Partager l'article ! Le goûter, Episode 1: 16h30. Les portes s'ouvrent. Je me précipite devant la classe ...
16h30.
Les portes s'ouvrent. Je me précipite devant la classe de Moyenne Section. Ma descendance, charmante blondinette aussi malicieuse que craquante, sort, me dévisage, me scrute des pieds à la tête :
- T'as pas ramené le goûter ? lâche-t-elle d'un air outré.
Moi, partagée entre l'exaspération et la gêne :
- Ben, non...
Catastrophe interplanétaire !!
Les larmes jaillissent instantanément suivies de hurlements dignes d'un enfant martyrisé par une Folcoche.
16h32.
Je la regarde, médusée et je pense très fort : « Encore 4 heures à tirer avant de la coucher ». Je relève la tête, croise le regard interrogatif de la maîtresse, du genre « Mais qu'est-ce que vous avez fait pour la mettre dans un état pareil ??? »
Parce que, évidemment, c'est de ma faute : Une miniature de 4 ans ne peut pas, sciemment, faire monter sa mère au créneau en moins de deux minutes ! Ouais, c'est ça, à d'autres...
Heureusement, il y a mes collègues d'infortune, leurs regards compatissants, une main sur l'épaule me réconfortent. Allez, on se calme, je me suis promis qu'aujourd'hui, je ne m'énerverai pas, parce que, d'après les pédopsychiatres, les enfants sont HYPER sensibles aux humeurs maternelles - remarquez que je n'ai pas dit parentales - alors, si je reste zen, pas de doutes, elle va se calmer. CQFD.
Ravalant mon envie de lui faire part de ma pensée profonde, j'adopte la zen attitude, j'étire mes lèvres de chaque côté du visage en un sourire figé, lui enfile son manteau tout en lui décochant un regard au message sans appel : « Même pas mal ! »
16h36.
- Ferme ton manteau, il fait froid.
- Nan, j'veux pas !
- Ferme ton manteau tout de suite !
Sous-entendu, c'est moi qui commande.
- Ahhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!
- Ok, ok ! Si tu tombes malade, je ne t'emmènerai pas chez le docteur !
Et toc, prends ça ! De toute façon, il n'y a que moi pour savoir que c'est faux.
- Si je suis malade, j'ira pas à l'école et je restera à la maison, me dit la petite rusée, triomphante.
16h37.
Ah, voilà mon garçon ! Il court vers moi, si heureux de me retrouver après une longue journée de travail. En voilà un, au moins, qui saura mettre un peu de baume sur le petit cœur meurtri de sa maman adorée qui fond à la chaleur de son amour, car, toujours selon les pédopsychiatres, les rapports mère-fils, sont, dès la naissance....
- T'as PAS ramené le goûter !!!!!!
Zen.
- Non mon chéri, il fait froid, on goûtera à la maison. Et le bonjour et le bisou à maman ? je susurre, paupières légèrement fermées en tendant ma joue.
- Ahhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!
Stupeur ! Tsunami et ouragan déferlent sur moi en simultané.
La tempête fait toujours rage quand l'aînée débarque, tout sourire :
- Bonjour maman !
- Non, je n'ai PAS ramené le goûter !! Tais-toi, c'est comme ça ! Et puis, si t'es pas contente, t'as qu'à changer de mère !!!
- Mais j'ai rien dit, moi !
- Oui, bon, ça va, m'énerve pas !
Je la regarde, son visage s'est soudain fermé et moi, évidemment, je culpabilise à mort.
- Désolée, ma puce, mais ils sont à peine sortis de l'école qu'ils m'énervent déjà, désignant de la tête les deux choses hurlantes qui suscitent l'attention grandissante de l'assemblée.
Elle part seule, ruminant l'injustice d'être l'aînée.
16h40.
Les choses se calment. Je suis très fière de moi. Grâce à mon autorité innée, ils ont tout de suite compris que je ne cèderai pas. D'accord, même si je le voulais, je ne pourrai pas faire apparaître leur goûter... mais j'ai quand même gagné, non ?
Je quitte l'école, sous les encouragements silencieux des autres mamans soulagées que, pour cette fois, ce ne soit pas tombé sur elles.
La grande fait la gueule, vexée. Le moyen me lance des regards assassins. Une petite main se glisse dans la mienne, je regarde sa propriétaire, inflexible.
- Mon sourire est revenu...
Grrrrr.... Ben moi, ma mauvaise humeur est installée, et pour un moment !
Le principe de la protection du droit d'auteur est posé par l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) «l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial».
L'ensemble de ces droits figure dans la première partie du code de la propriété intellectuelle qui codifie les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985.
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