Partager l'article ! De bien tristes joyaux: Monsieur, Vous ne m’en voudrez pas de vous adre ...
Monsieur,
Vous ne m’en voudrez pas de vous adresser cette lettre mais à chaque fois que j’ai ouvert la bouche pour vous admonester devant votre conduite des plus offensantes à mon égard, vous vous êtes courageusement enfui, toutes armes flageolantes alors que vous tentiez de les arborer si fièrement quelques instants auparavant.
De votre espèce, j’en ai trop rencontré et ce, dès mon plus jeune âge. L’apprentissage de votre existence fait désormais partie de l’éducation donnée aux plus petits. Ne vous méprenez pas, nulle flatterie dans cela, de vous évoquer, je m’en passerais bien, mais voilà, vous êtes un de ces fléaux dont on apprend à se prémunir.
Bien que sévissant en tous lieux et circonstances, force est d’avouer que souvent, vous m’avez eue par surprise. Etait-ce cet air bonhomme qui m’endormit alors que seule avec vous dans une rame, vous jugeâtes approprié de faire respirer à vos attributs l’air déjà vicié du wagon ? Par souci de coquetterie, ce jour-là, j’avais négligé de chausser mes binocles et seule une certaine régularité de mouvement me prévint que vous étiez tout à votre affaire…
Bien malgré moi, mon cœur se mit à battre violemment, le sang à rougir mes joues, mes genoux à se serrer étroitement et mes mains agrippèrent fermement le manche de mon parapluie, prête à le planter dans votre abdomen à la moindre tentative de rapprochement.
Cette situation ne présentait guère de risques pour vous, les portes s’ouvrirent trop vite et je crois bien que la frustration s’empara de vous au moment où votre main, sèche, remballa la marchandise.
Alors, vous vous enhardîtes. Qui ne risque rien n’a rien, tout effort méritant réconfort, n’est-ce pas ?
Je vous rencontrais à nouveau (ou bien un de vos jumeaux) en pleine heure de pointe, serrés les uns contre les autres. L’espace était si comprimé qu’il était bien difficile d’esquisser un seul geste.
Pas pour vous.
Libérant prestement l’animal, vous vous frottâtes sans plus de retenue. Le hasard fit que ma cuisse se trouva sur votre chemin, et, passé le premier moment d’offense, ma main, toujours en alerte, dégaina sa fidèle aiguille à coudre pour se piquer dans votre excroissance. Le cri qui vous échappa fit converger tous les regards vers vous. A vous voir, on vous aurait donné le bon Dieu sans confession…
Les hommes s’enquirent de votre bien-être, les femmes comprirent… Un élan de solidarité les unit, elles commencèrent à vous apostropher tout en me congratulant pour mon ingénieuse riposte qui ne manquait pas de piquant. Les hommes, honteux de leur méprise, vous insultèrent, vous huèrent en vous jetant dehors.
Vous prîtes la fuite, la queue entre les jambes.
La honte, si tant est que vous en éprouvâtes une once, fut de courte durée.
Poussant plus loin votre hardiesse, je vous retrouvai, assis à mes côtés, individu anonyme lisant son journal comme tant d’autres avant vous. Là encore, votre va-et-vient saccadé attira mon attention alors que vous tentiez d’en occulter l’objet par votre quotidien devenu torchon.
Je levai les yeux sur votre visage, vos traits, impassibles, ne révélaient rien d’une hypothétique extase mais les miens se figèrent d’incrédulité. Que ne vous ai-je aspergé de mon fluide plutôt que d’obéir à la bienséance qui me rua sur le quai pour y vomir mon dégoût…
Aujourd’hui, mon mépris a remplacé ma gêne.
Je me méfie de vos airs neutres, parfois sympathiques, souvent quelconques.
Mes sens toujours en éveil traquent la moindre approche déplacée, prête à jouer de mon aiguille autant de fois que nécessaire.
Astiquez vos joyaux autant que vous voudrez, peu m’en chaut, mais sachez qu’à trop vouloir vous y frotter, vous risquez fort d’être piqué.
Monsieur, je ne vous salue pas.
Note au lecteur:
Je n'arrive pas à rire de tout...
Le principe de la protection du droit d'auteur est posé par l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) «l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial».
L'ensemble de ces droits figure dans la première partie du code de la propriété intellectuelle qui codifie les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985.
meme un sujet qui Fache tu le gères avec
ECLAT
Bravo la belle Sophie
continue!
"Vous prîtes la fuite"...j'adore. Même pas honte de son côté je suis sûre. Quand j'étais jeune, la honte était même dans mon camp, inexplicablement. Le prédateur exercera ses talents ailleurs, pour d'autres, c'est évident.et il sera bien difficile d'épargner à nos filles ce genre de situations. Il nous reste "seulement" à les en prévenir, pour que la honte change de côté.
Merci Sophie. Je continuerai, peu à peu, ma lecture. Bonne journée.
La honte nous accompagne souvent dans ce genre de mésaventures, difficile d'y échapper. En parler aux enfants me paraît très important.
A bientôt!
Des pervers, j'en ai déjà croisé ...
Une fois, 2 hommes m'ont même demandé de monter dans leur voiture ... j'étais ado et je me enfuie aussi vite que possible.
Ce qui serait arrivé si tu étais montée, je n'ose même pas y penser...
Bravo !
par contre rester seule dans une rame avec un mec ça je fais pas, je sors ou je change...
Et oui, on ne peut s'empêcher de penser à nos enfants...
Et surtout, ne viens JAMAIS en Inde : cette pratique, de se toucher, de se "remettre en place", de se gratter et de toucher, frôler, frotter et pincer et toucher est omniprésente, chaque jour à chaque instant.
Mais je croyais qu'hier à cette heure-ci, tu faisais la sieste?
"La queue entre les jambe"...tu ne pouvais pas mieux dire!
Bravo pour ton texte, écrit avec un immense talent !
Une sarbacane? Je ne sais pas viser!
j'en ai eu la nausée pendant des semaines et la peur au ventre le reste de l'année scolaire en allant en cours....
ton idée de l'aiguille me plait bien, je rajouterai bien rouillée et je peux même te récupérer un vilain microbe à l'hosto....rhooooo que je suis vilaine ;-)
oka
Sinon, je veux bien ton microbe, envoie!
Mon fils aurait gagné beaucoup plus en région parisienne, mais il a toujours préféré la qualité de la vie en Anjou! Hélas, les problèmes touchent de plus en plus les villages d'ici!
(Je viens de chez Lily)
Bonne soirée, et à bientôt, j'espère!
Je t'ai souvent croisé chez Lily... La province est sans doute plus calme que la jungle parisienne. Je comprends ton choix et celui de ton fils, même si nous ne sommes jamais à l'abri. Le risque zéro n'existe pas...
Qui s'y frottera s'y piquera!
http://plumevive.wordpress.com/2010/03/28/d%E2%80%99ou-je-blogue%E2%80%A6/
;)
ça me retourne l'estomac rien que de songer que ma compagne ou ses filles puissent un jour être confronté à... je lâche le mot, un dégeulasse pareil.
Et elle n'a pas de métro, ceci explique sans doute cela.
Bon courage à vous...
Surtout, qu'elle ne se réveille pas!
à noter que la première fois que ça m'est arrivé ( je n'avais pas encore d'aiguille à cannevas ..... dommage !!! ) je n'avais QUE 8 ANS ....!!!!!
8 ans!!! Non vraiment, y'a des trucs que je n'arrive pas à comprendre.