La vie bouillonnante d'une femme

Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 07:00

colon.jpgOn dit que les voies du Seigneur sont impénétrables, mais qu’en est-il de nos voies intestinales ? Pour ma part, elles me paraissent tout aussi insondables…

Heureux ceux qui se déchargent de leur fardeau encombrant aussi aisément qu’ils vident la poubelle ! Ils s’en vont, allégés d’un grand poids, vers d’autres préoccupations autrement plus réjouissantes.

 

On ne pense pas assez souvent aux infortunés qui, au-delà de 48 heures, sentent avec appréhension leur gros intestin s’embouteiller sans espoir d’amélioration à court terme. Car si, sur l’autoroute, on peut s’échapper par une sortie parallèle, dans le cas qui nous occupe, une seule débouchée s’offre au coincé; or, lorsque celle-ci est obstruée, il a de grandes chances de se retrouver très vite dans le purin !

Bien que n’ayant pas fait d’étude approfondie, il semblerait que la tendance à l’engorgement soit un état plus féminin que masculin...

 

Contrairement aux idées reçues, une femme coincée ne se promène pas avec un balai dans le derrière mais se meut d’une démarche traînante, légèrement courbée, les deux mains fréquemment portées à son abdomen. Son visage tendu n’abhorrant aucune félicité, on en déduit qu’elle n’est pas enceinte mais plus vraisemblablement constipée !

 

Lors de votre dernier séjour à l’étranger, bien à l’aise dans votre hôtel, il est très probable que vous l’ayez rencontrée…

Souvenez-vous de cette jeune femme qui, se joignant avec quelques minutes de retard à la table familiale du petit déjeuner, s’assoit lourdement, répondant par une dénégation muette aux question que tous lui posent :

  • -         Alors ?
  • -         Rien ? T’es sûre ?
  • -         Tu n’as peut-être pas suffisamment essayé…

La pauvre… Ne voient-ils pas qu’elle a poussé à s’en faire éclater les veines du visage ? Et, par souci des convenances ainsi que des oreilles indiscrètes des tables voisines, elle tait l’excroissance douloureuse apparue lors de ses vains efforts…

 

Elle le sait, pourtant, qu’en dehors de son trône personnel, elle rechigne à se détendre sur des sièges étrangers n’épousant pas à la perfection les courbes de sa croupe ! Que n’a-t-elle emmenée cette eau miraculeuse qui, tant de fois, l’a sauvée de cet engorgement par trop incommodant !

A défaut, elle mastique, sous les regards moqueurs de ses familiaux quelques pruneaux rassis dont seules les plus nouées en acceptent la consommation. C’est avec humilité et compréhension que les encombrées font connaissance autour de ces fruits rabougris, se souhaitant dans une prière muette, bonne chance pour un dénouement heureux.

 

C’est au moment d’exposer son corps au soleil que l’infortunée mesure toute l’étendue de sa misère : Elle, si fière de son ventre parfait, voit alors surgir une panse digne des plus grands buveurs de bière. Les regards en coin des femelles alentours lui confirment qu’elles n’ont rien à lui envier; celui de son époux que l’heure est grave et qu’il faut agir :

  • -         Chérie, aux grands maux, les grands moyens !

Et il l’entraîne, à son corps défendant, vers la salle de sport où il lui garantit qu’après une séance intense de footing, elle propulsera son trop plein aussi facilement que mettre une lettre à la poste ! Elle n’y croit guère, mais lorsque quelques heures plus tard, elle sent son corps lui lancer des signaux reconnaissables, c’est avec espoir qu’elle confie à son compagnon :

  • -         Je crois que ça vient !
  • -         Courage ! Je sais que tu peux y arriver !

Que d’espérances réduites à néant lorsqu’elle lui annonce, penaude, que seules trois minuscules fèces se sont péniblement extraites de son tuyau malmené. D’un naturel très optimiste, il la félicite d’avoir fait sauter le bouchon, nul doute que les flots se déchaîneront prochainement !

  • -         En attendant, lui dit-il, mange des pruneaux, marche, saute, nage, inscris-toi au cours de danse du ventre, bouge ton corps, il te le rendra au centuple !

Pourtant, au cours des jours suivants, son corps ne lui rend rien du tout (ou si peu), elle se gave de pruneaux, ses muscles sont endoloris par les excès sportifs et surtout, elle jette un regard envieux à ses compagnons de voyage affectés par une dysenterie tant convoitée.

 

Enfin sur sa terre, à peine le pied posé sur son sol natal, son abdomen paresseux se réveille et fête comme il se doit le retour au bercail !

Dans un « Ah ! » de soulagement, elle vide son sac, surprise toutefois de la capacité de rétention corporelle.

Plein de sollicitude, son époux s’enquiert de son état :

  • -         Alors ? T’es débouchée ?
  • -         Complètement ! En revanche, on a un léger problème d’écoulement…

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 07:00

Cire-Boite-12-paires.jpgNon ce n’est pas un mythe ! Les hommes ronflent, un point c’est tout ! Les femmes aussi, c’est vrai, mais de façon plus subtile, sinon, pourquoi parlerait-on plus souvent du ronflement masculin que féminin ? Cette question étant résolue, n’y revenons plus.

 

J’ai toujours éprouvé une grande compassion pour celles qui partagent leur couche avec une locomotive en pleine action, imaginant sans peine leurs nuits agitées, leur sommeil entrecoupé de grognements en tous genres.

 

De la compassion pour ces femmes d’hier qui passaient directement de la maison paternelle au pageot marital sans se douter un instant de l’enfer cacophonique de leurs nuitées à venir. Malgré les allusions pudibondes de leurs mères quant aux devoirs obscurs d’une femme mariée, jamais, elles ne se seraient doutées qu’elles vivraient un tel cauchemar.

On ne peut que plaindre ces pauvres créatures qui s’avançaient, innocentes vers une future vie d’insomniaque.

 

Mais est-il encore possible de ressentir la moindre pitié face à ces femmes passives devant cette tare masculine, allant jusqu’à finir leurs nuits sur un canapé défoncé laissant à leur conjoint la jouissance du lit double aux draps parfumés à la lavande ?

Ne se sont-elles pas aperçues, ces gourdasses, après avoir commis le péché originel que leur amant s’endormait, bienheureux, la narine frétillante d’un timide ronronnement pour ensuite s’enhardir d’un formidable rugissement ?

Ne se sont-elles pas laissées conduire à l’autel le tympan encore douloureux de ces bourdonnements incessants ?

 

Aussi impensable que cela puisse paraître, elles sont pourtant exemptes de reproches car l’Amour, l’Admiration, le Bonheur d’avoir su trouver l’âme sœur ont occultés –entre autres - les imperfections nocturnes de l’Adoré.

Par ailleurs, le jeune fourbe, sur les conseils paternels, aura pris soin, avant de lui passer la corde au cou, de plonger sa dulcinée dans les bienfaits d’un sommeil artificiel la rendant sourde aux aléas sonores des naseaux maritaux.

 

La voici donc piégée !!!

 

Alors qu’elle entre d’un pas joyeux dans les charmes qu’elle imagine coquins de la vie conjugale, désaccoutumée des vapeurs soporifiques des narcotiques que son désormais mari ne prend plus la peine de dissoudre dans sa tisane, elle entrevoit, ou plutôt elle «entrentend » l’horrible tintamarre qui accompagnera désormais ses traversées nocturnes. Les yeux grands ouverts, à force de scruter l’obscurité, peut-être même en deviendra-t-elle nyctalope.

Son ouïe exacerbée par le souffle rauque de son voisin de droite, elle en perdra le sommeil, contrôlée par son cerveau à l’affût de la moindre sonorité malveillante.

 

Elle en viendra alors à envisager toutes sortes de solutions pour faire cesser ce supplice digne de l’Inquisition, de la batte de baseball radicale mais salissante à l’étouffement par l’oreiller requérant une certaine force physique.

 

De guerre lasse, parce qu’elle aime cet homme mais surtout parce qu’elle craint de ne devoir partager sa cellule avec des ronfleurs patentés, elle se dirigera d’un pas lourd à la pharmacie et demandera dans un chuchotement honteux qu’on lui cède une paire de boules…cireuses.

 

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 07:00

palmedor.jpgSi ma copine Muriel n’a jamais voulu être une actrice mais épicière et fée (idéalement les deux à la fois, c’est plus commode), mon rêve à moi, a toujours été de gravir les marches du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes.

 

 

Vêtue d’un long fourreau de velours noir mettant en valeur mes formes harmonieuses, montée sur des escarpins aux talons compensés, ma chevelure aux extensions insoupçonnables livrée aux facéties du vent, je me voyais, je me vois, je me verrai monter ces marches aussi lentement que possible (sans me tordre la cheville, d’où les talons compensés…), offrant aux photographes, journalistes, télévisions internationales et badauds en crise d’apoplexie, le luxe de m’admirer sous toutes les coutures, imaginant avec délectation cette mère de famille rentrant en son logis, le regard empli de ma divine personne, relatant avec emphase aux gremlins et consort cette rencontre improbable qui illuminera d’un rayon céleste le reste de son existence monotone.

 

Je sens que je m’égare légèrement… Où en étais-je ?

Ah oui ! Quel rapport avec ma copine Muriel ? Eh bien, il était écrit qu’elle serait la messagère de cette gloire tant convoitée…

 

C’est au cours d’un déjeuner aussi sympathique que détendu qu’elle m’informa qu’entre autres activités, elle était devenue l’héroïne d’une série diffusée actuellement sur Orange.

Ma fourchette de hachis m’en tomba des mains, ma bouche s’arrondit d’un « Oh » de fascination, mes yeux s’exorbitèrent de stupéfaction.

 

- C’est pas bon ? s’enquit-elle, scrutant la purée qui dégoulinait délicatement sur mon menton.

 

Je me ruai aux toilettes, fis disparaître d’un coup de langue la pomme de terre séchée, sortis en hâte poudre, mascara, fards de toutes sortes et rouge à lèvres grenat et réapparus, largement souriante, la voix quelque peu déformée par mon état proche de l’hystérie.

 

- T’es actriiiiiice ???? T’es actriiiiiice ?! T’es actriiiiiiice !!!!!

- Euh… Oui, me dit-elle, mais je ne l’ai pas fait exprès. Au départ, c’était pour aider mon Jicé. Il est réalisateur, scénariste et pied-noir !

- T’es maquée avec un réalisateur ??? T’es maquée avec un scénariste ?! T’es maquée avec un pied-noir !!!!

 

Moi qui depuis le berceau rêvait d’une telle aventure, n’hésitant pas à plus de xx années à faire la sortie des Collèges dans l’espoir de me faire repérer – soit dit en passant, je me fais beaucoup repérer, au risque de me faire embarquer – je pensais que la vie était décidemment trop injuste… (le personnage de Caliméro est un rôle que j’interprète très bien aussi !)

 

Pourtant, il était écrit que c’est par Muriel que le destin frapperait à ma boîte e-mail :

« Salut Sophie, ça te dirait un petit rôle dans FDP ? »

 

FDP ne sont pas les initiales d’une insulte si usitée qu’on se demande si elle a encore un sens mais celle de « Faits Divers Paranormaux », une série ovni ayant pour objet le paranormal dans le quotidien d’un couple (Muriel et Jicé) tout ce qu’il y a d’ordinaire. Les petits hommes verts débarquent au milieu des épluchures de patates, les fantômes hantent gentiment la banlieue en s’exerçant aux claquettes et Spiderman se sert de sa toile d’araignée pour ficeler les rôtis.

Le tout servi en 26 épisodes de  5 minutes diffusés les jours de semaine à 20 h 30 jusqu’à la mi-mai sur la chaîne Orange Ciné-Choc.

 

Au terme d’une courte réflexion, j’envoyai ma réponse :

« Oui, Oui, OUI, je le veux ! Où, quand, comment, quel rôle ? »

« T’affole pas, c’est pas pour la série mais pour le blog crée en accompagnement. Tu jouerais ma copine d’enfance. »

 

C’est un début me dis-je, tous les chemins mènent à Cannes, même le web !

Pourtant, la suite prouva que j’aurais dû me méfier…

 

« Salut, m’écrivit Muriel, Mardi 11 heures, t’es libre ? »

« Pas de problèmes, répondis-je, combien de jours dure le tournage ? Il faut que je m’organise… »

« Une heure. »

 

Ne voyant que le bon côté des choses, je me dis que c’était autant de frais de baby-sitting d’économisés.

 

« Comment dois-je m’habiller, me maquiller, le coiffeur est-il remboursé ? »

« Viens comme tu es. »

« Et mon texte ? Il faut que je l’apprenne ! »

« T’inquiète pas pour ça. »

 

Une petite voix me souffla que tout cela n’était pas tout à fait normal… En même temps quoi de plus normal pour une série paranormale !

Je soignai toutefois ma tenue – Jean, baskets, doudoune – et m’engouffrai dans les ruelles étranges de la banlieue parisienne…

 

Sur place, pas du tout impressionnée (entre gens du 7ème art, on se comprend), Jicé m’expliqua mon rôle. Décelant aussitôt la grande actrice qui sommeille en moi, il me laissa carte blanche :

- Tu es la copine d’enfance de Muriel que tu retrouves par hasard dans la rue. Muriel, sa maman Simone et moi nous rendons au commissariat pour signaler l’étrange réapparition de mon frère depuis longtemps disparu. C’est à ce moment-là que tu tombes sur nous. Tu peux par exemple, être mère de 8 enfants, vivre des pensions alimentaires de tes 4 ex-maris… Ah oui, on t’a préparé un cabas parce que tu reviens du supermarché ! »

 

Je le regardais interloquée, prête à en découdre :

« Non mais attends ! Les courses, c’est mon quotidien, t’aurais pas un truc un peu plus glamour ???? »

Mais avant que je puisse me rebiffer, ce fut Muriel qui m’asséna le coup de glamour :

- Alors tu vois, comme on est copines depuis la maternelle, Jicé voulait qu’on ait une sorte de code, alors, j’ai pensé à… »

 

Après tout, même les plus grandes actrices ont commencé par des rôles frisant le… le…. et je préfère que vous l’appreniez par moi plutôt que par les journaux : C’est LA !

 

PS : Arthur, si tu passes par ici, ce ne sera pas nécessaire de montrer cette casserole, tout le monde l’aura déjà vue. Merci.

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 07:00

- Dis Maman, t’as bien dormi cette nuit ?

 

De deux choses l’une : Soit le gremlin a un truc à quémander, soit il s’enquiert gratuitement de la qualité de mon sommeil. Je choisis la seconde option. Optimisme, quand tu nous tiens…

 

- Très bien, mon petit gremlin adoré, c’est gentil de t’en inqu…

- Ah ? Parce qu’on dirait pas, assène-t-il, l’air de rien, une main tendue vers la brioche home-made de Carrouf.

- Pas touche à MA brioche ! fais-je en lui tapant sur les doigts, puis, radoucie, dis-moi, gremlin affamé, cette remarque insinuerait-elle que, par le plus grand des hasards, tu ne me trouverais pas à mon avantage ce matin ?

- J’comprends rien à c’que tu dis. J’peux avoir de la brioche ?

 

J’hésite un instant à l’engloutir d’un seul coup sous son nez mais la vérification de mon apparence physique m’apparaît bien plus vitale.

D’une démarche nonchalante, je me dirige vers mon beau miroir, entendant déjà sa douce mélodie :

- Ô ma reine, de toutes les reines de ce royaume, tu es la plus… MAIS C’EST QUOI CETTE TRONCHE ?????

 

Miséricorde, tout y est ! Le cheveu terne et filasse, le visage bouffi avec la marque des draps incrustée sur la joue gauche, l’œil vaseux, le teint blafard moucheté de quelques rougeurs boutonneuses clairsemant ce visage qui n’est pas le mien, certes non ! Je ne peux décidemment pas sortir avec cette tête là !

- Tu peux emmener les gremlins à l’école, demande-je à Mr Gremlin.

- Désolé, j’ai une réunion à 9 heures.

- Oui, ben moi, je ne peux pas mettre la tête dehors !

- Pourquoi, t’es malade ?

- Regarde-moi !

- Oui… T’es jolie tout plein !

 

La dépression s’abat sur tout mon être…

 

- Bouh, ouh, ouh… Tu ne m’aimes plus, uh, uh…, ch’uis moche, oche, oche, ch’uis boutonneuse, euse, euse, ch’uis… T’AS UNE MAITRESSE !!! C’est ça hein ? AVOUE !

 

Mr Gremlin, qui doit être au bureau dans 40 minutes pétantes, se demande comment il va se débrouiller pour se sortir sans trop de bobo de cette situation affligeante sachant qu’il est maintenu contre le mur par une vampiresse l’étranglant avec sa cravate.

La vie de cet homme n’est pas aisée, aussi arrêtons-nous quelques instants et pénétrons dans son cerveau malmené par les névroses de son épouse :

 

« Bon, je fais quoi moi maintenant ? Si je lui dis qu’elle a effectivement une sale gueule, je m’en prends une. Si je lui dis que non, je m’en prends une. Ah mais c’est vrai qu’elle a un bouton sur le menton… A part ça, je ne vois pas trop de différences…

Une maîtresse ! Remarque, je pourrais si je voulais… mais m’en coltiner deux comme elle ! Comment ils font, tous ces hommes avec deux femmes ? Ils doivent avoir un de ces sang-froid… Ca force l’admiration…

Aie ! C’est qu’elle me fait mal avec son demi-muscle !

Ce qu’elle est compliquée quand même ! Ma mère, elle n’est pas si tordue que ça… Sa mère, si. Si je lui dis ça, on est partis pour la grande tirade familiale, et, la veille de week-end, ce serait très mal joué…

Bon, c’est pas tout ça, quand il faut y aller, il faut y aller ! »

 

- Ma chérie : Oui tu as une sale gueule ce matin, ça ne m’empêche pas de t’aimer, quoiqu’il y ait des jours... Non, je n’ai pas de maîtresse, tu comptes pour deux, et même plus ! Maintenant tu lâches ma cravate, faut vraiment que j’aille respirer bosser !

 

Avant de partir, l’homme s’adresse à son fiston :

- Mon fils, retiens bien ceci, c’est important pour ton avenir : Avec une femme, quoique tu fasses, tu joues, tu perds ! C’est mathématique...

 

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 07:00

coupe.jpg « Je vous déclare mariés, pour le meilleur et pour le pire. »

 

Je ne sais pas si Monsieur le Maire ou Monsieur le Curé utilisent encore cette formule mais ce que je sais c’est que pour éviter le pire, il existe un truc imparable : Ne pas s’abonner à Canal+ et encore moins au Bouquet !

Car, même si on a la chance d’avoir épousé un homme qui n’est pas shooté au ballon rond, nul doute que l’abonnement infernal fera de lui un adepte de ladite baballe, ne serait-ce que pour en amortir le prix exorbitant.

 

Même avec ça, on n’est pas sorties du stade !

Entre la Coupe d’Europe, la Ligue des Champions, la Coupe de la Ligue, la Coupe de France et d’ailleurs, La Coupe du Monde, les rencontres aller, retour, devant, derrière, il devient difficile de dribler entre les matchs pour regarder Dr House tranquille…

Pour ne pas être mise totalement sur la touche et céder à l’adversaire le monopole de la télécommande, mieux vaut pratiquer l’esprit d’équipe et passer l’engin plutôt que d’envoyer un méchant coup de boule qui nous vaudra aussitôt une disqualification pour les soirées à venir…

 

De nature curieuse, on essaie malgré tout de s’intéresser au jeu par des remarques pertinentes  telles que « C’est qui les blancs ? », « Oh, le n°10, vise les jambes !! », « Ca mérite un carton ça, tu ne trouves pas ? » ou encore « Pourquoi il est par terre celui-là ? Tiens c’est drôle, on dirait qu’il chante Allô Maman Bobo… »

 

Mais, malgré nos efforts, on se retrouve vite reléguée sur le banc de touche et il ne nous reste plus qu’à observer les vestiaires. Et là, on s’accroche à nos crampons parce que, ce qu’il s’y passe, c’est encore mieux que House, Desperate Housewives et FBI : Portés disparus réunis !

 

Après la période Aimé Jacquet qui fit vendre nombre de quotidiens et combla le vide des journaux télévisés jusqu’à en faire la Une, c’est au tour de Raymond Domenech d’entrer dans la danse des « Je t’aime, moi non plus », sauf que je crois bien qu’il en est encore au stade du « moi non plus »… Voilà six ans qu’il joue les prolongations sans pour autant parvenir à marquer le but décisif, ce qui a l’avantage de nous procurer un sujet de conversation bien pratique lorsqu’on n’a rien à dire, surtout quand on a épuisé celui de la main de Thierry Henry !

 

A la mi-temps, toute en sueur tant le suspens est dense (2 gnons, 3 chevilles piétinées, une sortie en brancard et 4 insultes, c’est pas rien !), on tente un zapping vers Grégory H. mais le coup de sifflet strident de l’arbitre en salon nous arrête dans notre élan. C’est que, au cas où nous aurions raté quelques actions cruciales quant à la compréhension du match, on a droit à un résumé aussi visuel que sonore : « Oui, oui, OUI !!!.... Oh, non… », « Il y va, il y va, aie, aie, aie, le tacle… », « Quelle passe mes enfants, quelle passe ! »

Eh oui, dans ces conditions, c’est sûr, on comprend tout de suite mieux…

 

La partie reprend, chacun regagne sa place et on est fière de remarquer que les deux équipes ont changé de camp sans qu’on ne nous le précise. Les joueurs font mumuse, les paupières s’alourdissent, une douce torpeur nous envahit quand un hurlement accompagné d’une empoignade du bras droit nous font grimper au rideau de peur et de douleur.

- BUUUUUUUT !!!!!

 

Loin de partager la joie du supporter hystérique, on lui sort sans état d’âme un carton rouge pour avoir réveillé le gremlin qui, c’est certain, ne se rendormira que longtemps après la troisième mi-temps. On frise l’émeute, la tension est palpable, l’affrontement parait inévitable…

Heureusement pour nous, une erreur d’arbitrage met tout le monde d’accord, le calme est revenu alors que l’écran plat scande : « Aux ch… l’arbitre ! »

Au terme des quatre-vingt dix minutes, le score étant aussi nul que les entraîneurs, on se promet que le match retour de la semaine prochaine se soldera par le visionnage non-stop de quatre épisodes de Dr House !

 

Ca tombe bien, de toute façon, il n’y a plus de bière…

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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