La vie bouillonnante d'une femme

Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /2010 07:00

orage.jpg

19H30

  • -         Maman, tu as vu les gros nuages là ?
  • -         Ah ouais, dis-donc, ils sont drôlement gros… et affreusement noirs… et terriblement menaçants…
  • -         Tu as peur ?
  • -         Mais non… Ta mère n’a peur de rien !

 

20H15

  • -         Allô, mon chériiiiii ? Ca vaaaaa ?
  • -         Super ! Il fait un temps magnifique, on va bientôt aller dîner.
  • -         Ah… Tu rentres bientôt ?
  • -         Pas avant deux jours comme prévu, pourquoi ?
  • -         Ben parce qu’ici, il y a un gros orage qui se prépare, tu vois, et, euh…, les gremlins ont peur et réclament leur papa…
  • -         C’est même pas vrai !! Maman, elle raconte des carabistouilles ! On n’a même pas peur !
  • -         Taisez-vous !! Je sais parfaitement que vous avez peur, c’est moi qui vous ai fait ! Alors ? Tu rentres, dis, TU RENTRES ????
  • -         Mais ma chérie, même si je le voulais, je ne pourrais pas faire plus de 1 000 kilomètres en une demi-heure ! Allez, ce n’est pas un petit orage de rien du tout qui te panique à ce point, si ?
  • -         D’abord, ce n’est pas un petit orage de rien du tout !!! Il y a plein d’éclairs, les nuages sont tellement noirs qu’on se croirait en pleine nuit, bon d’accord, c’est le soir mais si on était en journée, ce serait comme si on était la nuit !
  • -          ?!!
  • -         Et puis, t’es jamais là quand on a besoin de toi !!!

 

20H45

  • -         Salut Marion ! T’as vu cet orage ? Dingue non ?
  • -         Oh ouais, j’adore !
  • -         Ah ? Tu n’as pas peur ?
  • -         Tu rigoles !! Pourquoi, t’as les jetons ?
  • -         Moi ?? Non, non, tu penses… Mais les gremlins sont terrorisés ! J’en ai un de planqué sous la table, l’autre dans le placard et le troisième dans la baignoire, et avec ça, le mec inutile qui leur sert de père est en vadrouille ! Au fait, il est là Paul ?
  • -         Paul ? Ben oui, on s’apprête justement à se faire un vidéo tranquilou tu vois ?
  • -         Euh… Tu pourrais me le prêter pour quelques heures ?
  • -         Hein ?! Mais pourquoi faire ??
  • -         Pour qu’il reste jusqu’à ce que je les gremlins s’endorment…
  • -         Mais tu es là toi ! Et puis, on vient de commencer le film…
  • -         Merci, Marion, merci !!! La prochaine fois que t’auras une souris dans ton garage, tu pourras toujours courir pour que je vienne mettre une tapette !
  • -         Mais qu’est-ce que tu racontes, je n’ai pas de garage !

 

21H00

  • -         Maman, il faudrait peut-être qu’on se couche, il y a école demain.
  • -         Tu vois ma chérie, comme je suis une super maman, je vous donne la permission de regarder un film ! Cool non ?
  • -         Non maman, pas cool ! J’ai une interro demain, Petite Gremlin s’est endormie sur le canapé et Gremlin Mâle rampe par terre tellement il est crevé ! Qu’est-ce qu’il se passe maman ? C’est l’orage ? T’as peur ?
  • -         Ah mais ! Est-ce que j’ai l’air d’avoir peur ? Et puis, qu’est-ce que tu fais encore debout ? Va te coucher !

 

21H15

« Non, je n’ai pas peur, non je n’ai pas peur, non je n’ai pas peur…. Aaaaaah ! Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que c’est ??? Les plombs vont sauter, ça c’est sûr ! Où est la lampe torche ? Où est cette p***** de lampe ? Ah la voilà ! Nom de D***, il n’y a plus de piles !

Ok, ok, on se calme… Je vais regarder la télé, ça me détendra… Non, non, pas la télé, risque d’implosion ! Bon, bon, bon, je vais bouquiner au lit, ça va m’endormir… »

 

23H00

« Je ne dors pas, je ne dors pas, je ne dors pas ! J’ai la trouille, j’ai la trouille, j’ai la trouille ! »

 

23H01

  • -         Grande Gremlin, Grande Gremlin ?
  • -         Hein ? Quoi ? Maman ? Pourquoi tu me réveilles ?
  • -         Je ne te réveille pas ma chérie, tu as fait un cauchemar…
  • -         Mais non, je n’ai pas fait de cauchemar… Laisse-moi dormir…
  • -         Non, non, non, je t’assure, c’était un horrible cauchemar, tu as tellement hurlé que tu m’as réveillée. Allez, viens dormir avec moi, tu seras mieux, je vais te protéger…
  • -         Maman, j’ai sommeil, laisse-moi…
  • -         TU VIENS TOUT DE SUITE DANS MON LIT, JE TE DIS QUE JE VAIS TE PROTEGER !!!!

01H32

  • -         Maman, arrête, tu me colles !

 

02H16

  • -         Maman !! Tu me pinces !

 

4H56

  • -         Maman, t’es sur moi là !

 

5H07

  • -         Chut Maman, tout va bien, je suis là…

 

Le lendemain matin, la chaîne météo annonçait des orages plus violents encore que la veille.

Dans une maison isolée, un mini-ado affolée envoyait ces quelques mots :

« Papa reviens vite ! Si je passe une autre nuit avec ta femme, je fugue ! »

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : Nanas...mais mamans aussi!
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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /2010 07:00

colon.jpgOn dit que les voies du Seigneur sont impénétrables, mais qu’en est-il de nos voies intestinales ? Pour ma part, elles me paraissent tout aussi insondables…

Heureux ceux qui se déchargent de leur fardeau encombrant aussi aisément qu’ils vident la poubelle ! Ils s’en vont, allégés d’un grand poids, vers d’autres préoccupations autrement plus réjouissantes.

 

On ne pense pas assez souvent aux infortunés qui, au-delà de 48 heures, sentent avec appréhension leur gros intestin s’embouteiller sans espoir d’amélioration à court terme. Car si, sur l’autoroute, on peut s’échapper par une sortie parallèle, dans le cas qui nous occupe, une seule débouchée s’offre au coincé; or, lorsque celle-ci est obstruée, il a de grandes chances de se retrouver très vite dans le purin !

Bien que n’ayant pas fait d’étude approfondie, il semblerait que la tendance à l’engorgement soit un état plus féminin que masculin...

 

Contrairement aux idées reçues, une femme coincée ne se promène pas avec un balai dans le derrière mais se meut d’une démarche traînante, légèrement courbée, les deux mains fréquemment portées à son abdomen. Son visage tendu n’abhorrant aucune félicité, on en déduit qu’elle n’est pas enceinte mais plus vraisemblablement constipée !

 

Lors de votre dernier séjour à l’étranger, bien à l’aise dans votre hôtel, il est très probable que vous l’ayez rencontrée…

Souvenez-vous de cette jeune femme qui, se joignant avec quelques minutes de retard à la table familiale du petit déjeuner, s’assoit lourdement, répondant par une dénégation muette aux question que tous lui posent :

  • -         Alors ?
  • -         Rien ? T’es sûre ?
  • -         Tu n’as peut-être pas suffisamment essayé…

La pauvre… Ne voient-ils pas qu’elle a poussé à s’en faire éclater les veines du visage ? Et, par souci des convenances ainsi que des oreilles indiscrètes des tables voisines, elle tait l’excroissance douloureuse apparue lors de ses vains efforts…

 

Elle le sait, pourtant, qu’en dehors de son trône personnel, elle rechigne à se détendre sur des sièges étrangers n’épousant pas à la perfection les courbes de sa croupe ! Que n’a-t-elle emmenée cette eau miraculeuse qui, tant de fois, l’a sauvée de cet engorgement par trop incommodant !

A défaut, elle mastique, sous les regards moqueurs de ses familiaux quelques pruneaux rassis dont seules les plus nouées en acceptent la consommation. C’est avec humilité et compréhension que les encombrées font connaissance autour de ces fruits rabougris, se souhaitant dans une prière muette, bonne chance pour un dénouement heureux.

 

C’est au moment d’exposer son corps au soleil que l’infortunée mesure toute l’étendue de sa misère : Elle, si fière de son ventre parfait, voit alors surgir une panse digne des plus grands buveurs de bière. Les regards en coin des femelles alentours lui confirment qu’elles n’ont rien à lui envier; celui de son époux que l’heure est grave et qu’il faut agir :

  • -         Chérie, aux grands maux, les grands moyens !

Et il l’entraîne, à son corps défendant, vers la salle de sport où il lui garantit qu’après une séance intense de footing, elle propulsera son trop plein aussi facilement que mettre une lettre à la poste ! Elle n’y croit guère, mais lorsque quelques heures plus tard, elle sent son corps lui lancer des signaux reconnaissables, c’est avec espoir qu’elle confie à son compagnon :

  • -         Je crois que ça vient !
  • -         Courage ! Je sais que tu peux y arriver !

Que d’espérances réduites à néant lorsqu’elle lui annonce, penaude, que seules trois minuscules fèces se sont péniblement extraites de son tuyau malmené. D’un naturel très optimiste, il la félicite d’avoir fait sauter le bouchon, nul doute que les flots se déchaîneront prochainement !

  • -         En attendant, lui dit-il, mange des pruneaux, marche, saute, nage, inscris-toi au cours de danse du ventre, bouge ton corps, il te le rendra au centuple !

Pourtant, au cours des jours suivants, son corps ne lui rend rien du tout (ou si peu), elle se gave de pruneaux, ses muscles sont endoloris par les excès sportifs et surtout, elle jette un regard envieux à ses compagnons de voyage affectés par une dysenterie tant convoitée.

 

Enfin sur sa terre, à peine le pied posé sur son sol natal, son abdomen paresseux se réveille et fête comme il se doit le retour au bercail !

Dans un « Ah ! » de soulagement, elle vide son sac, surprise toutefois de la capacité de rétention corporelle.

Plein de sollicitude, son époux s’enquiert de son état :

  • -         Alors ? T’es débouchée ?
  • -         Complètement ! En revanche, on a un léger problème d’écoulement…

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /2010 07:00

Cire-Boite-12-paires.jpgNon ce n’est pas un mythe ! Les hommes ronflent, un point c’est tout ! Les femmes aussi, c’est vrai, mais de façon plus subtile, sinon, pourquoi parlerait-on plus souvent du ronflement masculin que féminin ? Cette question étant résolue, n’y revenons plus.

 

J’ai toujours éprouvé une grande compassion pour celles qui partagent leur couche avec une locomotive en pleine action, imaginant sans peine leurs nuits agitées, leur sommeil entrecoupé de grognements en tous genres.

 

De la compassion pour ces femmes d’hier qui passaient directement de la maison paternelle au pageot marital sans se douter un instant de l’enfer cacophonique de leurs nuitées à venir. Malgré les allusions pudibondes de leurs mères quant aux devoirs obscurs d’une femme mariée, jamais, elles ne se seraient doutées qu’elles vivraient un tel cauchemar.

On ne peut que plaindre ces pauvres créatures qui s’avançaient, innocentes vers une future vie d’insomniaque.

 

Mais est-il encore possible de ressentir la moindre pitié face à ces femmes passives devant cette tare masculine, allant jusqu’à finir leurs nuits sur un canapé défoncé laissant à leur conjoint la jouissance du lit double aux draps parfumés à la lavande ?

Ne se sont-elles pas aperçues, ces gourdasses, après avoir commis le péché originel que leur amant s’endormait, bienheureux, la narine frétillante d’un timide ronronnement pour ensuite s’enhardir d’un formidable rugissement ?

Ne se sont-elles pas laissées conduire à l’autel le tympan encore douloureux de ces bourdonnements incessants ?

 

Aussi impensable que cela puisse paraître, elles sont pourtant exemptes de reproches car l’Amour, l’Admiration, le Bonheur d’avoir su trouver l’âme sœur ont occultés –entre autres - les imperfections nocturnes de l’Adoré.

Par ailleurs, le jeune fourbe, sur les conseils paternels, aura pris soin, avant de lui passer la corde au cou, de plonger sa dulcinée dans les bienfaits d’un sommeil artificiel la rendant sourde aux aléas sonores des naseaux maritaux.

 

La voici donc piégée !!!

 

Alors qu’elle entre d’un pas joyeux dans les charmes qu’elle imagine coquins de la vie conjugale, désaccoutumée des vapeurs soporifiques des narcotiques que son désormais mari ne prend plus la peine de dissoudre dans sa tisane, elle entrevoit, ou plutôt elle «entrentend » l’horrible tintamarre qui accompagnera désormais ses traversées nocturnes. Les yeux grands ouverts, à force de scruter l’obscurité, peut-être même en deviendra-t-elle nyctalope.

Son ouïe exacerbée par le souffle rauque de son voisin de droite, elle en perdra le sommeil, contrôlée par son cerveau à l’affût de la moindre sonorité malveillante.

 

Elle en viendra alors à envisager toutes sortes de solutions pour faire cesser ce supplice digne de l’Inquisition, de la batte de baseball radicale mais salissante à l’étouffement par l’oreiller requérant une certaine force physique.

 

De guerre lasse, parce qu’elle aime cet homme mais surtout parce qu’elle craint de ne devoir partager sa cellule avec des ronfleurs patentés, elle se dirigera d’un pas lourd à la pharmacie et demandera dans un chuchotement honteux qu’on lui cède une paire de boules…cireuses.

 

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /2010 07:00

palmedor.jpgSi ma copine Muriel n’a jamais voulu être une actrice mais épicière et fée (idéalement les deux à la fois, c’est plus commode), mon rêve à moi, a toujours été de gravir les marches du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes.

 

 

Vêtue d’un long fourreau de velours noir mettant en valeur mes formes harmonieuses, montée sur des escarpins aux talons compensés, ma chevelure aux extensions insoupçonnables livrée aux facéties du vent, je me voyais, je me vois, je me verrai monter ces marches aussi lentement que possible (sans me tordre la cheville, d’où les talons compensés…), offrant aux photographes, journalistes, télévisions internationales et badauds en crise d’apoplexie, le luxe de m’admirer sous toutes les coutures, imaginant avec délectation cette mère de famille rentrant en son logis, le regard empli de ma divine personne, relatant avec emphase aux gremlins et consort cette rencontre improbable qui illuminera d’un rayon céleste le reste de son existence monotone.

 

Je sens que je m’égare légèrement… Où en étais-je ?

Ah oui ! Quel rapport avec ma copine Muriel ? Eh bien, il était écrit qu’elle serait la messagère de cette gloire tant convoitée…

 

C’est au cours d’un déjeuner aussi sympathique que détendu qu’elle m’informa qu’entre autres activités, elle était devenue l’héroïne d’une série diffusée actuellement sur Orange.

Ma fourchette de hachis m’en tomba des mains, ma bouche s’arrondit d’un « Oh » de fascination, mes yeux s’exorbitèrent de stupéfaction.

 

- C’est pas bon ? s’enquit-elle, scrutant la purée qui dégoulinait délicatement sur mon menton.

 

Je me ruai aux toilettes, fis disparaître d’un coup de langue la pomme de terre séchée, sortis en hâte poudre, mascara, fards de toutes sortes et rouge à lèvres grenat et réapparus, largement souriante, la voix quelque peu déformée par mon état proche de l’hystérie.

 

- T’es actriiiiiice ???? T’es actriiiiiice ?! T’es actriiiiiiice !!!!!

- Euh… Oui, me dit-elle, mais je ne l’ai pas fait exprès. Au départ, c’était pour aider mon Jicé. Il est réalisateur, scénariste et pied-noir !

- T’es maquée avec un réalisateur ??? T’es maquée avec un scénariste ?! T’es maquée avec un pied-noir !!!!

 

Moi qui depuis le berceau rêvait d’une telle aventure, n’hésitant pas à plus de xx années à faire la sortie des Collèges dans l’espoir de me faire repérer – soit dit en passant, je me fais beaucoup repérer, au risque de me faire embarquer – je pensais que la vie était décidemment trop injuste… (le personnage de Caliméro est un rôle que j’interprète très bien aussi !)

 

Pourtant, il était écrit que c’est par Muriel que le destin frapperait à ma boîte e-mail :

« Salut Sophie, ça te dirait un petit rôle dans FDP ? »

 

FDP ne sont pas les initiales d’une insulte si usitée qu’on se demande si elle a encore un sens mais celle de « Faits Divers Paranormaux », une série ovni ayant pour objet le paranormal dans le quotidien d’un couple (Muriel et Jicé) tout ce qu’il y a d’ordinaire. Les petits hommes verts débarquent au milieu des épluchures de patates, les fantômes hantent gentiment la banlieue en s’exerçant aux claquettes et Spiderman se sert de sa toile d’araignée pour ficeler les rôtis.

Le tout servi en 26 épisodes de  5 minutes diffusés les jours de semaine à 20 h 30 jusqu’à la mi-mai sur la chaîne Orange Ciné-Choc.

 

Au terme d’une courte réflexion, j’envoyai ma réponse :

« Oui, Oui, OUI, je le veux ! Où, quand, comment, quel rôle ? »

« T’affole pas, c’est pas pour la série mais pour le blog crée en accompagnement. Tu jouerais ma copine d’enfance. »

 

C’est un début me dis-je, tous les chemins mènent à Cannes, même le web !

Pourtant, la suite prouva que j’aurais dû me méfier…

 

« Salut, m’écrivit Muriel, Mardi 11 heures, t’es libre ? »

« Pas de problèmes, répondis-je, combien de jours dure le tournage ? Il faut que je m’organise… »

« Une heure. »

 

Ne voyant que le bon côté des choses, je me dis que c’était autant de frais de baby-sitting d’économisés.

 

« Comment dois-je m’habiller, me maquiller, le coiffeur est-il remboursé ? »

« Viens comme tu es. »

« Et mon texte ? Il faut que je l’apprenne ! »

« T’inquiète pas pour ça. »

 

Une petite voix me souffla que tout cela n’était pas tout à fait normal… En même temps quoi de plus normal pour une série paranormale !

Je soignai toutefois ma tenue – Jean, baskets, doudoune – et m’engouffrai dans les ruelles étranges de la banlieue parisienne…

 

Sur place, pas du tout impressionnée (entre gens du 7ème art, on se comprend), Jicé m’expliqua mon rôle. Décelant aussitôt la grande actrice qui sommeille en moi, il me laissa carte blanche :

- Tu es la copine d’enfance de Muriel que tu retrouves par hasard dans la rue. Muriel, sa maman Simone et moi nous rendons au commissariat pour signaler l’étrange réapparition de mon frère depuis longtemps disparu. C’est à ce moment-là que tu tombes sur nous. Tu peux par exemple, être mère de 8 enfants, vivre des pensions alimentaires de tes 4 ex-maris… Ah oui, on t’a préparé un cabas parce que tu reviens du supermarché ! »

 

Je le regardais interloquée, prête à en découdre :

« Non mais attends ! Les courses, c’est mon quotidien, t’aurais pas un truc un peu plus glamour ???? »

Mais avant que je puisse me rebiffer, ce fut Muriel qui m’asséna le coup de glamour :

- Alors tu vois, comme on est copines depuis la maternelle, Jicé voulait qu’on ait une sorte de code, alors, j’ai pensé à… »

 

Après tout, même les plus grandes actrices ont commencé par des rôles frisant le… le…. et je préfère que vous l’appreniez par moi plutôt que par les journaux : C’est LA !

 

PS : Arthur, si tu passes par ici, ce ne sera pas nécessaire de montrer cette casserole, tout le monde l’aura déjà vue. Merci.

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /2010 07:00

- Dis Maman, t’as bien dormi cette nuit ?

 

De deux choses l’une : Soit le gremlin a un truc à quémander, soit il s’enquiert gratuitement de la qualité de mon sommeil. Je choisis la seconde option. Optimisme, quand tu nous tiens…

 

- Très bien, mon petit gremlin adoré, c’est gentil de t’en inqu…

- Ah ? Parce qu’on dirait pas, assène-t-il, l’air de rien, une main tendue vers la brioche home-made de Carrouf.

- Pas touche à MA brioche ! fais-je en lui tapant sur les doigts, puis, radoucie, dis-moi, gremlin affamé, cette remarque insinuerait-elle que, par le plus grand des hasards, tu ne me trouverais pas à mon avantage ce matin ?

- J’comprends rien à c’que tu dis. J’peux avoir de la brioche ?

 

J’hésite un instant à l’engloutir d’un seul coup sous son nez mais la vérification de mon apparence physique m’apparaît bien plus vitale.

D’une démarche nonchalante, je me dirige vers mon beau miroir, entendant déjà sa douce mélodie :

- Ô ma reine, de toutes les reines de ce royaume, tu es la plus… MAIS C’EST QUOI CETTE TRONCHE ?????

 

Miséricorde, tout y est ! Le cheveu terne et filasse, le visage bouffi avec la marque des draps incrustée sur la joue gauche, l’œil vaseux, le teint blafard moucheté de quelques rougeurs boutonneuses clairsemant ce visage qui n’est pas le mien, certes non ! Je ne peux décidemment pas sortir avec cette tête là !

- Tu peux emmener les gremlins à l’école, demande-je à Mr Gremlin.

- Désolé, j’ai une réunion à 9 heures.

- Oui, ben moi, je ne peux pas mettre la tête dehors !

- Pourquoi, t’es malade ?

- Regarde-moi !

- Oui… T’es jolie tout plein !

 

La dépression s’abat sur tout mon être…

 

- Bouh, ouh, ouh… Tu ne m’aimes plus, uh, uh…, ch’uis moche, oche, oche, ch’uis boutonneuse, euse, euse, ch’uis… T’AS UNE MAITRESSE !!! C’est ça hein ? AVOUE !

 

Mr Gremlin, qui doit être au bureau dans 40 minutes pétantes, se demande comment il va se débrouiller pour se sortir sans trop de bobo de cette situation affligeante sachant qu’il est maintenu contre le mur par une vampiresse l’étranglant avec sa cravate.

La vie de cet homme n’est pas aisée, aussi arrêtons-nous quelques instants et pénétrons dans son cerveau malmené par les névroses de son épouse :

 

« Bon, je fais quoi moi maintenant ? Si je lui dis qu’elle a effectivement une sale gueule, je m’en prends une. Si je lui dis que non, je m’en prends une. Ah mais c’est vrai qu’elle a un bouton sur le menton… A part ça, je ne vois pas trop de différences…

Une maîtresse ! Remarque, je pourrais si je voulais… mais m’en coltiner deux comme elle ! Comment ils font, tous ces hommes avec deux femmes ? Ils doivent avoir un de ces sang-froid… Ca force l’admiration…

Aie ! C’est qu’elle me fait mal avec son demi-muscle !

Ce qu’elle est compliquée quand même ! Ma mère, elle n’est pas si tordue que ça… Sa mère, si. Si je lui dis ça, on est partis pour la grande tirade familiale, et, la veille de week-end, ce serait très mal joué…

Bon, c’est pas tout ça, quand il faut y aller, il faut y aller ! »

 

- Ma chérie : Oui tu as une sale gueule ce matin, ça ne m’empêche pas de t’aimer, quoiqu’il y ait des jours... Non, je n’ai pas de maîtresse, tu comptes pour deux, et même plus ! Maintenant tu lâches ma cravate, faut vraiment que j’aille respirer bosser !

 

Avant de partir, l’homme s’adresse à son fiston :

- Mon fils, retiens bien ceci, c’est important pour ton avenir : Avec une femme, quoique tu fasses, tu joues, tu perds ! C’est mathématique...

 

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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