je suis ton amie, dis-je, vexée, je connais l’adresse d’un très bon psy, tu peux tout me dire…
  • -         Nous sommes entourés d’un monde aux forces inconnues, commence-t-elle d’un ton lugubre, les signes sont là, il faut savoir les décoder, ouvre les yeux et tu les verras aussi…

 

J’ai soudain l’étrange impression de voir Madame Irma se matérialiser devant moi et, ouvrant grands mes yeux, j’y vois le signe qu’il faut que je décampe sans plus attendre avant qu’elle ne me sorte sa boule de cristal.

 

Sur le trottoir, je respire à grandes goulées, heureuse d’avoir retrouver un peu de rationalité, prenant soin, néanmoins, de ne pas marcher dans une crotte de chien (sauf le Vendredi et uniquement du pied gauche) ; de ne pas passer sous l’échelle postée devant chez moi, de fermer mon parapluie avant d’entrer ; de poser la baguette de pain à l’endroit ; d’éviter de jeter mon chapeau sur le lit sans oublier de prévoir une future chasse au trèfle à quatre feuilles…

 

Non pas que je sois superstitieuse mais il est toujours prudent de mettre toutes les chances de son côté…

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 07:00

call-center.jpgC’est en raccrochant pour la énième fois au nez d’un quelconque démarcheur que j’ai eu soudainement une pensée charitable pour ces êtres qui, humains comme nous, sont à l’autre bout du fil, tentant scrupuleusement de suivre leur scripte, malgré des interlocuteurs peu aimables.

 

A notre décharge – nous, détestables interlocuteurs – si ces charmants télé-démarcheurs avaient l’obligeance d’écouter nos réponses, je suis convaincue que nos échanges se passeraient dans des conditions bien plus sereines.

Néanmoins, je décide que, la prochaine fois, je serai plus aimable et que je déclinerai gentiment toute invite, honnête, bien sûr.

 

Justement, le téléphone entonne sa joyeuse mélodie, je n’ai pas le temps d’atteindre l’appareil que déjà, un gremlin s’en est emparé :

  • -         Allô, c’est qui ?
  • -         …
  • -         Maman, c’est un monsieur, il veut parler à ma maman. T’es là ou t’es pas là ?

Je prends l’appareil, me le colle sur l’épaule tout en vérifiant que l’exercice de maths du Gremlin Mâle est correct :

  • -         Allô ?
  • -         Madame L ?

Mes poils se hérissent, j’ai reconnu ce ton si particulier du « Madame L », mon doigt se tend vers la touche rouge du combiné quand je me souviens, in extrémis, de mes bonnes résolutions :

  • -         Elle-même.

Un blanc s’installe. Le « elle-même » n’est certainement pas inscrit dans le scripte, le pauvre bougre se demande s’il doit directement passer à la question 3 ou s’il lui faut tout reprendre depuis le début…

  • -         Oui ? reprends-je pour l’aider.

Aussitôt, j’entends un soupir de soulagement. Chouette, j’ai donné la bonne réponse…

  • -         Bonjour Madame L, auriez-vous deux minutes de votre temps à m’accorder ?
  • -         C’est que…
  • -         Très bien ! Je vous en remercie !
  • -          Bigre, c’est qu’il est coriace l’animal, mais je m’accroche :
  • -         Non, écoutez, vraiment, je n’ai pas le temps.

Il est bien entendu que je mens effrontément et ce, devant les gremlins, donnant par là un exemple on ne peut plus anti-éducatif, d’autant  que l’exercice de maths étant juste, je me suis affalée sur mon lit dans la contemplation du plafond.

  • -         Je n’en ai vraiment que pour deux minutes, insiste-t-il, alors, avez-vous des animaux ?
  • -         Euh… à part 3 gremlins, non, fais-je distraitement.

Un bruit frénétique de feuilles que l’on froisse m’avertit que la panique s’est emparée du petit bureau outre-méditerranée d’où m’appelle ce jeune homme. Prenant un risque fou, il sort de son scripte :

  • -         Des quoi ?
  • -         Des gremlins.
  • -          ????
  • -         Non, mais c’est une blague, ajoute-je devant son manque d’humour.
  • -         Ah… Bien, répond-il sans une once d’amusement dans la voix. Avez-vous des animaux ?
  • -         Non ! m’exclame-je fièrement persuadée de mettre un terme à notre conversation mondaine.
  • -         Envisagez-vous d’en adopter un ?
  • -         Non…

La lassitude me gagne, je prends une longue inspiration avant de lui signifier la fin de notre échange, mais Speedy embraye déjà sur la question suivante :

  • -         Si vous deviez en adopter un, lequel choisiriez-vous ?
  • -         Mais je viens de vous dire que je n’en veux pas !
  • -         Je vous ai bien compris Madame L. Donc, si vous deviez en adopter un, lequel choisiriez-vous ?

Et voilà ! Pour une fois que j’avais décidé d’être gentille, voilà qu’apparaît la phrase de trop :

« Je vous ai bien compris… » ! C’est à se demander si l’esprit du Général De Gaulle ne plane pas au dessus des centres d’appels…

Quoiqu’il en soit, cette petite phrase, insignifiante en soi, me plonge dans la désagréable certitude d’être prise pour une andouille, or, je suis certaine que dans la formation de télévendeur de deux minutes trente que ce jeune homme a reçu, il est spécifié : « Ne jamais prendre le client potentiel pour une buse ! »

Rassemblant le peu de patience qu’il me reste, j’articule :

  • -         Je-n’ai-pas-d’animaux-je-n’en-veux-pas-et-je-ne-dois-pas-en-adopter-merci !
  • -         Bien sûr Madame L…, reprend aussitôt la sangsue, préféreriez-vous un chien, un chat ou un poisson rouge ?

Je décolle lentement le combiné de mon oreille, l’observe un moment, en silence, puis, sans plus de cérémonie, ni de scrupules, appuie fermement sur la petite touche rouge du téléphone :

Tut, tut, tut… 

 

 

NB : Ce genre d’épisode, bien que fréquent, n’a rien de comparable avec l’opérateur que vous contactez parce que votre modem ne fonctionne plus et qui vous répond : « Si j’ai bien compris Madame L, vous n’avez plus de connexion ? Bien, connectez-vous sur internet s’il vous plaît… »

Scripte, quand tu nous tiens...

 

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 07:00

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Existe-t-il moment plus exaltant que celui de l’Attente ?

 

Dans l’attente, le cerveau s’échauffe, l’imagination s’emballe, les sentiments s’exacerbent, chahutés et amplifiés par la certitude ne pas savoir et l’espérance de pouvoir deviner juste.

 

Instant jubilatoire d’un moment à venir, encore lointain mais suffisamment proche pour sentir monter l’excitation, impatient d’en goûter le plaisir et, nostalgique déjà, de sa fugacité…

 

Imaginer, rêver, déguster à l’avance l’émotion intense qui inondera l’hémisphère droit, lequel enverra frénétiquement d’innombrables signaux d’alertes qui irradieront le corps tendu à l’extrême de mille feux scintillants…

 

Tu marches, tel un automate, vers ce lieu où l’avenir est joué. Tu échafaudes des plans, te préparant au pire tout en rêvant au meilleur. L’angoisse étreint ton cœur, tes jambes flageolantes continuent d’avancer, ton regard fixé sur le panneau d’affichage noirci de mille noms : Y trouveras-tu le tien ? Attente insupportable, vicieuse et détestable, bourreau sans pitié qui jette sa victime dans un torrent d’atroces supplices.

 

Les mains moites, les joues rosies par des bouffées de chaleur incontrôlables, le corps alangui au souvenir des caresses passées, l’attente des retrouvailles si longtemps espérées, écrites, effacées et réécrites, fantasmées avant d’être vécues. Imaginer sa silhouette se dessinant parmi ces inconnus, la reconnaître et pourtant la craindre. Et si cet amour naissant s’était éteint sous les flots de l’absence ? Et si, et si… Oh, cruelle attente si délicieusement torturante…

 

Tant de jours à peiner, tant de jours à se contraindre, tant de jours à se plier aux rigueurs du quotidien, tant de jours à guetter l’instant où, pour un temps que l’on imagine sans fin, tout s’arrêtera. Où tu prendras le temps de vivre, d’oublier ta montre, de te laisser porter par la nonchalance.

Que cette attente est douce, annonciatrice de paix et d’insouciance.

 

Tourner en rond, fixer de toute la puissance du regard ce téléphone terriblement silencieux. Vérifier inlassablement tous les branchements, coller le combiné à l’oreille pour en vérifier la tonalité. Les minutes s’égrènent, trop longues, dans le silence pesant. Va-t-il sonner à la fin !

 

Attendre impatiemment et craindre cet instant où tu quitteras, en te retournant, le domicile de tes vingt ans passés. Rêver à ton indépendance tant de fois espérée où tu seras seul maître de ton existence.

 

Mais la plus douce des Attentes n’est-elle pas, celle où, jour après jour, pendant de si longs mois, tu grandis, caché dans le creux de mon ventre ? Je t’ai espéré joyeuse, je t’ai attendu angoissée, je t’ai vu dans mes rêves, je t’ai imaginé de mille façons.

L’Attente des derniers instants où, soudainement, j’ai voulu te garder pour toujours dans la chaleur de mon corps.

Et puis, les dernières secondes où, impatiente, j’ai cherché ton cri, tendu mes bras vers toi, vagissant de colère !

Neuf mois d’attente mille fois récompensés par la découverte de ta toute petite personne…

 

Alors oui, vois-tu, cette Attente-là a balayé toutes les autres.

Pour elle, mon cœur ne cessera jamais de s’emballer.

Et quand pour toi, l’heure sera venue, voudras-tu la partager avec moi ?

 

A tous ceux dans l’attente et, particulièrement aux futures mamans, nombreuses, de la blogosphère.


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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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