Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 07:00

lapinalice.gifC’est l’histoire d’une femme née avec une horloge dans le cerveau.

Les tic-tacs résonnent dans sa tête ponctuant le rythme de ses journées.

Chaque minute a son rôle.

Les tâches s’exécutent, solennellement approuvées par les heures qui s’écoulent.

La pauvre âme est tellement programmée que, dès qu’un imprévu se glisse dans son rouage horaire, elle en perd sa trotteuse.

 

Elle se désespère de faire les cent pas sur le trottoir, dans l’attente impatiente du malotru qui n’arrive pas. Les pieds trempés dans ses sandales, elle reçoit, offusquée, les quolibets indélicats des automobilistes qui la dépassent.

 

Elle regarde sa montre et soupire.

« Si l’on mange en 37 minutes, à condition de commander tout de suite, nous pourrons arriver à temps pour la séance. Sachant qu’il y a 15 minutes avant le film, on pourra peut-être boire un café. Ou un dessert. Mais pas les deux. Ca non ! On n’aura pas le temps ! 

Voyons… Nous pouvons toujours aller à la séance suivante. Je prendrais le train de retour de 17h32, j’arriverais à la gare à 17h53, disons 57 avec le retard, ça me fait donc 18h06 à la maison, j’aurais encore le temps de préparer mon bœuf bourguignon et, si je me dépêche un peu, je passerais à table à 19h15… Oui, c’est bien aussi. »

 

Soulagée, elle ose un regard triomphant à son bracelet-montre : « Te voilà bien attrapé ! », dont les aiguilles poursuivent leur tour, imperturbables.

 

Tac, tac, tac, fait le soulier sur la chaussée.

« Toujours être en retard à un rendez-vous galant… » lui répétait sa maman.

Mais voilà, c’était son premier rendez-vous, elle ne voulait pas risquer de le manquer…

 

Un homme s’approche :

- Vous avez l’heure ?

- 12h36, répond-elle sans un regard.

 

Le doute fait place à l’impatience.

« Nous avions dit midi, n’est-ce pas ? Midi pile ! J’ai d’ailleurs bien insisté sur le pile. C’est joli, je trouve, le pile… C’est rond et précis à la fois. D’ailleurs, je dis toujours midi pile, parce que treize heures piles, c’est trop tard pour déjeuner. Oui, oui, j’en suis sûre, midi pile !

Me serai-je trompée de jour ?

Impossible, on a dit Lundi, je le sais parce que je me souviens avoir pensé que j’aurais le temps de faire le marché, à condition de partir 10 minutes plus tôt, pour ranger mes légumes et prendre le train de 10h58. J’y étais même à 56, des fois qu’il serait en avance.

C’est ça, j’en suis bien certaine, mais alors…. pourquoi n’est-il pas là ? »

 

Quelle triste vision pour les passants que cette femme ruisselante, seule sur un trottoir, dont le visage se tord sous la colère qui l’envahit…

 

Soudain, la voilà qui s'agite.
Sa main furète dans son sac. Elle en sort un appareil vibrant d’exaspération qu’elle colle fébrilement à son oreille :

- Allô ? Allô ?

- Vous êtes en retard !

- Quoi ?... En retard !...Mais, non, je…

- On avait dit midi pile, il est 12h44…

 

L’incrédulité fige ses traits. En retard ? Elle ? Impossible !

 

- On avait dit midi pile, en face du numéro 32.

 

Elle lève les yeux. Elle rit. Elle est au numéro 23…

 

- J’arrive ! J’arrive ! Attendez-moi !

 

Elle court à son rendez-vous, libre enfin.

 

Elle est en retard…

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Par Sophie L. - Publié dans : Atelier d'Ecriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 07:00

piednoir.gifNaître dans une famille pied-noir, c’est à peine moins pire que dans la mafia…

Etre une fille dans une famille pied-noir composée principalement d’éléments masculins, c’est à peine moins pire que dans la mafia…

Avoir trois oncles pieds-noirs, un père qui se convertit à l’occasion, des frères et des cousins pieds-noirs, c’est à peine moins pire que dans la mafia…

 

Aussi, lorsque je ne pus déroger plus longtemps à la présentation officielle de celui qui aurait plus tard le courage de m’épouser (et les pieds-noirs avec), n’en menai-je pas large !

Bien sûr, j’avais pris soin de ne pas trop approfondir les quelques particularités familiales à mon prétendant. J’en tenais un, il fallait que je le garde !

Une fois qu’il fut suffisamment bien arrimé, je décidai qu’il était assez fort pour affronter ces présentations sans prendre la poudre d’escampette.

 

La famille au complet s’était réunie pour l’occasion.

Les femmes préparaient le traditionnel couscous, les hommes parlaient déjà haut, se pliant ainsi à la coutume ancestrale : « Si tu veux être entendu, parle plus fort que les autres ! ».

C’est dans cette bruyante cacophonie que j’abandonnai mon amoureux dans la fosse aux pieds-noirs.

Comme un seul homme, mon père (qui, pour cette fois, ne fut pas mécontent d’avoir des beaux-frères aux cordes vocales fort développées), mes oncles, frères et cousins s’alignèrent en une seule file bien serrée, faisant face au coupable, qui, jusqu’à preuve du contraire, n’avait rien d’un innocent.

Mon père dégaina le premier (privilège de géniteur oblige), fit un pas en avant, sortit le fusil de mon grand-père et, souhaita ainsi la bienvenue à son futur gendre :

- Tu sais ce que c’est ça ?

- Non.

- C’est le fusil de mon père. Il s’en est servi pendant la guerre. Je n’hésiterais pas à m’en servir à mon tour si tu ne respectes pas ma fille.

 

Les oncles approuvèrent, soudain fier de ce beau-frère souvent trop effacé à leur goût, puis s’avancèrent, la mine grave :

- Dans la famille, les filles, c’est sacré, commença l’aîné.

- Surtout qu’elles sont pas nombreuses, continua le second.

- La petite, c’est notre fille aussi, termina le troisième.

 

Là-dessus, mon père s’interposa :

- Hé ho, doucement, c’est MA fille, pas la vôtre, vu ?

 

S’ensuivit une discussion des plus animée entre ces quatre pères. Je souris d’aise, les présentations s’étaient merveilleusement bien passées, et rassurai comme je le pus mon fiancé, tout en veillant à envoyer un de mes cousins bloquer la porte de sortie, au cas où…

Les hommes l’invitèrent à sceller son entrée dans la famille autour d’un verre bien plein, il se crut sauvé.

 

C’est alors que les femmes entrèrent en scène.

Et là, il valait mieux avoir l’estomac bien accroché.

Elles l’assirent de force à table, et tous les plats traditionnels familiaux défilèrent sous ses yeux, pour atterrir dans son assiette. Alors qu’il portait chaque bouchée à ses lèvres, elles le scrutaient, examinant attentivement la moindre de ses expressions, le félicitant dès qu’il poussait un « Ah ! » de contentement, fronçant les sourcils lorsque son extase était trop longue à se manifester.

Ce courageux jeune homme se laissa gaver sans sourciller – je sus, à ce moment-là, que son amour pour moi n’était pas feint – mangeant, avec le sourire, trois grandes assiettées de couscous, sous les regards attendris de notre madone :

- C’est bien, mon fils, mange !

 

Au terme de la journée, je ne fus pas mécontente de prendre congé de cette famille (bien-aimée au demeurant) dont l’excitation sonore m’avait collé des bourdonnements auditifs.

Dans la rue, mon futur me mis au parfum :

- Elle est marrante ta tribu, mais ça ne vaut pas la mienne ! Et tes oncles, c’est de la rigolade à côté de mes tantes ! Tu ne pourras pas dire que je ne t’avais pas prévenue…

 

Mon amour pour lui n’était pas feint non plus, mais ça, c'est une autre histoire...

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 07:00

Adam2.jpgSaviez-vous que c’est en passant la serpillère que j’élabore mes billets ? J’aurais aimé vous dire que c’était à la terrasse d’un café, assise, les yeux dans le vague, perdue dans une inspiration créative, la plume à la main que je noircissais mon petit cahier rouge…

Eh bien non ! L’activité physique que représente le ménage libère mon esprit qui s’envole vers des cieux de réflexions existentielles.

Ce qui me fit penser spontanément à ceci :
« C’est la faute d’Adam ! »

 

Est-ce que j’en serais réduite à laver les sols si Adam n’avait pas croqué la pomme ? En ce moment même, certains d’entre nous seraient nonchalamment étendus dans ce luxuriant jardin d’Eden, dégustant des cerises bien rouges, d’autres gambaderaient gaiement, feuille de vigne au vent…

 

On lui avait pourtant dit à Adam, de ne pas goûter au fruit défendu !
Il n’était pas bien, là, avec la belle Eve, tranquille, à la fraîche ? Il a suffi qu’il se fasse tenter un tout petit peu pour que, patatras, le ciel nous tombe sur la tête !


A sa décharge, les hautes sphères ont certainement manqué d’approche éducative : Il est fondamental d’expliquer à l’enfant innocent le pourquoi d’une interdiction, et Dieu sait que les hommes sont de grands enfants ! Je peux me tromper mais il me semble bien qu’on n’a jamais su pourquoi la pomme était néfaste à la santé d’Adam…

 

Bien sûr, me direz-vous, Eve n’est pas étrangère à la mésaventure de son conjoint, certains disent qu’elle l’y aurait poussé, néanmoins, jusqu’à aujourd’hui, on n’a jamais trouvé de témoin qui puisse corroborer cette version des faits !


Et le serpent ! s’exclameront les avocats d’Adam, n’est-ce pas cette créature fourbe et vile qui persuada Eve d’envoyer ce pauvre idiot au casse-pipe à sa place ! Sur ce point, notons que notre amie a eu le nez creux, sans quoi, nous ne serions retrouvées avec ce morceau de pomme coincé au travers de la gorge, ce qui, avouons-le, aurait assurément gâché l’esthétisme féminin.

Quoi qu’il en soit, c’est Adam qui a mordu dans le fruit rouge, bafouant impunément les consignes que les autorités avaient établies.

Certes, les conséquences de ce geste malheureux ont été, à mon sens, quelque peu disproportionnées, le Créateur a laissé exploser sa colère, perdant complètement les pédales, assénant une punition sans commune mesure avec la faute.

C’est qu’il a dû être sacrément déçu le maître des lieux : Si j’avais crée une créature à mon image, j’en aurais pris un sacré coup derrière les oreilles face un tel désastre, mais, ne dit-on pas que l’original est toujours mieux qu’une pâle copie ? Dieu n’aurait-il pas péché par orgueil et son châtiment une vaine tentative pour masquer son outrecuidance ?

 

Toutefois, notons que même si Eve a une légère part de responsabilité dans l’histoire, elle n’a pas fui avec le serpent, mais se tint bravement aux côtés d’Adam (en aurait-il fait autant, lui ?), acceptant sans broncher cette grande épreuve qu’est l’accouchement, comme quoi, les mâles sont solidaires entre eux, le Seigneur sachant bien qu’Adam n’y résisterait pas…

 

Forte de ces réflexions, j’ai dorénavant la réponse à chaque « pourquoi » des gremlins :

- Demande à Adam !

J’ai également un début de petite idée sur la théorie de Darwin, que je développerai lors de mon prochain récurage du frigo.


Moralité : Ne jamais sous-estimer l’intellect d’une femme de ménage !

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Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 07:00

gremlins.jpgLe gremlin est un être diabolique, conséquence de la transformation d’un gentil mogwaï, suite à un gavage nocturne et qui se multiplie aussi vite que son ombre au contact de l’eau, c’est dire si on a peu de chances d’y échapper…

Toute personne qui se risque à en héberger un (voire plusieurs) est inconsciente.

Le gremlin n’a de cesse de courir, se disputer, hurler en pleine nuit, inventer les pires âneries (en dire aussi), il n’empêche que, parfois, il laisse place à l’adorable mogwaï qu’il fut et que son hôtesse s’en trouve aussitôt retournée comme une crêpe.

 

L’hébergeuse de gremlin aime à se plaindre de la difficulté d’éduquer un tel énergumène dans le seul but d’être admirée, porté aux nues par une foule de bonnes âmes compatissantes.

Mais gare à celui qui se permet de sortir de son rôle d’admirateur pour endosser l’habit d’accusateur !

 Nul ne peut s’octroyer le droit de critiquer le gremlin hormis son hébergeuse !

 

Ainsi, lorsqu’un irresponsable professeur des écoles de gremlins aborde la tutrice d’une de ces créatures, voici ce qu’il se produit :

 

- Bonjour Madame la tutrice de gremlin.

- Bonjour Monsieur de professeur des écoles de gremlins.

- Pourrais-je vous entretenir de votre pupille ?

 

A ces mots, l’œil de la tutrice s’allume d’une flamme meurtrière, car elle sait que cela n’augure rien de bon…

 

- Je vous écoute, rétorque-t-elle menaçante.

- Pourrions-nous en parler à l’intérieur ?

 

La tutrice se transforme alors en protectrice inconditionnelle du gremlin et traverse la cour la tête haute sous les regards entendus du corps professoral.

Elle prend place, sans y être invitée, au pupitre de son protégé et toise l’instituteur sans mot dire, froide et distante.

 

- Euh… Rien de grave, rassurez-vous, balbutie le bonhomme quelque peu impressionné par l’attitude peu amène de son interlocutrice.

- Mmmmh… se contente-t-elle de grogner, dans une moue dédaigneuse.

- Bien, euh, voilà, hum, hum… J’ai cru noter que, depuis quelque temps, votre protégé avait quelques difficultés grammaticales…

 

L’attaque est lancée, la riposte est immédiate :

- Sans doute n’y êtes-vous pas étranger… Les délégués des tuteurs m’ont récemment fait la remarque que les gremlins n’y entendent goutte à vos explications.

 

Il va sans dire que la tutrice ment comme une arracheuse de dents, elle le sait mais n’en éprouve aucune honte : On ne touche pas à son gremlin, elle seule a le pouvoir absolu de ne pas le trouver étonnamment parfait…

 

- Euh… Voyez-plutôt ses cahiers, insiste le malheureux en poussant l’œuvre coupable sous le nez de la gardienne hautaine.

Elle y jette un œil distrait, le repousse nonchalamment, se lève et salue le professeur d’un :

- La prochaine fois, ne vous dérangez pas pour si peu…

- C’est que je n’ai pas fini ! Son attitude en classe frise parfois l’insolence et…

Elle sort, outrée qu’un humain fadasse ait osé s’attaquer à son monstre, et se promet d’obtenir la révocation définitive de l’impertinent.

 

De retour chez elle, elle attrape le gremlin par les oreilles, le ligote sur une chaise, sort papier, crayon et d’un ton sans appel lui intime l’ordre de conjuguer la phrase : « Je dois me concentrer sur la conjugaison même si je trouve ça trop nul et ne pas répondre à mon instituteur parce que c’est comme ça et puis c’est tout ! » au présent, futur et passé et aussi au conditionnel, histoire qu’il prenne de l’avance.

Puis, elle se rue sur le téléphone et s’épanche sur l’épaule compréhensive d’une tutrice amie :

- Tu te rends compte, il écrit comme un cochon, se fout royalement de la grammaire et en plus, il paraît qu’il répond à son prof !

- Ne sois pas si dure avec lui, il est tellement intelligent par ailleurs, si exceptionnel en mathématiques… Tu sais, cela ne m’étonnerait pas que tu aies la garde d’un futur chef de clan, répond l’amie, se demandant néanmoins si elle n’en fait pas un peu trop…

Aussi se hâte-t-elle d’ajouter :

- La vérité si je mens !

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : au secours, ils grandissent!
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 07:00

Aspirine.png- Je suis maladeeee ! Complètement maladeeee !

 


C’est ainsi que l’homme fit son entrée, balançant son manteau sur le divan, les chaussures sous le divan, la cravate sur l’accoudoir du divan et se planta devant son épouse, les oreilles basses et l’œil larmoyant.

 



- Qu’est-ce t’as ? s’enquit-elle

- Ch’suis balâde…

- Oui, mais encore ?

- J’me sens pas bien…

 

Abandonnant sa tâche, elle vint tâter le front tiède de l’agonisant et déclara :

- T’as pas de fièvre.

- Et comment tu le sais ? répondit-il, vexé

- J’ai un don, je sais quand les gens ont de la fièvre.

- Ton don, il est peut-être rouillé…

 

Poussant un soupir exaspéré, elle attrapa le thermomètre et le lui tendit :

- Vérifie, tu verras si je suis rouillée !

- C’est quoi ce truc ??? Comment on le met ???

- Ca se « met » pas, ça se bip sur le front !


Bip, bip, bip, bip, bip, bip….

- Ca marche pas!

- Comment ça, ça marche pas?

- Il dit 36°8, ça marche pas j’te dis !

- Ca marche parfaitement bien, c’est juste que tu n’as pas de fièvre, voilà !

 

Bip, bip, bip, bip, bip…

- Ah si, ça marche! Ca dit 37°2! Tu vois, ch’suis balâde ! Faut que je prenne des médicameeeents !

- Y’a de l’aspirine dans la pharmacie.

 

- C’est où ??? J’trouve pas…

Sans mot dire, elle saisit la boîte de comprimés et lui en fourra deux dans la bouche.

- J’aime quand tu t’occupes de moi…, murmura-t-il, amoureux.

 

 

- Alors, t’en penses quoi ?

- Je pense que ce n’est pas réaliste du tout ! Je ne suis pas comme ça !

- Non mais attends, je ne parle pas de toi là ! C’est de la fiction, c’est pour de rire !

- Ouais, ben ce billet-là moi, il ne me fait pas rire et puis tu vas t’attirer tout un tas de gars qui vont râler à force de nous faire passer pour des andouilles !

- Justement ! Des gars, il en manque sur ce blog, et puis, si ça peut attirer plus de lecteurs, hein, pourquoi s’en priver ? Non ?

- Non, vraiment, il n’est pas bon ce billet, désolé… Aaaatchoum !


- Quoi ? T’es malade ? C’est vrai que t’as l’air tout chose… Tu veux un doliprane ? Attends, je vais te prendre la température, tiens, voilà du pschit pour ton nez… Ah la la la, t’en fais une tête, tu ferais bien d’aller te coucher… Tu veux une tisane, un thé ?? Tu ne peux pas aller travailler dans cet état mon amour…

Ah ben, qu’est-ce que je disais : 37°1 au lever, c’est du 40° ce soir à coup sûr.

Non, non, non, ne bouge pas, je m’occupe de tout, reste au chaud, je vais appeler le boulot pour dire que tu n’y vas pas…

- Non ma chérie, ce n’est pas grave, ne t’inquiète pas. Si je ne vais pas travailler, qui va assurer ton bien-être et celui des gremlins ? Avec ce froid, t’imagines si on nous coupe le chauffage ?

Allez, un peu de courage, tu vas voir, je vais y arriver…

 

 

- Tu rigoles ??? C’est pas du tout crédible cette version-là !

- Ah bon ?…Dommage, j’aimais bien… Aaatchoum !

 

- T’es malade ?

- J’ai un rhume.

- Tu veux un doliprane ?

- Envoie ! A titre préventif.

- Ca va aller ?

- J’crois.

- Ok.

- Ok.

 

A chacun son infirmière…

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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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