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Ce soir, les applaudissements
ont encore claqué. Comme à leur habitude, ils se sont donnés la main pour saluer le public, leurs regards ont croisé brièvement ceux des spectateurs, le rideau s’est refermé, le silence est
retombé.
Dans la salle vidée de ses occupants, une jeune femme est assise, seule.
Elle fixe sans ciller le tissu rouge immobile lui aussi.
Elle essuie distraitement quelques gouttes de sueur sur son front, regrettant que la chaleur étouffante du théâtre l’ait empêchée de profiter pleinement du spectacle.
Elle a souri, elle a même ri parfois mais la proximité incommodante de tous ces étrangers l’a dérangée.
Elle ne s’est jamais sentie très à l’aise au milieu de ces foules remuantes et bruyantes, pourtant, elle adore aller au théâtre.
Ce soir, elle a réservé une place dans l’orchestre. Elle est arrivée très en avance et a pu s’installer parmi les premières. L’ouvreuse l’a placée avec déférence, refusant la pièce qu’elle lui tendait. Elle n’a fait aucun commentaire, elle a l’habitude…
La salle s’est remplie peu à peu, le bruit s’est intensifié, les odeurs se sont mélangées, les corps de ses voisins l’ont effleurée, elle a senti dans sa bouche le goût de la bile.
Un moment, elle a pensé à se lever pour partir. Le regard qu’elle sentait insistant de l’homme assis à sa droite l’en dissuada. Les lumières se sont enfin éteintes, elle se laissa aller pour profiter pleinement de la pièce.
C’est son père qui lui en a parlé. Il l’avait vue avec une amie quelques jours auparavant :
Elle a failli accepter. Elle aime beaucoup sortir avec lui. Il l’entoure de son bras affectueux tout en lui tenant fermement la taille. Souvent, il lui a raconté en riant les regards interrogateurs des passants qu’ils croisent, pourtant, personne ne leur a jamais fait de remarques. Elle le regrette, cela fait longtemps qu’elle a une réponse…
Pour finir, elle a refusé.
Mathieu l’a conduite jusqu’au théâtre, l’installant à sa place en lui promettant de venir la chercher à 22h30.
La pièce a débuté, elle a ajusté ses lunettes et elle a écouté.
Le sujet lui a tout de suite plu : Cette troupe de comédiens aux talents incertains qui répètent une pièce jusqu’au jour de la catastrophique première, oui, son père a eu raison de la lui conseiller.
Ne serait-ce la chaleur, elle en aurait fini par tout oublier et voir pleinement les comédiens.
La moiteur de son corps sèche peu à peu, l’air devient plus respirable. Le silence est presque aussi assourdissant que les applaudissements. Elle pourrait se lever et gagner la sortie, mais Mathieu le lui reprocherait :
Alors, elle l’a attendu.
Mathieu est là. Elle ne l’a pas entendu arriver, ce qui ne laisse pas de la surprendre.
L’écrivain posa sa plume, étudia la photo en pensant que décidemment, son récit n’avait aucun rapport, à part, peut-être la théière qui, par une curieuse association d’idées l’avait menée au théâtre en compagnie d’une jeune aveugle.
Ceci est ma participation aux Jeux d’Ecriture n°4.
Le principe de la protection du droit d'auteur est posé par l'article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) «l'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d'ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d'ordre patrimonial».
L'ensemble de ces droits figure dans la première partie du code de la propriété intellectuelle qui codifie les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985.
Bonne journée à toi Béatrice! Bon, elle est presque finie mais c'est pas grave!
Je n'ai jamais vu de personnes aveugles au théâtre. J'imagine que je n'y ai jamais fait attention.
Et toi, tu as l'art du commentaire qui fait plaisir!
Joli texte, merci
Pourquoi, t'es myope?
Et tu ne sais pas tout: Le gars est sourd!
Et je suis sérieusement sincère et inversement!!
Quel plaisir!!
Mais quel bonheur d'avoir ce genre de commentaire! Merci Alorom!
C'est avec plaisir Clémentine!
Partir d'une théière pour arriver à une aveugle dans un théâtre, original!!!!!!!!!!!!!Donc, soit t'as pris un truc avant de l'écrire, soit t'es prête pour un roman!
On va dire que je ne prends rien, c'est plus correct!
je me poste juste la question du titre ou alors j'ai loupé quelque chose!
J'ai vu la théière sur la photo et ça m'a fait penser à la pièce "Thé à la menthe ou t'es citron" que j'ai vu récemment au théâtre. Au début, je voulais parler de la pièce et puis, j'ai dérapé!
Elle "sentait" Mumu...
Oui, c'est vrai. L'idée de départ n'a rien à voir avec ce que ça a finalement donné.
Exact. on sait parfois où l'on commence, rarement où l'on va finir, en tout cas en ce qui me concerne.
Et je suis tout à fait d'accord avec cette jeune aveugle, quelle chaleur dans ces théâtres!
Parfois, je divague...
Merci!
Il n'y a pas de mal! De toutes façons, le titre n'a rien à voir avec le texte...
Mais surtout il permet d'oublier tous ses soucis quotidiens.. et cela mérite pour cela de s'y rendre !
Ben ouais, faut bien rire un peu!