La vie bouillonnante d'une femme

Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /2010 07:00

ingres-bain-turc.jpg

 

Avec les copines, nous décidons de nous octroyer une journée filles. Comme nous n'avons aucune expérience en la matière (et non, nous ne sommes pas QUE futiles...), on se creuse la cervelle quand soudain, l'une de nous a une idée lumineuse :

  • - Et si on se faisait un hammam !
  • - Oh oui, oh oui, applaudit-on, excitées comme si on allait voir un spectacle de Chippendales.


Flanquées de nos maillots de bain, nous voilà parties pour le Hammam de la Mosquée de Paris, le vrai, l'unique, parce qu'on est partisanes de l'authentique !


Une fois sur place, on cherche l'entrée qu'on imagine un brin luxueuse, quand on nous fait passer par une porte très dérobée (Ah bon ? c'est si confidentiel que ça le hammam ??).

Un peu déconcertées, nous pénétrons dans l'antre du bien-être féminin où nous accueille une matrone qui, devant nos airs d'exilées de la banlieue, lève les yeux au ciel et nous vend, d'emblée, le savon noir, le gant, les p'tites claquettes et tout et tout.

Arrivée au vestiaire, je me mets en quête d'une cabine afin d'enfiler mon maillot à l'abri des regards indiscrets, mais... point de cabine ! Je ne vais pas montrer mon postérieur à tout le monde, si ?! Si...

 

Un rien refroidies par tant de promiscuité, nous plongeons néanmoins dans la vapeur du hammam. Gasp ! Nous ne sommes pas seules. Sous nos yeux, des grappes de femmes se pavanent à moitié nues, parfaitement à l'aise. Certaines se frictionnent entre elles, d'autres se coiffent...

Avec les copines, on se jauge. On s'aime beaucoup, mais de là à se frotter le dos, euh...

 

Nous déposons avec délicatesse nos serviettes sur la pierre (c'est normal que les murs s'effritent ?) avant de s'installer et de jacasser, tout en cuisant à la vapeur.

  • - Peut-être qu'on devrait enlever notre soutif ? avance timidement Marion.
  • - Hé ! On n'est pas obligées ! On fait comme on veut ! répond Stéphanie, rebelle.
  • - T'as raison ! je réplique, avant d'ajouter : On a quand même l'air débile...genre les nanas coinços...

Et comme on n'est pas coinços du tout, clac, on fait péter le soutif !

Aaaaaah....On se sent tout suite plus détendue.


Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Il fait chaud, non ?

  • - On va se faire gommer, il paraît que ça rend la peau toute douce.


Nous nous avançons en rangs serrés vers la table de gommage, laquelle, compte tenu de son état, mériterait aussi un ravalement de façade.

Mon regard est attiré par un sceau où patauge une armée de gants usagés dans une eau brunâtre, maculée de peaux mortes. Yerk !

La gommeuse en chef m'ordonne de m'allonger et commence à me frotter, que dis-je, m'arracher l'épiderme. Devant, derrière, sur les côtés, ouf, c'est terminé. Elle me fait signe de passer à la douche - ah ? Ca aussi, c'est collectif ? -  me rend mon gant que je planque aussitôt...où je peux : C'est pas possible ! C'est à moi ce machin immonde ?


Les filles arrivent, trop souriantes pour être honnêtes :

  • - C'était bien, hein ?
  • - Dé-li-cieux ! dis-je, au moins aussi franche qu'elles, notant au passage leurs vains efforts pour dissimuler l'éponge douteuse dans leur dos.

 

Devant la douche, les Trois Grâces s'interrogent :

  • - T'as du savon ? Quelqu'un a pensé au shampooing ?
  • - Ben non. Et toi ?
  • - On m'avait pas dit...

Même pas honteuse, je fais appel à la générosité d'une habituée qui nous prête, moqueuse, toute la panoplie. A ce stade, le hammam au complet est déjà au courant que trois oies se baladent en liberté, alors...

On finit notre virée par un massage. J'ai payé pour vingt minutes, mais au bout d'un quart d'heure, la masseuse me renvoie parce qu'elle est épuisée...

 

J'attends les filles à l'extérieur (qui, elles, bénéficient d'un peu de rab) tout en sirotant un thé à la menthe lorsqu'une femme m'interpelle :

  • - Vous venez du hammam ?
  • - Oui.
  • - C'est bien ? Comment ça fonctionne ?

 

Pfff... Y'en a, j'vous jure, faudrait qu'elles sortent un peu le Dimanche !

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : foll-ouf
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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /2010 07:00

Avez-vous remarqué comme la vision d'une copine enceinte déclenche instantanément, non pas des contractions, mais une flopée de souvenirs de l'Association des Vétéranes des Salles d'Accouchement ? Surtout si la copine en question en est à sa première grossesse, terrorisée par ce qui l'attend...

Chacune y va de sa petite anecdote, entre film d'horreur et thriller à rebondissements, laissant notre pauvre ingénue se décomposer peu à peu jusqu'à qu'une âme faussement compatissante lâche :

  • - Oh non, arrêtez ! Vous lui faites peur ! Rassure-toi, ça se passera très bien ! Et puis, maintenant qu'il y est, t'as plus le choix, il faut bien qu'il sorte !!

Et toutes de nous esclaffer sur cette blague que nous trouvions, à l'époque, du dernier mauvais goût, mais, depuis, nous sommes passées, sans complexe, de l'état de primipare innocente à celui de multipare aguerrie.

Une sorte d'hystérie générale s'empare de nous. Tour à tour, nous évoquons nos souvenirs de campagne, en en rajoutant trois tonnes pour leur montrer à quel point nous avons agi en véritable héroïne, serrant les dents, surmontant stoïquement une douleur inhumaine, terminant notre récit par un énigmatique : « Tant qu'on l'a pas vécu, on ne peut pas comprendre... ». Et de glisser un regard entendu vers le ventre mûr de la future accouchée défaillante qui souhaite plus que tout quitter cette meute de pondeuses excitées.

Rien à faire, la basse-cour fait bloc, encerclant la victime, sans échappatoire possible. Pas une ne viendra la sauver :

  • - Et tu as pris combien de kilos ? commence la première.
  • - Ah oui ! Quand même ! continue la seconde.
  • - Ben dis donc, t'es pas sortie d'affaire..., renchérit la troisième.
  • - Surtout que t'es plutôt de nature « généreuse »..., fait la quatrième qui ajoute, assénant le coup de grâce : « Fais gaffe aux vergetures, ça tue ! ».

 

La pauvre petite est tellement effondrée que, pour un peu, elle en perdrait les eaux ! Mais, refusant de capituler devant ce club ultra-fermé qui l'accueillera en son sein, elle le sait, dès qu'elle aura enfanté, ses pensées vengeresses s'envolent vers le responsable de son état actuel, des souffrances intolérables à venir et des futures années de vains régimes.

Surtout que les péroreuses, voyant qu'elles ont sans doute poussé le bouchon un peu trop loin, orientent subtilement la conversation vers le deuxième sujet digne de leur attention : Le géniteur.

Et le débat reprend de plus belle sur l'inutilité avérée d'un tel énergumène en salle d'accouchement. Entre ceux qui tombent dans les pommes à la première contraction, ceux qui répètent stupidement : « Fais le petit chien » alors qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent vu qu'ils n'ont pas assisté aux séances de préparation à l'accouchement ; et ceux qui préfèrent se ronger les ongles dans le couloir parce que « Non, vraiment, chérie, c'est au dessus de mes forces, j'ai peur que l'image de la femme ultra-sexy que tu es à mes yeux n'en soit ternie à jamais. », les langues se délient sous un déluge d'applaudissements.

 

Dans quelques semaines, notre mignonne primipare rejoindra triomphalement le clan des vétéranes et, sous l'œil terrorisé de la nouvelle novice, n'épargnera aucun détail sur cet évènement qui a fait d'elle « une femme qui sait... ».

 

Sauf que nous, on n'est pas dupes : On a toutes demandé la péridurale qu'un gentil anesthésiste nous a posé dès que la douleur a atteint le niveau 1 sur 10, on a accouché avec le sourire et on a eu droit à une jolie petite chambre individuelle.

Et pour celles qui ont véritablement éprouvé les douleurs de l'enfantement, elles ne font pas partie de notre clan, on a trop peur de ce qu'elles pourraient nous raconter !

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : Nanas...mais mamans aussi!
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /2010 07:00

Qui ne connaît pas cette petite boule insidieuse qui se glisse au creux de l'estomac le Dimanche soir à partir de 18 heures ?

 

Ca commence dès l'enfance.

Au moment d'aller se coucher, une frimousse malheureuse pointe son nez, les mains sur l'estomac :

- Maman, j'ai mal au ventre...

On tâte, on ausculte, redoutant la gastro, l'appendicite ou autre bactérie qui va nous gâcher le début de semaine (déjà qu'on n'était pas d'humeur...). Mais non, rien, que dalle, on finit par se dire que c'est une ruse pour s'endormir dans le lit de papa-maman et on renvoie illico le petit futé dans son dodo douillet, histoire de profiter de notre soirée jusqu'à minuit, parce que c'est encore le week-end.

 

Soudain, l'illumination ! Et si la petite boule s'était invitée dans le bidon de notre bébé ?? Quoi, déjà ? Impossible ! A leur âge, no stress, on rigole avec les potos à l'école, on apprend un peu avec la maîtresse et on a trois fois rien comme devoirs vu que c'est interdit par l'Education Nationale !

Pourtant, on s'interroge : S'il est prouvé que les enfants sont plus précoces que nous au même âge, il est donc logique qu'ils le soient en « petite boule ». On rappelle manu militari notre chérubin atteint du virus du Dimanche soir, et on applique la formule « Dialoguez avec vos enfants, ils peuvent comprendre » prônés par les pédopsychiatres (et oui, encore eux !!!).

 

Le petit arrive, un peu vert il est vrai, on le fait asseoir et on se met en devoir de lui expliquer la vie :

- Mon chéri, ce que tu éprouves en ce moment au creux de ton estomac est le fruit d'un état momentané de stress psychologique. Ceci se traduit par des symptômes physiques tels que les maux de ventre, la migraine, ou bien parfois l'insomnie. La cause se trouve dans ton subconscient qui t'envoie un message, conscient cette fois-ci, de ton mal être. Néanmoins, tu as les capacités intellectuelles de combattre ce passage à vide, tu...

A ce moment-là du discours, le visage de notre garçon vire au vert olive. Sans prévenir, il vomit tout ce qu'il peut sur son pyjama, ce qui fait bien rigoler le père qui, pas plus que le fils, n'a rien capté à nos explications.

Néanmoins, on soutient que les vomissements peuvent aussi être révélateurs de sa détresse psychologique, qu'un tel acte n'est pas anodin et qu'il faut consulter un spécialiste sans tarder !

 

Le père tente de nous calmer, nous assoit à côté du fiston - enfin, pas trop près quand même, parce qu'il ne sent vraiment pas bon - et nous assène la terrible vérité :

- On reparlera de ta théorie dans quelques années. Je te rappelle que le névrosé en question à deux ans et demi, qu'il ne va pas encore à l'école, qu'il est gardé, chez lui, par une gentille nounou, donc, côté détresse psycho-machin, tu repasseras...

Mais, je suis d'accord avec toi : Si les symptômes persistent, on l'emmènera chez le pédiatre !

 

On ne dit rien, on nettoie le vomi, on couche le malade avec une dose d'anti-vomitif, se lamentant silencieusement que personne n'ait pensé à soulager notre petite boule à nous.

Car moi, j'ai le blues du Dimanche soir...

 

En été, point de nouveaux textes (ou presque) mais quelques rediff...

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : Nanas...mais mamans aussi!
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /2010 07:00

aisselle.jpeg L’hiver s’est enfin éloigné et avec lui nos jérémiades quotidiennes : « J’ai trop froid. Encore de la neige ! J’ai un orteil gelé ! Tu parles d’un réchauffement climatique ! ».

Le printemps a fait un petit tour et puis s’en va, nous laissant insatisfaits : « C’est Novembre en Mai ! Sandales ou bottes, que choisir ? Les Saintes Glaces  késako??" (mais  non, les Saints de Glace, merci Sandra!)

L’été est en route avec un avant-goût de canicule : « La chaleur me tue ! Vivement un peu de fraîcheur… »

 

Mais surtout, surtout, avec l’été, nos vos corps livrent des secrets intimes qui, parfois, feraient bien de le rester ! Des effluves s’échappent de notre votre organisme, lesquelles sont loin de ressembler à celles des grands parfums (même si, lorsqu’on sait quels composants sont nécessaires à leur élaboration, on est en droit d’avoir une petite moue de dégoût…)

 

Déjà qu’on avait à supporter l’haleine putride de notre collègue de gauche – ou de droite, je ne fais pas de politique ! -, en été, voici que vient s’ajouter celle de sa transpiration ! Avec l’image en plus !

 

C’est avec une appréhension justifiée qu’on le – ou la, je ne suis pas sexiste ! -  voit surgir à notre hauteur, la bouche ouverte sur ses chicots, les aisselles fortement humidifiées formant des auréoles qui s’élargissent à mesure qu’il approche. On a beau se dire que ce n’est pas de sa faute, que ses glandes sudoripares sont en pleine ébullition, une tentative irrépressible de fuite nous assaille mais, tel le prédateur avec sa proie, il s’avance inexorablement jusqu’à nous accoler au mur. Sa face, déjà bien rouge, se congestionne sous l’effort, des gouttes apparaissent sur son front, elles dégoulinent lentement au coin de l’œil, descendent doucement le long de sa joue, atteignent la mâchoire, font une courte halte avant de se laisser choir… sur notre main !

 

Alors qu’on était en apnée pour échapper à l’insupportable fumet, on lâche un « Oh ! » de surprise prenant en plein nez l’infection pestilentielle !

Une deuxième goutte empruntant joyeusement le sillon creusé par la première, la panique nous gagne déclenchant un mouvement de défense spontané : Les deux mains en avant, on repousse l’agresseur – non, décidemment, je suis sexiste, ce ne peut-être qu’un homme ! - s’imbibant ainsi de sa sueur qui, entre temps, a inondé le torse de l’animal!

 

Toutefois, le pire reste à venir, car, si l’on peut se soustraire au bouquet de cet importun, il n’en va pas de même de la promiscuité imposée des transports en commun que l’on doit emprunter pour atteindre notre douche…

 

Si, le matin, une telle expérience est à peu près supportable, à l’heure de la sortie des bureaux, des centaines de transpirants en nage inondent les wagons et, dès la fermeture des portes, nous voici coincée dans un sauna improvisé aux relents corporels très éloignés de la senteur délicate du jasmin en fleur.

Une multitude de nuques humides, de mains moites, de pieds mouillés envahissent l’espace, incommodant sans complexe nos narines délicates.

 

Et que dire de cette femme dont nous apercevons le reflet dans la vitre !

Elle avait pourtant l’air de se tenir lorsqu’elle a pénétré dans la rame saturée ! Pourtant, au bout de deux stations à peine, nous assistons à l’humidification de ses racines, le fond de teint malmené se liquéfie sans retenue, les paupières s’agitent frénétiquement au risque de souiller son visage de quelques traces de mascara. Ses aisselles fraîchement rasées du matin, déodorisées d’un produit « spécial-anti-perspirant-efficacité-24-heures-garantie » commencent elles aussi à donner des signes d’abandon.

D’un discret mouvement de la tête, elle approche son appendice de la zone à risque, inspire par à-coups, constate, horrifiée, que son produit miracle a fait long feu et que ses glandes sudorales sont à la fête !

Nous lui trouvons la mine bien pitoyable à se renifler ainsi et rions sous cape de la voir se noyer comme les autres dans un océan d’odeurs suspectes !

 

D’ailleurs, cela nous incommode grandement, nous nous éloignons autant que possible de cette source d’exhalaison (qui, étrangement nous semble familière…) mais la puante nous suit, ne nous lâche pas du regard et va même jusqu’à imiter le moindre de nos gestes.

 

Serait-ce possible que…. ?

Non ! Pas nous !!

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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /2010 07:00

picsou.gifQuand j’étais une petite enfant, je n’aimais guère les bandes dessinées. Toutefois, il en était une qui faisait exception, ou plutôt, j’étais charmée par l’un de ses héros.

Plus tard, je me suis passionnée pour un des personnages de Molière et me suis délectée lorsqu’il fut joué par Louis de Funès. Que voulez-vous, je me sens assez proche de certains de leurs traits de caractère…

 

J’essaie tant bien que mal de faire taire ces désagréables penchants, mais, par un fait exprès, ceux-ci font irruption, une fois l’an, tel un volcan islandais au nom imprononçable.

 

C’est là que l’on mesure que le temps passe bien trop vite car il me semble que c’était hier que je remplissais ma déclaration d’impôt 2008…

 

Dès que l’on prononce le mot « impôt », mon pouls s’accélère, la rougeur envahit mon visage, la fumée me sort par les naseaux et je grogne en montrant les dents. Car, comme Picsou et l’Avare avant lui, je suis assise sur mon tas de sous et mets au défi quiconque aurait l’outrecuidance d’en retirer la moindre piécette.

 

Mais le premier coup de bâton ne vient pas de l’Inspection Générale des Impôts, oh non, il provient d’un être proche, à qui j’ai donné ma confiance – entre autres ! -, avec lequel j’ai fait cause commune de deniers… Depuis le temps, je devrais savoir que lorsqu’il m’attache pieds et poings liés à la chaise du bureau, ce n’est pas pour m’initier à un nouveau jeu mais pour refaire une partie de :

  • -         Sors ton chéquier ma poule, ça va saigner !

 

Le mine concentrée et le sourcil froncé, il sort de toutes parts des dossiers volumineux, me délie les mains et me somme gentiment de ne pas la ramener :

  • -         Commence pas à m’engueuler, les impôts, c’est pas moi qui les ai inventés, plus vite ce sera fait, plus vite tu oublieras !

 

Oublier, oublier, c’est vite dit !

 

Déjà, moi, la case TK 22, je ne la trouve pas, je ne sais pas ce qu’il faut y mettre et au-delà de deux chiffres, cela commence à me donner des envies de cogner ! La seule partie qui est à peu près intéressante, c’est celle des déductions, des exonérations, des abattements, encore qu’à mon avis, elle mériterait d’être un peu plus conséquente pour que je puisse abattre les trois jeans que Gremlin Mâle a troué, les 15 paires de chaussures que Grande Gremlin a usé, les deux cafetières qui m’ont lâchées et aussi, on devrait me reverser une petite prime pour ne pas avoir contribué à augmenter le gouffre de la sécu !! Au lieu de quoi, après 2h30 de :

  • -         « Donne-moi la dernière fiche de paie.
  • -         J’trouve pas !
  • -         Mais là !!! Elle est sous ton nez !
  • -         Oh, ben, si c’est comme ça, t’as qu’à le faire toi-même !
  • -         Ouais… Ca revient au même…
  • -         Hé ho ! Je ne demande pas de récurer les toilettes, alors me demande pas de faire les impôts !
  • -         Je ne vois pas le rapport…
  • -         Moi non plus si ! Très bien même ! »

Cette saleté de feuille est enfin remplie et, comme je suis masochiste, je demande à Mr Gremlin d’appuyer sur la touche « Calculer votre impôt ».

 

Un hurlement de bête qu’on achève s’échappe de ma gorge et, alors que je ne peux décemment pas jeter l’ordinateur par terre, je me tourne vers l’unique responsable :

  • -         Eh ben, c’est encore de ta faute ça !
  • -         Dis-donc, il me semble que tu y es aussi pour quelque chose non ?

Ahhh, la mauvaise foi masculine : Depuis quand une femme entretenue devrait-elle payer des impôts ????

 

PS : Il serait de bon augure que le « Trésor Public » changeasse de nom, car, s’il était vraiment public, il serait aussi à moi !


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Par Sophie L. - Publié dans : La vie bouillonnante d'une femme - Communauté : tribulations de filles
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