Il y a des jours, comme ça, où, dès le réveil, la mère sent que quelque chose ne tourne pas rond, voire radicalement carré.
A peine le pied gauche par terre, elle se sent envahie par une force incontrôlable qui, insidieusement, lui suggère de choisir le noir comme couleur du jour.
Le visage fermé, les sourcils froncés, la bouche pincée, autant de signaux annonciateurs d’un orage imminent auquel il ne manque plus que la goutte d’eau pour éclater.
Les lèvres de l’être aimé stoppent net à deux centimètres des siennes, lorsqu’il aperçoit dans son regard les éclairs qui ne manqueront pas de l’électrocuter s’il ose un mot de travers.
Elle le voit battant retraite précipitamment pour trouver refuge dans la salle de bain, non sans avoir glissé deux-trois conseils avisés aux gremlins dont le réveil aussi joyeux que bruyant fait bondir leur mère dans le couloir :
- Vous ne pouvez pas la mettre en veilleuse, non ?
Dans sa précipitation, son petit orteil gauche s’est heurté au pied du lit. Un chapelet d’injures se déverse de sa bouche alors qu’elle se dirige vers la cuisine en claudiquant.
- Maman, t’as dit des gros mots, c’est pas bien ! intervient le petit gremlins, fier de mettre en pratique l’éducation reçue.
- Va t’habiller ! rétorque-t-elle sèchement.
La famille s’attable autour du petit-déjeuner. Alors que gremlins 2 explique au père sa dernière expérience scientifique, pris par son enthousiasme, son bras fait voltiger le bol de lait qui atterrit sur le sol, tout en éclaboussant généreusement les meubles alentours.
Panique…
L’enfant supplie silencieusement son père de le sortir de là, ses sœurs plongent le nez dans leurs tartines en remerciant silencieusement le ciel d’être en dehors du coup, et l’esprit de l’homme turbine à plein régime pour dévier la trajectoire de la foudre qui s’apprête à fondre sur la maison.
- Tu sais quoi ? Va te doucher, on s’occupe de tout.
Elle disparaît, ils respirent…
Sous la douche, la mère confond les robinets, un jet glacé la scotche contre la paroi.
Cette fois-ci, elle injurie la terre entière en langues étrangères, impressionnée d’être à ce point polyglotte…
Elle sort avec précaution de l’habitacle, met ses yeux qui, l’espère-t-elle, lui feront voir la vie en couleurs, quand la lentille gauche glisse derrière l’orbite, échappant sournoisement à ses
doigts enfoncés dans son œil, qui vire du noir, au larmoyant.
Elle songe un instant à aller se recoucher, mais ses devoirs de femme nourricière lui rappellent que le frigo réclame quelques victuailles à refroidir.
Le calme règne dans la maison.
Les gremlins et leur géniteur ont pris la tangente, pensant, non sans raison, qu’il leur serait plus agréable d’attendre par – 5°C devant les portes encore closes de l’école, plutôt que de griller sous l’ire de la mégère.
Elle peste contre leur lâcheté, cherchant, en vain, sur quelle victime innocente exercer son courroux.
A l’affût, l’esprit vengeur cherche sa proie. Enfin il la déniche, au détour d’un miroir.
- Tu n’es pas belle à voir, la mère ! lui renvoie son reflet.
Honteuse, elle se détourne vivement et appelle l’homme :
- Pourquoi êtes-vous partis sans me dire au revoir ?
- Non mais, tu te fous de moi ! T’as vu ta tronche ce matin ?
- Oui…euh… Je n’ai pas très bien dormi cette nuit… Enfin, tu ne vas pas m’en vouloir pour si peu quand même, si ??
Il n’est rien d’égal à l’humeur noire de la mère que sa mauvaise foi…


Le principe de la protection du droit d'auteur est posé par l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) «l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial».
L'ensemble de ces droits figure dans la première partie du code de la propriété intellectuelle qui codifie les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985.
Même quand je fais amende honorable, cela ne m'empêche pas de considérer que j'ai raison de toutes façons!
Fais-moi signe quand tu te lèveras du mauvais pied, on râlera ensemble!
Tony est mort de rire, lui.
Allez courage!
Au boulot la mère? J'ai déjà donné... et je me demande si mes patrons n'étaient pas pires...
si pas possible, c'est au repas de midi que tout se joue, je m'offre les sushis !
Tout va bien, rassure-toi!!
Oui, tu as raison! Ca arrive plus qu'on ne croit des gens qui ne sont pas du matin avant 11 heures!
J'adore la fuite du géniteur et des gremlins! chez moi c'est pareil; tout le monde fait son possible pour passer le moins de temps avec moi!Dire que quand j'étais petite,je restais avec ma mére en me disant que ma présence la soulagerait,la calmerait alors que mes fréres et mon pére déguerpissaient au plus vite!Je me demande si ce n'est pas eux qui avaient raison,tout compte fait!Sainte Delph, priez pour nous!!
Je brûlerai un cierge à ta sainteté!
Biz et tomorrow is another day
As-tu bien dormi, au moins, cette nuit?
Depuis lors je suis toujours son conseil... ne serait-ce que me recoucher une demi-heure, ça suffit à me remettre les idées en place!
D'aucuns diraient que les hormones féminines ont parfois des raisons que la raison ignore ... en tous cas, sache que tu n'es pas seule !
J'aime bien les hormones, ça nous permet de leur mettre toutes nos petites misères sur le dos...
Et puis Ma Mére n'est jamais en colére, sauf quand les pommes de terre pour la purée n'ont pas étaient coupées comme elle le voulait!
mais quand même savoir dès le réveil que ça va être pourri, ça ne m'est jamais arrivé! les bourdes d'après oui ;-)
Les bourdes, je ne préfère pas en parler...
Courage pour ta journée d'aujourd'hui et, vivement ce soir qu'on se couche!
Je te plains, le manque de sommeil, chez moi, est cause de "sale gueule" assurée!
Regarde, tu vois, c'est bien toi!
Personne?... voui, parce qu'on se dit que nannnnn nous on est pô comme ça, hein!! hi,hi!!
Beuh, et puis c'est pas d'notre faute si on a des sauts d'humeur... ces hormones qui fonctionnent en autonomie complète n'en font qu'à leur tête!! Pfff!
Bizzz Sophie!