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Ma copine Marion m’attrape par le bras dès que les gremlins ont rejoint leur maîtresse bien-aimée. Autoritaire et sans appel, elle me lance :
Pas le temps de répondre, elle m’entraîne, à mon corps défendant alors que j’ai tant de choses à faire…
Arrivées à destination, elle m’assoit d’office dans la cuisine, respire un bon coup puis s‘effondre :
Intriguée, je répète :
Elle se tait, m’observe, attendant que je la questionne, mettant ma patience à vif.
Tout doucement, jetant des œillades soupçonneuses aux alentours (à part le chien, je ne vois pas qui pourrait nous écouter), elle murmure :
Visiblement, j’ai dû rater l’information cruciale car elle s’emporte :
Et la voilà partie à faire le tour de sa cuisine, levant les bras au ciel pour finir par se saisir de la salière et d’en verser minutieusement au dessus de chaque épaule. C’est surprenant cette manie qu’elle a de se saler à tout bout de champ, je ne suis pas certaine que cela soit très bon pour son parquet…
Devant son air désespéré, j’abandonne avec tristesse l’idée de connaître le nom des convives, cherche vainement comment l’apaiser lorsque mon regard est attiré par un mouvement dans le jardin :
Malédiction ! Qu’avais-je dit là…
Décomposée, Marion s’approche à pas de loup de la porte-fenêtre, fixe l’animal qui se déplace de la gauche vers la droite avec toute sa grâce féline. Sans crier gare, elle ouvre violemment la porte, invective la pauvre bête qui s’enfuit, tremblante d’effroi.
Et, dans un râle digne de Sarah Bernhardt, elle s’effondre dans le fauteuil.
Je la fixe un moment ne sachant comment réagir quand j’ai la très mauvaise idée de partir dans un grand éclat de rire – nerveux – devant un tel exemple de son esprit irrationnel. Loin de partager avec moi ce grand moment de gaité incontrôlable, elle reprend sa salière pour s’en jeter quelques grains.
J’ai soudain l’étrange impression de voir Madame Irma se matérialiser devant moi et, ouvrant grands mes yeux, j’y vois le signe qu’il faut que je décampe sans plus attendre avant qu’elle ne me sorte sa boule de cristal.
Sur le trottoir, je respire à grandes goulées, heureuse d’avoir retrouver un peu de rationalité, prenant soin, néanmoins, de ne pas marcher dans une crotte de chien (sauf le Vendredi et uniquement du pied gauche) ; de ne pas passer sous l’échelle postée devant chez moi, de fermer mon parapluie avant d’entrer ; de poser la baguette de pain à l’endroit ; d’éviter de jeter mon chapeau sur le lit sans oublier de prévoir une future chasse au trèfle à quatre feuilles…
Non pas que je sois superstitieuse mais il est toujours prudent de mettre toutes les chances de son côté…
Le principe de la protection du droit d'auteur est posé par l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) «l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial».
L'ensemble de ces droits figure dans la première partie du code de la propriété intellectuelle qui codifie les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985.
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