Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 07:00

Pour ceux qui auraient manqué la première partie, c'est ici!
Pour les autres, où en étions-nous déjà? Ah oui...

SecretC’est alors qu’Elle lâcha la bombe...

Enceinte ! Elle était enceinte ! Je savais très bien ce que cela voulait dire, je l’avais lu dans un de ses bouquins. J’ai la faculté de lire en même temps qu’eux, ce qui est très instructif pour un objet qui ne sort jamais. J’ai ainsi une vision plus nette du monde qui les entoure, de ce qu’ils font à l’extérieur. L’inconvénient c’est lorsqu’ils lisent ailleurs que sur moi. Je perds le fil de l’histoire ou bien pire, je ne connais jamais la fin, ce qui est particulièrement agaçant lorsqu’il s’agit d’un roman policier (mes préférés !), je ne sais jamais qui est l’assassin !

 

Elle était enceinte et ils avaient l’air heureux ! Et moi ? Allaient-ils me remplacer ? Je n’étais pas assez grand pour trois !

Dès lors, une terrible angoisse m’envahit. Je n’étais plus sûr de rien. J’essayais, en vain, d’en savoir plus sur mon sort, mais ils n’en parlaient jamais.

J’adoptai une nouvelle stratégie : Me faire aussi accueillant et chaleureux que possible. Ce ne fut pas une mince affaire : Elle grossissait à vue d’œil !

Quand elle arrivait dans la chambre, je ne voyais d’abord que cette énorme bosse, lourde et pesante, surplombant deux jambes épaissies par un excédent de poids. Je trouvais qu’Elle n’était pas belle et je redoublais d’animosité envers l’intrus.

Son visage, bouffi lui aussi, reflétait la fatigue et l’angoisse de voir ainsi son corps pris en otage. Lui, la trouvait magnifique, et le lui répétait aussi souvent qu’Elle doutait, c'est-à-dire, très souvent ! Il n’était qu’amour et tendresse, d’une prévenance dont il ne se serait pas cru capable et qui n’était pas feinte.

Nos nuits furent de plus en plus agitées. J’en avais mal aux ressorts tant son surpoids était considérable. J’étais aussi déformé qu’elle ! Retrouverai-je un jour mon aspect d’origine ?

Elle tournait, se retournait sans cesse. Il m’était de plus en plus difficile de m’accorder à son corps et de lui procurer le réconfort qu’elle cherchait.

Au matin, nous étions tous trois fourbus et de fort méchante humeur. Autant dire que je n’en menais pas large : D’ici à ce qu’ils m’accusent de leur inconfort, il n’y avait qu’un soupir. Et là, c’en était fait de moi !

 

Une nuit, l’inévitable se produisit. Alors que nous jouissions d’un repos trop rare, je fus réveillé par une sensation chaude et humide. J’étais outragé ! D’accord pour supporter le poids, les nuits entrecoupées, les ressorts déglingués, mais ça ! C’était trop dégradant, même pour un lit !

J’attendis avec impatience qu’ils me changent mais, au lieu de cela, ils sautèrent sur leurs pieds (Lui, tout du moins…) dans une sorte de panique et d’excitation mêlées et m’abandonnèrent en l’état.

 

Quelle humiliation ! J’étais seul, défait, mouillé… J’avais froid et je sentais mauvais. Personne pour s’occuper de moi. Je crois bien que jamais je n’ai autant éprouvé ma condition d’objet. J’avais mal et si j’avais su comment faire, j’aurais pleuré.

Je ne sais combien de temps cela dura. Longtemps, car j’étais sec et rêche.

 

Soudain, il se tint là, devant moi. De grandes cernes sous les yeux, les traits tirés, l’air hagard. Il émanait néanmoins de lui une félicité intense, une certitude aussi. On aurait dit qu’il détenait une vérité essentielle.

Il s’écroula sur moi, tout habillé et dormit d’un long sommeil profond. Cela dura une éternité et j’étais toujours dans un état déplorable ! C’est alors que je m’aperçus qu’Elle n’était pas là. J’avais compris depuis longtemps, mais je refusais de l’admettre : L’intrus avait forcé les portes et n’allait pas tarder à faire irruption. Il fallait que je me prépare à défendre mon territoire. Comment ? Aucune idée. J’étais bien conscient de mon impuissance mais le fait d’envisager toutes sortes de stratégies défensives m’aidaient à l’oublier.

 

Les jours qui suivirent son retour, il fut pris d’une frénésie de nettoyage très surprenante de sa part. Il me nettoya, me changea et me parfuma. Quel délice ! Je revivais, j’avais rajeuni de 10 ans. Je me sentais neuf, mes états d’âmes s’évanouirent et je profitais de ce retour à la vie. Ce sentiment de béatitude fut de courte durée…

 

Elle fit son apparition, s’allongea sur moi. Elle était plus légère, moins empotée dans son corps. Je la retrouvais. Il lui restait bien quelques lourdeurs déci delà, mais nous avions vécu bien pire ! Elle avait l’air fatigué aussi. J’en éprouvais, à ma grande honte, une joie mauvaise. Les lits dans lesquels elle avait séjourné n’étaient pas aussi confortables que moi…

Puis, je sentis un autre poids, plus subtil, d’une infinie douceur. Une drôle d’odeur aussi. Un mélange de lait et de vanille. Des mouvements imperceptibles qui dégageaient une chaleur bienveillante.

La Chose prit possession de moi. Je ne pus résister. J’avais besoin de la protéger, de l’envelopper dans mes draps, de la tenir au chaud. Tout de suite, je l’ai aimée.

 

Encore aujourd’hui, je reconnais son odeur avant même qu’elle n’entre dans la pièce. Celle des ses frères et sœurs aussi. Elle et Lui n’ont pas pu s’empêcher de remettre ça.

Toutefois, ces petites choses n’ont pas brisé notre harmonie, elles ont chacune leur lit et c’est très bien comme ça. Je supporte sans mot dire leurs attaques répétées, aime à être le support de leurs jeux, mais apprécie, à leur juste valeur les moments où elles vont torturer d’autres que moi.

 

Je sais que j’ai eu une vie bien remplie. Je m’attends prochainement à être remplacé. Ils en ont parlé. Dix ans, c’est beaucoup pour un lit. Encore une fois, l’angoisse m’étreint. Je ne veux pas les quitter, je veux encore partager leurs vies. Mais Elle a mal au dos et Lui a tellement grossi que j’en suis devenu trop étroit. Je vais finir à la décharge et je n’y peux rien. Malgré tout, j’enrage. J’aimerais leur dire que j’existe, que sans moi, leur vie aurait été différente, que j’ai tout supporté, par amour pour eux.

Je crie en silence : Gardez-moi, je vous en supplie !!

 

Et Elle a dit : « Nous pourrions l’installer dans la chambre d’amis ».

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Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 07:00

Secret.jpgEnfin me voici installé !

Encore une traversée ! Trois mois dans un conteneur, deux semaines à quai et trois jours en camion.

Je n’en peux plus !

De nouveau il va falloir s’adapter, me tourner et me retourner avant de trouver ma place. Récupérer ma parure et me sentir enfin chez moi.

 

La première fois que je les aperçus, ils me firent bonne impression : jeunes, plutôt sympathiques, un brin d’humour et surtout…amoureux ! Oui, l’amour et la complicité sont très importants dans ma fonction. La confidentialité aussi. Je vois tout, j’entends tout mais je sais garder les secrets que l’on me confie.

Aussi, lorsqu’après quelques hésitations, leur choix se porta sur moi, en ai-je été assez flatté. D’après leurs dires, je représentais un achat important et devais « leur faire plusieurs années ».

Quelques jours plus tard, je les rejoignis à leur appartement. J’avais quelque appréhension. Après tout, ma vraie vie commençait. Pour moi, c’était une naissance : J’allais enfin remplir la fonction pour laquelle j’avais été créé.

La place qu’ils me réservèrent dans leur univers me plut d’emblée : Au centre de la pièce. On ne voyait que moi et il est vrai que j’en retirai quelque orgueil…

 

Les premiers temps de notre cohabitation furent un peu chaotiques. Il fallut apprendre à nous connaître.

Au début, ils me maltraitèrent un peu mais très vite, chacun y trouva son compte.

Je m’attachais rapidement à eux. Je ne les voyais pas beaucoup, mais quand ils me rejoignaient, je sentais leur confiance, leur apaisement. Je fus souvent le témoin de leurs échanges, quels qu’ils fussent.

 

Et puis, ils bouleversèrent ma vie...

Un matin, des mains brutales m’empoignèrent, me ficelèrent et me jetèrent dans un camion, puis un bateau et encore un camion. Cela dura des jours et des jours. J’étais mortifié par leur trahison ! Qu’allais-je devenir ?

A l’issue de ce périple sans fin, j’entendis leurs voix. Ils ne m’avaient pas oublié ! Ils avaient même l’air heureux de me revoir. C’est alors que je compris : Ils avaient changé de maison ! Et ils m’avaient emmené avec eux ! Quel idiot ! Comment avais-je pu douter de leur fidélité !

 

Cela fait aujourd’hui 10 ans que nous sommes ensemble et c’est la cinquième fois qu’ils me font le coup du conteneur ! Ca, je ne m’y habituerai jamais !

Malgré tout, je résiste, je veux rester avec eux, surtout depuis qu’il y a la relève : Leurs petites Choses me brutalisent souvent, me maltraitent et me griffent, mais elles sont aussi d’une douceur indicible.

 

 

De ma génération, nous ne sommes que quelques uns à posséder les facultés d’entendre, voir et raisonner. Nous sommes les témoins silencieux de votre vie, mais vous ne le saurez jamais. Je vous imagine poser un regard nouveau sur vos meubles. Vous les scrutez, dans l’attente d’y découvrir un signe. Peine perdue. C’est un mystère que jamais vous ne percerez. Autant vous y faire et continuer votre lecture… en vous demandant si cette histoire n’est pas un peu la vôtre…

 

Elle et Lui. C’est ainsi que je les nommerai. Peu importe leurs prénoms.

 

La semaine, une sorte de frénésie d’activité s’emparait d’eux  même si j’essayais de les garder près de moi. Je réussissais parfois à les retenir. Quelle victoire pour un simple objet !

Les week-ends étaient plus reposants, mais ils me surprenaient toujours. Il leur arrivait de me quitter précipitamment ou bien de me rejoindre à un moment inattendu. J’aime ces imprévus, cela me sort de mon train-train quotidien.


Le seul reproche que j’ai à leur faire, c’est qu’ils ne prennent pas toujours soin de moi. J’aime à être à mon avantage, paré d’étoffes soyeuses et bien lisses. Or, ils m’affublent de tissus ordinaires, pas toujours à ma taille et ne se soucient de moi que lorsqu’ils ont de la visite ou qu’ils me cèdent à des inconnus. Je trouve ces façons un peu cavalières. Ces inconnus-là, à qui ils permettent d’envahir notre intimité, je les déteste ! Je m’arrange toujours pour leur gâcher leur séjour : Mal au dos, cauchemars ou insomnies, leur châtiment varie  selon mon humeur.

Heureusement, ces intermèdes ne sont guère fréquents et nous nous retrouvons toujours avec un plaisir non dissimulé.

 

Elle et Lui. Lui et Elle. L’une, complexe et torturée, l’un, serein et apaisant.

J’apprends beaucoup auprès d’eux. Comment deux êtres aussi différents peuvent-ils s’harmoniser ?


Un soir, alors que tous deux lisaient, plongés dans un plaisir individualiste, presque égoïste, il lui a pris la main, sans la regarder, poursuivant sa lecture. Elle a souri. Leur échange, car cela en était un, m’a ému. J’ai compris que leur amour franchissait une étape. La passion qui jusque là les animait et qui, certains soirs, me faisait souffrir et grincer au-delà du raisonnable, se muait en un sentiment profond, solide, prémices d’une histoire qui prend racine. Moi aussi, j’ai souri. J’étais fier de détenir ce secret avant eux, de savoir quelque chose qu’eux-mêmes ne soupçonnaient pas encore. Ce soir là, ils se sont endormis lovés l’un contre l’autre et moi, j’ai veillé sur leurs rêves, confiant dans notre histoire.

Je croyais que nous allions vivre ainsi, éternellement.

Quoiqu’ils fassent dans la journée, ils me revenaient toujours. C’est auprès de moi qu’ils puisaient leur énergie, leur force. Je me pris à croire qu’ils m’aimaient et que personne ne viendrait troubler notre entente.


C’est alors qu’Elle lâcha la bombe...

Suite et fin Jeudi 25/02

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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /2010 07:00

mariage.jpg- Tu es prête ?

- Non.

- C’est une blague ?

- Non. Je ne sais pas quoi mettre.

 

C’est bien un truc de bonnes femmes ça ! Des placards qui dégueulent et jamais rien à se mettre sur le dos. Et toi, tu ne fais pas exception à la règle. A une différence près : Tu joues tellement au yo-yo que la taille de tes vêtements varie entre le 38 (que tu fantasmes un jour de porter) et le 46. Quand je te regarde, je me dis que tu ferais aussi bien de passer directement au 48.

 

- Alors, tu te magnes ?

- Oui, j’arrive ! De toute façon, ils ne pourront pas commencer sans moi.

- Et pourquoi ça ?

- Parce que c’est moi qui ai les alliances !

 

Finalement, ça ne m’étonne pas. Tu as le chic pour fourrer ton long nez partout, te rendre indispensable alors que personne ne t’a rien demandé.

 

- Tu aimes ?

 

A quoi bon prendre le temps de te regarder ? Je te connais par cœur…

 

- Tu es parfaite.

 

D’ailleurs, tu n’ m’écoutes pas, tu m’as déjà tourné le dos, indifférente à mon opinion. Tant mieux, ce sont autant de problèmes évités.

Je me demande pourquoi tu aimes autant les mariages. Quand on voit le nôtre on aurait plutôt envie de fêter les divorces !

 

- Tu te souviens de notre mariage ?

 

Et v’lan, voilà que tu remets ça !

Mais pauvre nouille, ça fait trente ans que j’essaie d’oublier ! Trente ans que je me suis fait berner par ta prétendue grossesse de merde ! Trente ans que t’es cocue ma pauvre et que je sais que tu sais. Trente ans que tu me traînes de mariage en mariage et que j’y chasse mes maîtresses toujours plus jeunes, plus fermes et plus belles que ta face de coker ! Quoique tout bien considéré, je craigne d’offenser l’animal…

Trente ans que tu refuses le divorce uniquement pour m’emmerder…

Vas-tu finir par crever à la fin !

 

Dans l’encadrement de la porte, elle observe son époux. En spectatrice silencieuse, elle entend ses pensées qui ne la blessent plus depuis longtemps. Elle s’avance vers lui et lui tend les clés de la voiture :

- Je suis prête.

Puis elle ajoute, provocante :

- Ne pense plus, tu te fais du mal.

 

Ah… Pour un peu, je t’étranglerais ! J’imagine ton visage congestionné, rouge du sang emprisonné, tes yeux écarquillés, la bouche ouverte sur ta langue gonflée, ton…

 

- Hé ho ? Tu rêves ?

- C’est ça, je rêvais…

- Peut-être qu’il se réalisera un jour ton rêve, répond-elle, le fixant de son œil narquois.

 


L’homme ne prend pas la peine de répondre, il se contente d’attraper les clés de la voiture, jouissant de lire sur le visage de son épouse toute la frustration d’une querelle avortée.

Dans l’auto, les mains agrippées au volant, son esprit l’entraîne vers des pensées meurtrières.

« La place du mort, pense-t-il, elle occupe la place du mort… »

Songeur, il cherche pourquoi le siège du passager est appelé de la sorte.

« Sans doute existe-t-il des statistiques sérieuses sur le sujet, les pourcentages ont certainement démontré que, lors d’un accident automobile, l’occupant du siège avant droit est le plus exposé aux risques mortels… »

Il fouille sa mémoire à la recherche de faits divers ayant entraîné la mort du passager mais la survie du conducteur.

 

Un choc frontal contre un mur ? Une collision sur l’autoroute ? Ou bien un virage mal calculé entraînant la chute du véhicule dans le ravin ?

Il se prend à évaluer les chances, pour lui, d’en réchapper indemne et les risques, pour elle, de s’en sortir sans égratignures ou pire, physiquement impotente, ce qui le réduirait « ad vitam æternam » à la merci des exigences de sa femme.

 

- Plutôt crever moi-même…, marmonne-t-il.

- Plaît-il ? intervient son épouse.

- Ta gueule…formule-t-il, les lèvres closes.

 

Il rattrape le fil de ses pensées, décide qu’il ne doit pas agir dans la précipitation. Il n’aurait droit qu’à un seul essai.

Il commencerait par des recherches sur internet, étudierait avec soin les meilleurs accidents. Il chercherait un lieu suffisamment dangereux pour faire taire les éventuels soupçons, mais pas trop non plus pour y risquer d’y laisser sa peau. L’idéal serait qu’il puisse faire un essai. Avec un mannequin par exemple, ce qui lui permettrait d’évaluer si les blessures pourraient se révéler mortelles ou pas.

Bien sûr, il faudrait veiller à effacer toute  trace de ses recherches sur son compte internet.

Ce projet l’excite tellement qu’il dépose tendrement un baiser sur la joue grasse de son épouse stupéfaite.

 

La jeune femme referme brusquement son livre. Son fiancé sursaute, étonné par cette violence.

- C’est pas bien ? lui demande-t-il.

- C’est ta mère qui m’a conseillé ce livre. Elle pensait que ça me détendrait à la veille de notre mariage… Au fait, ton père, il est mort de quoi déjà ?


Consigne de l'Atelier: Mariage

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Par Sophie L. - Publié dans : Atelier d'Ecriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 07:00

ski.jpgIl y a quelques jours de cela, en regagnant mes pénates, j’ai croisé ma copine Marion déguisée en Bibendum : Grosse doudoune (mon Dieu, ce que ça ne l’arrange pas…), bonnet, écharpe, moonboots, tenant à bout de bras de multiples sacs à peine moins gros grands qu’elle. Intriguée, j’approchai tout en me demandant comment elle allait s’en tirer.

- Ah tiens, salut ! Tu m’aides ? fit-elle, ravie de trouver sa solution

- Tu déménages ? m’enquis-je

- Nan, on part au ski la semaine prochaine, je suis allée chercher les affaires à la cave.

- Mais, euh…, t’as loué une semi-remorque pour trimbaler tout ça ? D’ailleurs, y’a quoi là-dedans ?


- Oh tu sais, les trucs habituels, combi, casques, chaussures de ski, après-skis, luge… Enfin, ne me dis pas que tu n’es jamais partie au ski ???

- Pfff…. j’y ai VECU, MOI, à la neige Madame ! J’ai affronté des températures avoisinant les – 35°C, j’allais acheter le pain à pied, à 5km de la maison, sous des tempêtes effroyables et je n’avais que six ans ! Parfaitement !

- Je croyais que tu étais née dans le Sud ?

- J’ai migré !

- Et c’était où ?

- Dans le Jura. On habitait une petite maison dans le no man’s land, papa était en bas qui coupait le bois, maman était en haut qui préparait le lolo…

Je ne sais pas pourquoi, parfois, Marion me regarde bizarrement…

- Allez monte, t’as besoin d’un petit remontant et tu vas me raconter ça tranquillement. J’ai comme l’impression que tu en as gardé de sacrées séquelles.

 

 

Des séquelles ?! Une haine viscérale pour tout ce qui froid, mouillé et glissant… (Que les esprits grivois se retirent promptement de ce lieu !)


Lourdement trompée par ce père qui me vantait les avantages de vivre dans un monde tout de blanc vêtu, s’acharnant à me faire glisser sur une luge, engoncée sous trois épaisseurs de vêtements, je terminai invariablement mes épopées la tête dans la neige sous les regards tendrement compatissants de ma maman, bien trop planquée près du radiateur pour me venir en aide…

Je fus alors initiée au ski de fonds, ce qui me valut d’être bien plus souvent les quatre fers en l’air que les pieds sur les skis.

A ce stade, mon papa, satisfait de mes progrès (l’amour paternel est souvent aveugle ou était-ce le déni d’avoir une fille à l’oreille interne détraquée ?), jugea que j’étais prête à affronter les pistes.

Affublée de chaussures de torture (j’en sens encore la morsure sur les tibias), je le suivis, accablée, vers ces engins que l’on appelle des tire-fesses. Après quelques explications sommaires, je glissai l’instrument entre mes jambes (esprits grivois, dehors !), me cassai la figure un certain nombre de fois avant de parvenir au sommet où mon père m’attendait en hurlant :

- Maintenant, tu lâches ! Lâche! Tout de suite !!! Non, ne lâche plus ! Accroche-toi !!

C’est ainsi que je fis un tour complet, accrochée à cette tige, au dessus du vide, bien contente de revenir au point de départ !

Que dire de ces descentes longues et pénibles, le buste en avant, les bras écartés et le regard rivé sur mes skis en chasse-neige ?


Depuis, les seules fois où je suis remontée dessus furent celles où je me laissais guider par un moniteur. Lui devant, moi derrière (esprits grivois, retournez à Google !), il faut croire que la vue motivait mon sens de l’équilibre…

Malgré cela, je ne me suis jamais rien cassé et mon papa continue de croire que j’étais une assez bonne skieuse !


Et les gremlins dans tout ça ? Sont-ils privés de neige à cause de leur mère faiblarde sur ses guiboles ? Eh bien, il faut avouer que depuis que j’ai fait la culbute en dirigeant un traîneau tiré par des huskies en furie, vu trente-six chandelles avant de me réveiller entourée de molosses qui hurlaient à la mort, je ne suis plus très « open-minded », ce qui n’est finalement pas si grave puisque le réchauffement climatique leur permettra bientôt de chausser leurs skis à Paris !

Quant à Monsieur Gremlin, rencontré (comme c’est étrange) dans une station de sports d’hiver, il a eu, depuis, la délicatesse de s’exploser les ligaments du genou.

Ah, l’amouuuur….

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : Nanas...mais mamans aussi!
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /2010 07:00

point_d_interrogation.jpgIl m’est arrivé de lire dans les magazines féminins que les hommes ne sont pas contre ce type de lecture, qu’ils piquent la revue à l’insu de leur chérie, voire même qu’ils la parcourent ensemble. Je trouve qu’ils ont bien raison, c’est un excellent moyen pour décrypter les messages subliminaux de la créature avec laquelle ils partagent leurs vies. Certains vont jusqu’à dire qu’ « Elle », « Marie-Claire » ou « Cosmo » leur ont sauvé leur couple.

 

Ce qui m’amène tout naturellement à cette interrogation qui me ronge (non, le mot n’est pas trop faible !) depuis quelques jours : Mais où sont donc les hommes sur ce blog ?!

J’en reconnais bien deux ou trois qui se baladent, certains même s’accrochent, âmes esseulées parmi cette foule – n’ayons pas peur des mots – de femmes avides de mes billets hilarants…

Pourtant, au-delà de son aspect faussement superficiel, vous conviendrez sans doute avec moi que ce blog livre GRATUITEMENT certaines clés permettant à l’homme de base d’aujourd’hui de résoudre partiellement les mystères qui entourent la nymphe qui lui sert de compagne.

Car ces billets ne sont pas écrits à la hâte, entre la douche et le petit-déjeuner, mais mûrement réfléchis, intellectualisés et testés sur un spécimen de haute volée : Le géniteur des gremlins.

Depuis neuf mois que ce bébé blog existe, il va sans dire que le nombre d’accrochages de notre tandem a singulièrement décru. Nul besoin d’argumenter, de tenter inlassablement de lui faire comprendre ma psychologie complexe, un petit billet et hop, Lazare voit enfin jaillir la lumière…

 

Pour preuves, quelques phrases de témoignage recueillies au fil des derniers mois :

« Quand tu me parles, j’essaye de t’écouter » ; « Je demande aux gremlins de m’appeler en douce au bureau pour me prévenir de ta visite chez le coiffeur. Si tu es d’humeur badine, je te dis que ta coupe est magnifique, si tu me tends sèchement la joue, je te propose de préparer le dîner pendant que tu te laves les cheveux » ; « Lorsque tu décides pour la énième fois de te remettre au sport en achetant « Le Pilate pour les nuls », je ne pars pas d’un éclat de rire moqueur en tapotant ta fesse molle, mais je t’encourage en gardant mon sérieux » ; « Lorsque tu me sers un œuf à la coque sans mouillettes après une journée de 14 heures au boulot alors que tu as passé la tienne à bloguer pour pas un rond, je t’embrasse tendrement en te remerciant pour la fraîcheur de l’œuf » ; « Enceinte, je ne dirai plus « tu roules ? » mais « ta plénitude est un enchantement » tout en le pensant vraiment » ; « Je reconnais tes qualités d’éleveuse de gremlins ingrats, pour la peine, je sortirai les poubelles sans que tu me le demandes ».

 

Outre les retombées positives que procurent la lecture de ce blog quant à la quête du Nirvana familial, il permet également aux rares commentateurs d’y aller de leur point de vue, ce qui, remarquons-le, est un gage de mon ouverture d’esprit (comme on dit, tout est bon dans le cochon…). Pour cela, je tiens à remercier Damien qui se manifeste depuis quelque temps déjà avec une régularité qui me fait croire que ce que je raconte l’intéresse, et M1 qui a fait son apparition récemment. Il y a aussi JY et GG, plus épisodiques certes, et dont les pseudos me laissent à penser qu’ils ne tiennent pas du tout à être reconnus…

Pour conclure, ce blog a aussi besoin d’hommes, n’hésitez donc pas à vous manifester, il n’y a pas de honte à lire des sites de filles, vous ne vous en porterez que mieux !

 

PS : Aux lectrices, continuez à poster vos commentaires, sinon, je sens que je vais faire un flop !

PS2 : Ce n’est pas la peine de déguiser votre pseudo en pseudo de mec !

PS3: Une info de dernière minute m'apprend que Sandra les a tous séquestrés dans sa salle de bain!
 

Et puis, pour la route, la chanson « Où sont les hommes » interprétée par Sandrine Sarroche lors du spectacle « Blogs en Scène ». Pour l’écouter, rendez-vous à la 38ème minute.

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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : tribulations de filles
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