Tant qu'il y aura des hommes...

Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 07:00

Rocky.jpgPrenez un PAF et une MAF lambdas. Affublez-les (au hasard) de 3 gremlins. Secouez le tout et placez l’ensemble sur un ring. Au gong, laissez-les s’affronter dans la jungle quotidienne.

Un seul survivra…

Dès le premier round, l’homme laissera son adversaire sur le carreau, aussi performante soit-elle.

 

Mettez le PAF et la MAF en situation de promenade citadine, poussant un landau, deux gremlins accrochés de part et d’autre. Leurs déplacements à l’horizontale occupant amplement la largeur du trottoir, vous remarquerez que l’on s’écartera volontiers, cédant de bon cœur le passage à ce brave père de famille, alors que la MAF se prendra en pleine poire quelques remarques marmonnées suffisamment fort pour que les passants en profitent aussi :

- C’est pas vrai ces bonnes femmes avec leurs mioches ! Comme si on n’avait pas assez des crottes de chiens !

- Note que, comme les chiens, il faut bien qu’ils prennent l’air… Au moins, ils ne font pas par terre…

Ce qui est vrai la plupart du temps sauf quand la MAF abandonne par inadvertance sur le bitume une couche sale mal fermée…

 

Lorsqu’elle se rend au supermarché, la MAF évite soigneusement d’y traîner ses mouflets. La seule fois où elle s’y est risquée, elle a perdu l’aîné alors qu’elle tentait d’attraper la boîte de céréales du second, tout en mouchant le troisième avant qu’il n’asperge de sa morve la mise en pli de cette charmante retraitée. Alors qu’elle y était presque, elle a sursauté en attendant : « La mère irresponsable qui ne sait pas surveiller son gosse est priée de se rendre à l’accueil avant qu’on appelle la DDASS ! ». De surprise, elle en a lâché les céréales sur la tête du morveux qui, ouvrant la bouche de douleur, laissa échapper un hurlement strident ainsi qu’un crachat aussi gluant que verdâtre sur la bajoue de la charmante retraitée devenue harpie.

 

Dans la même situation, on ramènera gracieusement le morpion égaré à son PAF (qui lui, ne s’est même pas aperçu de sa disparition), sourire aux lèvres accompagné d’un :

- Ah ces enfants ! Qu’ils sont coquins quand même ! Ils en ont de la chance d’avoir un gentil papa comme vous !

La retraitée, attendrie par l’air inspiré du ledit papa devant le linéaire de céréales, le conseillera aimablement :

- Prenez ceux-là, ceux sont les préférés de mes petits-enfants !

Et, alors que le petit lui bavera dessus, elle s’essuiera délicatement du revers de la main, à peine dégoûtée :

- Non, non, laissez, ce n’est pas grave… Pensez-vous ! Quoiqu’il en soit, vous avez une bien jolie famille cher Monsieur ! Et voir un homme faire les courses avec ses enfants, ce n’est pas si fréquent – y’a qu’à voir ma feignasse de bru ! -, j’espère que votre femme est consciente d’avoir épousé la perle rare !!

 

La MAF qui passe par là en pleure de dépit…

 

Le Mercredi, entre deux activités sportives des aînés, le PAF retrouve ses copines 4/5èmes au parc. Elles l’encerclent, le soulagent du petit dernier pour qu’il fume sa clope tranquille, puis frétillent autour de lui telles des anguilles hors de l’eau. Son visage mal rasé suscite leur attention bienveillante, leur admiration est sans bornes devant son dévouement paternel.

La MAF qui passe par là, pas rasée, pas maquillée et mal habillée tente une incursion au sein de cette joyeuse bande mais les regards peu flatteurs qu’elle récolte la renvoient aussi sec au bac à sable :

- Pas étonnant que son mec soit aux abonnés absents, t’as vu son look ?

- Et ses mômes… Toujours à taper dans le goûter des autres !

Le PAF, soudain honteux, s’aperçoit qu’il a oublié celui de ses bambins.

- Attends, lui répond-on conciliante, ça arrive à tout le monde ! Tu ne peux pas penser à tout, t’es pas une machine !

 

La MAF, assise seule sur son banc, cherche une branche assez solide pour se pendre…

 

Lors du dîner chez les Dupont, la MAF s’est juré de ne pas parler de son boulot sauf qu’elle n’avait pas prévu la présence du PAF.

Celui-ci, interrogé sur ses activités, est intarissable sur son nouveau job qui, dit-il, représente un véritable challenge. L’assemblée, captivée  par sa reconversion professionnelle participe activement au débat sur la technique de repassage des chemisiers de Madame ou du comment obtenir la température idéale biberonesque.

Les femmes le regardent amoureusement, les hommes avouent à contrecœur leur incompétence dans ces domaines  hautement scientifiques.

La MAF, à qui l’on demande alors « Et vous, vous faites quoi dans la vie ? » répond nonchalamment « comme lui » et récolte un « Ah… » désintéressé.

 

De retour chez elle, la MAF décide de se laisser pousser la barbe et les poils aux pattes tout en criant de sa voix rauque « Adriaaaaaaan ! »

 

PS: Ca marche aussi avec le PAB et la MAB!

 

Edit du Mardi:

Le PAF le plus médiatisé de la blogosphère nous donne sa version des choses: C'est ICI

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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes...
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 07:00

masculin.jpgEn ce jour si particulier, puis-je faire autrement que d’écrire sur LE sujet qui est l’essence même de ce blog ? Notons par ailleurs qu’en cette année 2010, il tombe un Lundi, autant de signes que je ne pouvais ignorer…

Et pourtant, j’ai décidé d’aller à contre-courant, de délaisser la Femme adulée aujourd’hui, peut-être oubliée demain pour dédier ce billet à celui qui se retrouvera en ce jour dans ses petits souliers et qui ne cessera de prier pour que ces 24 heures cessent enfin !

 


Mon bonhomme, je pense à toi qui, dès ce matin, sera réveillé au son de l’égalité. Ton café ne fumera pas dans la cuisine, ton épouse guillerette te grillera sous la douche te laissant le soin de préparer tes gremlins pour l’école ET de les y emmener !


Tu manqueras de temps pour changer ta chemise mouchetée de quelques doigts chocolatés, te rueras dans les transports en commun, en nage malgré l’air glacial. Là-encore, tu feras bien attention de ne pas user de ta force pour t’octroyer la dernière place assise du wagon afin d’y lire ton journal, mais tu la cèderas élégamment à cette jeune femme enceinte de 15 jours qui attend le moindre faux pas pour te tancer vertement.


Debout dans la rame, écrasé de toutes parts, tu goûteras peut-être à l’enchantement de te faire peloter par quelques mains anonymes dont les propriétaires aux faces candides te feront douter de ta santé mentale. Tu regretteras d’avoir enfilé ce pantalon ajusté moulant tes attributs, ce qui, reconnais-le, est bien un appel aux palpations…

Parvenu à destination avec quelques minutes de retard, tu iras déposer un café parfumé sur le bureau de ton assistante, laquelle ne te remerciera pas, jugeant, à raison, que ce n’est pas ce geste qui lui fera oublier ton refus de RTT pour cette journée où elle voulait aller manifester.

 

Il te faudra supporter le défilé de tes employées collaboratrices – attention aux qualificatifs je te prie ! – qui viendront réclamer équité salariale face à leurs collègues justifiant de moins d’ancienneté qu’elles. Tu auras envie de leur répondre qu’eux, ils n’ont pas de gosses qui tombent malades au moment des budgets ou de nounous qui les lâchent au pire moment ! Tu seras alors sauvé – crois-tu ! – par l’appel de la tienne qui te rappellera qu’elle ne pourra pas aller chercher tes gremlins pour cause de journée off gentiment accordée par ton épouse, laquelle te laisse le soin de régler le problème.

 

Accablé, tu iras annoncer à ton Chef de Service que tu ne pourras assister à la réunion budgétaire mensuelle pour raison domestique. Tu papillonneras un peu des yeux pour l’amadouer et soupireras de soulagement lorsqu’il te dira :

- Vous en faites pas mon vieux. La réunion est annulée. Mon fils vient de faire exploser l’arcade sourcilière par une camarade de classe. Ma femme, qui pourtant ne travaille pas, est aux abonnés absents, il faut que j’y aille… Drôle de journée, hein ?

Vous vous donnerez l’accolade, fiers de cette solidarité masculine qui vous unit soudain.

 

Tu perdras une plombe à supplier le Centre de Loisirs de te prendre tes gremlins jusqu’à 18 heures. Tu arriveras à l’arrache, récupéreras ta descendance surexcitée, découvriras avec horreur que les devoirs ne sont pas faits et que tu n’y entends pas plus qu’eux au plus-que-parfait dont le contrôle est justement prévu demain !

 

Tu n’auras pas encore eu le temps de prendre ton apéro devant « Le Grand Journal » que tes gremlins hurleront famine. Tu découvriras alors le SMS de ta femme t’avertissant qu’elle ne rentrera pas dîner, faisant monter d’un cran ta mauvaise humeur.

Tu ouvriras une boîte de cassoulet accompagné de pain dur et de Danettes périmées en faisant taire les jérémiades par un :

- J’ai pas eu le temps de faire les courses !

 

Une fois le calme revenu, tu t’affaleras dans le canapé en pensant que tu n’as pas la force de t’épiler. Tu rejoindras ta couche, t’endormiras dos à ton épouse toujours absente, laquelle te réveillera en pleine nuit par quelques caresses avinées auxquelles tu répondras :

- Vire ! J’suis naze !

 

Pourtant, tu lèveras une paupière, t’apercevras avec délectation qu’il est 0h30. Tu embrasseras ta douce, non pas parce que tu l’aimes, mais parce que cette foutue journée est enfin terminée et que demain, la terre recommencera à tourner dans le bon sens.

 

Ton calme enfin retrouvé, tu songeras que l’on pourra parler de parité le jour où l’on célèbrera « La journée de l’Homme », ce qui, crois-moi, n’est pas demain la veille !

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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : tribulations de filles
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 07:00

point_d_interrogation.jpgIl m’est arrivé de lire dans les magazines féminins que les hommes ne sont pas contre ce type de lecture, qu’ils piquent la revue à l’insu de leur chérie, voire même qu’ils la parcourent ensemble. Je trouve qu’ils ont bien raison, c’est un excellent moyen pour décrypter les messages subliminaux de la créature avec laquelle ils partagent leurs vies. Certains vont jusqu’à dire qu’ « Elle », « Marie-Claire » ou « Cosmo » leur ont sauvé leur couple.

 

Ce qui m’amène tout naturellement à cette interrogation qui me ronge (non, le mot n’est pas trop faible !) depuis quelques jours : Mais où sont donc les hommes sur ce blog ?!

J’en reconnais bien deux ou trois qui se baladent, certains même s’accrochent, âmes esseulées parmi cette foule – n’ayons pas peur des mots – de femmes avides de mes billets hilarants…

Pourtant, au-delà de son aspect faussement superficiel, vous conviendrez sans doute avec moi que ce blog livre GRATUITEMENT certaines clés permettant à l’homme de base d’aujourd’hui de résoudre partiellement les mystères qui entourent la nymphe qui lui sert de compagne.

Car ces billets ne sont pas écrits à la hâte, entre la douche et le petit-déjeuner, mais mûrement réfléchis, intellectualisés et testés sur un spécimen de haute volée : Le géniteur des gremlins.

Depuis neuf mois que ce bébé blog existe, il va sans dire que le nombre d’accrochages de notre tandem a singulièrement décru. Nul besoin d’argumenter, de tenter inlassablement de lui faire comprendre ma psychologie complexe, un petit billet et hop, Lazare voit enfin jaillir la lumière…

 

Pour preuves, quelques phrases de témoignage recueillies au fil des derniers mois :

« Quand tu me parles, j’essaye de t’écouter » ; « Je demande aux gremlins de m’appeler en douce au bureau pour me prévenir de ta visite chez le coiffeur. Si tu es d’humeur badine, je te dis que ta coupe est magnifique, si tu me tends sèchement la joue, je te propose de préparer le dîner pendant que tu te laves les cheveux » ; « Lorsque tu décides pour la énième fois de te remettre au sport en achetant « Le Pilate pour les nuls », je ne pars pas d’un éclat de rire moqueur en tapotant ta fesse molle, mais je t’encourage en gardant mon sérieux » ; « Lorsque tu me sers un œuf à la coque sans mouillettes après une journée de 14 heures au boulot alors que tu as passé la tienne à bloguer pour pas un rond, je t’embrasse tendrement en te remerciant pour la fraîcheur de l’œuf » ; « Enceinte, je ne dirai plus « tu roules ? » mais « ta plénitude est un enchantement » tout en le pensant vraiment » ; « Je reconnais tes qualités d’éleveuse de gremlins ingrats, pour la peine, je sortirai les poubelles sans que tu me le demandes ».

 

Outre les retombées positives que procurent la lecture de ce blog quant à la quête du Nirvana familial, il permet également aux rares commentateurs d’y aller de leur point de vue, ce qui, remarquons-le, est un gage de mon ouverture d’esprit (comme on dit, tout est bon dans le cochon…). Pour cela, je tiens à remercier Damien qui se manifeste depuis quelque temps déjà avec une régularité qui me fait croire que ce que je raconte l’intéresse, et M1 qui a fait son apparition récemment. Il y a aussi JY et GG, plus épisodiques certes, et dont les pseudos me laissent à penser qu’ils ne tiennent pas du tout à être reconnus…

Pour conclure, ce blog a aussi besoin d’hommes, n’hésitez donc pas à vous manifester, il n’y a pas de honte à lire des sites de filles, vous ne vous en porterez que mieux !

 

PS : Aux lectrices, continuez à poster vos commentaires, sinon, je sens que je vais faire un flop !

PS2 : Ce n’est pas la peine de déguiser votre pseudo en pseudo de mec !

PS3: Une info de dernière minute m'apprend que Sandra les a tous séquestrés dans sa salle de bain!
 

Et puis, pour la route, la chanson « Où sont les hommes » interprétée par Sandrine Sarroche lors du spectacle « Blogs en Scène ». Pour l’écouter, rendez-vous à la 38ème minute.

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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : tribulations de filles
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /Jan /2010 07:00

Aspirine.png- Je suis maladeeee ! Complètement maladeeee !

 


C’est ainsi que l’homme fit son entrée, balançant son manteau sur le divan, les chaussures sous le divan, la cravate sur l’accoudoir du divan et se planta devant son épouse, les oreilles basses et l’œil larmoyant.

 



- Qu’est-ce t’as ? s’enquit-elle

- Ch’suis balâde…

- Oui, mais encore ?

- J’me sens pas bien…

 

Abandonnant sa tâche, elle vint tâter le front tiède de l’agonisant et déclara :

- T’as pas de fièvre.

- Et comment tu le sais ? répondit-il, vexé

- J’ai un don, je sais quand les gens ont de la fièvre.

- Ton don, il est peut-être rouillé…

 

Poussant un soupir exaspéré, elle attrapa le thermomètre et le lui tendit :

- Vérifie, tu verras si je suis rouillée !

- C’est quoi ce truc ??? Comment on le met ???

- Ca se « met » pas, ça se bip sur le front !


Bip, bip, bip, bip, bip, bip….

- Ca marche pas!

- Comment ça, ça marche pas?

- Il dit 36°8, ça marche pas j’te dis !

- Ca marche parfaitement bien, c’est juste que tu n’as pas de fièvre, voilà !

 

Bip, bip, bip, bip, bip…

- Ah si, ça marche! Ca dit 37°2! Tu vois, ch’suis balâde ! Faut que je prenne des médicameeeents !

- Y’a de l’aspirine dans la pharmacie.

 

- C’est où ??? J’trouve pas…

Sans mot dire, elle saisit la boîte de comprimés et lui en fourra deux dans la bouche.

- J’aime quand tu t’occupes de moi…, murmura-t-il, amoureux.

 

 

- Alors, t’en penses quoi ?

- Je pense que ce n’est pas réaliste du tout ! Je ne suis pas comme ça !

- Non mais attends, je ne parle pas de toi là ! C’est de la fiction, c’est pour de rire !

- Ouais, ben ce billet-là moi, il ne me fait pas rire et puis tu vas t’attirer tout un tas de gars qui vont râler à force de nous faire passer pour des andouilles !

- Justement ! Des gars, il en manque sur ce blog, et puis, si ça peut attirer plus de lecteurs, hein, pourquoi s’en priver ? Non ?

- Non, vraiment, il n’est pas bon ce billet, désolé… Aaaatchoum !


- Quoi ? T’es malade ? C’est vrai que t’as l’air tout chose… Tu veux un doliprane ? Attends, je vais te prendre la température, tiens, voilà du pschit pour ton nez… Ah la la la, t’en fais une tête, tu ferais bien d’aller te coucher… Tu veux une tisane, un thé ?? Tu ne peux pas aller travailler dans cet état mon amour…

Ah ben, qu’est-ce que je disais : 37°1 au lever, c’est du 40° ce soir à coup sûr.

Non, non, non, ne bouge pas, je m’occupe de tout, reste au chaud, je vais appeler le boulot pour dire que tu n’y vas pas…

- Non ma chérie, ce n’est pas grave, ne t’inquiète pas. Si je ne vais pas travailler, qui va assurer ton bien-être et celui des gremlins ? Avec ce froid, t’imagines si on nous coupe le chauffage ?

Allez, un peu de courage, tu vas voir, je vais y arriver…

 

 

- Tu rigoles ??? C’est pas du tout crédible cette version-là !

- Ah bon ?…Dommage, j’aimais bien… Aaatchoum !

 

- T’es malade ?

- J’ai un rhume.

- Tu veux un doliprane ?

- Envoie ! A titre préventif.

- Ca va aller ?

- J’crois.

- Ok.

- Ok.

 

A chacun son infirmière…

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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /Août /2009 07:00

 

S’il y a une chose contre laquelle un homme ne peut lutter, c’est devant le regard papillonnant de sa fille, murmurant tendrement :

- Mon petit papou d’amour que j’aime…

 
Nous qui observons la scène, un sourire moqueur aux lèvres, attendons la suite, curieuse de savoir ce que cache un si bon début.

Le père, lui, cesse immédiatement son activité, quelle qu’elle soit, pour porter son attention vers ce petit bout de femme qui lui joue déjà une formidable scène digne des plus grandes séductrices.



- Oui, ma chériiiie ?

- Tu es le meilleur de tous les papas du monde…

Battements de paupières, bouche en cœur, petit bisou sur la joue, la coquine n’oublie rien, pour un peu, elle nous donnerait quelques leçons que cela ne nous ferait pas de mal.

 

« Le meilleur papa du monde » n’y voit que du feu, accepte, au comble de l’attendrissement, ce compliment supposé gratuit. Il nous coule même un regard chargé de fierté, l’air de dire : « C’est MA fifille, ça ! », oubliant que nous y sommes aussi pour quelque chose dans la conception de la fifille en question…

Enroulant ses bras autour de son cou, frottant sans sourciller sa peau délicate contre la barbe de trois jours de papounet – là, il faut bien avouer, elle est vraiment trop forte ! – elle lui glisse à l’oreille :

- Tu veux bien m’acheter un slim ?

- Un slim ? C’est quoi ça, ma petite fille jolie ?

- Un pantalon, dit-elle, et d’ajouter telle Cendrillon en haillon, je n’en ai plus…

- Comment ???? s’exclame papa, transformé en gélatine tremblotante de compassion, mais que fait ta mère ?!

Ben tiens ! Cela nous aurait étonné, aussi, d’échapper au rôle de la méchante sorcière… Nous décidons de ne pas intervenir, épatée, malgré nous, par le don de manipulation de notre enfant.

- Elle dit que c’est pas grave d’avoir des pantalons un peu courts, que c’est la mode…

Oh !!!!! C’est tellement énorme que nous partons dans un fou-rire à se tordre les abdominaux, sûre que Papou va enfin sortir de son enchantement. Pas du tout ! Le pouvoir hypnotique de sa fille est tel qu’il lui a fait fondre son neurone de discernement !

- Et bien, qu’à cela ne tienne, je t’y emmène tout de suite, moi, t’acheter un slip !

- Euh… un slim, papa…

- Oui, un pantalon, quoi !

- Papa chéri… Tu sais, je peux y aller toute seule si tu veux, donne-moi juste les sous, ça ira…

Hé, hé, hé, nous y voilà, fifille chérie en a après le portefeuille de papa d’amour… Là, c’est certain, il va réagir !

Effectivement, il réagit en sortant un billet qu’il tend à la Garbo de service, laquelle disparaît en me lançant un sourire de victoire.

- Tu te doutes que tu viens de te faire avoir en beauté, n’est-ce pas ? avançons-nous, incertaine néanmoins de la réponse.

- Bien sûr que je le sais ! Mais, que veux-tu, elle est tellement mignonne…

- Ah ? Parce que tu la trouves mignonne quand elle me ridiculise ouvertement devant toi en racontant n’importe quoi sur des soi-disant pantalons trop courts ?

- Allons, elle plaisantait, tu le sais aussi bien que moi…

C’est pathétique la facilité avec laquelle un père se laisse entortiller…

 

Qui pourrait nous comprendre ? Qui ?

Mais bien sûr ! Sommes-nous bêtes de ne pas y avoir pensé plus tôt !

- Allô ? nous répond, à l'autre bout du fil, une voix masculine.

- Mon petit papa chéri ?...

 

Et alors ? Nous aussi, on est la fille d’un papounet…

Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : tribulations de filles
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