Sophilosophik ou Les Lundis de Sophie - Blog féminin, Blog d'écriture en tous genres
Après la décrue de la grippe A, voici la déferlante de la gastro.
Elle s’insinue sournoisement dans nos foyers, se déclare bien souvent aux heures de fermeture de l’administration parentale provoquant ainsi un conflit social au sein de cette organisation si bien huilée :
- Je change les draps, toi tu ramasses.
- Non, toi !
- Taratata, je l’ai fait la dernière fois.
- Facile ! J’étais en déplacement !
- Pas de bol…
- Je me lève tôt demain…
- Re-pas d’bol…
La mère aimante que l’on est, sacrifiant son bien-être à celui du gremlin se transforme soudain en une Précieuse Ridicule à la moue dégoûtée devant le flot nauséabond qui jaillit des entrailles de cet être qu’elle serrait tendrement dans ses bras quelques heures plus tôt et qui, l’œil larmoyant et les bras tendus, quête, en vain, le réconfort maternel.
On ne se refait pas. Il y a des choses contre lesquelles l’abnégation ne peut rien. Je ne recule jamais devant la détresse gremlinesque mais le vomi me fait fuir aussi loin que la décence parentale me le permet.
Néanmoins, il est des situations bien plus cauchemardesques que le vomi nocturne : Le vomi routier !
Alors que défile devant nous la droite ligne de l’autoroute, bercées par une douce mélodie radiophonique, une petite voix faiblarde nous sort de cette béatitude :
- J’me sens pas bien…
Pas d’affolement. Celle-là, on y a droit à tous les coups. On se retourne nonchalamment afin de rassurer le Malade Imaginaire quand son teint verdâtre
déclenche aussitôt le niveau 5 de l’alerte vomitive.
Maîtrisant difficilement la panique qui nous envahit, on plonge en avant en hurlant au conducteur :
- Arrête-toi !! Tout de suite !!!
Lequel se venge de son dernier nettoyage par un calme :
- Désolé, je ne peux pas.
- Mais gare-toi sur la bande d’arrêt d’urgence !
- Impossible, ce n’est pas une urgence, mais un problème domestique.
On roule des yeux terrorisés, osons un œil vers l’objet de notre hystérie qui, les joues gonflées, est à deux doigts de lâcher un tir explosif. C’est à ce moment-là que l’on perd le contrôle :
- Avale ! Mais avale j’te dis ! C’est bien passé la première fois, tu peux le refaire ! En plus, c’est déjà mâché, alors…
Comprenant que sa mère ne lui sera d’aucun secours, le gremlin se tourne vers sa sœur qui vocifère :
- Maman ! Fais quelque chose, il va me dégobiller dessus!
« Tant que ce n’est pas sur moi… » pense-t-on sans une once de remord.
Pas d’échappatoire possible, le gueux asperge sa sœur qui deviendra à compter de ce jour sa pire ennemie, et elle déverse à son tour le contenu de son repas sur petite gremlin…
Le cœur (et l’entrecôte aussi) au bord des lèvres, nous entrons en apnée tout en lançant au conducteur un regard menaçant : « Si tu ne t’arrêtes pas immédiatement, je t’arrose ! ».
Menace prise au pied de la lettre car si son manque d’odorat lui permet de parfaitement bien gérer la situation, la perspective de ruiner sa belle veste toute neuve par des restes de viande hachée à peine digérée le fait piler net sur la bande d’arrêt d’urgence.
Et chacun de s’extraire comme il peut de cet enfer méphitique, à l’exception de petite gremlin qui compare scientifiquement le contenu des estomacs fraternels.
A ce stade, toute pudeur étant superflue, les vêtements souillés sont jetés sur le bas côté, au risque de voir la police débarquer et coffrer toute la petite famille pour exhibitionnisme, sauf le père qui a sauvegardé sa veste et la mère qui a sauvé sa peau !
S’ensuit une volcanique engueulade sur ces gremlins qui ne savent pas régurgiter proprement, un tirage au sort sur celui qui nettoiera les souillures, un refus catégorique de remonter dans une auge puante, tout cela dans les hurlements de grande gremlin qui supplie qu’on lui coupe les cheveux alors que sa sœur vient de lui faire justement remarquer :
- T’as vu ? T’as un bout de saucisse mâché dans ta queue de cheval !
Etre parent, c'est formidable...


En tout cas j'ai appris quelque chose : piquer un renard ne veut pas dire introduire une seringue de barbituriques dans le pelage d'une pauvre bestiole qui vole tes poules.
Pour "Piquer un renard", on aurait pu penser qu'il s'agissait de piquer le manteau de fourrure de la voisine...
Bravo d'avoir été jusqu'au bout du billet, tu imagines l'enfer pour l'écrire!
A cette époque j'ai eu l'idée saugrenue, en plein été (36°), de prendre une route légèrement sinueuse avec des bouchons...
Résultat 6 vomitos en même pas 30 km, il n'en restait que 150 à faire...
Nous arrivions à proximité d'une maison connue, je me suis dit qu'il y aurait bien de l'eau courante là-bas pour nettoyer un peu mieux la voiture (et la miss qui avait fini en culotte) et faire en sorte que j'arrive à bon port sans accompagner ma fille chérie et adorée dans ses vidanges gastriques.
C'est ainsi que j'ai fait connaissance avec l'ex de mon époux, je ne connaissais alors que les enfants ;-)
Elle a été adorable et nous a même fourni des sacs pour la suite du trajet.
Fallait bien une telle urgence pour débarquer chez elle à l'improviste non ?
Bon désormais on ne part plus sans sakavomi dans l'auto, comme ça si l'avertissement arrive trop tard ou si la configuration des lieux ne se prête pas à un arrêt d'urgence ça limite au moins les dégâts ;-)
Chez nous, à la moindre alerte vomitique Mr MonChéri arrête la voiture bande d'arrêt ou pas! Il tient bien trop à sa précieuse voiture. A un point tel que les fifis s'inventent des hauts-le-coeur à chaque air de repos avec pleine de jeux...
C'est drôle comme à la lecture de tes billets certains souvenirs remontent, si j'ose dire, de ma mémoire: c'était en 1960 dans cette belle et rude montagne hivernale pas encore souillée par les
sports d'hivers. J'étais en classe de neige dans un monastère isolé et le dimanche nous descendions à ski au village pour aller à la messe. Je ne sais pas si c'était l'odeur de l'encens ou la
lumière vacillante des cierges, mais toutes les copines assises sur le même banc que moi y sont passées les unes derrière les autres. Pour ma part, j'ai été sauvée par l'ite missa est au moment
où
je commençais à me demander si je tiendrai le coup.
C'est "beurk" ou "berk", dixit le petit Larousse.
Ton histoire m'a bien fait rigoler. Je t'imagine bien, sauvée par le Divin!
Quant au vomi lui-même, je ne connais personne, je dis bien personne qui en rêve !!!!C'est l'horreur totale!( relativisons quand même, il y a pire que ça!!)
Par contre sur la route, j'ai de la chance. Je vais régulièrement à la montagne(vous connaissez les lacets ?)et ce genre d'incident n'est jamais arrivé. J'ai de la chance, nannananère....