Au loin, la douce mélodie des vagues s’échouant sur la plage.
Au loin, les reflets du soleil sur l’océan turquoise.
Au loin, les hurlements de gremlins qui ne sont pas les leurs.
Etendue sur une serviette moelleuse, le corps délicieusement parfumé à la crème solaire, une main baladeuse explorant innocemment le torse brûlant de l’Apollon, légèrement appuyée sur un coude, elle approche ses lèvres pulpeuses des siennes - non moins juteuses - pour y déposer un baiser torride, quand elle crache, tousse et lui envoie un jet de bile sablonneuse en plein visage !
- - Non mais ça va pas ! Tu débloques ou quoi ?! vocifère l’Apollon agressé.
Elle lance un regard contrit vers l’objet de son désir outragé et cligne aussitôt des yeux dans un cri de douleur :
- - Aie ! Ca pique, ça pique ! Fais quelque chose !
De son œil droit encore valide, elle aperçoit au loin les coupables, lancés dans une course folle laissant derrière eux le spectacle désolant de leurs victimes attaquées par les nuées de sable qu’ils soulèvent sur leur passage.
Les protestations qui s’élèvent n’affolent pas ces délinquants dont les rires insolents fouettent les visages outrés aussi sûrement qu’en pleine tempête du désert.
Délestés enfin de ces grains indésirables, les amants reprennent consciencieusement là où ils s’étaient interrompus…
Etendue sur une serviette moelleuse, le corps délicieusement parfumé à la crème solaire, une main baladeuse explorant innocemment le torse brûlant de l’Apollon, une brise légère s’efforce, sans succès, d’éteindre le feu de la passion qui brûle en eux. Leurs corps se rapprochent, unis vers le même désir d’exploration quand une tornade ensablée s’abat sur leurs ébats avortés.
A quelques dizaines de centimètres de leur étreinte sableuse, une mégère secoue sa serviette de façon éhontée, sans un regard pour leur libido ensevelie…
Déterrés de l’affront, ils reprennent consciencieusement là où ils s’étaient interrompus…
Etendue sur une serviette moelleuse, le corps délicieusement parfumé à la crème solaire, une main baladeuse explorant innocemment le torse brûlant de l’Apollon, la chaleur émanant de son être chauffé par les UV – mais pas que – l’embrase, leurs caresses s’enhardissent quand un gremlin à la peau rêche vient étouffer le brasier qui les consume, ne laissant derrière lui qu’une étincelle agonisante.
- - Oh pardon ! J’vous avais pas vu !
Ils sentent plus qu’ils ne voient des milliers de petits grains malfaisants se glisser dans les moindres recoins de leur anatomie sous le fier regard de l’Homme-Sable qui s’enfuit en se moquant.
Etendue sur ma serviette jadis moelleuse, le corps délicieusement enseveli sous les algues rapportées par mes gremlins, explorant innocemment le crâne si peu dégarni de mon Apollon, j’observe, amusée, les ébats infructueux des jeunes amants.
Et je me dis que :
a) Soit le choix judicieux de cette plage réservée aux Gremlins and Co est une façon coquine d’échauffer leurs sens pour atteindre l’apothéose finale dans un coin plus reculé.
b) Soit l’Apollon n’a aucune envie de concrétiser, d’où ce choix qui s’avère d’une grande sournoiserie.
c) Soit ces deux-là sont vraiment crétins…
- - Pourquoi as-tu choisi cette plage ? fait la jeune fille interrompant le cours de ma pensée.
- - Parce que, hier, sur les galets, t’as pas arrêté d’râler !
La réalité dépasse souvent la fiction…
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Environ tous les 2 ans, je fais une crise de suractivité sportive. Elle
s’impose brutalement à moi à l’approche des beaux jours qui coïncide bizarrement avec une invasion d’articles aussi explicites que culpabilisants : « Comment perdre vos kilos
superflus ? », « Belle et ferme à 40 ans ? C’est encore possible ! ». Je croise ma silhouette dans le miroir et regrette presque que l’hiver ne dure pas 12
mois : A l’abri sous mon pull et ma doudoune, c’est la planque idéale. Mais voilà, comme tout le monde, dès l’apparition du soleil, j’ai besoin de faire prendre l’air à mes gambettes. Je les
maquille d’un peu d’auto-bronzant pour masquer leur aspect maladif après de longs mois d’hibernation mais n’est-ce pas un peu (oui, un peu seulement !) de cellulite que je vois, là,
implantée disgracieusement sur le haut de ma cuisse ? Ah la la, c’est pas très beau, surtout quand mon regard coule sur la fille du magazine qui me nargue avec ses longues jambes
toutes lisses… J’ai beau me dire que ces photos sont archi retouchées, que des fesses comme ça, ça n’existe pas dans la vraie vie, quand même, j’ai mal…

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