Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 07:00

Je ne suis pas de nature jalouse…Encore moins de ses ex !

J’en suis même plutôt fière, car ça prouve : Primo, que j’ai fait un bon choix ; secundo, que j’ai réussi là où elles ont échoué.

 

Cependant, à défaut de cadavre dans le placard, j’en ai une dans le tiroir qui, alors qu’elle prend la poussière depuis plus de vingt ans, s’accroche au fantasme irréalisable de me rafler la mise…

 

Au début, j’avoue ne pas avoir été très charitable. Après tout, c’était la guerre, j’ai vaincu et je l’ai laissée, gisante sur le champ de bataille, raflant mon trophée sans un regard de pitié pour mon adversaire.

Bien sûr, la passion violente qui nous animait, son « ex » et moi était telle que nous pouvions difficilement la camoufler, mais, n’est-ce pas une excellente thérapie que d’affronter ses propres souffrances ? En conséquence, et cela en toute bonne foi, je n’hésitai pas à lui faire comprendre - subtilement - qu’il lui serait bénéfique d’accepter sa défaite et d’aller chasser ailleurs.

A force d’acharnement, je parvins à museler la bête, épouser son ex et asseoir ma position par la production rapprochée de quelques mouflets.

 

J’en avais presque oublié son existence quand, quelques années plus tard, je la croisai par hasard sur notre lieu de vacances. Et parfois, le hasard ne fait pas bien les choses…

 

Il se trouve que ce jour-là exceptionnellement, je m’étais laissée aller à un certain relâchement vestimentaire, mes cheveux collés de sueur n’affichaient pas leur brillance légendaire et un méchant coup de soleil sur le nez pouvait laisser croire que je m’adonnais à la boisson.

Le visage tacheté de bisous baveux chocolatés, la bouche joliment maquillée de crème chantilly, je tentai un repli subtil derrière un poteau, malheureusement pas assez large pour dissimuler les gremlins, moi-même et ma gaufre…

D’autant que cette vieille ex, apercevant son ex, se rua sur lui, toutes dents dehors :

- Oh ! Mais quelle surprise ! Comment vas-tu ?

Et que je te bizouille, et que je te passe la main dans le dos, il ne m’en fallut pas plus pour surgir de mon pylône, les enfants en avant, brandis telles des épées parées pour l’estocade finale !

- Tu te souviens de ma femme…, avança mon bien-aimé.

A peine un regard, pas un bonjour, elle me présenta son dos dans une superbe ignorance…

 

Je restai immobile, plantée au milieu des gremlins, sentant la chantilly dégouliner le long de mon menton, à mesure que mes traits s’affaissaient. La bouche sèche, la langue collée au palais, je me trouvai dans l’incapacité de prononcer une parole. Quelle décadence !

Envolée, la répartie acerbe ; oublié, le regard moqueur ; disparue, la fière allure… J’étais sonnée…

 

Lorsque je repris mes esprits, le monde continuait à tourner, indifférent à ma cuisante humiliation. Enfin, presque…

- Qu’est-ce qui t’arrive ? T’étais pas très causante… parvint à articuler le père de mes enfants, grignotant ma gaufre.

Je tournai les talons, lançant la seule réponse qui s’imposait :

- Pffff….

 

Depuis, je rumine.

Depuis, j’écris tous les scénarios de la troisième manche.

Depuis, je ne mange plus de chantilly.

Depuis, je rêve de ce moment où, l’arbitre annoncera : « Jeu, set et match ! »

 

Je ne suis pas de nature jalouse…

Encore moins rancunière…



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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /2009 07:00

La paupière se lève lourdement sur un œil glauque. La bouche sèche, à l’haleine fétide, cherche avidement la fraîcheur matinale mais ne rencontre que la lourdeur des vapeurs nocturnes.

Les membres gourds tentent quelque mouvement.

Au loin, des cris perçants déchirent les tympans, signe que la journée a bel et bien commencé.

 

Il faut se lever.

 

Les pieds traînant sur le plancher, elle pénètre difficilement dans le monde des vivants.

- ‘jour, marmonne-t-elle aux ombres mouvantes devant elle.

- Un petit café, peut-être ? entend-elle de l’oreille droite.

- T’as vu ? Elle est coiffée en pétard…, surprend-elle de l’oreille gauche.

 

Elle le sait, ce jour sera le plus long de son existence.

 

Elle boit à petits gorgées le café brûlant, malgré les saltos avant et arrière de son estomac. On lui parle, elle ne répond pas.

- Maman n’est pas bien réveillée ce matin, explique doucement le père.

- Pourquoi, elle a mal dormi ?

- Elle est malade ?

- Dis maman, t’as la grippe A ? Tu vas mouriiiiiir ???

 

Elle sourit piteusement. Ce petit est observateur. Elle aimerait bien le lui dire, mais elle a peur que d’autres choses que des mots ne s’échappent de sa bouche.

 

- Non, elle n’a pas la grippe A ! Elle a….elle a…. mal à la tête, précise le seul adulte valide de la maisonnée.

- Alors, il faut lui donner un médicament !

- Quelle bonne idée ! Justement, regarde ce que je lui ai préparé !

 

Deux aspirines font une miraculeuse apparition, qu’elle avale sans se poser de questions.

On lui prend doucement la main, serait-ce pour la ramener dans son lit afin qu’elle y agonise jusqu’au lendemain matin ?
Hélas, mille fois hélas, on lui rappelle qu’ils sont invités à déjeuner et qu’elle a promis de faire le dessert au chocolat…

Les œufs crus, l’odeur du beurre fondu ont raison de sa résistance. Elle se rue aux toilettes, faisant valdinguer, dans sa précipitation, la chair de sa chair contre le mur. Bien lui en a pris, les cris de douleur masquent les sonorités peu glorieuses que son corps lui imposent.

 

- Ah ben ça va mieux ! lance-t-elle en s’étonnant de voir une bosse sur le crâne de son enfant, comment t’es tombée toi ?

 

Cependant, le bonheur est de courte durée. Dans la voiture, elle prend pleinement conscience de ce que signifie « avoir le cœur au bord des lèvres »…

Concentrée pour rester digne, elle ne remarque pas les coups d’œil moqueurs du chauffeur.

 

Arrivée à destination, elle s’affale dans un fauteuil. Non, merci, pas de champagne, un coca avec beaucoup de bulles fera l’affaire.

Devant le bœuf bourguignon, elle plaque la main devant sa bouche, elle roule des yeux affolés : « Pas ça, pitié, pas ça ! Maman, au secours ! ».

- Ca ne va pas ? s’enquiert l’hôtesse, tu ne te sens pas bien ?

« Pétard, c’était moins une ! » se dit-elle, soulagée.

 

Traînassant son état comateux, elle maudit la terre entière et en particulier ses faux-amis qui, la veille, lui ont servi un cocktail tellement délicieux (et alcoolisé !) qu’elle ne s’est pas méfiée. Pourtant, elle se souvient de la petite sonnette d’alarme qui l’avait alertée quand, malgré le port de ses nouvelles lentilles, elle avait vu Marion devenir floue et déclaré à cet imbécile de Stéphane qu’elle le trouvait vraiment passionnant. La honte s’abat sur elle quand elle réalise qu’elle a poussé la chansonnette debout sur une des chaises du salon.

Elle se tourne vers son mari dont l’ironie affichée ne lui est d’aucun soutien.

 

Une petite phrase martèle ses tempes douloureuses:

« Tu as bien chanté ? Et bien maintenant, danse, ivrogne ! »


Nota Bene:
Je dédie ce billet à mes amis dits "de l'impasse", lesquels, vu leur goût prononcé pour tout ce qui est alcoolisé, ont certainement vécu un fameux Dimanche....

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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 12:45


Bon, ben, voilà-t-y pas que je publie deux fois la même semaine...
Rien ne va plus...

Aujourd'hui, Vendredi, pas de petite histoire mais un appel à votre générosité! Je sais que vous l'êtes!!!

Alors, voilà, c'est l'histoire d'un groupe de rock qui se lance, ils sont trois, ils sont beaux, ils sentent bon le sable chaud et, accessoirement, j'aime leur musique!!
Ce sont The Novelties.

Ils participent à la demi-finale organisée par OUI FM aujourd'hui.
Vous pouvez leur donner vos votes ici jusqu'à 18 heures

Et puis, s'ils gagnent, on remet ça pour la finale, toujours ici, à partir de 18h30.

Merci pour eux!!!!!

A Lundi!


Soulignons que je ne gagne rien dans l'histoire, it's just family!

Edit de 19h30:
Et bien voilà, ils ont gagné! Vous vous rendez compte que vous venez d'assister à la naissance d'un groupe de renommée mondiale??? Merci d'avoir joué le jeu...


Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : Vos articles nous intéresse !
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 07:00

A la caisse d’un magasin de vêtements, je m’apprête à régler un joli débardeur, écoutant distraitement les bruits environnants :

- Madame ?

- ….

- Madame ?

- …..

- MADAME !!

Mais quelle est donc cette MADAME qui ne daigne pas répondre ? Encore une de celles qui cherchent à attirer l’attention… Je scrute les environs à la recherche de l’indélicate.

Bizarre, bizarre, je suis la seule dans la file…

Mes yeux remontent lentement jusqu’à croiser le regard de la caissière qui me dévisage, visiblement exaspérée.

- Vous me parlez? je demande, innocente.

- Mais oui Madame, je ne vois personne d’autre que vous, répond-elle dans un haussement d’épaules.

 

De stupeur, j’en laisse tomber mon top, tourne les talons et sors aussi dignement que la situation me le permet. Une fois dehors, je suis partagée entre l’humiliation, la rébellion, le fou rire, pour finalement garder un goût amer dans la bouche. Et voyant les passants qui s’écartent prudemment sur mon passage, je m’aperçois que je ronchonne :

« Madame ? Non mais elle n’est pas bien celle-là ? Madame ! Est-ce que j’ai une tête de Madame ? Hier encore, on m’a prise pour la baby-sitter des enfants ! N’importe quoi ! Ils peuvent toujours courir pour que je remette les pieds dans leur magasin minable ! Tiens, je vais même déposer une plainte dénonçant l’impolitesse des employés. Oui, c’est ce que je vais faire ! Ah, ah, tu vas voir ce qu’elle va te mettre la Madame ! ».

 

Hélas, quand la machine s’emballe, rien ne peut l’arrêter.

 

A la sortie de l’école, j’invite un camarade de gremlins 2 à jouer à la maison. Je leur sers leur goûter.

- Merci Madame.

Ah non ! Ca ne va pas recommencer !


Je plante mes yeux dans ceux de l’impoli et tente de l’éduquer aussi calmement que possible :

- Tu peux m’appeler par mon prénom, tu sais…

- Oh non, ma maman, elle dit que quand on a des traits sur la figure, on doit dire Madame.

- DES TRAITS ??? Où tu vois des traits toi ?!

- T’en as plein autour des yeux !

- Ca mon gars, ce sont des rides d’expression ! Elles sont là parce que je ris beaucoup !

Et toc, mouché le mouflet…

- N’empêche que là, tu rigoles pas et t’as des traits sur le front !

- Et toi, je parie que tu en as sur la langue à force de dire des âneries !! Et puis d’abord, c’est qui ta mère, que je lui cause deux minutes.

- Ma maman, elle travaille. C’est ma baby-sitter qui me garde. Elle, elle a pas de traits.

- Ouais, ouais, ça va, hors de ma vue, espèce de gnome !

Au passage, j’attrape mon garçon et lui glisse, intraitable :

- Celui-là, je n’en veux plus à la maison, compris ?

 

Pour calmer mes nerfs à vif, il faut que je sorte. Ca tombe bien, il n’y a plus de pain.

J’emmène la grande avec moi, on parlera de trucs de filles.


Je règle ma baguette, nous partons, lorsque j’entends, dans mon dos :

- Au revoir Mademoiselle.

Je me retourne, éperdue de reconnaissance :

- Au revoir cher Monsieur. Et laissez-moi vous dire que votre pain est dé-li-cieux !

- Merci Madame. Et votre petite Mademoiselle est ra-vi-ssante!

 

No futur…..

 

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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 07:00

Ce devait être le plus beau jour de leur vie.

Ils avaient tout préparé, tout organisé.

Orgueil et fierté mêlés.

 

Offrir leur bonheur, donner une fête unique, où chaque instant serait une surprise.

 

Cette journée supposée féerique tourna au cauchemar.

Un temps gris, des nuages noirs gonflés de colère.

La mariée fixait le ciel, incrédule.

Le marié regardait, dépité, la boue s’accrocher à son revers de pantalon.

 

Le voile de la jeune femme collait piteusement à son chignon lequel s’affalait sans pitié sur sa pauvre tête.

Le mascara, appliqué soigneusement quelques heures auparavant, avait oublié d’être waterproof. Il dégoulinait, imperturbable, le long de ses joues, dessinant des sillons noirâtres et inégaux.

Les gouttes de pluie se mêlaient à ses larmes qu’elle avalait entre deux hoquets.

La robe, plaquée au corps, dévoilait un buste frêle aux côtes anguleuses.

 

Il tentait vainement de la protéger de sa veste imbibée de tempête.

La brosse qu’il avait eu tant de mal à faire tenir sur son crâne s’aplatissait comme une crêpe.

Son dos s’était voûté, comme pour se soustraire aux foudres du ciel ou à celles de sa toute récente épouse.

 

Tous deux pensaient au magnifique buffet dressé dans leur jardin.

Ils avaient oublié d’installer la tente.

Les petits fours gorgés d’eau, les tables inondées, la terre spongieuse…

 

Les invités les observaient, muets, inquiets. Que dire devant un tel désastre ?

Debout, seuls sur le parvis de l’église, les jeunes époux offraient un bien triste spectacle.

 

Je décidai de rompre ce silence embarrassant. J’approchai, sourire aux lèvres, confiante, lorsque ma langue fourcha : « Mariage pluvieux, mariage miteux ».


Note:
De temps en temps, je posterai un texte issu de l'Atelier d'Ecriture.
J'espère que cela vous plaira...

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Par Sophie L. - Publié dans : Atelier d'Ecriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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