Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 07:00

bourgeon.jpg

 

Existe-t-il moment plus exaltant que celui de l’Attente ?

 

Dans l’attente, le cerveau s’échauffe, l’imagination s’emballe, les sentiments s’exacerbent, chahutés et amplifiés par la certitude ne pas savoir et l’espérance de pouvoir deviner juste.

 

Instant jubilatoire d’un moment à venir, encore lointain mais suffisamment proche pour sentir monter l’excitation, impatient d’en goûter le plaisir et, nostalgique déjà, de sa fugacité…

 

Imaginer, rêver, déguster à l’avance l’émotion intense qui inondera l’hémisphère droit, lequel enverra frénétiquement d’innombrables signaux d’alertes qui irradieront le corps tendu à l’extrême de mille feux scintillants…

 

Tu marches, tel un automate, vers ce lieu où l’avenir est joué. Tu échafaudes des plans, te préparant au pire tout en rêvant au meilleur. L’angoisse étreint ton cœur, tes jambes flageolantes continuent d’avancer, ton regard fixé sur le panneau d’affichage noirci de mille noms : Y trouveras-tu le tien ? Attente insupportable, vicieuse et détestable, bourreau sans pitié qui jette sa victime dans un torrent d’atroces supplices.

 

Les mains moites, les joues rosies par des bouffées de chaleur incontrôlables, le corps alangui au souvenir des caresses passées, l’attente des retrouvailles si longtemps espérées, écrites, effacées et réécrites, fantasmées avant d’être vécues. Imaginer sa silhouette se dessinant parmi ces inconnus, la reconnaître et pourtant la craindre. Et si cet amour naissant s’était éteint sous les flots de l’absence ? Et si, et si… Oh, cruelle attente si délicieusement torturante…

 

Tant de jours à peiner, tant de jours à se contraindre, tant de jours à se plier aux rigueurs du quotidien, tant de jours à guetter l’instant où, pour un temps que l’on imagine sans fin, tout s’arrêtera. Où tu prendras le temps de vivre, d’oublier ta montre, de te laisser porter par la nonchalance.

Que cette attente est douce, annonciatrice de paix et d’insouciance.

 

Tourner en rond, fixer de toute la puissance du regard ce téléphone terriblement silencieux. Vérifier inlassablement tous les branchements, coller le combiné à l’oreille pour en vérifier la tonalité. Les minutes s’égrènent, trop longues, dans le silence pesant. Va-t-il sonner à la fin !

 

Attendre impatiemment et craindre cet instant où tu quitteras, en te retournant, le domicile de tes vingt ans passés. Rêver à ton indépendance tant de fois espérée où tu seras seul maître de ton existence.

 

Mais la plus douce des Attentes n’est-elle pas, celle où, jour après jour, pendant de si longs mois, tu grandis, caché dans le creux de mon ventre ? Je t’ai espéré joyeuse, je t’ai attendu angoissée, je t’ai vu dans mes rêves, je t’ai imaginé de mille façons.

L’Attente des derniers instants où, soudainement, j’ai voulu te garder pour toujours dans la chaleur de mon corps.

Et puis, les dernières secondes où, impatiente, j’ai cherché ton cri, tendu mes bras vers toi, vagissant de colère !

Neuf mois d’attente mille fois récompensés par la découverte de ta toute petite personne…

 

Alors oui, vois-tu, cette Attente-là a balayé toutes les autres.

Pour elle, mon cœur ne cessera jamais de s’emballer.

Et quand pour toi, l’heure sera venue, voudras-tu la partager avec moi ?

 

A tous ceux dans l’attente et, particulièrement aux futures mamans, nombreuses, de la blogosphère.


Rendez-vous sur Hellocoton !

Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
Un Sophilo? - Lire les 27 Sophilos
Retour à l'accueil

Faites passer!

Billets récents

  • Je suis venue vous dire
          Je suis venue vous dire que je m'en vais. C'est la moindre des politesses, vous qui avez suivi ce blog. Qui l'avez...
  • A la recherche du temps perdu
        Aujourd’hui, je me suis éveillée en sursaut.   Une évidence : J’ai perdu toutes ces années qui sont passées...
  • Trouve ton style avec Evelyne!
    C’est en lisant l’appel désespéré de ma blogo-copine Sabine que l’idée de ce billet m’est brillamment venue.   Eh oui, quoi de plus démoralisant pour une femme du...
  • Elle n'avait pas encore 20 ans
    « On n’a pas tous les jours vingt ans, ça n’arrive qu’une fois seulement… »   Quand elle était enfant, Lola se trompait souvent dans les paroles de la...
  • Jusqu'au bout des ongles
    On associe fréquemment l’image de la sensualité féminine à celle de la panthère qui, avançant de son pas gracieux et silencieux vers sa proie, s’apprête à lui bondir dessus pour la lacérer...
  • La Blogueuse au Blog Dormant
        Blog Oh hé, y’a quelqu’un dans la cazba ???   …   Blog Allô ???...
Liste complète

Derniers Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles

Droits d'Auteur

Le principe de la protection du droit d'auteur est posé par l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) «l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial».

L'ensemble de ces droits figure dans la première partie du code de la propriété intellectuelle qui codifie les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés