Partager l'article ! Marcel. Tout simplement. (2): A peine attablés, c’est sa mère qui relance l’action en s’adressant à l’épouse de son aîné : ...
A peine attablés, c’est sa mère qui relance l’action en
s’adressant à l’épouse de son aîné :
Les uns s’esclaffent pendant que l’une lance des regards assassins.
Marcel, lui, attend le plat de résistance avec un appétit grandissant.
Alors que l’on sert le poulet et qu’il se charge de nettoyer la carcasse arrière, ses deux frères se déclarent ouvertement la guerre sous les encouragements muets mais puissants de leurs épouses respectives. Des insultes à peine voilées sont lancées, attrapées au vol et aussitôt renvoyées à leurs propriétaires.
Marcel ne perd pas une miette de la carcasse qu’il ronge méthodiquement, ni de l’échange savoureux qui devrait aboutir à la divulgation malencontreuse de quelque secret pas si bien gardé que cela et dont il raffole.
Le Marcel en question, occupé de son bréchet, ne perçoit pas tout de suite la solennité de l’instant. Il lui faut bien quelques secondes pour que le ton anormalement jubilatoire de son aîné lui parvienne aux oreilles. Ensuite, les mots résonnent dans son conduit auditif avant de trouver tout leur sens dans un coin de son cerveau. Il s’arrête lentement de suçoter son os qu’il ne lâche pas pour autant, lève des yeux innocents sur la tablée qui l’observe sans piper.
L’aîné ricane bruyamment, s’apprête à répondre quant il est stoppé par son père :
Marcel sourit tendrement à sa mère qui essuie une toute petite larme qui n’ose descendre le long de sa joue, reprend son bréchet qu’il nettoie à coups de dents sans se soucier des regards interdits des convives.
Pourtant, Marcel est bouleversé.
Jamais, jusqu’à aujourd’hui, il n’avait été le centre du repas dominical.
Jamais on ne l’avait prié de tenir LE rôle, dans leur pièce familiale.
Jamais ses frères ne s’étaient intéressés à lui autrement que pour l’ignorer.
Jamais son père n’avait élevé la voix à cause de lui.
Jamais sa mère n’avait versé de larme par sa faute.
Jamais il n’avait senti son cœur battre à ce point.
Jamais ses oreilles n’avaient ainsi bourdonné.
Jamais sa vue ne s’était soudainement brouillée.
Jamais il n’avait ressenti cette affreuse sensation d’étouffement…
L’agitation autour de lui, des bras lui enserrent la poitrine, des doigts farfouillent dans sa gorge, des poings lui frappent la poitrine, mais qu’ont-ils donc tous à le secouer comme un prunier ?
Et puis, plus rien.
Il flotte.
Il les voit encore, agités autour de son pauvre corps tout mou. Il ne les entend plus.
Son père invective l’aîné qui parle, parle, sans s’arrêter. Les autres arrondissent leurs bouches de surprise, sa mère s’écroule auprès de lui. Lui qui n’entend rien, ne saura donc pas d’où il vient, aussi sûrement qu’il n’a aucune idée de là où il va…
Ce qu’il sait, c’est qu’il s’y présentera, un bréchet coincé dans la gorge !
Dont acte.
Le principe de la protection du droit d'auteur est posé par l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) «l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial».
L'ensemble de ces droits figure dans la première partie du code de la propriété intellectuelle qui codifie les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985.
Euh... Tu es sûre de ne pas l'avoir vécue, un jour ou l'autre ?
C'était tellement réel !
...
Passe une belle soirée. :)
Merci Quichottine!!
Oh my god, non, je n'ai jamais rien vécu de tel!!! Tout ceci est sorti de mon imagination mais, pendant que je l'écrivais, je me disais que cela n'aurait rien de finalement bien surprenant si c'était vrai.
C'est sûr, ce n'est pas très gai mais je suis sûre que ça a dû arriver à quelqu'un.
Merci Maîté!
il aurait pu s'étouffer avec des bulles de champagne!!!plus classe!! :-)
On ne choisit pas sa fin, ma chère!
Non, non, Marcel n'a pas été trouvé dans une poubelle, je ne pourrais jamais lui infliger une chose pareille voyons!
Est-ce-que c'était pour le défi de "croqueurs de mots" ?
Et si tu l'écrivais cette suite??
Oui, je suis d'accord avec toi.
marcel, attention aux os voyons, aussi bien au sens propre ou au figuré
vivement , la suite
merci
Bienvenue Moume!
Je ne sais pas s'il y aura une suite à l'histoire de Marcel mais d'autres personnages vont naître, ça, c'est sûr!
Je sais très bien d'où il vient! Cf réponse à Béa!
D'où vient-il? Du ventre de sa mère, sans aucun doute!
Bon je ne commente pas beaucoup en ce moment... mais je lis toujours avec autant de plaisir!!!
Coucou Mimi, t'inquiète, je ne commente plus beaucoup moi non plus!
Exact. Pauvre Marcel, juste au moment où sa vie avait quelque chose de palpitant.
Bon j'attends le 3ème épisode où tu nous raconteras sa réincarnation:-)
Aie, aie, je crois que je vais vous pondre un truc du genre Harlequin pour détendre les lecteurs!
Qu'y-a-t'il d'horrible dans cette histoire???
Terrible parce qu'elle t'a plue ou terrible parce qu'elle est affreuse?