La vie bouillonnante d'une femme

Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 07:00

Sea.jpgAu loin, la douce mélodie des vagues s’échouant sur la plage.

Au loin, les reflets du soleil sur l’océan turquoise.

Au loin, les hurlements de gremlins qui ne sont pas les leurs.

 

Etendue sur une serviette moelleuse, le corps délicieusement parfumé à la crème solaire, une main baladeuse explorant innocemment le torse brûlant de l’Apollon, légèrement appuyée sur un coude, elle approche ses lèvres pulpeuses des siennes - non moins juteuses - pour y déposer un baiser torride, quand elle crache, tousse et lui envoie un jet de bile sablonneuse en plein visage !

  • -         Non mais ça va pas ! Tu débloques ou quoi ?! vocifère l’Apollon agressé.

 

Elle lance un regard contrit vers l’objet de son désir outragé et cligne aussitôt des yeux dans un cri de douleur :

  • -         Aie ! Ca pique, ça pique ! Fais quelque chose !

 

De son œil droit encore valide, elle aperçoit au loin les coupables, lancés dans une course folle laissant derrière eux le spectacle désolant de leurs victimes attaquées par les nuées de sable qu’ils soulèvent sur leur passage.

Les protestations qui s’élèvent n’affolent pas ces délinquants dont les rires insolents fouettent les visages outrés aussi sûrement qu’en pleine tempête du désert.

 

Délestés enfin de ces grains indésirables, les amants reprennent consciencieusement là où ils s’étaient interrompus…

 

Etendue sur une serviette moelleuse, le corps délicieusement parfumé à la crème solaire, une main baladeuse explorant innocemment le torse brûlant de l’Apollon, une brise légère s’efforce, sans succès, d’éteindre le feu de la passion qui brûle en eux. Leurs corps se rapprochent, unis vers le même désir d’exploration quand une tornade ensablée s’abat sur leurs ébats avortés.

A quelques dizaines de centimètres de leur étreinte sableuse, une mégère secoue sa serviette de façon éhontée, sans un regard pour leur libido ensevelie…

 

Déterrés de l’affront, ils reprennent consciencieusement là où ils s’étaient interrompus…

 

Etendue sur une serviette moelleuse, le corps délicieusement parfumé à la crème solaire, une main baladeuse explorant innocemment le torse brûlant de l’Apollon, la chaleur émanant de son être chauffé par les UV – mais pas que – l’embrase, leurs caresses s’enhardissent quand un gremlin à la peau rêche vient étouffer le brasier qui les consume, ne laissant derrière lui qu’une étincelle agonisante.

  • -         Oh pardon ! J’vous avais pas vu !

 

Ils sentent plus qu’ils ne voient des milliers de petits grains malfaisants se glisser dans les moindres recoins de leur anatomie sous le fier regard de l’Homme-Sable qui s’enfuit en se moquant.

 

 

Etendue sur ma serviette jadis moelleuse, le corps délicieusement enseveli sous les algues rapportées par mes gremlins, explorant innocemment le crâne si peu dégarni de mon Apollon, j’observe, amusée, les ébats infructueux des jeunes amants.

Et je me dis que :

a)        Soit le choix judicieux de cette plage réservée aux Gremlins and Co est une façon coquine d’échauffer leurs sens pour atteindre l’apothéose finale dans un coin plus reculé.

b)        Soit l’Apollon n’a aucune envie de concrétiser, d’où ce choix qui s’avère d’une grande sournoiserie.

c)        Soit ces deux-là sont vraiment crétins…

 

  • -         Pourquoi as-tu choisi cette plage ? fait la jeune fille interrompant le cours de ma pensée.
  • -         Parce que, hier, sur les galets, t’as pas arrêté d’râler !

 

La réalité dépasse souvent la fiction…

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /Août /2010 07:00

body.jpgEnviron tous les 2 ans, je fais une crise de suractivité sportive. Elle s’impose brutalement à moi à l’approche des beaux jours qui coïncide bizarrement avec une invasion d’articles aussi explicites que culpabilisants : « Comment perdre vos kilos superflus ? », « Belle et ferme à 40 ans ? C’est encore possible ! ». Je croise ma silhouette dans le miroir et regrette presque que l’hiver ne dure pas 12 mois : A l’abri sous mon pull et ma doudoune, c’est la planque idéale. Mais voilà, comme tout le monde, dès l’apparition du soleil, j’ai besoin de faire prendre l’air à mes gambettes. Je les maquille d’un peu d’auto-bronzant pour masquer leur aspect maladif après de longs mois d’hibernation mais n’est-ce pas un peu (oui, un peu seulement !) de cellulite que je vois, là, implantée disgracieusement sur le haut de ma cuisse ?  Ah la la, c’est pas très beau, surtout quand mon regard coule sur la fille du magazine qui me nargue avec ses longues jambes toutes lisses… J’ai beau me dire que ces photos sont archi retouchées, que des fesses comme ça, ça n’existe pas dans la vraie vie, quand même, j’ai mal…

 

C’est décidé, je vais me remettre au sport !

Mon enthousiasme retombe aussi sec quand il me faut choisir lequel, car ce que je déteste

par-dessus tout, c’est de transpirer, de souffrir, d’être essoufflée, de devenir rouge tomate et de marcher en canard pendant des jours, pour un résultat qui se fait attendre des mois durant. Compte-tenu de ces contraintes, je suis mal barrée pour me fabriquer un corps de sirène avant l’été.

Entendons-nous bien : J’ai déjà un corps de sirène, seulement, c’est une sirène qui a eu 3 anguilles, alors, évidemment, il y a quelques retouches à faire…

 

Grignotant quelques barres chocolatées, j’exclue d’emblée le jogging qui, en plus d’être éreintant physiquement est complètement débile ; je cours suffisamment la journée pour ne pas me l’infliger par plaisir !

Je ne me suis pas réinscrite au club de gym, ça m’énerve, primo, de voir des bimbos qui se pavanent le justaucorps dans le derrière, secundo, de me rendre compte qu’il y a des mamies de plus de 70 ans qui ont plus de muscles que moi.

Je feuillette distraitement mon magazine, à la recherche d’une hypothétique solution quand soudain, miracle ! Ou devrai-je dire miracle! Je tombe sur deux « communiqués de presse » faits pour moi. L’un me vante les vertus d’une nouvelle pilule qui raffermit en dormant, l’autre, m’explique que grâce à de petites électrodes invisibles, je peux muscler mon corps tout en regardant ma série préférée à la télé ! Je suis une femme comblée, je vais enfin être une sportive de haut niveau sans en subir les désagréments.

Mon chéri arrive sur ces entrefaites, s’étonnant du bonheur qui irradie mon visage. Mutine, je lui passe les articles. Je l’observe, m’attendant à tout moment à ce qu’il partage mon enthousiasme proche du délire. Il fronce les sourcils, puis fait les yeux ronds, pour finalement s’écrouler dans un fou rire incontrôlable :

- Ah, ah, ah, ce que c’est drôle, parvient-il à articuler entre deux hoquets, et dire qu’il y a de pôvres filles pour croire à des trucs pareils !!

Et moi, de rire (jaune) avec lui. Bien sûr que je n’y crois pas ! Ca se saurait si ça marchait, hein ?

 

En attendant, je n’ai toujours pas trouvé l’activité dite sportive qui m’épargnera fatigue et douleurs tout en remodelant ma silhouette en une semaine, pourtant on ne peut pas dire que je manque de volonté, ça fait au moins deux jours que je cherche…

Fatiguée par tant d’efforts, je m’octroie une petite pause télé et là, je tombe sur une « Spéciale Météo » qui nous annonce que l’on va vivre l’été le plus pourri depuis trois décennies. Je dois être la seule à me réjouir :

Puisque mon maillot va rester sagement dans son tiroir, y’a plus urgence…

 

Rediff toujours...

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 07:00

Ah, ah ! Je vous y prends petite coquine ! Vous croyez que je ne vous vois pas dans le métro, dans le train, au bureau, même aux toilettes, consulter en cachette votre horoscope du jour, de la semaine, du mois, de l'année ???

Assise à vos côtés, je vous entends soupirer de contentement, sourire timidement quand les astres vous sont cléments tout en vérifiant que personne ne vous regarde... Mais, quand d'aventure, ils se trompent (d'après vous !), vous vous renfrognez, convaincue soudain que vous n'y croyez pas, passant votre exaspération sur le premier venu.

 

Ne vous ai-je pas récemment surprise en grande conversation avec votre amie, lui jurant solennellement que vous ne lisiez JAMAIS cet amas de stupidités - vous avez utilisé un terme plus virulent, mais épargnons notre lecteur - tout en prenant plaisir à observer son visage se décomposer car elle ne décide rien sans l'avoir consulté.

Oh, que vous êtes vilaine de vous repaître de son apparente infériorité...

 

N'avez-vous pas allumé votre ordinateur très tôt ce matin, à l'insu de tous ; ne vous-êtes-vous pas connectée à un de ces nombreux sites dont je tairai le nom, à l'affût du moindre indice favorable sur ce grand projet que vous devez présenter aujourd'hui et qui, vous a-t-on dit, sera décisif pour votre avenir ? La main tremblante, le doigt hésitant, le cœur battant, vous avez appuyé sur la touche de vérité. Et puis, devant ces quelques lignes aussi floues qu'ininterprétables, vous vous êtes gentiment sermonnée, soulagée malgré tout qu'aucune catastrophe n'y soit annoncée.

 

En route vers une dure journée de labeur, je vous ai surprise à lire au-dessus de mon épaule cet horoscope pourtant honni. Amusée, je vous l'ai tendu afin de vous éviter ce torticolis douloureux qui vous gagnait et j'ai ri devant votre expression offusquée d'avoir été prise en flagrant délit de curiosité.

 

Oh, perfide créature ! Vous vous êtes moquée bien sournoisement de votre collaboratrice qui vous prédisait votre avenir tout en écoutant d'une oreille attentive l'annonce d'une rencontre imminente et mystérieuse ; vous y avez songé toute la journée, votre entourage s'étonnant de votre soudaine légèreté.

Fébrile, dans l'attente de cet évènement insolite, vous multipliiez minauderies et œillades frivoles cherchant vainement quelque signe avant-coureur de ce bouleversement attendu.

Que vous voilà déçue, le soir venu, d'avoir espéré en vain...

 

Maussade, vous rentrez chez vous, pestez contre cette vraie naïveté dans laquelle vous vous abîmez : « Faut-il être crédule, tout de même, pour accorder crédit à ces chimères !», pensez-vous en découvrant, stupéfaite, cette vieille connaissance depuis si longtemps oubliée qui vous attend dans le salon. Voilà que vacille votre esprit cartésien !

 

En allant vous coucher, vous gloussez doucement, heureuse finalement d'avoir rêvé, imaginé, divagué, espéré, et admettez, sans détours cette coïncidence amusante quoique dénuée de mystère.

 

Demain, comme tous les jours, vous réitérerez votre manège, luttant contre ce désir inavoué de connaître ce que vous réserve la journée à venir.

Demain, comme tous les jours, vous cèderez.

 

Bannissez votre honte, si les horoscopes existent et en si grande quantité qu'on ne peut les éviter, c'est bien parce qu'ils sont lus par des millions d'individus qui, comme vous, comme moi, y jettent un œil, « juste pour voir ». Alors, faites-vous plaisir, ne prenez que le meilleur car comme disait cet illustre anonyme : « Il n'y a pas de mal à se faire du bien ! ».

 

Rediff encore...

 

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 07:00

Il était une fois, dans un pays merveilleux, une reine vivant en parfaite harmonie avec ses sujets. Elle s'occupait d'eux avec amour, dédiant sa vie à leur bien-être, ne comptant pas ses heures de travail pourvu que leur bonheur soit complet.

Elle gérait son royaume avec fermeté, rejetant toute dépense inutile afin que son domaine prospère malgré des temps difficiles.

Un jour de printemps, alors qu'elle sortait de son château, un manant l'aborda :

  • - Bien le bonjour, ma reine.                               
  • - Bonjour mon brave, lui sourit la reine car elle était fort aimable.
  • - Où allez-vous donc, de si bon matin ? s'enquit-il poliment.
  • - Je m'en vais au marché quérir quelques produits frais pour nourrir mes sujets.

A ces mots, le paysan s'écria joyeusement :

  • - C'est la providence qui m' envoie ! Pourquoi abîmer vos si jolis souliers et risquer quelque mauvaise rencontre dans ces bois mal famés ? Regardez ce que je vous apporte !

L'homme fit un geste en direction de sa charrette. Curieuse, la reine s'approcha et découvrit, émerveillée, quantité de pommes, carottes, pommes de terre, produits qu'elle s'apprêtait à ramener du marché, à la seule force de ses bras.

  • - Oh ! s'exclama-t-elle, quels beaux fruits ! Quels légumes extraordinaires !
  • - Je ne vous le fais pas dire, renchérit le coquin sentant la bonne affaire. Voyez comme ils sont appétissants ! Ils proviennent de mes champs, ramassés de ce matin.
  • - Comme ils sentent bon ! Comme ils sont gros ! admira la gentille reine.
  • - Pour sûr ! C'est que je n'utilise que de l'engrais naturel, qui provient de mon bon vieux cheval que voici.

La reine pinça discrètement les narines : Il y a des sujets que l'on n'aborde pas devant une dame ! Néanmoins, celle-ci pardonna son manque de délicatesse au manant, car loin d'être stupide, notre majesté saisit cette occasion pour s'éviter le pénible trajet jusqu'au marché et ainsi venir en aide à une pauvre âme. Aussi, se laissa-t-elle convaincre d'acquérir quelques 50 kilos de pommes de terre, 10 de carottes, 15 de pommes d'espèces variées, et 25 d'oranges. Prise d'un doute, elle fit cependant la remarque que les quantités lui semblaient un peu disproportionnées car son royaume ne comportait, en tout et pour tout, que cinq sujets...

  • - Pensez-vous ! C'est qu'ils se conservent très bien mes produits ! Vous en avez pour des mois avant qu'ils ne se gâtent !

Rassérénée, la noble dame paya (un peu cher tout de même), ravie d'avoir autant de provisions.

 

Le soir venu, le roi, son époux, rentra de la chasse, harassé. La reine s'empressa de lui narrer son aventure. Le roi, croyant à une plaisanterie, s'amusa beaucoup et s'émerveilla de l'ingéniosité de sa femme pour le dérider. Il rit moins lorsqu'il devina que son épouse, elle, ne badinait pas:

  • - Ma chère, dit-il enfin, il me semble bien que vous vous êtes fait rouler dans la farine et de belle manière. Qu'allons-nous faire de tout cela ? En outre, dois-je vous rappeler que vos sujets et vous-même ne raffolez pas des pommes ? Quant à combler vos extravagantes dépenses, mon amie, me voilà contraint de retourner à la chasse dès demain matin !

Vexée, la reine rejoignit ses appartements et bouda.

 

Les semaines passèrent. Les fruits et les légumes pourrirent plus vite qu'ils ne furent mangés malgré les efforts de la bonne reine pour les accommoder différemment chaque jour. Plusieurs reines de ses amies, la voyant dans l'embarras, la soulagèrent de quelques kilos mais cela ne suffit pas. Même la bonne fée, sa marraine, ne put rien pour elle.

La noble dame jura que l'on ne l'y reprendrait plus et tenta d'oublier ce fâcheux épisode, mais c'était sans compter les vilaines commères qui, ricanant sur son passage, murmuraient :

  • - Tiens ! Voilà la reine des pommes !

Ce à quoi, d'autres, plus méchantes encore, rétorquaient :

  • - A quand l'impératrice des poires ?

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Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 07:00

ingres-bain-turc.jpg

 

Avec les copines, nous décidons de nous octroyer une journée filles. Comme nous n'avons aucune expérience en la matière (et non, nous ne sommes pas QUE futiles...), on se creuse la cervelle quand soudain, l'une de nous a une idée lumineuse :

  • - Et si on se faisait un hammam !
  • - Oh oui, oh oui, applaudit-on, excitées comme si on allait voir un spectacle de Chippendales.


Flanquées de nos maillots de bain, nous voilà parties pour le Hammam de la Mosquée de Paris, le vrai, l'unique, parce qu'on est partisanes de l'authentique !


Une fois sur place, on cherche l'entrée qu'on imagine un brin luxueuse, quand on nous fait passer par une porte très dérobée (Ah bon ? c'est si confidentiel que ça le hammam ??).

Un peu déconcertées, nous pénétrons dans l'antre du bien-être féminin où nous accueille une matrone qui, devant nos airs d'exilées de la banlieue, lève les yeux au ciel et nous vend, d'emblée, le savon noir, le gant, les p'tites claquettes et tout et tout.

Arrivée au vestiaire, je me mets en quête d'une cabine afin d'enfiler mon maillot à l'abri des regards indiscrets, mais... point de cabine ! Je ne vais pas montrer mon postérieur à tout le monde, si ?! Si...

 

Un rien refroidies par tant de promiscuité, nous plongeons néanmoins dans la vapeur du hammam. Gasp ! Nous ne sommes pas seules. Sous nos yeux, des grappes de femmes se pavanent à moitié nues, parfaitement à l'aise. Certaines se frictionnent entre elles, d'autres se coiffent...

Avec les copines, on se jauge. On s'aime beaucoup, mais de là à se frotter le dos, euh...

 

Nous déposons avec délicatesse nos serviettes sur la pierre (c'est normal que les murs s'effritent ?) avant de s'installer et de jacasser, tout en cuisant à la vapeur.

  • - Peut-être qu'on devrait enlever notre soutif ? avance timidement Marion.
  • - Hé ! On n'est pas obligées ! On fait comme on veut ! répond Stéphanie, rebelle.
  • - T'as raison ! je réplique, avant d'ajouter : On a quand même l'air débile...genre les nanas coinços...

Et comme on n'est pas coinços du tout, clac, on fait péter le soutif !

Aaaaaah....On se sent tout suite plus détendue.


Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Il fait chaud, non ?

  • - On va se faire gommer, il paraît que ça rend la peau toute douce.


Nous nous avançons en rangs serrés vers la table de gommage, laquelle, compte tenu de son état, mériterait aussi un ravalement de façade.

Mon regard est attiré par un sceau où patauge une armée de gants usagés dans une eau brunâtre, maculée de peaux mortes. Yerk !

La gommeuse en chef m'ordonne de m'allonger et commence à me frotter, que dis-je, m'arracher l'épiderme. Devant, derrière, sur les côtés, ouf, c'est terminé. Elle me fait signe de passer à la douche - ah ? Ca aussi, c'est collectif ? -  me rend mon gant que je planque aussitôt...où je peux : C'est pas possible ! C'est à moi ce machin immonde ?


Les filles arrivent, trop souriantes pour être honnêtes :

  • - C'était bien, hein ?
  • - Dé-li-cieux ! dis-je, au moins aussi franche qu'elles, notant au passage leurs vains efforts pour dissimuler l'éponge douteuse dans leur dos.

 

Devant la douche, les Trois Grâces s'interrogent :

  • - T'as du savon ? Quelqu'un a pensé au shampooing ?
  • - Ben non. Et toi ?
  • - On m'avait pas dit...

Même pas honteuse, je fais appel à la générosité d'une habituée qui nous prête, moqueuse, toute la panoplie. A ce stade, le hammam au complet est déjà au courant que trois oies se baladent en liberté, alors...

On finit notre virée par un massage. J'ai payé pour vingt minutes, mais au bout d'un quart d'heure, la masseuse me renvoie parce qu'elle est épuisée...

 

J'attends les filles à l'extérieur (qui, elles, bénéficient d'un peu de rab) tout en sirotant un thé à la menthe lorsqu'une femme m'interpelle :

  • - Vous venez du hammam ?
  • - Oui.
  • - C'est bien ? Comment ça fonctionne ?

 

Pfff... Y'en a, j'vous jure, faudrait qu'elles sortent un peu le Dimanche !

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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