Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /2009 07:00


Pause-café du réveil.

Démarrage à froid, lenteur des mouvements.

Irritation.

 

Pause-café au coin de la rue.

Accoudé au comptoir, reculer le moment où le devoir appelle. Avaler la dernière goutte, inspirer un bon coup.

Motivation…

 

Pause-café matinale.

La machine dit : « Expresso », la grimace du visage répond : « Jus de chaussette ».

Langue brûlée, breuvage délaissé.

Frustration.

Passer devant le bureau du patron, humer le noir colombien, hausser les épaules, marmonner : « Egoïste ! »

 

Pause-café du déjeuner.

« Marcel, tu me fais un p’tit express ? ».Tremper ses lèvres dans le liquide brûlant, rajouter un peu d’eau, sourire d’aise.

Contemplation.

Repasser devant le bureau hiérarchique, s’y glisser, piquer le colombien, rire en douce. Satisfaction.

 

Pause-café de l’après-midi.

Croiser le patron, « Vous arrivez à boire ça, vous ? C’est décidé, j’achète une Machine Expresso pour le bureau ».

Exultation.

« Je vous charge de la collecte des fonds… »

Trahison !

 

Pause-café copines.

Papoter, bavarder, cancaner, rigoler. Confidences et secrets partagés.

Compréhension.

 

Pause-café solitaire.

S’installer contre la vitre. Boire à petites gorgées. Se perdre.

Réflexion.

 

Pause-café divinatoire.

Montre-moi ton marc, je te dirai où tu vas.

Tentation ?

Hésitation…

 

Pause-café du Mercredi.

Tennis, judo, danse, musique, conduites.

Action !

 

Pause-café dominicale.

Prendre le temps. Discuter, échanger, se retrouver.

Union.

 

Pause-café calva.

La petite goutte de trop, regard flouté, pas incertain.

Vacillation.

 

 

Qu'est-ce que je vous sers?

 

 

Ceci est ma participation au concours de Tatasica (encore elle !), une belle machine expresso à la clé, de quoi passer la journée à faire des pauses…


 

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Par Sophie L. - Publié dans : Parfois le Jeudi - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 07:00

Oh, je sais bien ce que vous allez dire : Sujet archi connu, maintes fois abordé et exploité.

Certes.

Mais jamais résolu ! Jusqu’à ce jour…

 

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé !

J’ai parlé, expliqué, montré, démontré, râlé, hurlé, cajolé, psychanalysé, aidé, amadoué, rien n’y a fait. Je me retrouve systématiquement, serpillère ou éponge à la main, en train d’essuyer la goutte (quand ce ne sont pas les chutes d’Iguaçu) sur laquelle je m’assois ou pose mon pied.


Il y a bien longtemps que je ne me bats plus contre la lunette toujours levée, jamais baissée (à quoi bon, c’est un geste que le cerveau masculin ne conçoit pas) mais je refuse d’abdiquer devant le liquide jaunâtre et malodorant qui agresse ma vue et mon odorat sitôt la porte des toilettes passée !

 

J’ai immédiatement mis hors de cause les gremlins femelles, je suis bien placée pour savoir que l’on ne déborde jamais. Il me restait donc deux coupables possibles : Le gremlins mâle et son géniteur.

Après une enquête détaillée qui me permit de situer l’heure du crime entre 16h30 et 18h00, le doute ne me fut plus possible, j’assis le coupable face au jury d’accusation, ne lui octroyant pas le luxe de la présence d’un avocat et le sommai de s’expliquer sur les faits qui lui étaient reprochés :

- Accusé, lève-toi !

- Mais maman…

- Mais « Madame le juge » je te prie ! Ta mère n’existe plus ! Ta présence aujourd’hui devant nous est requise pour justifier des accusations qui sont portées contre toi. Que plaides-tu ?

- Mais…

- Bien ! Si nous en jugeons par ton manque de réaction, la cour décide que tu plaides coupable !

- Mais maman…

- Silence ! Tu parleras quand nous le jugerons nécessaire.

Accusé, reconnais-tu être aller te soulager dans le lieu-dit « Toilettes » entre 16h30 et 18h00, en ce jour du Lundi 09 Novembre de l’année 2009 ? La cour te somme de répondre !

- Maman, j’comprends rien…

- Si j’entends bien, tu récuses les faits ?

- JE COMPRENDS RIEN, JE TE DIS !

- Parfait ! La cour reformule la question : Est-ce que tu as fait pipi par terre dans les toilettes quand tu es rentré de l’école ?

- C’est pas moi ! J’suis pas allé aux toilettes !

- Mesdemoiselles les jurés, je vous prends à témoin. Ce gremlins qui vous fait face ose soutenir qu’il n’est pas coupable de la flaque de liquide corporel jonchant le sol du lieu-dit « Toilettes ». Bien que le bénéfice du doute ne lui soit pas permis, nous, la cour, ordonnons une reconstitution des faits ! Néanmoins, compte-tenu du caractère spécial de la scène, seule la cour est autorisée à en être le témoin.

Accusé, montre-nous comment tu fais pipi !

- J’ai pas envie

- Fais semblant ! Hmmm, es-tu sûr que tu positionnes l’objet du délit comme ceci ?

- Oui, on vise au milieu, comme papa m’a appris.

- Ah ah ! Tu as donc un complice ! La cour s’en doutait…. Ensuite ?

- Quand j’ai fini, je me rhabille…

- Trop facile ! Mesdemoiselles les jurés, notez que nous avons affaire à un fieffé coquin, mais tu n’en tireras pas à si bon compte mon lascar, nous apprenons à l’instant que ton compère a été appréhendé et qu’il sera là dans un instant !

- Maman… C’est moi…

- Ah !!! Enfin les aveux !!! La cour, après délibération, t’octroiera peut-être les circonstances atténuantes… Mais, qui a dit-ça ?

- C’est moi, maman.

- Comment ?? Le, pardon, la coupable se trouve dans le jury ! Ah non, mademoiselle, inutile de t’accuser pour sauver ton frère, la cour sait que ce n’est pas toi, techniquement, c’est impossible !

- J’avais très envie, je ne me suis pas bien assise et ça a coulé par terre.

- La cour, une fois de plus, se félicite de la manière dont ce procès s’est déroulé et qui lui a permis, grâce à son impartialité, de démasquer la coupable !

Accusée, nous vous condamnons à passer la serpillère ! Quant à toi, jeune homme, tu lui fourniras l’eau chaude, pour toutes les autres fois où des gouttes de liquide nauséabond ont atterri sur le couvercle du lieu-dit « Toilettes ».

L’audience est levée !

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : au secours, ils grandissent!
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 07:00

Et voici, en exclusivité, le debrief de cette soirée tant attendue qui nous tient en haleine depuis des semaines… Si vous avez raté le premier épisode, ça s’est passé ici !

 

Sonia propose que l’on se retrouve toutes les 7 avant le spectacle pour prendre un verre. J’arrive, un peu en retard, et découvre Frédérique, Isabelle et Sandra roulant déjà sous la table, sagement attablées devant un perrier citron. Muriel a décidé de nous snober pour aller passer une semaine à crapahuter en montagne… mais il nous en manque toujours deux !

La reine du gloss (Sonia la pintade, pour les non-initiés) se pointe comme une fleur à 20h10 (pour un rendez-vous à 19h30, je précise), nous présente ses excuses en accusant sa pauvre maman d’être à l’origine de son retard… Et voilà e-zabel !
Nous sommes toutes là ! Certaines accompagnées de leurs tendres moitiés qui présentent tous ce même air égaré de « Mais qu’est-ce que je fais là ????? ».

 

Céline (très très enceinte), de l’agence Rumeur publique, nous souhaite la bienvenue, nous informant que les deux premiers rangs nous sont réservés ainsi qu’à nos invités.


Je passe illico en mode V.I.P!
Je me tiens droite, je pénètre crânement dans la salle, prête à accorder à chacun une petite interview du pourquoi du comment j’en suis arrivée là, cherchant discrètement les caméras de France Télévision afin de leur proposer mon meilleur profil…

Or, je prends place le plus anonymement du monde… Ce n’est pas moi que l’on vient voir, c’est Sandriiiiiiiiiiiiiine ! Paf ! L’atterrissage laisse quelques bleus à mon âme…

 

Je suis tout de même au premier rang, je vais en prendre plein les yeux (je tiens d’ailleurs à remercier Sandrine de ne pas m’avoir postillonné dessus, c’eût été ballot…).

 

Et voilà notre humoriste. Finalement, je n’aimerais pas être à sa place, quelques semaines à peine pour monter ce spectacle alors qu’elle a bûché un an sur le précédent, il y a de quoi vouloir partir en courant !!! Si ça se trouve, c’est ce qu’elle a voulu faire mais on l’a poussée de force sur la scène, je ne vois pas d’autre explication, sans quoi, je la soupçonne d’être un tantinet maso !!

 

Voici qu’elle débute son show par un sketch sur les blogueuses ! Le rouge du plaisir me monte aux joues : « Elle parle de nous, là !!  Ah… Elle se moque aussi de nous là…. Oh, dis, oh, faudrait pas pousser mémé non plus ! Bon, d’accord, il n’y a pas que du faux là-dedans… Mais c’est de l’humour, n’est-ce pas ? ».

A entendre les éclats de rire de ceux que j’ai eu la bêtise d’inviter, il est clair que Sandrine fait mouche et qu’elle a finement perçu la personnalité complexe de la blogueuse….

 

Et puis elle se lance ! Tout y passe : De la grossesse à l’accouchement en passant par des histoires de poussettes, des petits mots d’enfants à la sacro-sainte alimentation équilibrée, bref, un pur moment de bonheur sur les joies d’être MAMAN !

Et puis, des instants forts, où elle a réussi la performance de faire chanter la salle entière (200 personnes, c’est pas rien, hein !) sur deux tubes remaniés par ses soins. Personnellement, celui intitulé « Où sont les hommes ? » m’a fait pleurer de rire, je suis en train de l’apprendre aux gremlins, pour qu’ils la fredonnent à leur papa le jour de son anniversaire…

 

Tout allait merveilleusement bien quand, à la fin du spectacle, Sandrine ne trouva rien de mieux à faire que de nous inviter à la rejoindre sur scène… Alors là, gros malaise où l’on se retrouve à sourire niaisement à un public si proche qu’il ne manque pas de remarquer qu’on a des traces de rouge à lèvres sur les dents !

 

Après avoir bu quelques coupes de champagne et dégusté moult sushis, félicité l’artiste, remercié les représentants de la Mutuelle Générale et Rumeur Publique, pris congé de Carole, Oum, Manu et Lola, mon tendre et moi sommes rentrés, main dans la main, dans notre petite maison au milieu de la prairie.

 

En me couchant dans mon lit à baldaquin, j’ai pensé :

« Oui, vraiment, j’ai passé une excellente soirée. Elle a du talent la grande ! N’empêche, elle avait de bonnes sources d’inspiration, aussi…. ».

Ben quoi ? Ca s’appelle la méthode Coué ou me trompe-je ?

 

En attendant une tournée inter-galacticale, voici quelques extraits, régalez-vous !




Blogs en Scène 1ère Vidéo : Les Blogeuses
envoyé par e-lamutuellegenerale. - Plus de vidéos fun.

Petite précision:
Comme nous avons affaire à des petits malins, le spectacle est diffusé par bribes tous les Lundis sur Dailymotion.
Soit vous cliquez ici chaque semaine, soit vous attendez un peu pour voir l'intégralité.


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Par Sophie L. - Publié dans : Parfois le Jeudi
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 07:00

- C’est bientôt mon anniversaire, tu n’écrirais pas un billet sur moi ?

- Et pourquoi j’écrirai sur toi ? Mon ego est bien plus gros que le tien !

- Parce que tu écris tellement bien…

- Ah ben, vu sous cet angle, je veux bien !

 

Ma copine Fleur me connaît depuis plus de 20 ans, elle sait qu’un peu de flatterie n’est pas pour me déplaire aussi en use-t-elle pour obtenir quelques privilèges.

L’exercice n’est pas si aisé. Ecrire sur elle en 3 500 caractères max alors que sa vie mériterait une œuvre en 18 volumes est un challenge.

 


Des 4 copines originelles, Fleur est l’intruse.

Alors qu’on a toutes signé pour une vie rangée, entourée d’un mâle et de quelques gremlins, elle clame haut et fort son statut de célibataire, femme libérée entre toutes.

On n’ose pas trop l’avouer, mais on apprend des tas de choses à son contact. Cela se passe généralement au cours d’une soirée entre filles, on l’écoute parler, on écarquille les yeux, on fait des « oh ! » des « ah bon ???? », et des « tu peux m’expliquer, je n’ai pas tout compris… ». Elle sourit complaisamment, nous trouvant fôôôrmidables dans notre rôle de mamans banlieusardes en goguette.

 

Elle trouve aussi fôôôrmidable notre sens de la rigueur militaire, les deux pieds fermement enracinés en terre, alors qu’elle les a plutôt…en l’air ! Mais voilà, nous, à force, on ne la trouve pas fôôôrmidable du tout avec sa légèreté qui met à sac notre organisation si bien rodée.

Si on l’invite à déjeuner à midi tapantes (parce que les gremlins, ça n’attend pas, ça a tout le temps faim), elle débarque, nonchalante, deux heures plus tard, coupant court à nos protestations par un : « Ouh la la, c’était la course ce matin ! Mais je le fais pour toi, parce que tu es fôôôrmidable ! Et voilà les enfants ! Oh ! De plus en plus beaux ! Remarque, ça ne m’étonne pas, avec une mère aussi fôôôr…. » blablabla….

Elle trouve le rôti brûlé excellent, les gremlins geignards d’une intelligence hors norme et le mari ronchonnant follement amusant.

Et pfff, la voilà repartie aussi vite qu’elle est arrivée en retard !

 

Entre temps, elle nous a glissé qu’elle ne viendrait pas dîner la semaine prochaine avec Jérôme qu’elle a largué parce qu’il était amoureux d’elle (…), que Charles la relance, mais qu’elle se tâte parce qu’elle aimerait bien une relation sérieuse (et Jérôme alors ? C’était quoi ?), et qu’il y a un petit stagiaire au bureau dont elle ferait bien son quatre heures. C’est simple, depuis 20 ans, je n’ai jamais rien su de ses Jules en dehors des leurs prouesses charnelles !

 

Le pire, c’est quand elle nous invite chez elle.

On débarque à l’heure dite, on la trouve encore en pyjama (qu’elle a pris soin d’enfiler avant de nous ouvrir), pas paniquée pour un sou devant son frigo contenant 4 yaourts allégés et du fromage blanc 0%.

- On va commander des pizzas ! J’ai une super adresse ! s’exclame-t-elle au grand bonheur des gremlins qui la trouvent si « fôôôrmidable » qu’ils l’échangeraient bien contre leur 5 fruits et légumes de mère.

On patiente donc en feuilletant la pile de magazines féminins qu’elle collectionne depuis des années :

- Tu les as tous lus ?

- Tous !

- Et tu les trouves intéressants ?

- Oui, il y a plein d’articles super sur la lingerie, les toys, les…

- Ouais bon, ok, j’ai compris ! Fais attention à ce que tu dis, il y a des enfants ici, la coupons-nous en jetant un œil inquisiteur à l’homme qui, soudain, trouve quelque intérêt à la conversation.

 

Au loin, une dispute éclate. Trois affreux se ruent dans le salon, hurlant à la mort.

- C’est moi qui l’ai trouvé !

- Nan, c’est moi ! Mamaaaaan !!

Nous nous saisissons de l’objet de la discorde pour le refiler illico à sa propriétaire :

- C’est quoi ce truc ? Ca va pas de laisser traîner ce machin partout dans la maison ????

Toujours souriante, Fleur répond calmement :

- Ma chérie, il se trouvait dans ma chambre, rangé à sa place habituelle. Tes petits, aussi fôôôrmidables soient-ils, n’ont pas à y traîner.

- Dis Fleur, demande gremlins 3, c’est quoi ?

- C’est Monsieur Rabbit, mon canard, tu pourras y jouer quand tu seras plus grande.

 

Dieu est grand, il ne m’a pas faite cardiaque !!

 

- Maman, en anglais, rabbit, ça veut bien dire lapin ? questionne gremlins 1.

- Oui, fais-je, regrettant l’enseignement de cette langue dès le primaire.

- Elles sont où ses oreilles ?!

 

Dieu a pitié de moi: Il envoie un messager sonner à la porte auquel je m'empresse d'ouvrir.


- Bonjour, c’est Speed Rabbit Pizza !

 

4 451 caractères (espaces compris!), je savais bien que je n’y arriverai pas!

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 07:00

Je déteste le rose.


Sans doute, en d’autres temps, l’eussé-je aimé, mais, comment vous dire, entre le rose et moi, c’est devenu physique, on ne se supporte plus !

 

Comment en sommes-nous arrivés là ? Entre nous, tout avait si bien commencé…

 


Voyez-vous, je suis née dans le rose, d’ailleurs, à ma naissance, ma mère a tout de suite donné le ton : « Voyez ce teint de rose ! ».

Dire que cette phrase, banale en soi, a façonné le reste de mon existence ! Ce furent les premiers mots de ma mère à mon sujet et, dès lors, elle ne put s’adresser à moi sans utiliser ce terme à tout propos : « Mon bouton de rose » par ci, « ma rose de vents » par là.

Cela vous fait sourire, je le vois bien, mais vous ne pouvez imaginer mon calvaire, lorsqu’à 15 ans passés, elle essayait encore de me persuader que les filles naissaient dans les roses !

 

Pourtant, au début de ma vie, nous nous entendions bien, le rose et moi : toujours présent mais pas trop encombrant. J’appréciais ses teintes, allant du rose pâle au rose criard en passant par le rose bonbon. J’aimais à le porter dans mes cheveux, en parer mes poupées ou encore en déposer sur mes lèvres, en cachette.

Puis, peu à peu, de façon sournoise, le rose s’imposa, chassant toutes les autres couleurs de mon entourage. De la chambre de ma mère, il envahit la mienne, puis le salon et enfin toutes les pièces de la maison.

Edith Piaf passait en boucle sur le vieux tourne-disque de maman. Dois-je vraiment vous préciser le titre de la chanson ?

 

Rose, rose, rose ! Toujours du rose !

 

Lorsque je me risquais dehors, toute de rose vêtue, seuls ses éclats retenaient mon attention.

J’étais invariablement attirée, hypnotisée, envoûtée, maraboutée !

Quel cauchemar ! Quand j’y repense, je me demande encore comment je fis pour m’en délivrer…

Ma mère m'y aida beaucoup.
En mourant, la pauvre…
Elle succomba à une indigestion de barbe à papa, friandise rose dont elle raffolait. Ne dit-on pas que la gourmandise est un vilain défaut?


Je fus remise à un organisme d’aide à l’enfance, qui, vue l’étendue des dégâts, se hâta de m’enfermer dans un établissement spécialisé. Spécialisé en quoi ? Ca, je ne saurai vous le dire !

Quoiqu’il en soit, je m’y suis tout de suite sentie à mon aise, pour la simple raison qu’il marque ma rupture avec le rose. On m’en a aussitôt dépouillée pour me passer cet adorable vêtement blanc, un peu rugueux, aux manches longues qu’on peut attacher dans le dos, vous voyez ?

Oh non ! Aujourd’hui, j’ai mis celui à manches courtes, en votre honneur…

 

Où en sommes-nous, aujourd’hui, de nos relations, le rose et moi ? On s’ignore, je ne le vois plus.

 

Mais, j’aime beaucoup le vert, pas vous ?

Note de l'auteure:
L'abus du rose peut être nocif pour la santé...

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Par Sophie L. - Publié dans : Atelier d'Ecriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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