Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 07:00

Avez-vous remarqué comme la vision d'une copine enceinte déclenche instantanément, non pas des contractions, mais une flopée de souvenirs de l'Association des Vétéranes des Salles d'Accouchement ? Surtout si la copine en question en est à sa première grossesse, terrorisée par ce qui l'attend...

Chacune y va de sa petite anecdote, entre film d'horreur et thriller à rebondissements, laissant notre pauvre ingénue se décomposer peu à peu jusqu'à qu'une âme faussement compatissante lâche :

  • - Oh non, arrêtez ! Vous lui faites peur ! Rassure-toi, ça se passera très bien ! Et puis, maintenant qu'il y est, t'as plus le choix, il faut bien qu'il sorte !!

Et toutes de nous esclaffer sur cette blague que nous trouvions, à l'époque, du dernier mauvais goût, mais, depuis, nous sommes passées, sans complexe, de l'état de primipare innocente à celui de multipare aguerrie.

Une sorte d'hystérie générale s'empare de nous. Tour à tour, nous évoquons nos souvenirs de campagne, en en rajoutant trois tonnes pour leur montrer à quel point nous avons agi en véritable héroïne, serrant les dents, surmontant stoïquement une douleur inhumaine, terminant notre récit par un énigmatique : « Tant qu'on l'a pas vécu, on ne peut pas comprendre... ». Et de glisser un regard entendu vers le ventre mûr de la future accouchée défaillante qui souhaite plus que tout quitter cette meute de pondeuses excitées.

Rien à faire, la basse-cour fait bloc, encerclant la victime, sans échappatoire possible. Pas une ne viendra la sauver :

  • - Et tu as pris combien de kilos ? commence la première.
  • - Ah oui ! Quand même ! continue la seconde.
  • - Ben dis donc, t'es pas sortie d'affaire..., renchérit la troisième.
  • - Surtout que t'es plutôt de nature « généreuse »..., fait la quatrième qui ajoute, assénant le coup de grâce : « Fais gaffe aux vergetures, ça tue ! ».

 

La pauvre petite est tellement effondrée que, pour un peu, elle en perdrait les eaux ! Mais, refusant de capituler devant ce club ultra-fermé qui l'accueillera en son sein, elle le sait, dès qu'elle aura enfanté, ses pensées vengeresses s'envolent vers le responsable de son état actuel, des souffrances intolérables à venir et des futures années de vains régimes.

Surtout que les péroreuses, voyant qu'elles ont sans doute poussé le bouchon un peu trop loin, orientent subtilement la conversation vers le deuxième sujet digne de leur attention : Le géniteur.

Et le débat reprend de plus belle sur l'inutilité avérée d'un tel énergumène en salle d'accouchement. Entre ceux qui tombent dans les pommes à la première contraction, ceux qui répètent stupidement : « Fais le petit chien » alors qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent vu qu'ils n'ont pas assisté aux séances de préparation à l'accouchement ; et ceux qui préfèrent se ronger les ongles dans le couloir parce que « Non, vraiment, chérie, c'est au dessus de mes forces, j'ai peur que l'image de la femme ultra-sexy que tu es à mes yeux n'en soit ternie à jamais. », les langues se délient sous un déluge d'applaudissements.

 

Dans quelques semaines, notre mignonne primipare rejoindra triomphalement le clan des vétéranes et, sous l'œil terrorisé de la nouvelle novice, n'épargnera aucun détail sur cet évènement qui a fait d'elle « une femme qui sait... ».

 

Sauf que nous, on n'est pas dupes : On a toutes demandé la péridurale qu'un gentil anesthésiste nous a posé dès que la douleur a atteint le niveau 1 sur 10, on a accouché avec le sourire et on a eu droit à une jolie petite chambre individuelle.

Et pour celles qui ont véritablement éprouvé les douleurs de l'enfantement, elles ne font pas partie de notre clan, on a trop peur de ce qu'elles pourraient nous raconter !

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /Juil /2010 07:00

 

Sophie L

La chaleur me tue…

 

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Et moi donc…

 

Sophie L

J’ai le neurone fondu.

 

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Et moi, je surchauffe.

 

Sophie L

L’insolation me guette.

 

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Je sens que je disjoncte.

 

Sophie L

Mes mains sont moites.

 

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Mon clavier dégouline.

 

Sophie L

Je n’arrive plus à réfléchir.

 

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Ma connexion est hasardeuse.

 

Sophie L

On est foutus.

 

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On est foutus…

 

Sophie L

Il faut réagir !

 

Blog

 

Sophie L

Ouais, bon, toi, t’es déjà cuit. Je vais donc agir pour deux.

 

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???

 

Sophie L

T’as besoin de vacances, moi aussi, on va se mettre au vert pendant quelques temps.

 

Blog

Au vert ? Mais… Tu vas partir ? M’abandonner, seul, dans la jungle blogosphérique, sans personne pour me tenir la main, m’encourager ? Je croyais qu’on était associés, traîtresse !

 

Sophie L

Dis-donc, c’est pas toi qui as fait grève parce que tes conditions de travail étaient trop pénibles ?

 

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Si, mais…

 

Sophie L

Pas de MAIS ! Tu voulais des congés, tu vas avoir des congés !

 

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Payés ?

 

Sophie L

Et des RTT.

 

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Payés ?

 

Sophie L

Et des récup.

 

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Pa…

 

Sophie L

Pousse pas Mémé ou je te débranche !

 

Blog

Jusqu’à quand ?

 

Sophie L

La rentrée.

 

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Tout ça ? Mais je vais tomber dans les oubliettes, délaissé, dédaigné, méprisé peut-être ! Je…, tu veux me licencier, c’est ça hein !

 

Sophie L

Tout de suite les grands mots ! Non, on va se reposer, toi et moi, réfléchir à notre avenir, à notre collaboration, se séparer pour mieux se retrouver.

 

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Je vais m’ennuyer…

 

Sophie L

T’as qu’à partir avec tes copains blogs, ils vont se mettre en veille eux-aussi.

 

Blog

Je pourrais être en veille moi aussi ?

 

Sophie L

Jusqu’en Septembre, fini « Les billets du Lundi du Jeudi », mais bonjour les rediff du Lundi !

 

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Que des rediff ?

 

Sophie L

Faut pas croire ! Au début, à part Delph et Bab, personne ne te lisait, alors, il y a plein de petits billets sympas à exploiter. Et puis, tu ne seras pas seul, de rares nombreux lecteurs te tiendront compagnie.

 

Blog

Tu viendras me voir ?

 

Sophie L

Je viendrai régulièrement brancher ton câble.

 

Blog

Et mettre un ou deux nouveaux billets ?

 

Sophie L

Si t’es sage…

 

Bon été à tous !! N’en profitez pas pour nous oublier…


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Par Sophie L. - Publié dans : Un blog, une fille - Communauté : foll-ouf
Un Sophilo? - Lire les 28 Sophilos
Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 07:00

Qui ne connaît pas cette petite boule insidieuse qui se glisse au creux de l'estomac le Dimanche soir à partir de 18 heures ?

 

Ca commence dès l'enfance.

Au moment d'aller se coucher, une frimousse malheureuse pointe son nez, les mains sur l'estomac :

- Maman, j'ai mal au ventre...

On tâte, on ausculte, redoutant la gastro, l'appendicite ou autre bactérie qui va nous gâcher le début de semaine (déjà qu'on n'était pas d'humeur...). Mais non, rien, que dalle, on finit par se dire que c'est une ruse pour s'endormir dans le lit de papa-maman et on renvoie illico le petit futé dans son dodo douillet, histoire de profiter de notre soirée jusqu'à minuit, parce que c'est encore le week-end.

 

Soudain, l'illumination ! Et si la petite boule s'était invitée dans le bidon de notre bébé ?? Quoi, déjà ? Impossible ! A leur âge, no stress, on rigole avec les potos à l'école, on apprend un peu avec la maîtresse et on a trois fois rien comme devoirs vu que c'est interdit par l'Education Nationale !

Pourtant, on s'interroge : S'il est prouvé que les enfants sont plus précoces que nous au même âge, il est donc logique qu'ils le soient en « petite boule ». On rappelle manu militari notre chérubin atteint du virus du Dimanche soir, et on applique la formule « Dialoguez avec vos enfants, ils peuvent comprendre » prônés par les pédopsychiatres (et oui, encore eux !!!).

 

Le petit arrive, un peu vert il est vrai, on le fait asseoir et on se met en devoir de lui expliquer la vie :

- Mon chéri, ce que tu éprouves en ce moment au creux de ton estomac est le fruit d'un état momentané de stress psychologique. Ceci se traduit par des symptômes physiques tels que les maux de ventre, la migraine, ou bien parfois l'insomnie. La cause se trouve dans ton subconscient qui t'envoie un message, conscient cette fois-ci, de ton mal être. Néanmoins, tu as les capacités intellectuelles de combattre ce passage à vide, tu...

A ce moment-là du discours, le visage de notre garçon vire au vert olive. Sans prévenir, il vomit tout ce qu'il peut sur son pyjama, ce qui fait bien rigoler le père qui, pas plus que le fils, n'a rien capté à nos explications.

Néanmoins, on soutient que les vomissements peuvent aussi être révélateurs de sa détresse psychologique, qu'un tel acte n'est pas anodin et qu'il faut consulter un spécialiste sans tarder !

 

Le père tente de nous calmer, nous assoit à côté du fiston - enfin, pas trop près quand même, parce qu'il ne sent vraiment pas bon - et nous assène la terrible vérité :

- On reparlera de ta théorie dans quelques années. Je te rappelle que le névrosé en question à deux ans et demi, qu'il ne va pas encore à l'école, qu'il est gardé, chez lui, par une gentille nounou, donc, côté détresse psycho-machin, tu repasseras...

Mais, je suis d'accord avec toi : Si les symptômes persistent, on l'emmènera chez le pédiatre !

 

On ne dit rien, on nettoie le vomi, on couche le malade avec une dose d'anti-vomitif, se lamentant silencieusement que personne n'ait pensé à soulager notre petite boule à nous.

Car moi, j'ai le blues du Dimanche soir...

 

En été, point de nouveaux textes (ou presque) mais quelques rediff...

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme
Un Sophilo? - Lire les 21 Sophilos
Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 07:00

DallasJR_Ewing.jpgCe que j’aime, moi, dans le foot, ce sont les Bleus, parce qu’avec eux, on est sûr de ne jamais s’ennuyer !

Cette équipe est si complète qu’elle mériterait que l’on s’en inspire pour créer la saga de l’été de TF1. C’est à se demander si tout cela n’est pas qu’une énorme manipulation de la chaîne afin de se garantir un audimat délirant, un livre écrit par Anelka, préfacé par Ribéry, vendu à des millions d’exemplaires, suivi d’une superproduction hollywoodienne intitulée « The Blue Frogs against the World ».

Car, si au cinéma, pareil scénario est courant, dans la vraie vie, il faut un sacré coup du sort pour que tous les ingrédients soient distillés à la bonne dose pour en faire un cocktail sulfureux.

 

L’Equipe de France a réussi là où aucune autre ne s’est jamais risquée, pas même leurs aînés qui, du haut de leur piédestal ne se gênent pas pour les tancer vertement, Zidane compris, car, ainsi qu’il nous l’a démontré, lui, n’insulte pas, il donne des coups de boule, ce qui est nettement plus politiquement correct…

 

Au commencement donc, gros plan sur Rama Yade qui démarre le premier épisode avec deux sujets « cher » aux français : L’argent et la politique!

Il faut bien dire que depuis qu’elle est passée secrétaire d’Etat chargée des Sports auprès de Roselyne, elle n’a eu que bien peu d’occasions de faire parler de son job. Qu’à cela ne tienne, dénoncer la vie de château de l’Equipe de France déjà brinquebalante dans l’esprit national et c’est la Une assurée ! La mayonnaise prend tellement vite que la moutarde monte aussitôt aux nez de nos petits bleus qui la boudent, même si certains la trouvent parfaitement à leur goût pour une petite partie privée…

 

Ce qui nous amène au second élément essentiel au succès de la saga estivale : Le sexe !

Non, non, pas l’amour (trop conventionnel, pas assez vendeur) mais le sexe, source de dépravation qui, mêlé à l’argent multiplie l’audimat du journal de 20 heures. Que des joueurs frayent avec le milieu de la prostitution au lieu de s’entraîner à faire entrer le ballon dans les buts – quoiqu’en y réfléchissant, c’est peut-être une façon d’ajuster leur tir… - et c’est la France qui s’emballe ! Les femmes s’indignent et plaignent leurs épouses, les hommes les envient (un peu) mais les trouvent franchement benêts de payer pour des services qu’ils obtiendraient aisément grâce à leur notoriété.

 

Troisième élément de cette trépidante saga : La notoriété, justement !

On pourrait croire sans trop se tromper que celle-ci s’acquiert par des faits exceptionnels, des réussites hors du commun, un parcours professionnel louable. Dans le cas présent, nous noterons que c’est l’exception qui confirme la règle : Si, paraît-il, les bleus sont acceptables dans leurs clubs respectifs, leur jeu en Equipe de France est notoirement en manque de résultats. Ce qui d’ailleurs les rend très célèbres pour cela et attise la…

 

Jalousie ! Point de saga sans jalousie ! Et quoi de mieux pour déclencher cette jalousie proche de la haine que de divulguer les salaires de ces jeunes gens payés à faire apparaître leurs minois dans les tabloïds plutôt que dans les journaux à la section « Résultats sportifs remarquables ? »

 

Pour pimenter un peu le tout, il faut ajouter à cela un patron honni – mais n’est-ce-pas le propre du patron ? – manquant singulièrement de charisme, un joueur un peu trop « joueur » et les insultes fusent ! Le suspens est alors à son comble : Un agent double s’est introduit dans le groupe ! Quel coup de théâtre !

Les Bleus, solidaires envers et contre tous – sauf sur le terrain – organisent une mutinerie relayée au niveau international sans toutefois trop se mouiller, assumant admirablement leurs actes en envoyant leur patron se faire dégommer à leur place. Cela ressemble à de la lâcheté mais cela s’appelle en réalité de la stratégie, essentielle à tout scénario, même au plus minable.

La chasse aux sorcières est donc ouverte, les bleus promettent de faire mordre la poussière à la taupe qui a dévoilé au grand jour leur si belle entente nationale.

 

Mais voilà, retournement inattendu de la situation, le public lâche les joueurs, l’affaire prend une tournure hautement politique : Tout cela est bien la faute de Sarkozy! Les scénaristes se demandent quand même s’ils n’y vont pas un peu fort, mais non, ça marche !

 

Toutefois, toute saga se doit de faire naître un minimum d’émotions, de sentimentalisme pleurnichard. Entre alors en scène cette chère Roselyne qui, des trémolos dans la voix, gronde ses vilains garnements, même qu’ils en avaient les larmes aux yeux, les pauvres biquets…

 

Le dernier épisode se clôture par la mort annoncée de nos petits bleus, à la grande joie de Rama Yade qui se félicite des fructueuses économies d’hôtel réalisées…

 

La première saison de cette saga ayant fait exploser l’audimat, les scénaristes nous promettent pour très bientôt une saison 2 encore plus alléchante : Henry chez Sarko ; les révélations d’Evra, Domenech au bord du suicide, et peut-être même un scandale sexuel avec des call-girls sud-africaines vaudous !

 

Et sinon les gars, vous aussi vous êtes inquiets pour vos retraites ?


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Par Sophie L. - Publié dans : Tant qu'il y aura des hommes... - Communauté : foll-ouf
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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 07:00

bac.gif Le mois de Juin est ponctué par deux évènements principaux : Roland Garros et le baccalauréat, ce qui est assez vache puisque si les lycées n’atteignent pas 100% de réussite à cet examen, c’est bien à cause dudit tournoi qui empêche les lycéens de se plonger studieusement dans leurs bouquins rébarbatifs.

 

 

 

Si à cela on ajoute une Coupe du Monde, autant dire qu’un bon nombre d’entre eux échouera, à moins qu’il y ait cette année une épreuve portant sur les résultats des matchs.

 

Avouez qu’ils ont du mérite ces jeunes adultes qui, en lieu et place d’aller butiner de jolies fleurs se retrouvent coincés à la maison avec, pour seul leitmotiv parental :

  • -         Révise ! T’as révisé ? Pourquoi tu ne révises pas ? T’arrives à réviser avec cette musique ? Tu révises quoi là ? Le nombre de battement d’ailes d’une mouche à la seconde ?

Et de subir la litanie de ces anciens combattants du bac :

  • -         Moi, de mon temps, je faisais des fiches au fur et à mesure de l’année. Ca ne sert à rien de bachoter au dernier moment ! J’avais un programme de révisions digne d’un vrai business plan, mais vous maintenant les jeunes, vous ne savez pas travailler. Tu crois que tu vas l’avoir où ton bac ? Dans une pochette Surprise ?

 

Ce genre de remarques, nous en conviendrons aisément, accentue le stress du futur bachelier à la veille d’un évènement qui changera sa vie. En principe…

 

Sa mère ne se nourrit plus qu’avec des rognures d’ongles, tournant autour de lui telle une lionne défendant ses petits, prête à trucider l’examinateur qui recalera sa progéniture. Car, elle en est persuadée, sa couvée ne peut échouer, il en va de sa fierté maternelle !

Elle le bourre de vitamines, de magnésium, de potassium et se laisserait facilement tenter par le cannabis si on lui certifiait qu’en en inhalant la résine, il en exhalerait le fameux « Reçu avec mention » (tant qu’à faire)!

 

Elle entre fréquemment dans sa chambre – non sans avoir frappé – pour vérifier que le studieux a la tête penchée sur les cosinus, les « Pensées » de Pascal ou la complexité de la guerre froide, mais le découvre pianotant fébrilement sur son PC…

  • -         Tiens, ironise-t-elle, les jeux en ligne sont au programme cette année ?

Un rien exaspéré, le surchauffé du cerveau s’explique :

  • -         Il faut bien que je me détende de temps en temps ! Si tu crois que c’est facile le bac !
  • -         Je te rappelle mon chéri que moi aussi je l’ai passé…
  • -         Ouais mais de ton temps, la guerre froide n’existait pas !

 

C’est sûr qu’à ce stade de culture générale, il vaut mieux que tout le monde se détende…

 

Mais c’est sans compter sur l’intervention du père qui, déjà mis en pétard – sans jeu de mots aucun – par la contre performance des joueurs français à Roland Garros, fonde de sérieux espoirs sur celle de sa chair :

  • -         Alors, ces révisions ? Ca avance ?
  • -         J’suis à fond !
  • -         Tu en es où ?
  • -         Je tiens le planning.
  • -         Ah c’est bien ça de se faire un planning. Et tu en es où de ton planning ?
  • -         Euh… Ca roule…

 

Et de couper court aux questions intrusives en s’enfermant dans sa chambre, y prendre une feuille blanche et d’y inscrire en gros : PLANNING.

Et de comprendre mieux que quiconque le syndrome de la page blanche…

 

Dans ces conditions, comment voulez-vous que ce pauvre enfant pressurisé n’en perde pas ses moyens, ô combien exceptionnels ?

 

Mais lui, assurément, ne doute pas ! S’il échoue au bac, ce sera bien parce qu’il sera « tombé » sur un examinateur aigri, vicieux, dont le seul but aura été de se venger sournoisement sur sa copie anonyme, sourd à l’interprétation avant-gardiste qu’il aura faite des « Liaisons Dangereuses » de John Malkovich, coécrite par Glenn Close, à moins que ce soit par Sharon Stone et son délectable jeu de jambes…

 

Avec un peu de chance, il décrochera l’oral…

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : au secours, ils grandissent!
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