Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 07:00

     Quand je te regarde, je me dis que tu dois te trouver admirable d’être ainsi indispensable. Comment as-tu fait pour, en quelques années, devenir incontournable jusqu’à en être insupportable ?

Jalousement gardé par une élite détestable, ton goût de l’équitable te fit quitter ton stable tabernacle pour approcher la populace incontrôlable devant ta louable grandeur d’âme.

 

     Ton geste était-il raisonnable ?

 

     Multipliable à souhait, tu répandis ton inlassable pouvoir, imperturbable, pour que la vie sans toi nous soit insurmontable. Quand on y songe, quel succès remarquable!

 

     Inséparable compagnon, interchangeable à volonté, aisément manipulable, aujourd’hui recyclable mais pas encore biodégradable, il nous est désormais impensable de sortir sans te glisser dans notre cartable. C’est à se demander comment nos vénérables aïeux furent capables de surmonter pareille épreuve, pour cela, ils en sont sans aucun doute canonisables !

 

     Vulnérables devant ta toute puissance, nous en acceptâmes le prix parfois intimidable souvent non monnayable mais dont l’acquisition en était si enviable que nous en devînmes méconnaissables.

Pourtant, à peine en poche, te voilà révocable au bénéfice d’un de tes enfants plus appréciable encore, aux qualités inégalables et aux vertus impressionnables.

 

     Comme beaucoup, réputé incassable à tes débuts, ton ascension dans le monde des consommables te rendit plus friable mais non remboursable, provoquant d’interminables plaintes des usagers imbuvables.

 

     Au fil des années, tu t’agrémentas de fonctions à peine croyables, exploitables par tous, au point d’en oublier ta seule raison valable.

Utilisable partout, ton signalement reconnaissable contribuât à en rendre quelques uns irritables, ta présence devint hautement indésirable au risque de te déclarer carrément impraticable voire congédiable de certains lieux.

     Tu eus du mal à trouver la nouvelle digérable et malgré ces nouvelles règles controversables, il te fallut plier pour éviter de te retrouver sur un siège éjectable !

 

     Te munissant d’un langage indéchiffrable, tu partis à la conquête des ados malléables, les alléchant par des offres abordables non refusables. Pianotant de manière infatigable, volant des images réprimandables, ils t’adoptèrent de façon irrévocable refusant de te délaisser un seul instant, ne serait-ce que pour aller à table !

 

     Sociable et affable, tu as su te rendre indispensable.

     De nos oreilles, indécollable, ô redoutable portable !

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Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 07:00

J’aime bien les Gremlins en général – les miens en particulier – il paraît qu’ils mettent de la vie dans une maison…

Avec eux, on ne sait jamais comment la journée va débuter, encore moins comment elle va se terminer. Le Gremlin est l’as de l’imprévu.

Sauf que moi, j’aime bien prévoir.

D’où une certaine incompatibilité dans la gestion de l’organisation familiale, pouvant s’avérer fatale pour une femme dont la mécanique bien huilée traque le moindre grain de sable susceptible de faire dérailler la machine.

 

Et le Gremlin, ce qu’il aime par-dessus tout, c’est tomber malade le jour où ce n’est pas prévu alors qu’il a constamment sous les yeux le rétro-planning de la semaine :

 

  • Lundi : Maladie possible à partir de 11h30
  • Mardi : Maladie envisageable de 8h30 à 11h30
  • Mercredi : Activités sportives : Au prix que ça coûte, aucune dérogation maladive accordée.
  • Jeudi : Maladie acceptée de 8h30 à 9h00
  • Vendredi : Arrêt maladie refusé !!!
  • Samedi : Maladie tolérée aux heures d’ouvertures du cabinet médical.
  • Dimanche : Urgences surchargées, maladie boycottée !

 

Ce n’est pourtant pas trop demander que de suivre ce programme hebdomadaire lequel ne subit de changements que très épisodiquement ! De plus, cela a l’avantage d’apprendre au jeune Gremlin le sens des responsabilités et ce, dès l’instant où son père a coupé le cordon.

 

Or, le Gremlin, comme chacun sait, est un être facétieux doué d’un sens de l’humour douteux et qui ne se satisfait pas de l’organisation au carré que sa génitrice a dû mettre au point à peine le cheveu sorti du ventre maternel !

 

Malgré des anticipations d’évènements dignes des meilleurs scénarios de films catastrophe, l’horrible petite créature parvient toujours à contourner les barricades pour se glisser dans la faille que l’on avait oublié de colmater !

Aussi, à la veille d’un départ en vacances auquel il a généreusement été convié, n’est-il pas exclu que le jeune farceur fasse surgir dans la nuit une double otite sereuse bannissant tout transport par les airs sous peine de tympans défoncés alors que nul ne se soucie des oreilles passablement échauffées de ses ascendants !

 

Frayant avec la nature retors de cet être maléfique, il se peut que l’on soit contraint de recourir au chantage afin d’honorer un rendez-vous vital pour notre carrière :

 

     -     Je te donne un bonbon si tu me promets que demain tu me laisses aller tranquillement à ma réunion.

 

Il jure, la main sur le cœur et le regard franc que rien ne viendra compromettre les projets parentaux.

Et on se félicite de tant de doigté lorsque, l’ayant déposé à la grille de son établissement, on s’en va, l’esprit libre, vers un avenir prometteur, ignorant l’alarme rugissante qui, depuis le matin envoie un message troublant :

« Alerte ! Teint verdâtre ! Alerte ! Teint verdâtre ! »

 

Mais c’est sans compter sur la fourberie gremlinesque…

 

A peine le dos tourné, des appels insistants nous ordonnent de nous retourner. L’institutrice s’approche, tenant une olive par la main et sonne le glas de notre augmentation de salaire :

 

     -     Le petit n’a pas l’air bien. Il se plaint du ventre et il est un peu verdâtre…

     -     Mais non, rétorque-t-on, c’est parce qu’il a mangé des épinards au dîner !

 

Alors que l’on s’apprête, dans une tentative désespérée, à fuir aussi vite que nos talons nous le permettent, une giclée de légumes non digérés atterrit sur la pointe des escarpins jadis en daim.

Encore sous le choc, on entend une voix faussement penaude s’élever :

 

     -     Et des bonbons aussi…

     -     Quoi des bonbons ?

     -     Les bonbons que tu m’as donnés… J’ai fini le paquet…

 

La prochaine fois, on prévoira de lui faire avaler quelques médocs enrobés de chocolat !

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses!
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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 07:00

paresse.jpegUne des choses que l’on apprend très jeune, c’est que l’oisiveté est une activité politiquement incorrecte. Or, si on y réfléchit un peu, si l’oisiveté est une activité, cela ne peut être nocif puisque l’activité est bonne pour la santé !

 

Le paresseux n’est sans doute pas apprécié à sa juste mesure car il lui faut fournir des efforts considérables pour maintenir son état de fainéantise au maximum de ses capacités. 

Dès sa petite enfance, cet indolent est contrarié dans sa vraie nature tel le gaucher que l’on oblige à écrire de la main droite.

 

Bébé, alors que tranquillement allongé sur le dos, plongé dans la contemplation stérile du plafond décrépi, des bras par trop dynamiques l’agrippent le forçant par là à maintenir sa tête aussi droite que possible. Epuisé par cette épreuve, il s’en endort sur son biberon, aussitôt dérangé par la tétine qu’on lui enfonce dans le gosier l’incitant à renouveler cet effort de succion qui l’achève.

Plus âgé, voilà qu’on le pousse sans relâche à se tenir vertical sur ses pieds bien qu’auparavant on le laissait joyeusement jouer avec !

Il commence à se douter que le monde ne tourne pas dans le même sens que le sien, qu’il est un être à part, contraint de se plier à des activités contre nature.

Et cela va de mal en pis !

 

Individu à la parole économe, ne s’exprimant que lorsque c’est absolument nécessaire : « Manger, boire, pipi, caca », le voici abandonné dans un lieu empli de petits personnages survoltés sous la houlette d’une non moins excitée prenant un malin plaisir à le sortir de son inertie pour ânonner des lettres et des consignes dont il n’a cure, d’autant que jusqu’à présent on avait l’obligeance de lui lire des histoires ou de lui chanter des chansons dont le ronronnement l’emplissait d’une douce torpeur réparatrice.

 

Devant son manque d’ardeur manifeste, ses géniteurs redoutent d’avoir engendré un crétin en lieu et place du nouvel Einstein tant espéré. L’avis d’un psychiatre s’avérant crucial, le petit est sommé de dessiner moult carrés et ronds devant l’œil exercé du professionnel.

Lorsque la sentence tombe, les parents anxieux aux ongles rongés jusqu’à l’os, s’enfoncent les moignons dans la bouche devant l’impensable :

- Votre enfant souffre du syndrome de la flemmardise aigüe. Je crains que cela ne soit incurable…

 

L’intéressé ne comprend pas pourquoi son père lui envoie une taloche tout en traitant le spécialiste d’incapable. Sa mère, effondrée, redouble de sanglots lorsque son époux lui assène :

- Tout ça, c’est la faute de TA famille !

 

Commence pour le cossard une longue traversée solitaire semée de « Travaille ! » « Fais un effort ! » « clampin ! » « jean-foutre ! ».

Loin d’être chauve des neurones, ce paresseux en passe de devenir professionnel fournit le minimum syndical – ce qui lui en coûte suffisamment – pour donner l’illusion de lutter contre ce penchant immoral tout en lui laissant cependant le loisir d’admirer ce poil qui lui pousse inéluctablement dans la main.

 

A l’âge adulte, remercié pour les loyaux services qu’il n’a pas rendu, il est vertement prié d’aller cultiver son indolence dans d’autres prés. Cherchant mollement comment travailler moins pour gagner plus, il accumule les expériences de pseudo actif qui le laissent harassé en fin de journée.

 

Un jour, il a l’idée exténuante de réunir tous ses acolytes victimes d’intolérance dans une association à but lucratif.

Ensemble, à l’abri des regards indiscrets, c’est avec délectation qu’ils se perdent pour toujours dans la contemplation dense des bulles…

 

Un gourou est né…

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Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 07:00

omo.jpg Depuis son apparition sur terre, l’espèce animale n’a cessé de se développer, toutes catégories confondues sauf une :  

La ménagère

 

A l’image de l’animal dont le but depuis des millénaires est de chasser pour se nourrir, la ménagère n’a de cesse de traquer la tâche pour la faire disparaître.

 

L’animal peut varier sa nourriture, son but premier demeure : Manger

Les produits de la ménagère évoluent, sa quête ancestrale est immuable : Récurer

 

L’animal est un être aux instincts primitifs qui accompagne cependant la fulgurante évolution de l’Homme.

La ménagère est un être primaire qui accompagne, émerveillée, l’exaltante altération des produits d’entretien.

 

Toutefois, si l’animal est doué d’une certaine forme d’intelligence, on serait en droit de se demander si la ménagère n’est pas engluée dans le crétinisme.

 

A qui voulait-on faire croire qu’une lessive lavait plus blanc que blanc ?

J’en connais qui ont essayé et obtenu du blanc grisé.

 

Devant un intérieur repoussant de saleté, qui avalerait qu’un produit miracle puisse faire disparaître toute trace de moisissure et ce, sans  frotter ?

Je n’ai rien lavé pendant 3 mois, j’ai acheté le 10 en 1, moralité : Il va falloir changer le carrelage de la salle de bain…

 

Qui croit qu’un canard peut nettoyer des toilettes ?

J’ai lancé un volatile dedans, je les ai bouchées…

 

Qui est la plus à même de comprendre le langage des singes ?

Là-dessus, rien à dire, mon ouistiti et moi, on s’est toujours compris !

 

Après tout, si l’étymologie du mot « ménagère » est proche de celui de « ménagerie », ce n’est peut-être pas pour rien…

 

Cependant, la présence masculine n’est pas tout à fait exclue de l’univers ménager. Non pas que nous le voyions apparaître exécutant de vulgaires tâches telles que le récurage du four ou le nettoyage du sol, mais plutôt sous forme d’un Musclor avant-gardiste dans la mode des crânes rasés, jouant les gros bras devant les salissures récalcitrantes aux frottements épuisants de la ménagère affaiblie. Ah, n’est-ce pas un magnifique dénouement que de la voir éperdue de reconnaissance devant ce bon génie sortant tout droit d’un flacon fleurant bon un petit coin de nature ?

 

Mais attention, si la ménagère est considérée comme une oie (blanche ?), elle n’en demeure pas moins éternellement jeune : Moins de 50 ans !

C’est que ça ferait tâche de voir trimer une pauvre grand-mère, le dos courbé et les genoux abîmés par le carrelage rugueux. Au rebus la mère Denis (paix à son âme) qui, abandonnant le lavoir pour une rutilante machine, n’hésita pas à lui en à voler la vedette !

De plus, la mère Denis (re-paix à son âme), elle n’était pas sexy et la lessive, c’est beaucoup plus vendeur quand on est sexy, c’est bien connu…et puis, on ne sait jamais, on n’est pas à l’abri d’une petite visite impromptue de Mr Propre…

 

Pour être toute à fait honnête, il est vrai que depuis quelques années, le discours des publicitaires a quelque peu évolué. La ménagère ayant gagné son statut d’être humain, les animaux ont déserté l’espace lessivier, remplacés par une approche nettement plus technologique avec des agents, des enzymes, des actifs en tous genres aux vertus ultra-détachantes démontrées à coup de « avant-après » dont on ne saurait mettre la véracité en doute… C’est qu’il faut être drôlement fort pour venir à bout de sauce tomate mélangée à de la boue, de l’herbe, de l’encre, du cambouis et ce, en un seul lavage à froid, non ?

 

Que d’efforts d’imagination déployés par les Procter, Unilever et autres Colgate en but avec cette ménagère de plus en plus séduite par des produits « made at home », que la Mère Denis a pris soin de léguer dans son testament !

 

Car, après tant de produits achetés et d’espoirs déçus, rien ne vaut, malheureusement, un bon tour de poignet et un pain de (véritable !) savon de Marseille pour arriver à bout de cette bonne vieille tâche…

 

PS : Si toutefois vous avez trouvé le produit miracle qui lave tout seul sans frotter, je suis preneuse, ça me dégagera du temps pour faire mes ongles !

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Par Sophie L. - Publié dans : Délires d'écriture
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 07:00

blog-greve

Sophie L

Alors ? T’as réfléchi ?

 

Blog

Ouaip.

 

Sophie L

Tu reprends le boulot ?

 

Blog

Hé ho, ça ne va pas ! On n’a pas encore négocié !

 

Sophie L

Mais que veux-tu qu’on négocie ? Tes revendications sont démesurées !! Et puis, admettons que je cède, ça va être la révolution dans la blogosphère. Déjà que ça commence à s’agiter… Ne sois pas si individualiste !

 

Blog

Individualiste moi ? Je fais ça pour le bien commun. Plus tard on me remerciera !

 

Sophie L

Ecoute, on continue à deux journées par semaine, le reste du temps, tu pionces, ok ?

 

Blog

Et mon augmentation de salaire ?

 

Sophie L

Utilisation illimitée de l’électricité. C’est un avantage en nature non négligeable et non imposable !

Et, si tu me promets de changer de fréquentations, je te nomme Contrôleur des Visiteurs.

 

Blog

C’est vrai ?

 

Sophie L

Ouaip.

 

Blog

La retraite ?

 

Sophie L

C’est un sujet épineux… Il va falloir que je réunisse une commission qui planchera sur une réforme. Tu es un jeune blog, travailleur et ambitieux, il faut que tu te montres solidaire sinon, les vieux blogs sans l’expérience desquels tu ne serais pas là, vont se retrouver SWF (Sans Web Fixe). Je sais qu’au fond de toi tu n’es pas un méchant blog… Dois-je en remettre une couche ???

 

Blog

Bon ben, dans ces conditions…

 

Sophie L

Finie la grève du Jeudi ?

 

Blog

OK. Mais c’était quand même bien, ça nous a rapproché, tu ne trouves pas ?

 

Sophie L

Je vais te faire un avenant à ton contrat, tu vas voir… Ouaip !

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Par Sophie L. - Publié dans : Un blog, une fille - Communauté : foll-ouf
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