- Ce week-end chérie, c'est moi qui cuisine !
Oh ! Quelle merveilleuse idée ! Je m'imagine les pieds sous la table, mise en appétit par des odeurs aussi alléchantes que variées. Me voici délivrée d'une sinistre corvée l'espace de
48 heures.
Du coup, pourquoi ne pas prendre son temps, se prélasser dans le canapé, déguster un bon roman ? Puisqu'il a l'air si bien disposé, j'en profite même un peu :
- Tu ne me servirais pas un p'tit apéro ?
Je me plonge avec délectation dans ma lecture.
- Qu'est ce que tu veux manger ?
Je trouve que c'est bien gentil de demander. Cela dit, ce serait également très gentil de décider lui-même, depuis le temps, il connaît mes goûts.
- C'est toi le Chef !! Tu as toute ma confiance.
Je tourne ma page, le meurtre a été commis, l'enquête va bientôt commencer, miam, c'est le moment que je préfère.
- On a des olives ?
- ...
- Hé ho ! Je te parle !
- Hein ?
- On a des olives ?
- Dans le placard.
- Lequel ?
- Sous le four.
Où en étais-je ? Ah oui, le meurtre ! La femme qui a découvert le corps de son mari sauvagement poignardé est suspecte. Logique.
- J'trouve pas !
J'ai comme l'impression que je vais rester coincée à la première question de l'inspecteur...
Je me lève, attrape le bocal d'olives et le lui tend. Puisque je suis là, autant lui filer un petit coup de main histoire qu'il me fiche la paix.
- Qu'est-ce que tu prépares ?
- Surprise ! C'est moi le Chef.
- Je voudrai seulement savoir si tu as tout ce qu'il te faut ou si tu as besoin d'aide pour trouver une boîte dans un placard.
Je ne comprends pas, Monsieur se vexe :
- Dis-donc, ce n'est pas de ma faute si ta cuisine est mal rangée !
Je ne relève pas, le week-end a bien commencé, faisons en sorte qu'il se termine de la même façon. Après un petit bisou réparateur, il accepte mon aide, il a tous les ingrédients, normalement il sait où se trouvent les casseroles, le four est toujours à la même place, hop, je reprends mon livre mais je m'exile au fond du jardin, je n'entends plus rien, je fais corps avec l'inspecteur. Il a trouvé un cheveu suspect sur le cadavre du mari, l'épouse nie tout en bloc. Je crois bien que l'enquête va se compliquer, j'en suis à la page 53 et il m'en reste 278 à lire.
- A table !
L'inspecteur a faim, il avale un donuts en vitesse. Moi aussi, je m'en vais grignoter.
Le couvert est dressé dehors, le barbecue fume, j'attends.
- Qu'est-ce que tu as préparé de bon ?
- Hamburger-frites, ton plat préféré.
Ca me va. Mais pourquoi donc avait-il besoin d'olives ?!
- A ton avis, comment se fait-il que la femme soit toujours soupçonnée du meurtre de son mari ?
- Sais pas, répond-il la bouche pleine, peut-être parce qu'à force de laisser la lunette des toilettes levée, beaucoup passent à l'acte !
- C'est une possibilité, en effet...
Toute à ma réflexion policière, je vais dans la cuisine préparer le café. Vision cauchemardesque, Destructor et Terminator sont passés par là !
Je m'approche de mon cher époux, sereine, un objet dissimulé dans mon dos et je lui murmure à l'oreille :
- Je crois que j'ai trouvé le mobile...
Le principe de la protection du droit d'auteur est posé par l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) «l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial».
L'ensemble de ces droits figure dans la première partie du code de la propriété intellectuelle qui codifie les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985.
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