Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 07:00

Ah, ah ! Je vous y prends petite coquine ! Vous croyez que je ne vous vois pas dans le métro, dans le train, au bureau, même aux toilettes, consulter en cachette votre horoscope du jour, de la semaine, du mois, de l'année ???

Assise à vos côtés, je vous entends soupirer de contentement, sourire timidement quand les astres vous sont cléments tout en vérifiant que personne ne vous regarde... Mais, quand d'aventure, ils se trompent (d'après vous !), vous vous renfrognez, convaincue soudain que vous n'y croyez pas, passant votre exaspération sur le premier venu.

 

Ne vous ai-je pas récemment surprise en grande conversation avec votre amie, lui jurant solennellement que vous ne lisiez JAMAIS cet amas de stupidités - vous avez utilisé un terme plus virulent, mais épargnons notre lecteur - tout en prenant plaisir à observer son visage se décomposer car elle ne décide rien sans l'avoir consulté.

Oh, que vous êtes vilaine de vous repaître de son apparente infériorité...

 

N'avez-vous pas allumé votre ordinateur très tôt ce matin, à l'insu de tous ; ne vous-êtes-vous pas connectée à un de ces nombreux sites dont je tairai le nom, à l'affût du moindre indice favorable sur ce grand projet que vous devez présenter aujourd'hui et qui, vous a-t-on dit, sera décisif pour votre avenir ? La main tremblante, le doigt hésitant, le cœur battant, vous avez appuyé sur la touche de vérité. Et puis, devant ces quelques lignes aussi floues qu'ininterprétables, vous vous êtes gentiment sermonnée, soulagée malgré tout qu'aucune catastrophe n'y soit annoncée.

 

En route vers une dure journée de labeur, je vous ai surprise à lire au-dessus de mon épaule cet horoscope pourtant honni. Amusée, je vous l'ai tendu afin de vous éviter ce torticolis douloureux qui vous gagnait et j'ai ri devant votre expression offusquée d'avoir été prise en flagrant délit de curiosité.

 

Oh, perfide créature ! Vous vous êtes moquée bien sournoisement de votre collaboratrice qui vous prédisait votre avenir tout en écoutant d'une oreille attentive l'annonce d'une rencontre imminente et mystérieuse ; vous y avez songé toute la journée, votre entourage s'étonnant de votre soudaine légèreté.

Fébrile, dans l'attente de cet évènement insolite, vous multipliiez minauderies et œillades frivoles cherchant vainement quelque signe avant-coureur de ce bouleversement attendu.

Que vous voilà déçue, le soir venu, d'avoir espéré en vain...

 

Maussade, vous rentrez chez vous, pestez contre cette vraie naïveté dans laquelle vous vous abîmez : « Faut-il être crédule, tout de même, pour accorder crédit à ces chimères !», pensez-vous en découvrant, stupéfaite, cette vieille connaissance depuis si longtemps oubliée qui vous attend dans le salon. Voilà que vacille votre esprit cartésien !

 

En allant vous coucher, vous gloussez doucement, heureuse finalement d'avoir rêvé, imaginé, divagué, espéré, et admettez, sans détours cette coïncidence amusante quoique dénuée de mystère.

 

Demain, comme tous les jours, vous réitérerez votre manège, luttant contre ce désir inavoué de connaître ce que vous réserve la journée à venir.

Demain, comme tous les jours, vous cèderez.

 

Bannissez votre honte, si les horoscopes existent et en si grande quantité qu'on ne peut les éviter, c'est bien parce qu'ils sont lus par des millions d'individus qui, comme vous, comme moi, y jettent un œil, « juste pour voir ». Alors, faites-vous plaisir, ne prenez que le meilleur car comme disait cet illustre anonyme : « Il n'y a pas de mal à se faire du bien ! ».

 

Rediff encore...

 

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 07:00

Il était une fois, dans un pays merveilleux, une reine vivant en parfaite harmonie avec ses sujets. Elle s'occupait d'eux avec amour, dédiant sa vie à leur bien-être, ne comptant pas ses heures de travail pourvu que leur bonheur soit complet.

Elle gérait son royaume avec fermeté, rejetant toute dépense inutile afin que son domaine prospère malgré des temps difficiles.

Un jour de printemps, alors qu'elle sortait de son château, un manant l'aborda :

  • - Bien le bonjour, ma reine.                               
  • - Bonjour mon brave, lui sourit la reine car elle était fort aimable.
  • - Où allez-vous donc, de si bon matin ? s'enquit-il poliment.
  • - Je m'en vais au marché quérir quelques produits frais pour nourrir mes sujets.

A ces mots, le paysan s'écria joyeusement :

  • - C'est la providence qui m' envoie ! Pourquoi abîmer vos si jolis souliers et risquer quelque mauvaise rencontre dans ces bois mal famés ? Regardez ce que je vous apporte !

L'homme fit un geste en direction de sa charrette. Curieuse, la reine s'approcha et découvrit, émerveillée, quantité de pommes, carottes, pommes de terre, produits qu'elle s'apprêtait à ramener du marché, à la seule force de ses bras.

  • - Oh ! s'exclama-t-elle, quels beaux fruits ! Quels légumes extraordinaires !
  • - Je ne vous le fais pas dire, renchérit le coquin sentant la bonne affaire. Voyez comme ils sont appétissants ! Ils proviennent de mes champs, ramassés de ce matin.
  • - Comme ils sentent bon ! Comme ils sont gros ! admira la gentille reine.
  • - Pour sûr ! C'est que je n'utilise que de l'engrais naturel, qui provient de mon bon vieux cheval que voici.

La reine pinça discrètement les narines : Il y a des sujets que l'on n'aborde pas devant une dame ! Néanmoins, celle-ci pardonna son manque de délicatesse au manant, car loin d'être stupide, notre majesté saisit cette occasion pour s'éviter le pénible trajet jusqu'au marché et ainsi venir en aide à une pauvre âme. Aussi, se laissa-t-elle convaincre d'acquérir quelques 50 kilos de pommes de terre, 10 de carottes, 15 de pommes d'espèces variées, et 25 d'oranges. Prise d'un doute, elle fit cependant la remarque que les quantités lui semblaient un peu disproportionnées car son royaume ne comportait, en tout et pour tout, que cinq sujets...

  • - Pensez-vous ! C'est qu'ils se conservent très bien mes produits ! Vous en avez pour des mois avant qu'ils ne se gâtent !

Rassérénée, la noble dame paya (un peu cher tout de même), ravie d'avoir autant de provisions.

 

Le soir venu, le roi, son époux, rentra de la chasse, harassé. La reine s'empressa de lui narrer son aventure. Le roi, croyant à une plaisanterie, s'amusa beaucoup et s'émerveilla de l'ingéniosité de sa femme pour le dérider. Il rit moins lorsqu'il devina que son épouse, elle, ne badinait pas:

  • - Ma chère, dit-il enfin, il me semble bien que vous vous êtes fait rouler dans la farine et de belle manière. Qu'allons-nous faire de tout cela ? En outre, dois-je vous rappeler que vos sujets et vous-même ne raffolez pas des pommes ? Quant à combler vos extravagantes dépenses, mon amie, me voilà contraint de retourner à la chasse dès demain matin !

Vexée, la reine rejoignit ses appartements et bouda.

 

Les semaines passèrent. Les fruits et les légumes pourrirent plus vite qu'ils ne furent mangés malgré les efforts de la bonne reine pour les accommoder différemment chaque jour. Plusieurs reines de ses amies, la voyant dans l'embarras, la soulagèrent de quelques kilos mais cela ne suffit pas. Même la bonne fée, sa marraine, ne put rien pour elle.

La noble dame jura que l'on ne l'y reprendrait plus et tenta d'oublier ce fâcheux épisode, mais c'était sans compter les vilaines commères qui, ricanant sur son passage, murmuraient :

  • - Tiens ! Voilà la reine des pommes !

Ce à quoi, d'autres, plus méchantes encore, rétorquaient :

  • - A quand l'impératrice des poires ?

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 07:00

ingres-bain-turc.jpg

 

Avec les copines, nous décidons de nous octroyer une journée filles. Comme nous n'avons aucune expérience en la matière (et non, nous ne sommes pas QUE futiles...), on se creuse la cervelle quand soudain, l'une de nous a une idée lumineuse :

  • - Et si on se faisait un hammam !
  • - Oh oui, oh oui, applaudit-on, excitées comme si on allait voir un spectacle de Chippendales.


Flanquées de nos maillots de bain, nous voilà parties pour le Hammam de la Mosquée de Paris, le vrai, l'unique, parce qu'on est partisanes de l'authentique !


Une fois sur place, on cherche l'entrée qu'on imagine un brin luxueuse, quand on nous fait passer par une porte très dérobée (Ah bon ? c'est si confidentiel que ça le hammam ??).

Un peu déconcertées, nous pénétrons dans l'antre du bien-être féminin où nous accueille une matrone qui, devant nos airs d'exilées de la banlieue, lève les yeux au ciel et nous vend, d'emblée, le savon noir, le gant, les p'tites claquettes et tout et tout.

Arrivée au vestiaire, je me mets en quête d'une cabine afin d'enfiler mon maillot à l'abri des regards indiscrets, mais... point de cabine ! Je ne vais pas montrer mon postérieur à tout le monde, si ?! Si...

 

Un rien refroidies par tant de promiscuité, nous plongeons néanmoins dans la vapeur du hammam. Gasp ! Nous ne sommes pas seules. Sous nos yeux, des grappes de femmes se pavanent à moitié nues, parfaitement à l'aise. Certaines se frictionnent entre elles, d'autres se coiffent...

Avec les copines, on se jauge. On s'aime beaucoup, mais de là à se frotter le dos, euh...

 

Nous déposons avec délicatesse nos serviettes sur la pierre (c'est normal que les murs s'effritent ?) avant de s'installer et de jacasser, tout en cuisant à la vapeur.

  • - Peut-être qu'on devrait enlever notre soutif ? avance timidement Marion.
  • - Hé ! On n'est pas obligées ! On fait comme on veut ! répond Stéphanie, rebelle.
  • - T'as raison ! je réplique, avant d'ajouter : On a quand même l'air débile...genre les nanas coinços...

Et comme on n'est pas coinços du tout, clac, on fait péter le soutif !

Aaaaaah....On se sent tout suite plus détendue.


Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Il fait chaud, non ?

  • - On va se faire gommer, il paraît que ça rend la peau toute douce.


Nous nous avançons en rangs serrés vers la table de gommage, laquelle, compte tenu de son état, mériterait aussi un ravalement de façade.

Mon regard est attiré par un sceau où patauge une armée de gants usagés dans une eau brunâtre, maculée de peaux mortes. Yerk !

La gommeuse en chef m'ordonne de m'allonger et commence à me frotter, que dis-je, m'arracher l'épiderme. Devant, derrière, sur les côtés, ouf, c'est terminé. Elle me fait signe de passer à la douche - ah ? Ca aussi, c'est collectif ? -  me rend mon gant que je planque aussitôt...où je peux : C'est pas possible ! C'est à moi ce machin immonde ?


Les filles arrivent, trop souriantes pour être honnêtes :

  • - C'était bien, hein ?
  • - Dé-li-cieux ! dis-je, au moins aussi franche qu'elles, notant au passage leurs vains efforts pour dissimuler l'éponge douteuse dans leur dos.

 

Devant la douche, les Trois Grâces s'interrogent :

  • - T'as du savon ? Quelqu'un a pensé au shampooing ?
  • - Ben non. Et toi ?
  • - On m'avait pas dit...

Même pas honteuse, je fais appel à la générosité d'une habituée qui nous prête, moqueuse, toute la panoplie. A ce stade, le hammam au complet est déjà au courant que trois oies se baladent en liberté, alors...

On finit notre virée par un massage. J'ai payé pour vingt minutes, mais au bout d'un quart d'heure, la masseuse me renvoie parce qu'elle est épuisée...

 

J'attends les filles à l'extérieur (qui, elles, bénéficient d'un peu de rab) tout en sirotant un thé à la menthe lorsqu'une femme m'interpelle :

  • - Vous venez du hammam ?
  • - Oui.
  • - C'est bien ? Comment ça fonctionne ?

 

Pfff... Y'en a, j'vous jure, faudrait qu'elles sortent un peu le Dimanche !

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 07:00

Je me souviens du temps où je rentrais le soir chez moi, harassée par mes responsabilités professionnelles, et où j’étais accueillie comme la reine de Saba. Dès que j’ouvrais la porte, de petits gremlins tous propres me sautaient dans les bras, m’embrassaient, me regardaient de leurs petits yeux émerveillés, fêtant joyeusement le retour de la princesse que j’étais alors pour eux. La maison était étincelante, le dîner mijotait, attendant d’être dégusté, la table était dressée. La nounou me faisait un rapide compte-rendu de la journée avant de s’éclipser, nous laissant au bonheur des retrouvailles. Détendue et souriante, j’écoutais, sirotant un jus de fruit fraîchement pressé, les aventures extraordinaires de mes doux petits. Arrivait le père, la même joie éclatait, décuplée par une partie effrénée de « guili, guili ». On avait tout de la famille Ingalls des temps modernes… (Et alors ? Je n’ai pas honte de dire que j’adorais cette série !).

 

Quelques années plus tard, les responsabilités professionnelles se sont transformées en activités ménagères avec tout ce que cela implique d’ingrat : Qui a remarqué que j’avais gratté derrière la cuvette des WC ????

Mes agneaux se sont métamorphosés en petits tyrans, ils ne me sautent plus dans les bras, je ne suis plus leur princesse… Tous les jours, après un vague bonjour, la même question revient puissance 3 : Qu’est-ce qu’on mange ?

Comme ils sont loin de se douter que cet épineux sujet m’a taraudé toute la journée depuis mon lever !

Car, voyez-vous, j’ai de très nombreuses qualités (dont certaines sont encore méconnues…) parmi lesquelles cuisiner ne figure pas.

Je m’explique : Je cuisine (bien obligée !), j’ai même fait des progrès considérables, je suis quelquefois inventive, j’ai plein de livres de recettes dont un sur les desserts, que je chéris particulièrement car il m’a été offert par une amie qui ratait systématiquement les siens - je me suis toujours demandé si elle avait agi par autodérision ou grande naïveté ? – pourtant, cette activité répétitive ne m’apporte pas l’extase que certain(e)s d’entre nous éprouvent.

Il est vrai que mitonner un petit plat de temps en temps peut procurer un certain plaisir, mais tous les jours ??? En ce qui me concerne, il s’est envolé au bout de 24 heures…

Lorsque j’ai décidé que j’étais assez grande pour m’occuper de ma maison toute seule, et que j’ai regardé avec un peu d’appréhension mêlé d’excitation ma nounou / femme de ménage / cuisinière franchir le pas de la porte pour la dernière fois, je n’imaginais pas être prête à tripler son salaire pour qu’elle revienne. Je ne l’ai pas fait, j’ai ma fierté.

 

Depuis, la confection du menu est devenu un calvaire autant qu’une obsession. J’y pense dès mon réveil, j’inspecte mentalement mon frigo et mon congélateur, fait mon choix en me lavant les dents sauf qu’en me tartinant de crème hydratante, je réalise qu’il me manque la moitié des ingrédients. Retour à la case départ sur le chemin de l’école, je n’écoute pas ce que disent les enfants, je pense à mon menu. Vaquant à mes occupations quotidiennes, l’esprit tourmenté par cette recherche infructueuse, je me mets à fantasmer sur des petites pilules multicolores qui arrangeraient bien mon affaire. Imaginez la scène :

  • -    Qu’est-ce qu’on mange ?
  • -    J’ai pensé qu’on pouvait se faire une p’tite bleue aujourd’hui, on a déjà eu la verte hier.
  • -    Oh oui ! Super ! En plus, dans la bleue, il y a de la vitamine D, c’est bon pour les os !
  • -    Moi, je préfère la jaune !
  • -    Pas de problème, ce sera donc une jaune pour la demoiselle !

Avouez que ça laisse rêveur… Plus besoin de se triturer les méninges, finie la corvée de courses, adieu la vaisselle, sans compter que, comme on a plus besoin de cuisine, ça nous fait une pièce supplémentaire pour le même prix !

Mais la réalité me rappelle bien vite, les pilules éclatent en petites bulles éphémères et me laissent toujours aussi dépourvue d’idées : Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire à manger ? 

D’autant que, depuis quelque temps, l’affaire se complique. Vous avez remarqué, comme moi, ces multiples messages dont on nous bassine sans arrêt au point de nous faire culpabiliser systématiquement sur le contenu de notre assiette : Est-ce que c’est trop salé, trop sucré, trop gras ? Au secours, on a mangé que deux légumes et un fruit aujourd’hui, c’est grave docteur ? Voyons, pour un repas équilibré, ai-je mis assez de lipides, de glucides, de vitamines, de calcium, de potassium ? Et avec ça, il faudrait arrêter de grignoter entre les repas ???

Ajoutez à cela qu’il faut faire une analyse hautement scientifique sur le repas du mari (selon qu’il a déjeuné au restaurant ou d’une salade devant son ordi), celui des enfants à la cantine (qui est invariablement mauvais d’après eux, mais on ne peut plus équilibré de l’avis du fournisseur) et le mien (là, je m’en balance, je me sacrifie). Il est, somme toute, carrément normal que je mette autant de temps à trouver l’idée lumineuse qui satisfera tout le monde tout en veillant à leur apport calorique journalier.

 

Bien. Forte de ces informations que j’ai récoltées grâce à une enquête minutieuse, il est 18 heures et pas l’ombre d’un début de repas. La litanie du « Qu’est-ce que-on mange ? » débute, il faut trouver une solution rapide qui puisse se réchauffer pour l’arrivée tardive de l’époux fatigué. Après quelques coups de fils infructueux aux copines – Misère ! Elles ne sont d’aucune utilité – qui me mettent encore plus en retard, l’heure du dîner est là, il faut bien que j’improvise.

J’ouvre, ni vue ni connue, deux grosses boîtes de raviolis, que je mets à gratiner dans un joli plat, sort une salade toute prête que j’ai acheté « au cas où », déniche quelques pommes qui ne demandent qu’à être mangées avant de se ratatiner complètement.

Je sers les affamés coupant tout commentaire indésirable par un :

  • -    Désolée, mais avec la journée que j’ai eue, je n’ai pas eu le temps de préparer autre chose !

 

Un peu coupable, je me promets que, demain, je leur fait la totale, hyper équilibré et tout et tout.

Vous n’auriez pas une idée ?

 

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses!
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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /Juil /2010 07:00

crachoir.jpgAutant se faire une raison : En période de Coupe du Monde de football, il est difficile de ne pas se manger quelques ballons dès le petit déjeuner jusqu’au digestif du soir…

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, j’accepte, magnanime, de sacrifier un mois de culture télévisuelle pour supporter quatre semaines de vuvuzelas.

C’est donc confortablement allongée sur le canapé, munie d’un paquet tout neuf de Picorettes que je suis et commente avec Mr Gremlin, les actions footballistiques.

 

Il y a bien des moments où la stratégie du jeu m’échappe, mon esprit s’égare, vagabonde par delà les pelouses sud-africaines, mais les coups de sifflet répétitifs de l’arbitre signale aussitôt ma faute et me ramène dare-dare sur le terrain. Aussi, pour faire passer le temps, j’observe le jeu et ses arrêts sous un angle nouveau. Et depuis trois ou quatre matchs, cette observation tourne à l’obsession…

 

Et je me demande : Ces joueurs de foot, avant de devenir les stars adulées du ballon rond, ont été de petits enfants non ?! Avec une mère censée les élever, non ?! Je ne cite délibérément pas les pères, lesquels interviennent assez peu dans l’apprentissage des règles du savoir-vivre de leur progéniture, si ce n’est pour leur apprendre à roter sur commande…

 

Pour en revenir aux joueurs et à leurs mères qui ne les ont pas correctement éduqués, je suis offusquée de voir, qu’aux heures de grande écoute, on autorise un tel débordement de crachats à la minute !

Je veux bien admettre que dans certaines cultures, cette pratique est courante voire banale, cependant, dans la plupart des civilisations dites développées, elle est tout bonnement inqualifiable !

 

A l’heure où j’écris ces mots, assise sur un banc face à l’Arc de Triomphe, trois chinois prennent place à mes côtés. Ils se font tirer le portrait (et le mien avec) sans daigner me demander mon avis… D’ici à ce qu’ils me crachent dessus pour me remercier…

 

Les joueurs qui, dans leur grande majorité n’ont pas été élevés en Chine, lorsqu’ils ne courent pas après le ballon, ont la déplaisante manie de cracher, recracher et recracher encore ! Si toutefois ils expectoraient discrètement, une main dissimulant élégamment leur crachouillées, et hors de portée des caméras, passe encore, mais non, ces Messieurs, compétiteurs jusqu’au fond de la gorge jouent également la Coupe du Monde des Crachats, immortalisée par toutes les télévisions internationales ! Et moi, lorsque je mange des picorettes, ça me dérange et cela me démange d’aller leur coller un aller-retour afin de leur apprendre les bonnes manières !

Qui plus est, ce ne sont pas de petits crachouillis de rien du tout dont ils aspergent le terrain mais bien de bons gros mollards à en dégoûter leur propre mère et qui viennent lourdement s’écraser sur la pelouse déjà bien gorgée du stade.

 

Les nombreux témoins de ces actes peu ragoûtants ne semblent s’en offusquer ; les arbitres laissent couler ; les supporters postillonnent leurs hurlements ; les commentateurs bafouillent ; seuls, peut-être, les cameramen y accordent un certain intérêt, soucieux de les filmer de profil au cas où la malchance leur en ferait prendre un en pleine face…

 

Pour la spectatrice que je suis, ces images déjà difficilement supportables en deviennent apocalyptiques à la vue de ces mêmes athlètes qui, non contents d’avoir évacué leur bave, se vautrent dans celles laissées pas leurs semblables la veille, l’avant-veille etc…

Beurk !

 

Heureusement, il y a la mi-temps !

L’occasion pour moi d’aller prendre une douche et pour eux de changer de maillot chargé d’empreintes ADN.

Comme je doute qu’ils aient la délicatesse de déposer leurs frustres dans le bac à linge sale, mes pensées vont vers celle – que l’on me montre un homme qui le fasse et je remplacerai « celle » par « celui » -  qui ramassera ce monticule baveux sans même obtenir un autographe en compensation.

 

A peine la deuxième mi-temps commencée, en voici déjà qui se raclent la glotte et font jaillir de tels jets que j’en reste coite !

C’en est trop !

Je m’en ouvre à Mr Gremlin, et lui démontre, preuves télévisuelles à l’appui, le bien fondé de mon indignation. Ce à quoi il répond :

-         Tu vas me tenir le crachoir encore pendant longtemps ou je peux regarder le match ?

 

J’imagine sans peine les femmes des joueurs, galopant à leurs côtés et leur tenant élégamment un crachoir signé Karl…

Je m’en vais de ce pas faire breveter cette salivante idée !

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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : foll-ouf
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