Parfois le Jeudi

Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 07:00

peace.jpg En ce jour commémoratif et, indépendamment du fait qu’il soit un jour férié permettant à des millions de marmottes de se pelotonner sous la couette, aux enfants de faire l’école buissonnière et à certains chanceux de profiter d’un week-end à rallonge, c’est aussi un jour synonyme de paix.

Aussi n’est-il pas meilleur moment pour faire la paix avec tous ceux qui, dans un moment d’extrême égarement, vous ont offensé, agacé, énervé, dérangé, molesté, incommodé, à commencer par :

 

-         Le boss qui vous a filé un dossier à traiter en urgence Mercredi soir alors qu’il partait en week-end au soleil vous obligeant à revenir bosser Vendredi.

 

-         Le boss, originaire de la formidable enguelade familiale provoquée par l’annulation de votre week-end en amoureux.

 

-         Les grévistes grâce auxquels vous êtes restés en rade sur l’autoroute avec votre boss et ça ne ressemblait en rien au fameux « coup de la panne » !

 

-         Les gremlins qui sont tous tombés malades LE jour où votre avenir professionnel devait vous propulser au firmament. Propulsé, vous le fûtes néanmoins…

 

-         Le coiffeur qui a raté vos mèches mais pas votre addition.

 

-         Votre meilleure copine qui daube sur vous depuis le primaire. Il serait peut-être temps d’en changer…

 

-         Vos voisins, pour la simple raison qu’ils le sont.

 

-         Votre belle-famille. Pour la même raison.

 

-         Votre famille aussi, y’a pas de raison !

 

-         La femme de ménage en arrêt maladie depuis 6 mois pour cause d’allergie à la poussière et produits d’entretien. Penser à faire le ménage avant qu’elle pénètre chez vous…

 

-          Votre conjoint. Si vous ne savez pas pourquoi, lui/elle le saura !

 

-         Les fabricants de cosmétique qui ne tiennent pas leur  promesse d’effacer vos rides mais celles de vider votre portefeuille.

 

-         Sarkozy, Aubry, Royal, Fillon… C’est au choix.

 

-         Votre premier petit copain. Dieu seul sait où vous en seriez aujourd’hui si vous étiez restée avec lui.

 

-         L’ex de votre actuel. Dieu seul sait où il en serait aujourd’hui s’il était resté avec elle.

 

-         Le Père Noël qui, à cause des 35 heures, vous refile le boulot !

 

-         …

 

Cette liste est bien entendu non exhaustive, libre à vous d’y ajouter votre résolution de paix dans les commentaires.

 

Peace for All.

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Par Sophie L. - Publié dans : Parfois le Jeudi - Communauté : tribulations de filles
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 07:00

chaise-copie-1- Il fait un peu frisquet, tu ne trouves pas ?

- Non, pas vraiment.

- Il est vrai que tu n’as pas le vent de face.

- Ils vont bien finir par fermer la terrasse…

- C’est pas sûr. Rappelle-toi l’année dernière, ils avaient installé des chauffages d’extérieur. J’aimais bien. Ca changeait.

- C’était pour les fumeurs, tu parles d’un cadeau…

- Ouais, mais quand même, on pouvait profiter de la vue.

 

- Et toi ? Tu ne dis rien, il y a quelque chose qui te tracasse ?


- Ouais, les deux greluches là qui n’arrêtent pas de nous mater…

- Ah, les nouvelles…

- Comment tu les trouves ?

- Un peu trop rembourrées à mon goût.

- Elles viennent d’où ?

- Aucune idée, elles nous snobent.

 

- Et les autres, tu sais ce qu’elles sont devenues ?

- J’ai entendu dire qu’elles avaient été reléguées au placard.

- Merde… Ca faisait combien de temps qu’elles étaient dans la boîte ?

- J’sais pas… 10, 15 ans…

- C’est malheureux tout de même ! Etre remplacé comme ça, sans préavis.

- Faut dire qu’elles avaient fait leur temps ! Tu te rappelles de celle qui était dans notre équipe ? A chaque fois, elle se débrouillait pour me refiler les plus gros, elle ne pouvait plus les supporter… C’est pour ça qu’ils l’ont virée…

- Hé les gars, faut qu’on se sert les coudes, hein ? J’veux pas finir au placard moi !

- Ben t’as intérêt à te redresser alors, je trouve que tu as tendance à t’affaisser ces jours-ci.

- Tu m’étonnes, avec l’été qu’on a eu… C’est pratiquement les trois huit qu’ils nous ont fait faire.

- Taisez-vous ! V’là la nouvelle…

 

- Bonjour…

- B’jour.

- Salut.

- Tu viens d’où ?

- De l’usine.

- C’est quoi c’que tu portes ?

- Du Skaï.

- Ben dis-donc, on s’refuse rien à l’usine ! C’est confortable au moins ?

- Ca tient un peu chaud mais ça colle. Mais il n’y avait plus que ça. Restriction budgétaire…

- T’es pas un peu jeune pour le boulot ? Ton beau Skaï, il va vite se patiner, tu peux me croire !

- Et vous ? Vous n’avez pas l’impression d’être à la ramasse ? Je ne suis pas la seule à débarquer vous savez, il y a un camion qui devait arriver hier mais, d’après ce que je sais, il y a eu un problème au montage. Ce n’est plus qu’une question de jours avant qu’on vous envoie au recyclage !

- Au recyclage ? C’est quoi ça ? Je ne sais rien faire d’autre, moi !

- Vos gueules !! Y’a l’patron qui s’radine !

 

- Patron, ces trois-là, j’en fais quoi ?

- Tu les empiles avec les autres dans la remise. Tu vois, ça me fait quelque chose de m’en séparer… Elles ne sont pas si bringuebalantes que ça ces vieilles chaises.

- C’est sûr, mais les nouvelles sont beaucoup plus confortables, les clients resteront plus longtemps et ils consommeront plus !

- T’as raison. Business is business ! Allez, ramasse-moi tout ça, on les mettra aux encombrants demain.


Participation aux Jeux d'écritures du Blog à 1000 mains.

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Par Sophie L. - Publié dans : Parfois le Jeudi
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 07:00

Decembre.jpgIl était une fois un joli mois de Décembre vêtu d’un long manteau blanc immaculé, soufflant une brise glaciale sur les petits humains bleuis de froid.


Il aimait à observer leurs claquements de dents, leurs tremblements incontrôlés ou bien encore les volumineuses pelisses dans lesquelles ils s’emmitouflaient dans l’espoir de l’empêcher d’atteindre leurs corps blancs et frêles.

 


La nuit, il s’amusait à couvrir les sols d’un parterre dangereusement glissant et riait de voir ces petits gnomes, à peine réveillés et engourdis par son froid, s’évertuer à avancer tout en évitant la chute fatale.

Parfois, de façon la plus sournoise, il soufflait dans leur dos avec une telle force que sa pauvre victime, de surprise, tournoyait sur elle-même pour atterrir à grand fracas sur la chaussée verglacée.

Il partait alors d’un tel rire que de gros flocons se mettaient à tomber lourdement sur le nez rougi de ces créatures imberbes.

- Cela suffit, lui criait sa mère, le mois de Juillet. Ce n’est pas parce que je suis clouée à la maison à garder Novembre et Janvier que tu dois commettre les pires bêtises ! Tu vas voir ce que tu vas prendre si je sors !

 

Mais Décembre s’en moquait, sa mère était si frileuse qu’elle ne se risquait que très rarement dehors. En revanche, son père, c’était une autre affaire !

Monsieur Février, assez court sur pattes à cause de ses 29 jours, était un mois redoutable. De nature plutôt gaie et ensoleillée, ses colères n’en demeuraient pas moins aussi violentes que soudaines.

Or ce coquin de Décembre continua ses facéties, papa Février s’étant absenté pour ramener du bois à son épouse qui se les gelaient méchamment en tentant de réchauffer Janvier, sa dernière née.

Mars pleurait toutes les larmes de son corps à cause d’Avril qui l’entortillait dans ses fils alors que Mai n’en faisait qu’à sa tête, enquiquinant Août qui suait à grosses gouttes.

 

La Mère Juillet en eut assez et maugréa contre Février qui n’était jamais là quand elle avait besoin de lui. Plantant Janvier dans les bras de Novembre, abandonnant sa marmaille tour à tour frissonnante, bouillante ou larmoyante, elle claqua la porte et partit à la recherche de Décembre, histoire de lui chauffer les oreilles.

 

A la vue de sa mère, celui-ci, incrédule, ne moufta pas. Mal lui en pris, Juillet en profita pour le tancer de belle façon si bien que son manteau blanc pris une teinte grisâtre puis se transforma en une boue visqueuse dans laquelle il pataugeait maladroitement.

Le soleil de Juillet brillait intensément tant son ire était grande, si bien que son dadais de fils ne résista et sentit fondre ses dernières résistances.

 

Sur ces entrefaites, Février regagna son domicile et découvrit avec stupeur qu’il s’était produit un net dérèglement climatique en son logis :

Janvier, que Novembre avait refilé à Juin, avait collé un rhume à cette dernière ; Avril s’était fait la belle avec Octobre, le fils du voisin ; Mai séchait tant bien que mal les larmes de Mars ; Août jouait avec des allumettes et Septembre regardait tout cela d’un œil morne et brumeux.

- Mais qu’est-ce que c’est que cette pagaille, s’écria Février, furieux. Où est votre mère ?

Sans attendre la réponse – que les mois eurent été bien incapables de formuler – il se rua dehors et découvrit, attendri, Juillet dans les bras de Décembre dans une mare de larmes tièdes.

 

S’approchant doucement,  il prit son épouse par la taille et lui murmura tendrement :

- Un p’tit week-end à Copenhague, ça te dirait ?

Ceci est ma participation au concours "Paie ton Décembre" du Paillasson de Ginie, car depuis son intoxication aux huîtres, celle-ci lui a laissé l'entière gestion de son blog...

Bonne année 2010 à tous, en vous souhaitant le meilleur.
Quant à moi, je me souhaite Amour, Gloire et Beauté...


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Par Sophie L. - Publié dans : Parfois le Jeudi - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 07:00

Ce qu’elle déteste par-dessus tout, c’est vider les poches.

Elle est partagée entre le sentiment d’intrusion dans des vies qui doivent rester un tant soit peu privées, la transparence qu’elle leur renvoie, comme si ce qu’elle pouvait découvrir leur importait peu, et le statut de celle qui nettoie leur saleté, sans remerciements.

 

Accroupie sur le sol devant le tas de linge, elle trie, vide, remet à l’endroit, inspecte les taches, soupire devant celles qu’elle devine récalcitrantes, vérifie les étiquettes, entasse le tout dans le tambour de la machine.

Un papier froissé s’échappe du linge.

Elle le ramasse sans y prêter attention, enclenche le bouton, se redresse difficilement en pensant qu’il faut qu’elle leur demande de la Javel pour blanchir les chemises devenues grisâtres avec le temps.

Elle serre le poing sur le bout de papier qui se rappelle soudain à sa mémoire. Elle le déplie mécaniquement, le regarde distraitement s’apprêtant déjà à le jeter dans la poubelle.


Pourtant, elle s’arrête, défroissant soigneusement l’image pour mieux la découvrir.

C’est une photo. Une drôle de photo, sans personnages.

Pourquoi en prendre si c’est pour les oublier dans une poche ?

Elle cherche ses lunettes dans son tablier, les chausse rapidement pour mieux observer l’image.

La chaleur du soleil, le bruit des vagues, l’odeur des crèmes solaires, le rire des enfants, une flopée de souvenirs affluent soudain comme une déferlante qu’elle ne peut stopper.

Elle glisse doucement sur le sol, le dos appuyé au mur, tenant l’image à deux mains.

Depuis combien de temps n’a-t-elle pas goûté à ces instants paisibles ? A-t-elle jamais décapsulé une bouteille de bière qu’elle aurait bue au goulot ?

 

 

C’est les vacances. Il fait beau. Ils décident d’aller boire une bière à la plage. Ils sont vieux parce qu’ils ont apporté une couverture. Je trouve ça choquant parce que chez moi, les vieux, ils ne boivent pas de bière.

Non, je me suis trompé ! Ce ne sont pas des vieux parce que jamais des vieux ne porteraient des chaussures comme ça. Bon alors, je dirais que ce sont deux jeunes qui boivent en cachette de leurs parents. C’est logique.

 


Deux amants se retrouvent pour la journée. Elle est romantique, lui pas. Elle veut se marier, lui pas. Il a apporté des bières, parce qu’à la plage, il n’y a rien d’autre à faire.

 


C’est une photo exposée dans une galerie parisienne. Le photographe a laissé son enfant jouer avec son appareil et lorsqu’il a développé la pellicule, il a trouvé que ce cliché pourrait appartenir à n’importe qui, alors, il a décidé de l’exposer afin que chacun aille à la rencontre de ses propres souvenirs.

 

 

En corrigeant les copies, le professeur de français, Monsieur Kévin, se dit que parfois, cela a du bon d’avoir une épouse blogueuse. Il faudra qu’il songe à lui emprunter ses idées un peu plus souvent…

 

Participation aux « Jeux d’Ecriture » de Lisly, relayé par Madame Kévin.


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Par Sophie L. - Publié dans : Parfois le Jeudi - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 07:00

null Un matin, ouvrant ma boîte mail, je lis ceci :

 

« Bonjour,

Je m’occupe de la chronique « Mondoblog » de l’atelier des médias sur Radio France Internationale. Pour cette semaine, nous souhaitons parler de l’initiative à laquelle vous participez (Blogs en scène)…

…J’entreprends donc de solliciter votre participation à notre émission que nous enregistrons ce vendredi.

Serait-ce possible de vous compter parmi nos invités ?

Cordialement,

Cédric Kalonji »

 

Tout de suite, je pense :

« Dis-donc mon bonhomme, je ne suis pas née de la dernière pluie, c’est quoi c’t’embrouille ? »

Après recherche, je découvre que Cédric n’est pas virtuel et qu’il a même été élu meilleur blog francophone 2007 (si, si, ça existe).

L’émission est animée par un certain Philippe Couve dont la photo, casque sur les oreilles, est une preuve irréfutable qu’il fait de la radio…

J’envoie donc balader mes multiples rendez-vous et répond favorablement, hystériquement, à l’invitation : rfi, here I am !

 

Je n’y vais pas seule, Muriel aussi est invitée.

 

L’équipe nous accueille (fort gentiment) quand soudain, j’ai un flash version « Ecole des fans » :

- Et comment tu t’appelles ?

- Sophie Losophik.

- Et tu es venue toute seule ?

- Nan, avec ma copine Mumu…

 

Un coup de coude de ladite Mumu me rappelle à la réalité, nous voilà assises, casques vissés sur la tête, à raconter nos blogs de fille.

 

Je suis bien, j’ai plein de trucs très instructifs à dire, seulement, le Philippe, malgré son chaleureux sourire, n’a de cesse de me couper dans ma verve !

Il faut souligner que 20 minutes d’émission quand on se sent entre copines, c’est juste le temps nécessaire pour faire connaissance…

 

C’est à peine commencé que c’est déjà terminé. Il est 13 heures, j’ai faim, je leur lance un regard lourd de sens subliminal…

« Les garçons, ça vous dirait de continuer cet échange de haut vol autour d’un plat de frites ? »

…Qui fait ricochet et me revient tel un boomerang :

« Salut les filles, c’était sympa d’être venues, adiós, hasta la vista compañeras ! »

 

Bah, ce n’est pas grave, la timidité les aura freinés, je fais souvent cet effet-là aux hommes…

 

Toutefois, cette expérience exaltante me laisse un léger goût de frustration : Je n’ai pas tout dit, loin s’en faut !
Et puis, je trouve que le casque et le micro me siéent à merveille...


Aussi, chers Philippe et Cédric, sachez que j’ai libéré mon créneau du Vendredi, plus rien n’empêche nos rencontres hebdomadaires (suivies de frites !).

Et pour les – rares – fois où un imprévu me tomberait dessus, je vous ai fait parvenir un CD de 3 heures et 42 minutes où je livre mes réflexions « So’philosophik » sur la blogosphère féminine, de quoi alimenter une douzaine de « Mondoblogs ».

 

Non, ne me remerciez pas.

 

Pour écouter cette émission historique, c’est ICI !


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Par Sophie L. - Publié dans : Parfois le Jeudi - Communauté : tribulations de filles
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