Faites des gosses!

Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 07:00

Que celle ou celui qui n’a jamais eu cette pensée soit, sur le champ, lapidé !


Les enfants, en particulier les nôtres, sont admirables. Quoi de plus normal, avec les parents qu’ils ont…


Il est évident qu’un tel bonheur ne se hurle pas à la face des malchanceux qui ne jouissent pas d’une telle félicité. Nous allons même jusqu’à les encourager dans leur quête du Graal par des hochements de tête, certes condescendants, fière de leurs efforts pour atteindre ce qui nous est acquis si naturellement.



Soulignons qu’ils ont du mérite : On nous paierait que nous ne voudrions pas de ces asticots-là !

 

Force est de constater que nous suscitons la convoitise, voire la jalousie, aussi, n’est-il pas rare qu’au détour d’une conversation, certains s’exclament :

- Qu’est-ce qu’ils sont beaux tes enfants ! Ce qu’ils sont sages ! Mais comment fais-tu ?

 

Nous nous rengorgeons intérieurement, affichons un sourire détaché tout en feignant de refuser ces compliments qui nous gonflent d’orgueil.

- Oh non tu sais, ils sont loin d’être parfaits, ils ont leurs défauts, comme tout le monde…, répondons-nous, caressant négligemment la chevelure soyeuse de notre aînée, paisiblement installée à nos côtés, plongée dans la lecture de Picsou Balzac.

Quelle gloire, lorsqu’après les points de suspension laissés traîner à propos, notre interlocuteur renchérit :

- Crois-moi, tes enfants sont exceptionnels. J’aimerai tant que les miens prennent exemple sur eux…

Que voulez-vous, Paris ne s’est pas fait en un jour, que diable !

 

Or, sur le chemin du retour, à l’abri - croyons-nous – des regards indiscrets, notre fierté se fissure, lorsque nous entendons :

- Maman, on a été sages, hein ?

- Oui mes chéris. Parfaits ! Vous voyez, ce n’est pas si difficile, regardez comme maman est détendue !

- Ouais, bon… On peut regarder les Simpsons ce soir ?

- Et des frites ? T’avais promis que, si on était sages, on aurait des frites !

- Et aussi qu’on pourrait manger devant la télé !!! Tu l’as dit, tu l’as dit, tu l’as dit !

 

Il nous faut bien l’avouer. Cette fois-ci, mais cette fois-ci seulement, nous avons cédé au Mal, relégué à la poubelle nos principes stricts d’éducation pour goûter, le temps d’une après-midi, à l’illusion d’avoir engendré des êtres enviables.

Nous avons cédé au chantage.

Nous payerons.

Tôt ou tard.

 

Mais n’est-ce pas humain d’avoir caressé le doux rêve d’être une mère comblée à l’image de la Caroline Ingalls de notre enfance ? Que nos rejetons tiennent plus de Mary que de Nelly, avec une pointe de Laura ?

Est-il utile de préciser que, malgré nos inlassables imprécations, ils pénétreront dans notre logis, les godillots maculés de gadoue qu’ils déposeront partout sur le sol javellisé quelques heures auparavant ?

Est-il nécessaire de dévoiler que nos enfants chéris vont s’entre-déchirer parce que l’un aura 16 frites alors que l’autre n’en a que 15 et demi, malgré nos efforts d’équité ?

Une fois le maquillage ôté, est-il indispensable de découvrir nos cernes bleuies par des nuits entrecoupées de chasses aux dragons malfaisants qui n’ont de cesse de vouloir dévorer notre cadette ?

 

Assaillie de toutes parts, jonglant entre les douches, les devoirs, le dîner et Bart qui hurle des insanités, nous nous consolons :

« Au moins, ce sont les plus beaux gremlins du monde! »

 

Ah, la lucidité maternelle! Il n'y a que ça de vrai...



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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses!
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 07:00

Une fois familiarisé avec les symptômes de la crise, il est important de maîtriser un minimum le mode de communication de l’ado. Cela ne va pas sans difficultés.

J’ai une filleule, elle a 15 ans, c’est dire…

 

Un jour qu’elle semblait particulièrement bien disposée, je sautai sur l’occasion de prendre mon rôle de marraine enfin au sérieux.

Il s’ensuivit un échange des plus étranges…

 

- Ma chérie, comment vas-tu en ce moment ?

- J'ai l'seum.

- Oui...bien sûr...Euh...Sinon, le lycée, ça se passe bien ?

- C’est gavé grave.

 

A ce moment de la conversation, j’eus quelques doutes sur les capacités intellectuelles de ma protégée. Cependant, je ne me décourageai pas :

 

- Tu sais, à ton âge, moi aussi j’avais quelques difficultés à communiquer avec mon entourage… Mais, je suis ta marraine, tu peux tout me dire.

Je lui entourai les épaules d’un geste affectueux, l’incitant ainsi à s’épancher sans retenue.

Elle se dégagea, planta ses yeux bleus dans les miens et lâcha :

- Stave…

La perplexité me laissa sans voix. Quel langage était-ce donc ? Cette enfant était-elle plus atteinte que je ne le pensais ?

- Stave ? répétai-je doucement.

- Pas stave, stave ! Tu dis stave, faut prononcer « staive » !

- Ah ? Mais de quelle langue s’agit-il exactement ?

- Dis-donc, t’es bolos toi ! Faudrait qu’t’arrêtes de parler qu’à des vieux…

Cet échange devenait de plus en plus étrange…

 

Soudain, son visage s’illumina, elle m’attrapa le poignet pour détailler une vieille breloque qui me servait de bijou.

- Waaaah, trop stylééééééé ! s’exclama-t-elle, ravie, fais gaffe à pas t’le faire douiller !

Je ne cherchai pas à traduire, il était évident qu’elle avait un sérieux problème de vocabulaire.

- Il est beau n’est-ce pas ? répondis-je, heureuse de la voir enfin sourire.

- Trop aps !

- Tu veux l’essayer ?

- Je peux ?

- Bien sûr ! Regarde, on le met comme ça.

Elle prit le bracelet, l’accrocha à son poignet.

- Comasse ?

- Hé ho ! Pousse pas trop, d’accord ? Tes copines et toi avez peut-être l’habitude de vous traiter de c…..sse, mais n’oublie pas à qui tu parles ! Un peu de respect, je te prie !


Sa sœur aînée fit irruption dans la pièce, intriguée par ma tirade suraiguë :

- C’est quoi l’blème ?

La cadette, hilare, lui fit un compte-rendu de la situation dans un dialecte des plus incompréhensibles, ce qui acheva de me mettre au comble de l’exaspération.

- Oh, des barres ! hoqueta ma filleule, la cassos !

- Encore plus à l’ouest que je ne pensais, renchérit l’autre insolente, ignorant totalement ma présence.


Défaillante d’agacement, je leur ordonnai de s’expliquer ou de s’extraire immédiatement de ma vue.

- Marraine chérie, c’est comasse, pardon, « comme ça » qu’on parle aujourd’hui. Allez, on va t’expliquer…

- Tu sais, à part ça, t’es plutôt fraîche pour ton âge, crut bon d’ajouter l’aînée, sourire aux lèvres.

 

Non, je ne traduirai aucun de leurs propos, il n’y a aucune raison pour que je sois la seule à me taper l’affiche (et oui, je parle comme elles maintenant). Faites un petit effort pour enrichir votre vocabulaire et je vous promets qu'on en remontrera au Larousse !

 

Note de l’auteure :
Une pensée affectueuse à J. et M. pour leur collaboration active à l’écriture de ce billet. C'était du kif en boîte...Merci les filles !

Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : au secours, ils grandissent!
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 07:00

Lorsqu’on se lance dans l’aventure ô combien nébuleuse qu’est celle de se multiplier, loin de nous l’idée, qu’un jour, ces mignons petits bébés qui sourient béatement à notre seule vue, se transformeront brutalement en grandes bringues à l’allure nonchalante, traînant leur pauvre carcasse de pièce en pièce, marmonnant des paroles incompréhensibles tout en nous jetant quelque regard en biais, consternés que leur être suprême soit issu de l’union de deux entités aussi dénuées d’intérêt qu’un citron pressé.

La seule pensée que leurs géniteurs aient été eux aussi des adolescents traversant les affres de cette fameuse crise ne les effleurent pas : Leurs parents sont nés parents et n’ont été crées que pour les empêcher de se réaliser pleinement, d’aller à la rencontre de leur moi profond, ce qui, bien entendu, passe par toutes sortes d’expériences dont le résultat désastreux est de faire carburer la mère aux somnifères et d’augmenter considérablement les risques d’infarctus du père.

Comme disait mon ami le p’tit Gibus (à quelque variation près) : « si j’aurai su, j’aurai pas pondu » parce qu’en observant mes amies affrontant courageusement la traversée du désert, j’ai comme une furieuse envie de congeler mes trois vers de terre jusqu’à qu’ils aient atteint la trentaine bien sonnée !

 

Tout commence avec le préado, lequel, n’ayant ni poil au menton ni tétés qui pointent, n’en est pas moins un petit insolent qui ose remettre notre autorité en question tout en soufflant et levant les yeux au ciel parce que non, aujourd’hui, on n’invitera pas de copain et ce serait sympa de ramasser ta serviette qui traîne dans la salle de bain, merci ! Et on passera sous silence la chambre mal (pas) rangée, les culottes (sales) qui commencent à s’accumuler sous le lit ainsi que le placard à vêtements qui semble avoir été victime de la bombe atomique…

La préadolescence, donc, nous donne un aperçu gentillet de ce que l’on va subir puissance dix mais nous octroie cependant un temps d’adaptation pour acquérir vite fait un gilet pare-ado.

 

Une fois échauffés, déferle l’adolescence avec, en prime, sa crise. Ah, l’alien qui déboule dès le matin, sans un mot, le sourire oublié depuis longtemps dans le coffre de l’enfance, n’adressant la parole que pour tancer son petit frère ou réclamer quelque denier pour aller zoner avec son espèce. Si, par malheur, on ose lui rappeler que le bac, c’est dans deux semaines, on nous toise, hautain, avant de déclamer à qui veut l’entendre :

- Moi, de toute façon, j’vais m’casser d’ici, avoir mon appart’ que j’partagerai avec mes potes et enfin, j’pourrai vivre ma vie !

Sauf que nous, on l’a déjà dit avant eux et comme nos parents, on leur assène la triste vérité :

- Et de quoi tu vas vivre, triple andouille ?

Je vous épargnerai la suite, on la connaît.

 

Il n’empêche, rien qu’à voir sa mine boutonneuse dégoûtée de celui dont les parents sont encore plus à l’ouest que la moyenne, on lutte contre cette impulsion qui nous susurre de le plaquer au mur afin de lui enfoncer ce fameux plomb qui lui fait défaut.

Une fois le bac décroché (dans le meilleur des cas), s’ensuit le long chemin de croix du choix des études. Confiants dans les capacités enfouies de notre ado, nous tentons de l’aiguiller vers une voie qui lui assurera cette indépendance tant convoitée. Sommes-nous étonnés, à voir son expression bovine, de l’entendre marmonner :

- Me stressez pas ! J’ai besoin d’une année pour réfléchir… D’ailleurs, les parents de Pierre l’ont bien compris eux, ils lui paient un tour du monde de 6 mois pour qu’il déstresse de la pression du bac…

On a beau se pincer très fort, non, on ne cauchemarde pas et mettons fin à cette discussion par un :

-  Et moi, je te paie un tour de ta chambre de 12 heures au terme desquelles tu es prié de nous informer comment tu comptes trouver de quoi becqueter dans les prochaines années ! Rompez !

Claquements de porte, musique à fond, crise d’hystérie (pour les filles) etc, etc…  

En résumé, l’adolescence est une période de grand désarroi où l’on ressort les albums photos pour contempler notre bambin de deux ans transformé en hurluberlu ingrat et on pleure !

 

Après avoir aussi finement observé le comportement des ados de mes copines, je suis confiante en mes capacités de faire mieux que leurs mères lessivées par des années de lutte.

Et puis, rien qu’à voir la bouille de mon gremlins n°3 qui approche vers moi, je décide qu’elle n’a vraiment pas la tête de l’emploi.

- Maman ? Tu sais ce que je veux faire quand je serai grande ?

Oh ! Si jeune et déjà elle songe à son avenir… Adorable petite…

- Non ma chérie, dis-moi.

- Plus tard, je ferai crise d’adolescence !

 

Harakiri…Tout de suite !

Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : au secours, ils grandissent!
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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /Août /2009 07:00

La journée commençait à peine. Je me levai d’un pas incertain, en quête d’un café bien serré, histoire de dissiper un peu le brouillard environnant, quand, sans la moindre pitié pour mon état second, je fus assaillie de requêtes aussi bruyantes qu’impatientes :

 

- Maman ? Il est où mon T-shirt mauve avec les paillettes ?

- ???

- Maman !!

- Mfff…

- Mais maman ! Il est où ?????

 

Je fis un effort sur moi-même pour visualiser ledit vêtement afin de formuler une réponse claire qui me permettrait de poursuivre ma tentative de résurrection en paix.

 

- Lavé. Rangé. Plié. Placard.

- Mais, il n’y est pas ! J’ai déjà regardé !

 

A défaut de café, la moutarde commençait méchamment à me picoter les narines, signe indubitable d’une mauvaise humeur qui s’installerait pour 24 heures au moins. La démarche traînante, j’ouvris le placard et, sans même un regard, sortit le truc mauve à paillettes que je tendis, sans un mot, à la chose énervante qui me sert d’enfant.

 

- Ouais, ben, si je ne l’ai pas vu, c’est qu’il était rangé…

 

Je me précipitai vers la cafetière, cela devenait urgent si je ne voulais pas que la situation dégénère.

 

- Et mon pantalon ? Il est où mon pantalon ?

 

J’avalai ma première gorgée avant de répondre :

- T’as des yeux ? T’as des mains ? T’as des jambes ? Oui ? Alors, tu vas dans ta chambre et tu cherches !

- Il y est pas !!! entendis-je de loin. C’est sûr, on me l’a piqué !

 

Non mais, n’importe quoi !

 

- Regarde sous ton lit…

- Ah oui… Il y est…

 

Deuxième tasse. Il me fallait bien ça pour survivre à la suite.

 

- Ouinnnnn !!! J’retrouve plus mes lunettes de soleiiiiiiiil !!! Maman !!!

- Tu n’as qu’à ranger tes affaires !

- Mais je les avais rangées ! Ca c’est vrai !

- Cherche !

- J’ai cherché ! Partout !

- Alors, elles sont perdues.

- Ouinnnnn ! J’vais devenir aveugle à cause de toi !

 

Bien sûr. Logique.

 

Je me dirigeai vers la salle de bain, prise par un besoin urgent de calmer le feu de l’agacement qui colorait mes joues. Tiens ? Des lunettes de soleil dans le lavabo ?

J’appelai l’ex-aveugle et lui remis l’objet :

- Comme ça, tu les avais rangées ?

- C’est pas moi qui les aie mises là. Ca, c’est vrai !

 

- Mamaaaan ! J’ai perduuuu mon cahier de textes ! La maîtresse va me gronder !!!

 

« Si ce n’est que la maîtresse, mon chéri, tu auras beaucoup de chance… », pensai-je en vidant le cartable par terre.

- Et ça ? C’est quoi ?

- Mon cahier de textes…

 

La journée se déroula telle qu’elle avait commencé, ponctuée par des « C’est où ? », « j’trouve pas ! », « si, je l’avais rangé ! », « quelqu’un me l’a pris » et même des « tu l’as jeté », « tu l’as perdu », comme si je m’amusais à égarer le Memory de Dora l’Exploratrice !


Le soir venu, leur père rentra. Etonné de ne pas me trouver là où il m’avait rangée, laissée, il questionna les enfants :

- Elle est où, maman ?

- On ne sait pas, on l'a perdue…

- On nous l’a peut-être piquée ??

Décidemment, c’est une manie…

 

Pourtant, bien planquée dans les toilettes, ils réussirent à me débusquer.

- Maman ! On t’a trouvée !

 

C’était bien la première fois de la journée qu’ils retrouvaient leurs affaires…

Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses!
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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 08:00

Le téléphone fait entendre sa douce mélodie.

Trois gremlins se ruent sur l'appareil sans défense.

- C'est moi qui réponds !

- Non, c'est moi !

- Ouin ! Tu m'as écrasé le pied !

J'observe la scène, blasée. Il y a des principes d'éducation qui ne s'acquièrent jamais...

 

Le gagnant du jour décroche, narguant les deux laissés pour compte :

- Allô, c'est qui ?

Autre principe tombé en désuétude : Bonjour !

- Oui, elle est là. Tu veux quoi ?


Ah mais ! De quoi j'me mêle ! J'arrache le combiné en sermonnant bien fort l'insolent pour que mon interlocuteur sache que, malgré les difficultés, je ne renoncerai jamais à lui inculquer le b.a.-ba de la politesse !

- Tu pourrais AU MOINS dire bonjour !

Puis, plus bas :

- C'est qui ?

- J'sais pas.

Et inutile avec ça !

Je le congédie de mon œil noir.


- Allô ?

- ...

- Ah, salut ! Ca va ?

C'est ma copine Marion.
- Non, non, tu ne me déranges pas...
Enfin si, quand même un peu... Toute mère qui se respecte sait qu'entre 18 et 20 heures, c'est le moment critique, cependant, j'ai tout se suite décelé l'urgence de l'appel. L'heure est grave.
- Non ??? je fais en arrêtant de touiller ma sauce, j'te crois pas ! Ouais,ouais, vas-y, raconte !

J'écoute religieusement ses révélations tout en réduisant le feu, déshabillant la petite pour la doucher, coinçant le téléphone sur l'oreille droite en remerciant silencieusement celui (ou, vraisemblablement celle) qui a inventé le sans-fil.


Et là, le scénario de Gremlins IV s'écrit devant moi :

- Ca pique ! Ca pique ! crie le petit mogwaï en transmutation, alors que je n'ai même pas commencé à le laver.

- Maman !!! hurle son frère de l'autre bout de la maison, pensant certainement que j'ai des oreilles bioniques, lui évitant ainsi de se déplacer inutilement.

- C'est quoi la loi universelle de la gravitation ? questionne la troisième, me collant son cahier sous le nez.


Je ne réponds pas (qu'est-ce que j'en sais, moi...), occupée à calmer les hurlements de Gysmo métamorphosé. Je fais patienter Marion :

- T'as deux secondes là ? Attends ! Deux secondes et je suis à toi.

- MAMAN !!!!!!!! braille l'autre qui n'a toujours pas bougé d'un pouce.

- QUOI ???

- Tu peux venir ?

- NON !

Je sors la bestiole de la douche, l'enveloppe d'une serviette et lui intime l'ordre de se mettre en pyjama. Je cours m'enfermer dans ma chambre.

- C'est bon Marion, je suis là. Fais vite, ça ne va pas durer.

Elle comprend la situation, met le turbo et au moment où elle va faire la révélation du siècle, la porte explose dans un coup de tonnerre, laissant pénétrer trois affreux personnages, hurlant de rire, mettant à sac la seule pièce jusque là préservée.

Je fuis vers le salon, ils me suivent en courant.

Paf ! Il y en un qui vient de se cogner dans le mur. Re-hurlements.

 

- Quoi ? Non, non, je t'écoute mais ils sont en pleine transfiguration là, d'ailleurs, ils sont où les tiens ?

Ah oui, évidemment, elle les a casés chez les grands-parents, tu m'étonnes qu'elle appelle à cette heure-ci...

Je sens comme un tiraillement au niveau du T-shirt :

- Je peux inviter une copine demain ? Maman ?! Tu m'écoutes ?

Je ne fais que ça, ma chérie, je ne fais que ça...

 

Et l'autre qui saute à pieds joints sur le dos de sa sœur !


Je capitule. Je raccroche promptement, me retourne vers ces empêcheurs de téléphoner en paix, prête à leur rappeler comment je m'appelle quand, miraculeusement, les larmes sèchent, les hurlements cessent. Trois sourires satisfaits s'affichent et ils me plantent là, sans plus de cérémonie.

 

Dring...Dring...

« Actuellement prise en otage par une bande de gremlins, je suis dans l'incapacité de répondre intelligemment à votre appel. Pour toute requête urgente, contactez Marion. »

Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses!
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