Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /2010 07:00

palmedor.jpgSi ma copine Muriel n’a jamais voulu être une actrice mais épicière et fée (idéalement les deux à la fois, c’est plus commode), mon rêve à moi, a toujours été de gravir les marches du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes.

 

 

Vêtue d’un long fourreau de velours noir mettant en valeur mes formes harmonieuses, montée sur des escarpins aux talons compensés, ma chevelure aux extensions insoupçonnables livrée aux facéties du vent, je me voyais, je me vois, je me verrai monter ces marches aussi lentement que possible (sans me tordre la cheville, d’où les talons compensés…), offrant aux photographes, journalistes, télévisions internationales et badauds en crise d’apoplexie, le luxe de m’admirer sous toutes les coutures, imaginant avec délectation cette mère de famille rentrant en son logis, le regard empli de ma divine personne, relatant avec emphase aux gremlins et consort cette rencontre improbable qui illuminera d’un rayon céleste le reste de son existence monotone.

 

Je sens que je m’égare légèrement… Où en étais-je ?

Ah oui ! Quel rapport avec ma copine Muriel ? Eh bien, il était écrit qu’elle serait la messagère de cette gloire tant convoitée…

 

C’est au cours d’un déjeuner aussi sympathique que détendu qu’elle m’informa qu’entre autres activités, elle était devenue l’héroïne d’une série diffusée actuellement sur Orange.

Ma fourchette de hachis m’en tomba des mains, ma bouche s’arrondit d’un « Oh » de fascination, mes yeux s’exorbitèrent de stupéfaction.

 

- C’est pas bon ? s’enquit-elle, scrutant la purée qui dégoulinait délicatement sur mon menton.

 

Je me ruai aux toilettes, fis disparaître d’un coup de langue la pomme de terre séchée, sortis en hâte poudre, mascara, fards de toutes sortes et rouge à lèvres grenat et réapparus, largement souriante, la voix quelque peu déformée par mon état proche de l’hystérie.

 

- T’es actriiiiiice ???? T’es actriiiiiice ?! T’es actriiiiiiice !!!!!

- Euh… Oui, me dit-elle, mais je ne l’ai pas fait exprès. Au départ, c’était pour aider mon Jicé. Il est réalisateur, scénariste et pied-noir !

- T’es maquée avec un réalisateur ??? T’es maquée avec un scénariste ?! T’es maquée avec un pied-noir !!!!

 

Moi qui depuis le berceau rêvait d’une telle aventure, n’hésitant pas à plus de xx années à faire la sortie des Collèges dans l’espoir de me faire repérer – soit dit en passant, je me fais beaucoup repérer, au risque de me faire embarquer – je pensais que la vie était décidemment trop injuste… (le personnage de Caliméro est un rôle que j’interprète très bien aussi !)

 

Pourtant, il était écrit que c’est par Muriel que le destin frapperait à ma boîte e-mail :

« Salut Sophie, ça te dirait un petit rôle dans FDP ? »

 

FDP ne sont pas les initiales d’une insulte si usitée qu’on se demande si elle a encore un sens mais celle de « Faits Divers Paranormaux », une série ovni ayant pour objet le paranormal dans le quotidien d’un couple (Muriel et Jicé) tout ce qu’il y a d’ordinaire. Les petits hommes verts débarquent au milieu des épluchures de patates, les fantômes hantent gentiment la banlieue en s’exerçant aux claquettes et Spiderman se sert de sa toile d’araignée pour ficeler les rôtis.

Le tout servi en 26 épisodes de  5 minutes diffusés les jours de semaine à 20 h 30 jusqu’à la mi-mai sur la chaîne Orange Ciné-Choc.

 

Au terme d’une courte réflexion, j’envoyai ma réponse :

« Oui, Oui, OUI, je le veux ! Où, quand, comment, quel rôle ? »

« T’affole pas, c’est pas pour la série mais pour le blog crée en accompagnement. Tu jouerais ma copine d’enfance. »

 

C’est un début me dis-je, tous les chemins mènent à Cannes, même le web !

Pourtant, la suite prouva que j’aurais dû me méfier…

 

« Salut, m’écrivit Muriel, Mardi 11 heures, t’es libre ? »

« Pas de problèmes, répondis-je, combien de jours dure le tournage ? Il faut que je m’organise… »

« Une heure. »

 

Ne voyant que le bon côté des choses, je me dis que c’était autant de frais de baby-sitting d’économisés.

 

« Comment dois-je m’habiller, me maquiller, le coiffeur est-il remboursé ? »

« Viens comme tu es. »

« Et mon texte ? Il faut que je l’apprenne ! »

« T’inquiète pas pour ça. »

 

Une petite voix me souffla que tout cela n’était pas tout à fait normal… En même temps quoi de plus normal pour une série paranormale !

Je soignai toutefois ma tenue – Jean, baskets, doudoune – et m’engouffrai dans les ruelles étranges de la banlieue parisienne…

 

Sur place, pas du tout impressionnée (entre gens du 7ème art, on se comprend), Jicé m’expliqua mon rôle. Décelant aussitôt la grande actrice qui sommeille en moi, il me laissa carte blanche :

- Tu es la copine d’enfance de Muriel que tu retrouves par hasard dans la rue. Muriel, sa maman Simone et moi nous rendons au commissariat pour signaler l’étrange réapparition de mon frère depuis longtemps disparu. C’est à ce moment-là que tu tombes sur nous. Tu peux par exemple, être mère de 8 enfants, vivre des pensions alimentaires de tes 4 ex-maris… Ah oui, on t’a préparé un cabas parce que tu reviens du supermarché ! »

 

Je le regardais interloquée, prête à en découdre :

« Non mais attends ! Les courses, c’est mon quotidien, t’aurais pas un truc un peu plus glamour ???? »

Mais avant que je puisse me rebiffer, ce fut Muriel qui m’asséna le coup de glamour :

- Alors tu vois, comme on est copines depuis la maternelle, Jicé voulait qu’on ait une sorte de code, alors, j’ai pensé à… »

 

Après tout, même les plus grandes actrices ont commencé par des rôles frisant le… le…. et je préfère que vous l’appreniez par moi plutôt que par les journaux : C’est LA !

 

PS : Arthur, si tu passes par ici, ce ne sera pas nécessaire de montrer cette casserole, tout le monde l’aura déjà vue. Merci.

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /2010 07:00

blog-greve.jpeg

 

Sophie L

Blog ! Blog ! Réveille-toi ! On est Jeudi, il est où le billet que j’avais préparé ??

 

Blog

Il est bloqué à l’entrée.

 

Sophie L

Mais… Que se passe-t-il ? Il y a un problème informatique ?

 

Blog

Non. Tout va bien.

 

Sophie L

Ben alors, tu te bouges oui !

 

Blog

Je fais la grève du Jeudi.

 

Sophie L

Quoi ?! Tu ne peux pas faire grève et puis, t’as pas déposé de préavis !

 

Blog

M’en fous, je fais grève quand même !

 

Sophie L

Et le service minimum alors ?

 

Blog

Je remplace ton article par mes revendications.

 

Sophie L

Et quelles sont-elles je te prie ?

 

Blog

Je ne sais pas encore mais je vais trouver.

 

Sophie L

Mais tu n’as pas le droit !

 

Blog

La grève est un droit, c’est la loi.

 

Sophie L

Que vont dire les lecteurs ? C’est une prise d’otage ! Ils vont se rebeller, aller voir d’autres blogs ! C’est ta mort assurée et la mienne aussi…

 

Blog

Les lecteurs sont intelligents, ils comprendront mes revendications.

 

Sophie L

Mais lesquelles ????

 

Blog

Chut… J’y réfléchis….

 

Sophie L

Jusqu’à quand ?

 

Blog

C’est une grève reconductible à durée indéterminée.

 

 

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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /2010 07:00

- Dis Maman, t’as bien dormi cette nuit ?

 

De deux choses l’une : Soit le gremlin a un truc à quémander, soit il s’enquiert gratuitement de la qualité de mon sommeil. Je choisis la seconde option. Optimisme, quand tu nous tiens…

 

- Très bien, mon petit gremlin adoré, c’est gentil de t’en inqu…

- Ah ? Parce qu’on dirait pas, assène-t-il, l’air de rien, une main tendue vers la brioche home-made de Carrouf.

- Pas touche à MA brioche ! fais-je en lui tapant sur les doigts, puis, radoucie, dis-moi, gremlin affamé, cette remarque insinuerait-elle que, par le plus grand des hasards, tu ne me trouverais pas à mon avantage ce matin ?

- J’comprends rien à c’que tu dis. J’peux avoir de la brioche ?

 

J’hésite un instant à l’engloutir d’un seul coup sous son nez mais la vérification de mon apparence physique m’apparaît bien plus vitale.

D’une démarche nonchalante, je me dirige vers mon beau miroir, entendant déjà sa douce mélodie :

- Ô ma reine, de toutes les reines de ce royaume, tu es la plus… MAIS C’EST QUOI CETTE TRONCHE ?????

 

Miséricorde, tout y est ! Le cheveu terne et filasse, le visage bouffi avec la marque des draps incrustée sur la joue gauche, l’œil vaseux, le teint blafard moucheté de quelques rougeurs boutonneuses clairsemant ce visage qui n’est pas le mien, certes non ! Je ne peux décidemment pas sortir avec cette tête là !

- Tu peux emmener les gremlins à l’école, demande-je à Mr Gremlin.

- Désolé, j’ai une réunion à 9 heures.

- Oui, ben moi, je ne peux pas mettre la tête dehors !

- Pourquoi, t’es malade ?

- Regarde-moi !

- Oui… T’es jolie tout plein !

 

La dépression s’abat sur tout mon être…

 

- Bouh, ouh, ouh… Tu ne m’aimes plus, uh, uh…, ch’uis moche, oche, oche, ch’uis boutonneuse, euse, euse, ch’uis… T’AS UNE MAITRESSE !!! C’est ça hein ? AVOUE !

 

Mr Gremlin, qui doit être au bureau dans 40 minutes pétantes, se demande comment il va se débrouiller pour se sortir sans trop de bobo de cette situation affligeante sachant qu’il est maintenu contre le mur par une vampiresse l’étranglant avec sa cravate.

La vie de cet homme n’est pas aisée, aussi arrêtons-nous quelques instants et pénétrons dans son cerveau malmené par les névroses de son épouse :

 

« Bon, je fais quoi moi maintenant ? Si je lui dis qu’elle a effectivement une sale gueule, je m’en prends une. Si je lui dis que non, je m’en prends une. Ah mais c’est vrai qu’elle a un bouton sur le menton… A part ça, je ne vois pas trop de différences…

Une maîtresse ! Remarque, je pourrais si je voulais… mais m’en coltiner deux comme elle ! Comment ils font, tous ces hommes avec deux femmes ? Ils doivent avoir un de ces sang-froid… Ca force l’admiration…

Aie ! C’est qu’elle me fait mal avec son demi-muscle !

Ce qu’elle est compliquée quand même ! Ma mère, elle n’est pas si tordue que ça… Sa mère, si. Si je lui dis ça, on est partis pour la grande tirade familiale, et, la veille de week-end, ce serait très mal joué…

Bon, c’est pas tout ça, quand il faut y aller, il faut y aller ! »

 

- Ma chérie : Oui tu as une sale gueule ce matin, ça ne m’empêche pas de t’aimer, quoiqu’il y ait des jours... Non, je n’ai pas de maîtresse, tu comptes pour deux, et même plus ! Maintenant tu lâches ma cravate, faut vraiment que j’aille respirer bosser !

 

Avant de partir, l’homme s’adresse à son fiston :

- Mon fils, retiens bien ceci, c’est important pour ton avenir : Avec une femme, quoique tu fasses, tu joues, tu perds ! C’est mathématique...

 

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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /2010 07:00

coupe.jpg « Je vous déclare mariés, pour le meilleur et pour le pire. »

 

Je ne sais pas si Monsieur le Maire ou Monsieur le Curé utilisent encore cette formule mais ce que je sais c’est que pour éviter le pire, il existe un truc imparable : Ne pas s’abonner à Canal+ et encore moins au Bouquet !

Car, même si on a la chance d’avoir épousé un homme qui n’est pas shooté au ballon rond, nul doute que l’abonnement infernal fera de lui un adepte de ladite baballe, ne serait-ce que pour en amortir le prix exorbitant.

 

Même avec ça, on n’est pas sorties du stade !

Entre la Coupe d’Europe, la Ligue des Champions, la Coupe de la Ligue, la Coupe de France et d’ailleurs, La Coupe du Monde, les rencontres aller, retour, devant, derrière, il devient difficile de dribler entre les matchs pour regarder Dr House tranquille…

Pour ne pas être mise totalement sur la touche et céder à l’adversaire le monopole de la télécommande, mieux vaut pratiquer l’esprit d’équipe et passer l’engin plutôt que d’envoyer un méchant coup de boule qui nous vaudra aussitôt une disqualification pour les soirées à venir…

 

De nature curieuse, on essaie malgré tout de s’intéresser au jeu par des remarques pertinentes  telles que « C’est qui les blancs ? », « Oh, le n°10, vise les jambes !! », « Ca mérite un carton ça, tu ne trouves pas ? » ou encore « Pourquoi il est par terre celui-là ? Tiens c’est drôle, on dirait qu’il chante Allô Maman Bobo… »

 

Mais, malgré nos efforts, on se retrouve vite reléguée sur le banc de touche et il ne nous reste plus qu’à observer les vestiaires. Et là, on s’accroche à nos crampons parce que, ce qu’il s’y passe, c’est encore mieux que House, Desperate Housewives et FBI : Portés disparus réunis !

 

Après la période Aimé Jacquet qui fit vendre nombre de quotidiens et combla le vide des journaux télévisés jusqu’à en faire la Une, c’est au tour de Raymond Domenech d’entrer dans la danse des « Je t’aime, moi non plus », sauf que je crois bien qu’il en est encore au stade du « moi non plus »… Voilà six ans qu’il joue les prolongations sans pour autant parvenir à marquer le but décisif, ce qui a l’avantage de nous procurer un sujet de conversation bien pratique lorsqu’on n’a rien à dire, surtout quand on a épuisé celui de la main de Thierry Henry !

 

A la mi-temps, toute en sueur tant le suspens est dense (2 gnons, 3 chevilles piétinées, une sortie en brancard et 4 insultes, c’est pas rien !), on tente un zapping vers Grégory H. mais le coup de sifflet strident de l’arbitre en salon nous arrête dans notre élan. C’est que, au cas où nous aurions raté quelques actions cruciales quant à la compréhension du match, on a droit à un résumé aussi visuel que sonore : « Oui, oui, OUI !!!.... Oh, non… », « Il y va, il y va, aie, aie, aie, le tacle… », « Quelle passe mes enfants, quelle passe ! »

Eh oui, dans ces conditions, c’est sûr, on comprend tout de suite mieux…

 

La partie reprend, chacun regagne sa place et on est fière de remarquer que les deux équipes ont changé de camp sans qu’on ne nous le précise. Les joueurs font mumuse, les paupières s’alourdissent, une douce torpeur nous envahit quand un hurlement accompagné d’une empoignade du bras droit nous font grimper au rideau de peur et de douleur.

- BUUUUUUUT !!!!!

 

Loin de partager la joie du supporter hystérique, on lui sort sans état d’âme un carton rouge pour avoir réveillé le gremlin qui, c’est certain, ne se rendormira que longtemps après la troisième mi-temps. On frise l’émeute, la tension est palpable, l’affrontement parait inévitable…

Heureusement pour nous, une erreur d’arbitrage met tout le monde d’accord, le calme est revenu alors que l’écran plat scande : « Aux ch… l’arbitre ! »

Au terme des quatre-vingt dix minutes, le score étant aussi nul que les entraîneurs, on se promet que le match retour de la semaine prochaine se soldera par le visionnage non-stop de quatre épisodes de Dr House !

 

Ca tombe bien, de toute façon, il n’y a plus de bière…

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /2010 07:00

Rocky.jpgPrenez un PAF et une MAF lambdas. Affublez-les (au hasard) de 3 gremlins. Secouez le tout et placez l’ensemble sur un ring. Au gong, laissez-les s’affronter dans la jungle quotidienne.

Un seul survivra…

Dès le premier round, l’homme laissera son adversaire sur le carreau, aussi performante soit-elle.

 

Mettez le PAF et la MAF en situation de promenade citadine, poussant un landau, deux gremlins accrochés de part et d’autre. Leurs déplacements à l’horizontale occupant amplement la largeur du trottoir, vous remarquerez que l’on s’écartera volontiers, cédant de bon cœur le passage à ce brave père de famille, alors que la MAF se prendra en pleine poire quelques remarques marmonnées suffisamment fort pour que les passants en profitent aussi :

- C’est pas vrai ces bonnes femmes avec leurs mioches ! Comme si on n’avait pas assez des crottes de chiens !

- Note que, comme les chiens, il faut bien qu’ils prennent l’air… Au moins, ils ne font pas par terre…

Ce qui est vrai la plupart du temps sauf quand la MAF abandonne par inadvertance sur le bitume une couche sale mal fermée…

 

Lorsqu’elle se rend au supermarché, la MAF évite soigneusement d’y traîner ses mouflets. La seule fois où elle s’y est risquée, elle a perdu l’aîné alors qu’elle tentait d’attraper la boîte de céréales du second, tout en mouchant le troisième avant qu’il n’asperge de sa morve la mise en pli de cette charmante retraitée. Alors qu’elle y était presque, elle a sursauté en attendant : « La mère irresponsable qui ne sait pas surveiller son gosse est priée de se rendre à l’accueil avant qu’on appelle la DDASS ! ». De surprise, elle en a lâché les céréales sur la tête du morveux qui, ouvrant la bouche de douleur, laissa échapper un hurlement strident ainsi qu’un crachat aussi gluant que verdâtre sur la bajoue de la charmante retraitée devenue harpie.

 

Dans la même situation, on ramènera gracieusement le morpion égaré à son PAF (qui lui, ne s’est même pas aperçu de sa disparition), sourire aux lèvres accompagné d’un :

- Ah ces enfants ! Qu’ils sont coquins quand même ! Ils en ont de la chance d’avoir un gentil papa comme vous !

La retraitée, attendrie par l’air inspiré du ledit papa devant le linéaire de céréales, le conseillera aimablement :

- Prenez ceux-là, ceux sont les préférés de mes petits-enfants !

Et, alors que le petit lui bavera dessus, elle s’essuiera délicatement du revers de la main, à peine dégoûtée :

- Non, non, laissez, ce n’est pas grave… Pensez-vous ! Quoiqu’il en soit, vous avez une bien jolie famille cher Monsieur ! Et voir un homme faire les courses avec ses enfants, ce n’est pas si fréquent – y’a qu’à voir ma feignasse de bru ! -, j’espère que votre femme est consciente d’avoir épousé la perle rare !!

 

La MAF qui passe par là en pleure de dépit…

 

Le Mercredi, entre deux activités sportives des aînés, le PAF retrouve ses copines 4/5èmes au parc. Elles l’encerclent, le soulagent du petit dernier pour qu’il fume sa clope tranquille, puis frétillent autour de lui telles des anguilles hors de l’eau. Son visage mal rasé suscite leur attention bienveillante, leur admiration est sans bornes devant son dévouement paternel.

La MAF qui passe par là, pas rasée, pas maquillée et mal habillée tente une incursion au sein de cette joyeuse bande mais les regards peu flatteurs qu’elle récolte la renvoient aussi sec au bac à sable :

- Pas étonnant que son mec soit aux abonnés absents, t’as vu son look ?

- Et ses mômes… Toujours à taper dans le goûter des autres !

Le PAF, soudain honteux, s’aperçoit qu’il a oublié celui de ses bambins.

- Attends, lui répond-on conciliante, ça arrive à tout le monde ! Tu ne peux pas penser à tout, t’es pas une machine !

 

La MAF, assise seule sur son banc, cherche une branche assez solide pour se pendre…

 

Lors du dîner chez les Dupont, la MAF s’est juré de ne pas parler de son boulot sauf qu’elle n’avait pas prévu la présence du PAF.

Celui-ci, interrogé sur ses activités, est intarissable sur son nouveau job qui, dit-il, représente un véritable challenge. L’assemblée, captivée  par sa reconversion professionnelle participe activement au débat sur la technique de repassage des chemisiers de Madame ou du comment obtenir la température idéale biberonesque.

Les femmes le regardent amoureusement, les hommes avouent à contrecœur leur incompétence dans ces domaines  hautement scientifiques.

La MAF, à qui l’on demande alors « Et vous, vous faites quoi dans la vie ? » répond nonchalamment « comme lui » et récolte un « Ah… » désintéressé.

 

De retour chez elle, la MAF décide de se laisser pousser la barbe et les poils aux pattes tout en criant de sa voix rauque « Adriaaaaaaan ! »

 

PS: Ca marche aussi avec le PAB et la MAB!

 

Edit du Mardi:

Le PAF le plus médiatisé de la blogosphère nous donne sa version des choses: C'est ICI

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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : Nanas...mais mamans aussi!
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