Délires d'écriture

Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 07:00

Père NoëlCher Père Noël,

 

Je ne t’ai jamais écrit jusqu’à présent,  tu as suffisamment à faire avec les millions de petits gremlins qui te submergent de leurs souhaits. Tu as beau avoir plein de lutins merveilleux et fort efficaces pour t’épauler, je sais ce que c’est de travailler dans le rush.

En plus, avec les heures supp’ que tu te payes dans les supermarchés, j’imagine que tu rentres harassé au pôle Nord et que la Mère Noël te fait une tronche d’enfer à cause des rennes qui ont déféqué devant la porte.


Je me doute que le moment est mal choisi mais si tu ne te terrais pas ainsi onze mois de l’année, je t’assure que tu pourrais aménager tes horaires de travail de sorte à optimiser tes résultats. Après le bouclage de Noël 2009, si tu veux, je te donnerai quelques tuyaux.

 

En attendant, je te demande d’être très attentif à ce qui va suivre.

Ce n’est pas parce que je ne t’écris pas qu’il faut en profiter pour saboter le boulot !

Depuis plusieurs années, je reçois sans broncher tes invendus et autres produits technologiquement dépassés dont tu n’as pu te débarrasser. Je comprends que les coûts de stockage soient élevés et que tu cherches à diminuer tes charges fixes, mais je ne suis pas la seule femme sur terre à devoir payer les conséquences de ta gestion hasardeuse.

Si tu t’entourais d’une équipe de professionnels, je n’aurais pas à m’empoisonner avec des chocolats périmés, faire du café dans une cafetière fuyante ou recevoir un magnétoscope à cassettes qui a plus sa place dans un musée que dans mon salon !

J’en viens à me demander si tu ne m’en veux pas personnellement, parce que les gremlins, ils ont presque toujours ce qu’ils ont demandé et leur père, je n’en parle même pas !

Je pourrais même t’intenter un procès pour discrimination. Je ne voudrais pas te mettre la pression, mais en ce moment, c’est très mal vu ce genre de comportement…

A moins que ce soit une erreur de ton service client (qui, soit dit en passant, se met en RTT dès le 26 Décembre), auquel cas, je t’encourage vivement à leur secouer les grelots, parce que je redoute grandement ce que je vais trouver cette année dans ma chaussette.

Bien sûr, je conçois que ce soit la crise pour tout le monde, que les employés font grise mine et frisent la dépression. A ce propos, sais-tu qu’il existe les tickets-psys ? Parles-en à ta DRH qui, à défaut de chercher la cause du malaise, pourra soulager tes lutins en les envoyant sur le divan. Avec ça, tu éviteras peut-être la grève qui te pend au nez et les manif’ de petits gremlins assoiffés de cadeaux, se déversant dans les rues en réclamant la destitution de ton gouvernement.

Bref, tout ça pour te dire que c’est moi la cliente et que la cliente a toujours raison, t’as pas appris ça dans ton école de commerce au lieu de mater les jambes de la Mère Noël ?

Alors, cette année, ce serait sympa de passer un  peu moins de temps devant les caméras en te prenant pour la nouvelle star du show-biz pour t’occuper un peu plus de mon cadeau ! Et non, je ne te ferai pas de liste, tu n’as qu’à te creuser les méninges pour une fois et faire preuve d’un peu de créativité marketing et commerciale.

Allez, sans rancune Père Noël, mais réfléchis à ce que je t’ai écrit, ce serait bête que tu pointes au chômage l’année prochaine.

 

Bien à toi,

 

Sophie L

 

PS : Au cas où tu te poserais la question, sache que cette année, j’ai été exceptionnellement sage…

Edit de fin de Lundi:
Je tiens à rassurer les lecteurs qui s'inquiètent dans leurs commentaires: L'allusion à mon très cher est une pure invention, il me comble des cadeaux que je lui suggère tendrement à l'oreille.
Il m'a paru essentiel de rendre à Cesar ce qui lui appartient...si je veux avoir mon cadeau à Noël!


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Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 07:00

Chacun sait, qu’après sa femme, le meilleur ami de l’homme est son chien.
De l’homme peut-être, mais de sa femme, cela n'est pas toujours le cas…

 

Un jour, dans un élan de grande bonté - ou d’immense black-out cérébral -  je me laisse convaincre d’adopter une adorable boule de poil au regard larmoyant non sans avoir fait signer aux gremlins et leur père un acte officiel de responsabilité canine.



On me promet l’impossible et même plus. Je cède.

 


Bien malgré moi, je me laisse attendrir par ce jeune chien fou jusqu’au moment où l’animal se laisse aller à quelques épisodes humides et odorants alors que je m’apprête à regarder ma série TV préférée, Lassie.
Je ne vais pas réveiller les gremlins pour nettoyer et, malgré la bonne volonté de l’homme qui s’est emparé du torchon à main (!)  pour réparer les dégâts, je me dirige en soufflant récupérer serpillère et javel.

 

Une petite voix me chuchote : « Je te l’avais bien dit ! »

- Oh ça va ! je réponds tout haut, sentant monter en moi cette humeur de dogue qui me caractérise parfois.

 

Que dire des premières nuits sanglotantes et des réveils où j’ai le sentiment de vivre dans une véritable cabane à chien ?


La journée, on se retrouve, la bête (qui en quelques mois a sextuplé de volume) et moi à cohabiter dans une ambiance de chien et chat. Pourtant, il me suit, cherchant à enterrer la hache de guerre, jappant et tournoyant entre mes jambes, la queue battant l’air frénétiquement jusqu’à faire vaciller le vase de ma grand-mère qui tombe lourdement sur mon pied.

Je sautille de douleur (c’est que ça fait un mal de chien !), le clébard sur les talons, plus excité que jamais.

 

Ce n’est pas un temps à mettre un chien dehors mais je décide qu’une promenade nous calmera l’un et l’autre. Attrapant au vol mon manteau en poils de chien, nous sortons, prendre un bol d’air pour moi et renifler l’arrière-train de ses congénères pour lui.
S’arrêtant tous les 3 mètres pour humer, sniffer et déposer quelques déjections, j’en profite pour parcourir la rubrique des chiens écrasés du canard local, soudain interrompue par une voix criarde à en déboucher les tympans :

- Mais c’est un comble ! N’avez-vous pas honte ??? Cela ne vous suffit pas de saloper les rues, il faut que votre cleps souille mon entrée ????

 

Je suis comme un chien dans l’eau bénite, ne sait que répondre à ce voisin avec qui j’entretenais jusqu’à présent de si bonnes relations. Je fuis, non sans avoir ramassé les immondices de mon meilleur ennemi tout en lui promettant de lui réserver un chien de ma chienne à la première occasion.

En rentrant à la maison, on se regarde en chien de faïence, chacun campant dans ses positions, sûrs de son bon droit.

La queue entre les jambes, l’animal rampe en direction de son tapis et s’y affale, les oreilles basses.

 

Je suis de mauvais poil, grogne et montre les crocs à chaque haussement de ton des gremlins, la rage ne me quitte pas.

A peine l’homme est-il rentré que je lui aboie dessus. Cette situation ne peut plus durer, pour un peu, j’en hurlerai à la mort.

Il me claque un cinglant :

- T’as vraiment un caractère de chien !, avant de me caresser la tête tout en me gratouillant derrière les oreilles pour m’apaiser.


Regagnant ma niche, je me dis que, sans aucun doute, j'ai une vie de chien

 

 

 


Quelques unes des expressions ont été empruntées à nos amis québécois.

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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 07:00

Slogan incongru s’il en est car, à part quelques admonestations ou sifflements douteux récoltés de temps à autre, je n’ai jamais recueilli d’offrande digne de ce nom, malgré l'utilisation assidue de déodorant.

 

Et pourtant, laissez-moi vous conter cette étrange aventure…

 

Attablée en terrasse, goûtant l’ultime chaleur de l’été indien, je me prélassai voluptueusement, tel un chaton au soleil quand mon regard fut attiré par l’occupant de la table voisine.




Quelques œillades des plus discrètes m’apprirent que l’homme n’était pas insensible à mes charmes.

Toutefois, ne faisant pas partie de ces êtres futiles qui se pâment au moindre regard langoureux, j’attrapai mon verre de soda de la main gauche, je le portai à mes lèvres, mettant ostensiblement en avant mon annulaire, signifiant par là un sans appel : « Pas touche, déjà séduite, fallait se réveiller plus tôt ! ».

Mon visage se durcit quelque peu, marquant ainsi ma désapprobation à être observée de la sorte.

 

Un nuage cacha les rayons du soleil. Je frissonnai.

 

Levant les yeux, je lâchai un « Oh ! » de surprise : L’inconnu se tenait devant moi.

 

- Vous permettez ? s’enquit-il, prenant place.

- Oh !! fis-je.

 

Sans un mot, il déposa un feuillet devant moi.

Sur la page, mon portrait me souriait.

 

- Oh !! répètai-je.

 

Le temps de chercher une réplique un peu plus développée, mon inconnu avait disparu !

 

La déception s’abattit lourdement sur mes épaules… Ma vue se brouilla, mes oreilles bourdonnèrent de bruits étranges et lointains.

 

- Revenez…, murmurai-je.

 

- Je suis là, parvins-je à entendre, tout près de mon oreille.

 

- Qui…qui êtes-vous ?...

 

- Mais… Maman, c’est moi ! Réveille-toi ! On va encore arriver en retard à l’école.

 

7h45.

 

Le réveil n’a pas sonné.

 

Saleté d’inconnu…



Ceci est ma contribution à l'énoooooooorme concours de Manu qui inaugure ainsi une nouvelle rubrique de ce blog, intitulée "Parfois le Jeudi".

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Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /Août /2009 00:00

Les promotions ou « promos », longtemps considérées un tantinet prolétaires font un retour en force depuis qu’on nous a annoncé qu’on était en crise.

A ne pas confondre avec les soldes, la promo est présente toute l’année, se déclinant indéfiniment, sur un nombre illimité de domaines. Ses consommateurs sont variés, certains appliquent une stratégie très poussée alors que d’autres agissent de façon compulsive.

Je m’intéresserai à cette dernière catégorie car, dans le cadre de mes fonctions, j’ai eu l’occasion de côtoyer un spécimen masculin.

                                                        

Il est utile de préciser que le syndrome du compulsif de la promo touche toutes les classes socioculturelles, sans distinction de sexe, que ses causes restent encore inconnues et qu’aucune thérapie n’est disponible à ce jour. Il existe cependant un traitement préventif simple qui demande toutefois un investissement personnel de l’entourage du malade : Ne jamais laisser le compulsif seul dans un magasin, l’accompagner dans toutes ses démarches à caractère commercial, et surtout, lui éviter tout contact avec ce qui ressemble à une promotion.

 

Voici quelques conseils qui vous aideront à reconnaître le compulsif de la promo :


- Vous lui annoncez une visite à l’hypermarché du coin, un Samedi après-midi :

Le sujet normal rechignera à cette tâche fastidieuse, qu’il considère sans intérêt pour lui alors qu’il estime que cette mission incombe essentiellement à la gent féminine. Il donnera tout un tas de prétextes pour se défiler, voire, disparaîtra soudainement au moment du départ.

Le compulsif, lui, sautillera de joie, manifestera une grande impatience et vous proposera d’y aller seul avec les enfants afin de vous permettre de vous détendre quelques heures.

Quoiqu’il vous en coûte, refusez ! Il est malin et n’hésitera pas à vous éloigner de lui par tous les moyens afin de donner libre cours à ses penchants promotionnels !

 

- Vous faites les courses avec lui :

Le sujet normal, que vous avez fini par dénicher planqué au bistrot, pousse le caddie d’un air maussade, ronchonne en permanence, se plaignant de la foule, de votre liste trop longue, des enfants insupportables et si, pour votre malheur, vous croisez une amie avec qui vous échangez quelques idées, il n’aura de cesse de vous interrompre, insensible à votre embarras.

Le compulsif, lui, prend d’emblée deux caddies et propose de se répartir la liste sous le fallacieux prétexte de gagner du temps. La première fois, vous acceptez, touchée par cette délicate attention. Alors que vous filez à travers les rayons, vous conformant strictement à ce qui est écrit sur le papier, le malade adopte un manège simple à identifier : Il commencera systématiquement par le premier rayon, flânant ainsi jusqu’au dernier. Faisant fi de vos recommandations, il détaillera avec délectation tous les produits stipulant : Promo, Gratuit, 2 pour le prix d’1, réduction immédiate, bonne affaire… Il vous rejoindra finalement à la caisse, l’œil pétillant, fier de vous dévoiler ses trouvailles, ayant calculé à l’avance le montant des économies effectuées. Le contenu de son caddie ne correspond pas à la liste, le total des achats explose joyeusement le budget, vous vous retrouvez avec 40 œufs, une niche pour le chien que vous n’avez pas et une tente pour faire du camping dans votre cour d’immeuble !

 

La seconde fois, vous ne prenez qu’un caddie, et tenez le compulsif en laisse pour qu’il ne s’échappe pas. Attention, restez vigilante ! Le rusé a le bras long, il profitera d’un moment d’inattention pour attraper tout produit figurant en tête de gondole !

 

Si la situation est intenable, subtilisez-lui son chéquier, démagnétisez sa carte bancaire et pratiquez une lobotomisation du cerveau afin qu’il en oublie le code. Bien que radicales, ces quelques mesures vous permettront de siester tranquillement en cette période estivale où le virus promotionnel est extrêmement virulent.

 

Et si, par grand malheur, vous-même êtes atteint, je vous propose, en toute bonne amitié, de prendre soin moi-même de vos moyens de paiement…

Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /Juil /2009 08:00

Très chers amis, fidèles lecteurs, fans inconditionnels....

 

Je me permets de prendre la plume en lieu et place de Sophie L, laquelle m'a lâchement abandonné, par terre, dans un coin oublié de l'appartement.


La traîtresse s'en est allée patauger allègrement dans l'eau bleutée d'un océan quelconque, exhibant sans retenue son corps à moitié dénudé, s'exposant sans complexe aux brûlures du soleil qui ne vont pas manquer de lui ramollir le cerveau : Je ne vous dis pas la qualité des prochains billets lorsqu'elle daignera s'y remettre, accrochez-vous...

 

En attendant, je prends la poussière, je reste désespérément fermé.

 

Mais, dans sa précipitation, l'écervelée m'a laissé en mode veille, aussi, je veille !

 

S'il vous plaît, ne m'abandonnez pas, venez me voir, parlez-moi et je vous répondrai !

 

Je sais, de source quasi-sûre, qu'elle reprendra les rênes le 10 Août, cela nous laisse un peu de temps pour faire connaissance avant qu'elle ne bride ma volonté d'indépendance et que je ne redevienne son esclave soumis.

 

Je compte sur vous,

 

Asus

 

PS : Pour qu'elle ne se doute de rien, je signerai mes réponses à vos doux mots « Sophie L ». Ce sera notre secret, ne me trahissez pas...

Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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