Faites des gosses!

Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 07:00

lol-copie-1.jpg Une fois familiarisé avec les symptômes de la crise, il est important de maîtriser un minimum le mode de communication de l’ado. Cela ne va pas sans difficultés.

J’ai une filleule, elle a 15 ans, c’est dire…

 

Un jour qu’elle semblait particulièrement bien disposée, je sautai sur l’occasion de prendre mon rôle de marraine enfin au sérieux.

Il s’ensuivit un échange des plus étranges…

  • - Ma chérie, comment vas-tu en ce moment ?
  • - Tranquille.
  • - Et le lycée ?
  • - C’est gavé grave.

 

A ce moment de la conversation, j’eus quelques doutes sur les capacités intellectuelles de ma protégée. Cependant, je ne me décourageai pas :

 

  • - Tu sais, à ton âge, moi aussi j’avais quelques difficultés à communiquer avec mon entourage… Mais, je suis ta marraine, tu peux tout me dire.

Je lui entourai les épaules d’un geste affectueux, l’incitant ainsi à s’épancher sans retenue.

Elle se dégagea, planta ses yeux bleus dans les miens et lâcha :

  • - Stave…

La perplexité me laissa sans voix. Quel langage était-ce donc ? Cette enfant était-elle plus atteinte que je ne le pensais ?

  • - Stave ? répétai-je doucement.
  • - Pas stave, stave ! Tu dis stave, faut prononcer « staive » !
  • - Ah ? Mais de quelle langue s’agit-il exactement ?
  • - Dis-donc, t’es bolos toi ! Faudrait qu’t’arrêtes de parler qu’à des vieux…

Cet échange devenait de plus en plus étrange…

 

Soudain, son visage s’illumina, elle m’attrapa le poignet pour détailler une vieille breloque qui me servait de bijou.

  • - Waaaa, trop stylééééééé ! s’exclama-t-elle, ravie, fais gaffe à pas t’le faire douiller !

Je ne cherchai pas à traduire, il était évident qu’elle avait un sérieux problème de vocabulaire.

  • - Il est beau n’est-ce pas ? répondis-je, heureuse de la voir enfin sourire.
  • - Trop aps !
  • - Tu veux l’essayer ?
  • - Je peux ?
  • - Bien sûr ! Regarde, on le met comme ça.

Elle prit le bracelet, l’accrocha à son poignet.

  • - Comasse ?
  • - Hé ho ! Pousse pas trop, d’accord ? Vous avez peut-être l’habitude de vous traiter de c…..sse, mais n’oublie pas qui JE suis ! Un peu de respect, je te prie !

Sa sœur aînée fit irruption dans la pièce, intriguée par ma tirade suraigüe :

  • - C’est quoi l’blème ?

La cadette lui fit un compte-rendu de la situation dans un dialecte des plus incompréhensibles. Je me doutai bien que j’en prenais pour mon grade car elles étaient hilares, ce qui acheva de me mettre au comble de l’exaspération.

  • - Oh, des barres ! hoqueta ma filleule, la cassos !
  • - Encore plus à l’ouest que je ne pensais, renchérit l’autre insolente, ignorant totalement ma présence.

Défaillante d’agacement, je leur ordonnai de s’expliquer ou de s’extraire immédiatement de ma vue.

  • - Marraine chérie, c’est comasse, pardon, « comme ça » qu’on parle aujourd’hui. C’est le langage des djeun’s. Allez, on va t’expliquer…
  • - Tu sais, à part ça, t’es plutôt fraîche pour ton âge, crut bon d’ajouter l’aînée, sourire aux lèvres.

 

Non, je ne traduirai aucun de leurs propos, il n’y a aucune raison pour que je sois la seule à me taper l’affiche!

 

Certes, ce billet est une rediff d'Août 2009, si certaines expressions ont cédé la place à de nouvelles, d'autres demeurent d'actualité.

Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : foll-ouf
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Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 07:00

putois.jpg Lorsqu’on a la chance d’accueillir un gremlin chez soi, peu importe qu’il soit mâle ou femelle tant nous nous émerveillons devant ses risettes édentées, son fessier rose et ferme, ses pattes encore dépourvues de griffes et son odeur corporelle fleurant bon le Lait de Toilette Mustella. Vêtu de tenues plus seyantes les unes que les autres, c’est certainement avec une fierté non dissimulée que nous brandissons notre monstre si mignon au monde extatique devant tant de perfection.

 

Pourtant, cet état d’émerveillement ne dure qu’un temps, le gremlin ayant une courbe de croissance plus rapide que la vitesse de la lumière, nous nous réveillons un jour, seule face à notre pot de Mustella, le nez collé à la porte de la salle de bain avec l’interdiction formelle d’y introduire ne serait-ce que le début du gros orteil droit.

Et l’eau coule, coule, coule, coule à flots, envahissant la maisonnée de buée humide, nous forçant à tambouriner en hurlant :

  • -         Sors de là ! C’est pas bon pour la planète !
  • -         Mais je me laaaveeee !! grogne la bête du fin fond des chutes d’Iguaçu.

 

Nous sommes cependant un peu étonnée que le gremlin mâle développe un tel goût de l’eau. Lorsque, quelques années auparavant, nous avions décidé de partager notre quotidien avec un gremlin, la conseillère nous avait pourtant bien mis en garde contre le penchant naturel du mâle envers une certaine forme de…  crasse, contrairement à son pendant féminin.

Nous sommes donc ravies de constater que non seulement la conseillère en gremlin est une incompétente finie mais également que, grâce à notre éducation ferme mais tendre, notre petit spécimen lutte contre une éventuelle attirance envers la saleté incrustée.

 

Mais ce n’est pas une raison pour vider le ballon d’eau chaude !!!

 

Nous pénétrons donc dans la salle de bain, fermons les robinets, tendons la serviette au gremlin tout en ayant soin de garder les yeux bien fermés afin de préserver son intimité et les rouvrons aussitôt pour constater que son visage est aussi sec que le désert en pleine sécheresse !

Le Sherlock Holmes qui sommeille en nous murmure qu’il y a « saleté sous serviette »… Nous nous approchons, nez à l’affût et vue aiguisée, à la recherche du moindre petit indice qui confirmerait ce soupçon qui devient preuve alors que nos yeux accrochent une petite tâche noire nichée dans le cou à peine velu du gremlin. Nous la gratouillons de l’ongle, ce qui s’en détache est, sans aucun doute possible de la… CRASSE !

Notre appendice nous confirme ce que nous soupçonnions déjà : Nulle effluve de ce bon gel douche sur le corps – que, dans notre innocence, nous croyions mat - de notre malpropre de gremlin.

 

L’anguille se défile avant que nous ayons eu le temps de le passer au Karcher – passez-moi l’expression… - abandonnant sur le sol une paire de chaussettes dont le jus jaunâtre exhale un fumet intéressant. Nous attrapons la pile de vêtements sans nous attarder sur leur aspect anormalement… anormal.

 

Nous retrouvons le gremlin mâle affalé dans le canapé, prenons place à ses côtés et l’invitons à conjuguer le verbe « se laver », au passé, présent et futur, surtout futur d’ailleurs :

  • -         … ?!

Devant tant d’enthousiasme, nous décidons de laisser la conjugaison de « se brosser régulièrement et efficacement les dents » pour un jour lointain…

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : au secours, ils grandissent!
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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 07:00

tresor.jpg C’est stupéfiant comme il y a des choses qui mettent un temps démesurément long à arriver et d’autres qui reviennent alors qu’elles nous semblent à peine achevées.

Tout comme les anniversaires que je soupçonne de mettre le turbo pour réapparaître à peine le précédent fêté, Noël pointe déjà son nez alors que l’on vient tout juste de finir de monter la dernière ferme Playmobil !

Si ça ne tenait qu’à moi, je ne prêterais qu’une fugace attention aux vitrines décorées, aux sapins artificiels déployés dans les centres commerciaux ou aux nombreux Pères Noëls clonés pour l’occasion.

Seulement, mon esprit n’est plus libre de vagabonder au gré de ses flâneries, me voici ramenée aux préoccupations bien terre-à-terre des gremlins qui eux, n’ont pas manqué de flairer la bonne odeur du cadeau par millier… Là, ils y croient toujours au Père Noël

 

Qu’on dispose du modèle « J’y crois » ou de celui « J’y crois pas ! », pour une fois, ils sont tous d’accord et profitent de mon incapacité à m’enfuir pour m’annoncer la terrible nouvelle :

-         M’man, ça y est, on a fait notre liste !

-         Votre liste ? Quelle liste ? Celle des tâches ménagères que je vous ai assignée il y a cinq ans ? Celle de vos bonnes résolutions pour dans dix ans ??

-         Mais non maman, la liste-du-Père-Noël !!!

-         Ah… Celle-là…

 

Ils attendent (im)patiemment que je m’extirpe du confort humide de la douche pour me coller sous les yeux trois bouts de papier qui me paraissent, même sans lentilles, noircis au-delà du raisonnable.

-         Alors, alors ? T’es d’accord, dis, t’es d’accord ?

 

Honneur à la plus jeune – celle qui croit encore que le Père Noël est un bon vieux bonhomme dont le compte en banque est perpétuellement renfloué par de gentils donateurs – je prends sa liste et lis : « Moustache ».

« Qui c’est encore celui-là ? » m’interroge-je.

-         Moustache ? lui dis-je

-         Ben oui, tu sais, Moustache ! répond-elle

-         Ben non, justement je ne sais pas. Tu m’expliques ?

-         C’est le chat qu’on voit à la télé !

 

Nous y voilà ! Merci la télé ! Une Ola pour les pubs sans lesquelles nos gremlins seraient à court d’idées !

-         Et qu’est-ce qu’il a de particulier ce chat ?

-         Ben… Il est en peluche.

-         Mais tu as déjà un chat ! Un vrai ! Qui joue, miaule, fait des câlins, laisse des poils partout ! Pourquoi en veux-tu un en peluche ?

-         Comme ça, il ne m’attaquera pas les pieds !

Bien sûr…

 

Au suivant : Quatre jeux de DS, un 4x4 télécommandé, des Kaplas, etc...

Devant mes yeux écarquillés, le Gremlins Mâle juge utile d’ajouter :

-         Si ça coûte trop cher, tu peux en enlever un tu sais…

Brave Gremlin qui se soucie des aléas financiers de ses parents…

 

En prenant la troisième liste, je sens mon portefeuille virtuellement soulagé se vider complètement et devenir aussi utile qu’une peau de chagrin…

-         C’est une mandarine, à la limite une orange, que vous devriez recevoir pour Noël, bande de vampires parentaux !

 

Il n’empêche que je passerai des jours et des nuits à essayer de combler quelques uns de leurs désirs –  mais pas Moustache ! -  tout en évitant d’hypothéquer la maison et c’est ainsi que, les yeux cernés par cette impossible quête, mon index droit cliquera sur  « Affaires de Mômes », sorte de caverne d’Ali Baba pour les enfants qui enchantera le compte bancaire des parents !

 

Et en  prime, cet Extraordinaire Abécédaire drôle et léger, rédigé par 26 blogueurs talentueux, à partager et à offrir à outrance !

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses! - Communauté : au secours, ils grandissent!
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 07:00

brother.jpg La vie est faite d’une multitude d’injustices, l’existence est un long parcours semé d’embûches, blablabla…

Mais la pire qui soit est certainement celle d’être l’aîné! Surtout qu’il ne s’attend pas du tout à ce qui va lui tomber sur le coin du nez ! On fait tout pour lui faire croire qu’il est unique ; sa venue, attendue comme celle du Messie, est fêtée comme un miracle par la famille (au moins, pense-t-on, la mère a quelque utilité et le père a visé juste, pour une fois !) ; une multitude de visages ébahis se penchent sur sa frimousse fripée et s’extasie au moindre rot, pousse des « hourras » à la première dent – ce qui est parfaitement idiot, on n’a jamais vu de bébés sans dents – bref, il mène une vie confortablement égoïste jusqu’au jour où les regards se détournent de lui et qu’on lui annonce stupidement :

  • -         Qu’est-ce qu’elle a maman dans son bidon ? Qui c’est le plus fort des papas qui a mis la graine-graine dans le bidon de maman ??

 

Ne voyant aucune branche ni feuille sortir du ventre de sa mère, l’aîné se désintéresse très vite du délire parental pour aller jouer aux legos, rattrapé aussitôt par son paternel qui, lui collant le nez sur le nombril maternel gâtifie de façon affligeante :

  • -         Et qu’est-ce qu’on dit au bébé, hein, qu’est ce qu’on lui dit au bébé ??

 

L’aîné, qui n’est pas stupide, sait très bien ce qu’est un bébé, il en a déjà vu…de loin. L’expérience ne lui en a laissé que peu de souvenirs, et comme il souhaite ardemment qu’on lui lâche la grappe, il obtempère :

  • -         Bébé !

-         Oh !!! tu vois, il a compris ! s’exclame son père. C’est toi le grand maintenant ! Et puis, il va falloir aider maman d’accord ? Parce qu’elle va être très fatiguée, très lente et très grosse !

 

L’aîné sent alors que son statut est menacé, cependant, ayant la mémoire courte, il oublie aussitôt cet évènement fâcheux malgré les insistances lourdaudes de ses parents. D’ailleurs, il ne voit pas pourquoi ils en font tout un plat car, à part sa mère qui se rue fréquemment aux toilettes tout en insultant son père, rien ne vient perturber sa petite vie individualiste…

 

Jusqu’au jour où, sans prévenir, les voilà qui reviennent avec un paquet gigotant, puant et hurlant dans les bras :

  • -         Regarde qui est arrivé ? C’est qui le grand frère, hein, c’est qui ?

 

Pour faire passer la pilule – plus tard, l’aîné pensera que sa mère aurait bien fait de la prendre, à l’époque – on lui fait croire qu’avant de se pointer, le braillard est passé chez Toy’s R us pour lui acheter un cadeau :

  • -         Oh regarde ce qu’il a amené pour toi ? Des legos !! Il connaît déjà tes goûts !

 

L’aîné est achetable. Il se laisse donc acheter, trouvant par là quelque utilité commerciale à celui qu’il pressent comme étant un futur enquiquineur de première. Toutefois, il s’aperçoit vite que ce négoce a fait long feu lorsque le lendemain, alors qu’il vient quêter une nouvelle preuve d’amour fraternel, on lui répond poliment que son frère, ce n’est pas le Père Noël !

 

Commencent alors pour lui d’interminables corvées jusqu’ici ignorées ; il apprend à se servir du dictionnaire uniquement pour aller y trouver la définition du mot « injustice », surpris de ne pas y lire : « injustice : n.f. Personne dépouillée de passe-droit depuis l’arrivée de son petit frère ! » ; il honnit la litanie sans cesse répétée par ses parents : « Ce n’est pas de sa faute, il est plus petit que toi… », jusqu’au jour où…

 

Jusqu’au jour où, surpris et ravi, il entend pour la première fois sa mère expliquer au petit braillard :

  • -         Lui, il a le droit, parce qu’il est plus grand que toi !

 

Il se souvient alors qu’à Vengeance, il avait cru lire : Tout vient à point à qui sait attendre...

 

NB : Par souci de commodité, ce récit met en scène deux frères, il va de soi que la nature de leurs sexes n’a, dans ce contexte, aucune importance…


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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses!
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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 07:00

ZEN2.jpgToute femme, avant de devenir mère, se doit de chercher dans le dictionnaire et d’apprendre les définitions de mots tels que « patience », « maîtrise de soi », « modération » ou encore « sérénité » tout en envisageant un stage en accéléré aux techniques de yoga.

 

Bien sûr, la future maman n’est pas complètement innocente, elle a bien souvent un compagnon qui se charge de lui donner quelques indications sur ce qui l’attend dès qu’elle aura endossé son nouveau statut :

 

 

N’est-ce pas elle qui lui rappelle inlassablement qu’elle a acheté une sorte de corbeille appelée communément « panier à linge sale » et dans lequel il serait bon d’y déposer ses chaussettes « sales » - précision qui se révèle bien souvent indispensable - au lieu de les laisser traîner au pied du lit ? D’ailleurs, ces chaussettes, dégageant un fumet indescriptible suscitent généralement une remarque anodine, telle que : « Chéri, depuis quand n’as-tu pas changé de chaussettes » suggérant par là qu’il serait souhaitable que son compagnon étrennât les cinq nouvelles paires qu’elle lui a acheté il y a quelques mois déjà…

Alors qu’elle se maquille dans sa salle de bain, n’est-il pas courant qu’elle précise que l’eau de la douche est sensée s’écouler par l’orifice prévu à cet effet et non s’étaler lentement sur le carrelage ?

N’a-t-elle pas coutume, avant de déposer un baiser maternel sur les lèvres de son grand dadais, de vérifier s’il a bien pris toutes ses affaires pour aller à l’école au travail ?

Alors que son regard maladif et fiévreux se pose sur elle, ne sait-elle pas les mots qui le soulagent de ses maux ? N’est-elle pas la main qui soigne et qui apaise ?

 

Ainsi, toute femme, sur le point d’enfanter, possède, sans même s’en douter, presque tous les outils qui feront d’elle un exemple de tranquillité maternelle. Au fil des années, elle affute si bien son « self control » que même sa propre mère a du mal à reconnaître l’adolescente colérique d’autrefois.

Pourtant…

 

Pourtant, il est des situations où la meilleure maîtrise de soi ne suffit pas :

Toute femme, déjà mère, a à cœur de fêter dignement l’anniversaire des ses gremlins par une belle fête, un gâteau moelleux au chocolat et les cadeaux depuis si longtemps convoités.

Elle regarde, fondante de tendresse, les yeux brillants d’impatience du petit gremlin qui trépigne devant la boîte si joliment emballée. Sans égards pour le temps passé à faire l’emballage, les petites mains agrippent, tirent, déchirent le papier pour en extirper fièrement le joujou désiré.

Un sourire d’intense contentement aux lèvres, la maman se liquéfie devant la joie manifeste de son tout-petit et c’est avec bonheur qu’elle accepte de lui sortir les multiples « Pet Shop », « Chevaliers » et autres « Polly Pocket » du carton magique.

Le gremlin, frénétique, attend avidement qu’elle libère les petits personnages. Tout d’abord, il ne remarque pas le sourire qui se fige sur le visage de sa mère, les doigts qui tirent de plus en plus fort sur les pièces solidement enferrées.

  • -         Alors Maman, tu me donnes mes Pet Shop ?
  • -         Oui bon, j’essaie, ok !!

Le gremlin sent que l’orage gronde, il observe sa mère dont le sourire crispé se transforme en une grimace exaspérée :

  • -         P***** de M****, ils le font exprès de mettre du scotch, des agrafes et des fils partout là !
  • -         Maman, t’as dit un gros mot !
  • -         Tu les veux tes jouets oui ou non ?
  • -         Oui…
  • -         Alors, ta gueule tais-toi ! s’énerve-t-elle en tirant si fort qu’elle déchire feu le salon de coiffure du Pet rose.  

Au terme d’une demi-heure de laborieux efforts et de coupe de ciseaux rageurs, elle parvient à libérer douze petits animaux multicolores qu’elle prend déjà en horreur. Elle les tend au gremlin peu rancunier, tout en maudissant les emballeurs de jouets dont elle pense que l’embauche se fait certainement en fonction de leur degré de sadisme.

Le visage rouge et le corps en eau, son degré de colère atteint son paroxysme lorsqu’à quatre pattes, elle ramasse, le nez au sol, les dizaines de petits bouts de plastiques et d’agrafes qui jonchent le parquet.

Indifférent à l’état peu maternel de sa mère, le gremlin s’apprête enfin à vivre mille aventures avec ses nouveaux compagnons lorsque son imagination est soudainement étouffée dans l’œuf :

  • -         Allez, au lit ! dit une voix autoritaire.
  • -         Mais… J’ai même pas eu le temps de jouer !! proteste-t-il, abasourdi par tant d’injustice.

Plus tard, cette mère songera fortement à déposer une plainte contre ces fabricants de jouets ayant le vice dans la peau et dont elle a,  par leur faute, réduit à néant tant d’années de sérénité si durement acquise.

Et aussi qu’elle s’initierait bien au bouddhisme…

 

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Par Sophie L. - Publié dans : Faites des gosses!
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